Un peu d'histoire chinoise
Comaguer Bulletin 62
Un peu d’histoire chinoise
Le jour où se célèbre avec éclat le 80° anniversaire de la victoire chinoise dans la deuxième guerre mondiale il n’est pas inutile de rappeler que la Chine qui met fin à l’agression japonaise commencée dès 1931 par l’annexion de la Mandchourie et poursuivie en 1937 est alors gouvernée par le parti nationaliste chinois de Tchang Kai Shek le Kouo-Min-Tang (KMT) . Le Parti communiste chinois dirigé par Mao Zedong s’est allié avec le KMT pour chasser l’envahisseur du territoire et a largement contribué à la libération nationale.
Il faut se souvenir que le Japon impérial avait déjà attaqué la Chine à la fin du 19° siècle alors que la dynastie mandchoue sur le déclin gouvernait encore l’empire chinois. Il avait rapidement occupé deux provinces orientales de la Chine : le Shandong et la Mandchourie. La Chine demanda alors la paix et le traité de Shimonoseki 17 avril 1895 mit fin au conflit.
Par ce traité, dicté par le Japon, la Chine cède à perpétuité au Japon la péninsule de Liaodong, l’île de Taïwan et les îles Pescadores petit archipel dans le détroit de Taiwan. La Chine se voit aussi obligée de payer d’importants dommages de guerre au Japon et elle reconnaît l’indépendance de la Corée qu’elle avait voulu protéger de l’invasion japonaise. Cette indépendance simple engagement de non intervention permettra au Japon d’envahir la Corée en 1910 et de l’occuper de la façon la plus brutale jusqu’en 1945.
Donc en 1895 l’ile de Taiwan peuplée de chinois devient japonaise et va le rester jusqu’en 1945.Le japon capitule le 2 Septembre et le 25 Octobre le gouverneur japonais de Taiwan rend le pouvoir à la Chine. Cette restitution avait été entérinée par les alliés à la Conférence du Caire Novembre 1943 à laquelle participait TKS et confirmée par les alliés à Potsdam en Juillet 1945.
La Chine devenue en Avril 1945 à San Francisco un des fondateurs de l’ONU est à ce titre reconnue internationalement. Quand le 25 octobre l’ile redevient effectivement chinoise elle appartient inconditionnellement à la République chinoise .
Le premier octobre 1949 le parti communiste chinois prend le pouvoir à Pékin mais la guerre froide conduit les Etats-Unis à s’opposer à la reconnaissance de la république populaire et s’installe alors la situation absurde de faire représenter à l’ONU la Chine dirigée par le Part communiste par l’ile de Taiwan où s’est réfugié TKS où son parti a pris le pouvoir par la force et où il va appliquer la loi martiale pendant 32 ans.
Depuis le passage à la démocratie électorale le KMT a continué à avoir une existence légale à Taiwan et a participé à la nouvelle vie politique. Ce parti a gagné plusieurs élections présidentielles et est aujourd’hui majoritaire au Parlement de Taipeh avec son allié le TPP mais il n’est plus animé comme du temps de Tchang Ke-shek d’une haine viscérale pour les dirigeants de Pékin et il a facilité le rapprochement avec la République populaire et les visites voire l’installation d’habitants de Taiwan sur le continent.
Pour contrebalancer son influence les Etats-Unis ont favorisé l’émergence d’un nouveau parti le PPP parti démocrate progressiste qui niant la réalité juridique exclut totalement la réintégration de Taiwan dans la Chine et qui occupe avec Mr Ching-te Lai la Présidence de la République depuis 2024.Mr Ma Ying Jeou du KMT Président de la République pendant huit ans (2008-2016) a rappelé ces derniers jours que la population de Taiwan était partie prenante dans la guerre contre l’envahisseur japonais et qu’elle pouvait célébrer elle aussi la capitulation du Japon et sa libération de cette longue occupation coloniale. Une de ses récentes déclarations en témoigne.
