Assumer toute notre histoire
Notes pour réagir aux tentatives de criminalisation du communisme
(publié la première fois le 6 décembre)
Il était frappant de voir que les signataires de contributions dans l’Humanité pour le congrès du PCF en 2006 faisaient retour de manière obsessionnelle au thème de l’identité communiste. Il est intéressant d’essayer de la définir, et en même temps de revenir sur les mérites et les tares de ce mouvement, qui reste le principal acteur historique du XXème siècle.
Donc, être un communiste, pour ces intervenants, c’est avant tout “être”, plutôt que “faire” ou “agir”. Mais la force historique du mouvement qui s’est structuré autour de la IIIème internationale, invoquant l’inspiration de Marx, Engels et Lénine, et reconnaissant à l’Union Soviétique un rôle de modèle exemplaire, était pourtant sa capacité d’action qui contrastait fortement avec la monotone litanie d’échecs a quoi se résumait l’histoire des révolutions populaires jusqu’à lors. Et l’acte de baptême du mouvement communiste, en tant qu’il se distingue de la social-démocratie, est la parution en 1903 Que Faire, la brochure de Lénine sur l’organisation du parti qui a structuré le courant bolchevik.
Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, que reste-il comme idéologie spécifiquement communiste aujourd’hui, avec la dénégation de tout rôle positif de Lénine et de ses idées par les hiérarques du PCF? Le marxisme, que les sociaux démocrates ont abandonné de leur coté depuis longtemps, joue sans doute encore un rôle unificateur dans le mouvement communiste, davantage d’ailleurs comme langage que comme pensée, mais il est partagé aussi par les courants gauchistes (trotskystes, maoïstes, “conseillistes”, tiers-mondistes etc.) qui retombent tous dans l’ornière du romantisme et de l’extrémisme. La pierre de touche qui distingue les communistes des gauchistes est le principe de réalité. Le socialisme réel. Dans les conditions réelles et réellement différentes de chaque pays. Les communistes soudanais commençaient paraît leurs réunions de cellule sous les auspices d’un verset coranique. Aux USA, ils invoquaient la Constitution.
Il s’est avéré que l’expérience du socialisme réel, parce que c’était une expérience réelle et non un discours utopique jamais appliqué, a risqué et connu l’échec. Il s’est avéré à la fin du vingtième siècle que la théorie marxiste et léniniste, hypothèse scientifique d’interprétation et d’action sur l’histoire était fausse; c’était inévitable au fond, car c’était une véritable hypothèse scientifique, réfutable par l’expérience réelle, selon le critère de Karl Popper pour définir la scientificité, parce que le marxisme était une véritable théorie scientifique, et non une religion, ou une idéologie qui est toujours vraie, du moment qu’elle ne rencontre pas la réalité. La rhétorique de « l’échec » du communisme n’a donc aucun sens.
Les Partis communistes ne sont pas des partis d’extrême gauche; centrés à gauche, oui ( être de gauche, c’est adhérer à la devise de la véritable démocratie: liberté, égalité, fraternité. ce n’est pas bien compliqué à définir, mais comme on dit, ça ne mange pas de pain), qui reconnaissent outre le marxisme les présupposés philosophiques de la gauche (filiation de Rousseau, d’un certain christianisme, et peut être de Spinoza, puis de Hegel) et dont la base sociologiques reste proche des mouvement sociaux démocrates marxistes réformistes d’avant 1914. Le PCF, c’est le légitime successeur de la SFIO de Jaurès. D’autre part c’est un parti réel avec une tradition historique précise qui est une force considérable: résistance, lutte contre la colonisation, réinvestissement du patriotisme révolutionnaire, et une richesse sociologique: Expression réelle de la classe ouvrière française, parfois au grand dam des intellectuels marxistes, lieu d’intégration des immigrés à la société française, (juifs, italiens, espagnols portugais, algériens, etc), noyau (même contesté) de l’opposition intellectuelle au capitalisme dont l’influence fut internationale. Une part de l’impopularité continuelle du PC dans le monde politique n’est pas due à son « stalinisme » (que penser alors des “maos”!) mais au fait qu’il a représenté effectivement les ouvriers français, dont les désidérata n’étaient pas exactement ceux des classes moyennes influencées par l’idéologie libertaire, et qui furent le fond de commerce du trotskisme modernisé de la LCR.
