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Réveil Communiste

Sur la situation de Cuba, face à l'offensive de l'Empire (mis à jour)

26 Mars 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Cuba, #Economie, #Impérialisme, #A gerber !, #Réseaux communistes, #États-Unis, #GQ

Sur la situation de Cuba, face à l'offensive de l'Empire (mis à jour)

La situation de Cuba est critique, et la vie quotidienne des Cubains devient de jour en jour plus difficile depuis que Donald Trump a mis en place un blocus naval effectif qui touche toutes les livraisons de carburant dont l'île a absolument besoin.

On entend circuler des prévisions alarmistes selon lesquelles elle ne dispose plus que de deux ou trois semaines de réserves, et sans carburant, plus d'électricité, de  transport, de production alimentaire, etc.

Après plusieurs années de blocus extrême depuis le premier mandat de Trump qui ont causé directement la dégradation du réseau électrique et la multiplication de ses pannes, qui ont compromis la situation sanitaire, qui ont menacé la sécurité alimentaire, après la crise du tourisme - principale source de devise de l'économie cubaine - aggravée par le Covid, et le développement de menaces explicites à l'encontre de tous les pays étrangers qui voudraient le contourner ou le forcer, l'avenir de l'île parait très sombre et la normalisation politique inévitable court terme. C'est à dire le retour au pouvoir de la mafia de Miami chassée en 1959.

Le président américain a déjà désigné un pilier de cette mafia, en la personne de Marco Rubio , le dirigeant qu'il souhaite pour l'île; dont il menace de mort directement les dirigeants, et dont il annonce le changement de régime imminent, au terme de 66 ans de croisade anticommuniste, pour cette année 2026.

Mais la partie est loin d'être jouée, malgré la propagande qui vise à faire passer l'image d'une île complètement écrasée par un puissant Empire qui ne cherche plus aucun prétexte politique pour habiller sa volonté hégémonique.

Car cette offensive si elle semble effectivement très dangereuse pour la souveraineté de l’île est aussi mal préparée que les autres initiatives spectaculaires du Caligula de la Maison Blanche, rendu euphorique par son succès récent au Venezuela, réduit provisoirement en protectorat.

Cuba est encore aujourd'hui un État socialiste classique, très comparable économiquement aux pays d'Europe de l'Est d'avant 1989, bien que son modèle d’organisation politique soit très original.

Si contre toute attente le socialisme cubain a perduré plus de trente cinq ans après la trahison de Gorbatchev, alors que son économie dans les années 1980 était étroitement dépendante de l'aide de l'URSS, c'est grâce à cette originalité politique qui a toujours su malgré l'image contraire développé dans les médias mercenaires occidentaux mobiliser un soutien et une large participation populaire. Cuba a été un pays de type "démocratie populaire" à économie planifiée, caractérisé spécifiquement par le soutien actif d'une masse critique de sa population.

Il faut bien admettre qu'en Europe de l'Est le peuple s'il n'était pas comme on l'a fait croire majoritairement hostile au socialisme, était devenu très passif politiquement - et manipulable par les discours de ces dissidents à double fond qui prétendaient vouloir rétablir les libertés individuelles entravées sans changer le système économique, et dont l'agenda réel était la liquidation du socialisme, et des nombreux services publics gratuits et des avantages concrets qu'il apportait à la population, pour pouvoir piller le pays et le vendre à bon marché aux multinationales et aux financiers. Les Cubains ont tiré les leçons qu'il fallait de cette expérience historique en vraie grandeur

Sans doute la crise à plusieurs étages commencée à la fin des années 2010 a fragilisé le tissu social cubain et ouvert une fenêtre au recrutement de nouveaux agents locaux de l'impérialisme sous tous les prétextes imaginables.

Mais ce n'est pas nouveau et depuis trente ans le gouvernement cubain affronte avec succès tous les trois ou quatre ans de nouvelles vagues de dissidence téléguidées des États-Unis ou de l'UE.

La personnalité charismatique de Fidel a joué un rôle important dans cette résilience que personne n’imaginait.

Mais comme on le fait bien remarquer dans la gauche américaine, la vraie, si l'économie du socialisme ne marchait pas, pourquoi faudrait-il intervenir contre lui ? Dans l'acharnement anti-cubain, jusqu'à présent vain, il y a aussi à l'œuvre un travail incessant et séculaire de la répression interne contre la gauche aux États-unis. Car Cuba, c'est la sécu plus le base-ball, un très mauvais exemple pour des masses américaines que le néolibéralisme a ruiné depuis Reagan.

Cela dit Cuba ne peut pas conserver sa souveraineté en restant seule, et sa diplomatie a travaillé dur et efficacement depuis 1990 pour rompre l'isolement méticuleusement organisé par l'Empire.