Ce qui veut dire que le PC n’est pas “moderne” (et tant mieux), et que ses idées sont simples (et ses ennemis ne manqueront pas de les trouver simplistes). Et nous refusons toute évolution qui n’a que ce concept creux de « modernité » à mettre en avant.
Cela dit nous avons un point commun de ce coté du PCF avec nos liquidateurs modernistes : nous nous refusons à dissocier totalement notre histoire de celle de l’URSS, ce qui est de toute manière une aberration au niveau des faits. Les refondateurs concluent de ce lien insistant qu’il faut bazarder le parti. Nous pensons qu’il faut réévaluer en partie (en partie seulement) l’expérience soviétique. Il ne faut pas oublier que l’URSS a été un État expérimental, totalement inédit, une utopie en tentative de réalisation. Les libéraux et les réactionnaires modernistes en général ne s’y trompent pas, et la critique du “communisme” (en fait du socialisme) soviétique sert de tremplin pour discréditer à l’avance toute utopie, tout projet de changement social. Et simultanément, l’URSS a été une société alternative durable, qui mérite d’être étudiée sans parti pris, avec ses pesanteurs et ses problèmes spécifiques, inédits également. “Sauver l’URSS” dans les années 1980, cela aurait été sauver cette société particulière, qui avait cessé de fait d’être un modèle pour le reste du monde, mais qui n’était pas condamné pour autant en Russie.
Le jugement sur l’URSS et sa disparition doivent se mesurer de deux points de vue: le citoyen russe ou soviétique, qu’a-t-il gagné, et perdu dans le changement? Et le monde dans son ensemble, qu’a-t-il gagné ou perdu, avec la disparition de l’URSS?
Les Russes ont gagné la liberté individuelle d’expression, de déplacement, de choix de leur style de vie et le droit à l’information élémentaire (on ne cache plus les catastrophes aériennes). Théoriquement, l’État de droit. Ceci dit, l’amélioration concrète (en dehors des mots) n’est pas évidente si l’on compare la Russie de Poutine à l’URSS de Brejnev
Sur ces deux plans les avancées sont pour le moment réservées à la nouvelle bourgeoisie
Il faut remarquer que le groupe social dont la lutte est largement responsable de la fin du régime soviétique, groupe spécifique de la société russo-soviétique appelé “Intelligentsia”, les Intellectuels en tant que couche sociale spécifique, a été détruit par la thérapie de choc libérale qu’il avait voulu.
Les Russes ont surtout acquis le droit de consommer : la fin des pénuries, des queues, des ruptures de stock, l’accès aux marchandises étrangères. Enfin, on peut noter le souci formel de l’écologie, qui était complètement étranger aux gestionnaires de l’URSS.
Les Russes ont perdu: le droit au travail, la moitié de leur niveau de vie, l’égalité sociale, la gratuité de très nombreuses prestations, la sécurité (explosion de la criminalité), le droit à la culture (et même tout désir de culture), la paix intérieure entre nationalités, la fierté nationale d’un État véritablement indépendant, une recherche scientifique de premier plan.
En résumé une partie de la population, certainement très minoritaire, a bénéficié économiquement et socialement du passage brutal à l’économie de marché; par contre toute la population a bénéficié en principe de la fin de l’arbitraire de l’état policier.
Pourquoi les Russes n’ont il pas défendu la partie positive de l’héritage? Par la faute du système lui même qu’ils auraient dû défendre, qui les avait privé d’initiative politique et de vrai débat depuis trois générations. Le défaut central de l’URSS depuis le début tient à ce fait que le régime de transition révolutionnaire prévu par le marxisme, de “dictature du prolétariat,” s’est trouvé être inapplicable en tant que tel. La dictature transitoire, institution régulière des lois de la République romaine prévue pour faire face aux risques de guerre, ne pouvait être dépassée dans une révolution qui est une situation de vide légal absolu. Elle est devenue le mode normal de fonctionnement de l’État révolutionnaire, ce qui signifiait l’élimination du débat, et la dictature policière. Puis un groupe dirigeant coopté autour de la fidélité idéologique aux buts de l’URSS s’est péniblement mis en place, a dirigé le pays de manière assez compétente (et de moins en moins brutale) pendant une quarantaine d’années, et il a liquidé l’expérience à son profit. L’Union Soviétique a fonctionné sans régulation officielle (mais avec une régulation implicite, sinon, elle n’aurait pas survécu, ni à Lénine, ni à Staline). La dictature du prolétariat réelle (et non rêvée) est inévitablement la dictature des représentants du prolétariat sur le peuple entier, prolétaires compris; son symétrique est la « dictature de la bourgeoisie », régime explicitement contre-révolutionnaire qui sévit aussi sur les membres de la classe bourgeoise, le fascisme.
L’idéologie anarchiste a joué un rôle ambigu dans la révolution russe; de nombreux anarchistes ont rallié le parti bolchevik après 1917. Ils ont apporté avec eux l’idée que l’État était en soi condamnable, et qu’il fallait viser sa suppression. Ils étaient confrontés, par l’incohérence de leurs théories, à une alternative folle entre adhésion absolue à une dictature transitoire apocalyptique et une opposition absolue sans projet à toute forme d’organisation, dont le seul effet concret fut de radicaliser la répression dans les deux camps de la guerre civile (et le même processus se produisit vingt ans plus tard en Espagne).
L’accusation d’inhumanité, martelée contre le régime soviétique par les écrivains Soljenitsyne, Chalamov, Guinzburg, Akhmatova, Grossman, etc. a fini par l’affaiblir profondément, quelques soient la valeur très inégales de ces critiques, parce que l’humanité est justement la raison d’être du système. Le communisme est aussi une morale et nous devons des comptes sur les morts et les souffrances qu’on peut lui imputer. Cependant la position facile qui consiste à s’insurger contre tout excès, d’où qu’il vienne, sans rien chercher à changer dans le monde, est facile à démonter. L’explication principale de la dérive dans la violence de la dictature du prolétariat réellement existante réside bien sûr dans le contexte historique. L’ouverture de la boîte de Pandore du XXème siècle n’est pas produite par 1917 (révolution dont le but est d’arrêter la guerre) mais par août 1914. L’introducteur de la violence dans la pensée n’est pas Lénine, mais Nietzsche.
Dans ces conditions le « stalinisme » n’est pas plus l’essence du communisme que le fascisme serait l’essence de la démocratie bourgeoise qui a créé les conditions de son triomphe par la guerre impérialiste et le suffrage universel manipulé par les mass média. Mais ce n’est pas non plus une aberration explicable “à l’américaine” uniquement par la perversité d’un tyran, ou qui aurait surgit de nulle part, simplement par hasard. La possibilité de la dictature stalinienne est là dès octobre 17, et Trotsky au pouvoir aurait sans doute fait de même que son rival; ou plutôt, il n’a pas hérité du pouvoir parce qu’il n’a pas fait de même, ce qui le rend plus sympathique humainement, mais moins exemplaire politiquement.
S’il y a une faille dans la théorie marxiste elle se trouve sans doute dans le mépris du politique qu’elle recèle, dans la croyance que seule l’économie régit en définitive le sort des sociétés. La dissolution de l’assemblée constituante Russe de mars 1918 prouve simplement que Lénine et Trotsky ne savaient pas à quoi sert une assemblée (contrairement aux fondateurs de la RDA!), ce que leur expérience de lutteur clandestin peut expliquer, mais aussi leur formation intellectuelle sous l‘autocratie, dans une situation politique anachronique.