La rupture imposée au Venezuela des livraisons de pétrole à Cuba après le succès de l'agression terroriste du 3 janvier contre ce pays a réduit ses possibilités d'approvisionnement en hydrocarbures au minimum, et les États-Unis ont réussi à forcer le Mexique a interrompre les siennes.

Les amis  officiels qui fournissent une certaine aide à l'île depuis de nombreuses années, Russie, Chine, voire le Brésil n'ont pas non plus la possibilité de briser le blocus naval qui consiste ni plus ni moins en actes de piraterie avérée contre tous les pétroliers qui se dirigent vers l'île - la Russie ne réagissant même pas à la saisie de ses propres navires en haute mer. Ils sont situés tout simplement trop loin pour cela.

Brejnev avait déjà prévenu Raul Castro vers 1980 que les Russes n’iraient pas se faire "casser la gueule" aux Antilles par solidarité avec les Cubains.

Le salut de Cuba dépend donc entièrement maintenant de la solidarité internationale en Occident, en l'Amérique latine, en Afrique, et d'une participation active et massive à toutes les initiatives qui vont dans ce sens : protestations, pétitions, envoi de médicaments, d'aide humanitaire. Cette solidarité moléculaire et massive dans le monde entier est devenue plus essentielle que jamais.

Ce faisant on agit plus qu'il ne semble : on accentue les contradictions internes de l'Empire, au moment où il s'est lancé dans trois aventures militaires imprudentes en même temps, à Gaza, contre l'Iran et contre la Russie.

Ne sont de mise ni le défaitisme, ni bien sûr l’hypocrite position de ceux qui comme dans le "Diplo" après avoir enfoncé des portes ouvertes en traitant Trump de nom d'oiseaux insinuent que les difficultés cubaines sont endogènes.

La vérité , c'est que le socialisme a beaucoup moins de difficultés endogènes que le capitalisme. Mais qu'il a  contre lui la mobilisation perverse, active et intelligente de la classe capitaliste mondiale.

L'interception radicale d'un bateau venu de Floride avec 10 terroristes armés à son bord a montré la détermination sans faille de l'État cubain. Face à Trump qui n'est qu'une fripouille perverse inconsistante montrer de la détermination est nécessaire, et c'est efficace.

La RPD de Corée après avoir subi un siège d'une rigueur aussi grave et encore plus prolongé, dans un isolement encore plus grand, et après avoir mesuré amèrement la pusillanimité et le double langage de ses alliés naturels est en voie de sortie de crise et Poutine est bien content de la trouver pour l'aider dans sa guerre si mal préparée et si mal conduite.

Cuba aussi peut s'en sortir avec l'aide de tous. Un pays et un peuple qui ont axé toute leur politique étrangère sur l'aide internationale et sur la solidarité méritent d'être aidés à leur tour.

Il faudra comme dans le cas du Venezuela être vigilant face à la désinformation médiatique si le gouvernement cubain est contraint de faire des concessions provisoires ...

GQ, 9 mars 2026

PS Saluons un fois de plus le courage de Greta Thunberg, une jeune fille qui vient pourtant de loin !

PPS 14 mars : Diaz Canel a annoncé qu'il avait engagé des négociations avec les États-Unis (avec une médiation probable du Vatican), ce qu'il est obligé de faire, dans une position très défavorable face à un adversaire écrasant qui propose l'alternative "soumission ou invasion", puisque les paladins du fameux "monde multipolaire" ne sont pas prêts à risquer l'escalade pour imposer aux États-Unis le respect de la liberté de navigation en mer. Ils ne sont effectivement même pas prêts à défendre leurs propres navires !

PPPS 26 mars : Les Russes et les Mexicains ont des velléités d'envoyer à nouveau des pétroliers à Cuba. Pour le moment les navires rues annoncés la semaine dernière ne sont pas encore arrivé à bon port. Cuba cela dit produit environ 30% du brut dont elle a besoin et est train de reconvertir sa structure de production électrique vers l'énergie solaire à marche forcée avec l'aide chinoise. Elle peut donc au prix d'un rationnement draconien et de grands sacrifices résister à un siège de plusieurs mois ... en nouveau siège de Leningrad. Par contre les atermoiements de ses alliés risque d'encourager les aventuristes à Washington qui rêvent d'un nouveau coup de Caracas ou de Téhéran.

Les caravanes et les flottilles de solidarité auxquelles participaient notamment Jeremy Corbyn et Marc Botenga, qui viennent de parvenir sur l'île, ont certainement contribué à remonter le moral des Cubains.

 

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D
tout cela est vrai, mais le pétrole il doit venir et d'où viendra-t-il ?
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R
Il doit en venir un peu car on disait déjà qu'ils restait 15 jours de stock ils y a deux mois