Les anarchistes qui ont applaudis à cette dissolution d’une assemblée parlementaire bourgeoise auraient préféré les soviets au pouvoir, c’est à dire les “conseils”, sans aucune idée sur la façon dont ils fonctionneraient en régime normal, sans voir que le pouvoir au soviet c’est le pouvoir au parti qui contrôle les assemblées. La grande popularité de l’anarchisme chez les intellectuels de gauche tient d’abord à l’inexpérience pratique de la petite bourgeoisie intellectuelle, et à son caractère stratégiquement inoffensif. On peut reprocher ce qu’on veut aux communistes, mais sans doute pas d’être inoffensifs.
La politique est un métier, et un des mérites du mouvement communiste réel c’est de faire ce métier, et encore aujourd’hui, un peu partout dans le monde, il existe de véritables partis communistes. Il est souhaitable que les salariés gèrent eux même leurs entreprises, mais on ne peut pas sans délégation gérer même le ramassage des poubelles. L’idée que la politique en tant que telle est “bourgeoise” est insoutenable. L’idée que la gestion en tant que telle est contre-révolutionnaire est quant à elle carrément criminelle. Pas de gestion, c’est rien a bouffer, mais ceux qui crèveront ce sont des paysans, pas des gauchistes.
L’identité entre stalinisme et dictature du prolétariat est incontestable! Des révolutionnaires réels, des hommes d’une envergure peu commune, confrontés à la réalité de la guerre civile et de l’effondrement de l’économie d’un continent ont appliqué la dictature du prolétariat, sachant bien qu’elle ne saurait être la dictature d’une foule inorganisée qui peut à la rigueur refuser quelque chose et se défendre ponctuellement mais qui ne peut en aucune manière attaquer et se saisir de l’État, même dans le but de le détruire. L’erreur fondamentale des trotskistes et des conseillistes avant eux est de croire qu’une dictature du prolétariat pourrait être différente d’une autre dictature, c’est à dire fonctionner sans police secrète, sans prisons, sans arbitraire, sans camps. L’erreur symétrique des néo-staliniens (maoïstes) est de s’accrocher à la DP réelle sans vouloir admettre que les faits ont prouvé son caractère nocif et inhumain c’est à dire opposé aux buts et à la morale communistes.
En ce sens ceux qui incriminent la responsabilité du marxisme dans l’échec du socialisme réel ont raison, même si leur but est d’empêcher le socialisme. Ils nous incombe de reformuler la théorie de la transition révolutionnaire. Il y a une dialectique de la violence à percevoir. Les meurtres de masse supposent une transformation de la société, une organisation pathologique de la société. Tuer quelques personnes ou quelques milliers de personnes en temps de guerre, cela n’impose pas de restructurer l’ordre social pour créer en masse des spécialistes de la répression et du meurtre. Mais au delà d’un seuil assez vite atteint, et l’idéologie invoquée à ce compte là importe peu, la répression ne peut plus rester un moyen, elle devient pour une part la fin d’importants secteurs de l’ordre social; bien sûr cette situation ne peut pas durer indéfiniment, mais lorsqu’un tel “complexe criminel-répressif” s’est installé il dure en général assez longtemps pour ruiner le bonheur d’une génération. Une société qui consacre une part importante de son énergie à tuer des gens, et à construire tout le ressentiment qu’implique une telle activité n’a pas d’avenir.
En somme, que répondre quand on nous accuse de porter la responsabilité de 100 millions de morts?
C’est un bilan très exagéré; d’après un historien sérieux, non communiste (Moshé Lewin, Le Siècle Soviétique, 2003), la répression en URSS a fait environ quatre millions de morts de 1922 à 1953 ( pour moitié exécutions et moitié décès dans les camps). Même si l’on compte à part les 2 000 000 morts (en grande partie communistes eux-mêmes) des grandes purges de 1937/38, on arrive à une moyenne de 10 000 exécutions politiques par an de 1918 à 1953. Elles ont pratiquement cessé à cette date, à la mort de Staline.
Reste à répondre de ce bilan réel, qui même réduit à ses vraies proportions, reste terrible.
1) Les communistes français ne sont pas comptables de l’histoire russe et de ses errements. Le PCF a les mains propres, et ne peut être tenu pour responsable des habitudes autoritaires des pouvoirs en Russie, bien observables avant et après le régime soviétique. C’est certainement la manière la plus efficace de couper court.
2) Il faut rappeler le contexte historique, c’était l’époque des massacres de masse inaugurée par la guerre de 1914, et se poursuivant jusqu’à Hiroshima en passant par Auschwitz. On ne peut juger la période stalinienne en URSS que dans le contexte extrêmement violent du début du XXème siècle.
3) Cette violence extrême est d’abord celle de la contre-révolution. Les régimes « communistes » sont les premiers régimes prolétariens durables de l’histoire. Ils représentent la revanche sur des milliers d’années d’exploitation. Ils sont compris comme tels par leurs ennemis: la dictature du prolétariat doit faire face à la contre-révolution violente et exterminatrice dont la répression de la Commune de Paris en 1871 avait été l’anticipation et dont le nazisme est la pointe avancée. Fascisme et nazisme sont aussi une dictature de classe, une dictature de la bourgeoisie, où les membres de cette classe font le sacrifice plus ou moins volontaire de leurs libertés pour maintenir en place leur domination de classe.
4) Le communisme stalinien a malgré erreurs et crimes repoussé les Allemands et vaincu le nazisme. L’URSS stalinienne, ce n’est pas seulement Staline, mais aussi Stalingrad.
5) La théorie marxiste comportait des faiblesses, dues au fait qu’elle n’avait encore jamais été appliquée nulle part avant octobre 1917. C’est la théorie de Domenico Losurdo, qu‘il développe dans Fuir l‘Histoire: pour lui la théorie marxiste de la transition est erronée; la dictature du prolétariat comme régime politique envisagé par Marx et Engels, et tentée concrètement par Lénine, est essentiellement contradictoire, il ne peut pas y avoir de “dictature démocratique des paysans et des ouvriers” comme le voulait Lénine. Il ne peut pas y avoir de dictature sans les instruments de toute dictature: police secrète, prison, camp, censure, et l’usage à un degré ou un autre de la terreur. La DP est une erreur, qui sous-estimait et la résistance de la bourgeoisie, et la prégnance des catégories de pensée bourgeoises dans le prolétariat, de manière à sous-estimer considérablement la durée de la transition et qui d’une manière générale échoue à fonder la légalité révolutionnaire, à refonder une nouvelle légalité, Mais c’est une expérience qui devait être faite, qui ne sera pas oubliée, et dont nous ne devons pas accepter qu’elle soit diabolisée, pour ceux qui veulent aboutir un jour à une société sans classes. Le stalinisme, c’est à dire la période où le régime soviétique ne respecte plus sa propre légalité n’est pas la vérité du communisme, mais celle du siècle de fer qui a vu s’égarer les idéalistes de toute les familles philosophiques.
6) Les communistes russes, les bolcheviks, s’engagent dans une révolution qu’ils imaginent internationale, et où ils se retrouvent seuls, ou ils sont seulement rejoints par d’autres peuples du monde non industrialisé, les Chinois, Vietnamiens, Cubains. Doivent-ils renoncer à la révolution, peuvent-ils y renoncer ? Poser la question c’est y répondre ! Le parti communiste cubain devrait rendre les clefs de l'ïle à la mafia et à la CIA? Maintenir, construire un état socialiste « dans un seul pays » même très grand, implique le risque de la guerre d’invasion et la nécessité de s’y préparer. Les Soviétiques ont été entraînés très loin de leurs bases dans une offensive révolutionnaire contre l’ensemble du monde capitaliste, c’est à dire le monde entier, où ils se sont finalement perdus. L’URSS est une Troie d’acier et de charbon, comme la cité communiste de Canudos au Brésil en 1897 était une Troie de torchis; Canudos a tenu un an contre 5 expéditions militaires, et l’Union Soviétique 74 ans contre les gardes blancs, les hitlériens, et la bombe américaine. La Commune de Paris ed 1871, elle, avait duré 72 jours. L’URSS a disparu sans donner à ses ennemis la satisfaction d’exhiber les cadavres des vaincus. Comme la Révolution française auparavant. Mais comme la révolution française, non sans avoir changé le monde, dans un sens démocratique, et cela irréversiblement.