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La nation chinoise ne doit jamais oublier l'histoire de la guerre de résistance ; Lai Ching-te a oublié les sacrifices de ses ancêtres
29 août
Aujourd'hui, j'ai l'honneur d'assister à la Symposium commémorant le 80e anniversaire de la victoire dans la guerre de résistance contre le Japon et le relèvement de Taïwan, organisée par le Kouo-Min-Tang (KMT), en ma qualité d'ancien Président de la République de Chine et d'ancien Président du KMT. Avec vous tous, je me joins au souvenir solennel d'un chapitre de notre histoire qui a été difficile et douloureux, mais aussi glorieux et digne de larmes : la guerre de résistance.
La guerre de résistance de huit ans contre le Japon, de 1937 (la 26e année de la République de Chine) à 1945 (la 34e année de la République), a été un événement monumental dans l'histoire moderne de la Chine. C'était une guerre qui a déterminé la survie de la nation et a contribué à sauvegarder la paix mondiale. En termes d'ampleur, de mobilisation des effectifs et du matériel, d'étendue géographique, de durée et du nombre stupéfiant de victimes et de pertes, ce fut un conflit sans précédent dans l'histoire moderne de la Chine. Malgré l'écrasante disparité de force militaire entre la Chine et le Japon, avec pratiquement aucune chance de victoire, le gouvernement de la République de Chine a résolument refusé de se rendre ou de faire des compromis. La nation tout entière – ses militaires et ses civils – s'est battue avec ténacité, avec sang et sacrifice. Sur le champ de bataille de la Chine continentale, nos forces ont immobilisé 800 000 soldats japonais modernisés, les empêchant d'être entièrement déployés sur le front du Pacifique et contrecarrant ainsi leur plan d'unir leurs forces avec Hitler de l'Allemagne nazie au Moyen-Orient. Cette contribution à la victoire des Alliés lors de la Seconde Guerre mondiale est indélébile et durable.
De plus, la résistance de Taïwan à la domination japonaise a commencé au moins 30 ans plus tôt que celle du continent. Après la défaite de la dynastie Qing lors de la première guerre sino-japonaise en 1895 et sa cession de Taïwan et des îles Penghu, le peuple de Taïwan a entamé une longue et ininterrompue résistance. Des premiers soulèvements armés menés par des patriotes tels que Qiu Fengjia, Jiang Shaozu, Luo Fuxing, Lin Zumou et Mona Rudao, aux mouvements pacifiques pour l'autonomie et la démocratie dirigés par des personnalités comme Lin Xiantang, Chiang Wei-shui et Liao Jin-ping, et plus tard, pendant la guerre elle-même, les contributions de Li Youbang, Qiu Nientai, Lian Zhendong et bien d'autres, d'innombrables ancêtres taïwanais ont consacré leur vie et versé leur sang dans la lutte contre l'invasion et le colonialisme.
Ces faits historiques montrent clairement que, bien que Taïwan ait été une colonie japonaise pendant cinquante ans, les martyrs patriotiques de cette époque n'ont jamais prêté allégeance au Japon. Leur loyauté inébranlable était envers leur patrie ancestrale. Le peuple de Taïwan était inébranlable dans sa détermination à résister à la domination japonaise jusqu'à ce que Taïwan soit restitué à la Chine – c'est-à-dire à la République de Chine – en 1945. Il est juste de dire que sans la victoire dans la guerre de résistance, il n'y aurait pas eu de récupération de Taïwan et que la République de Chine ne jouirait pas de la paix et de la prospérité qu'elle connaît aujourd'hui. Cette vérité historique ne peut être déformée ou oubliée de manière sélective par quiconque.
Aujourd'hui, en commémorant le 80e anniversaire de la victoire de la guerre de résistance et de la restauration de Taïwan, notre but n'est pas de provoquer la haine ou de régler des comptes historiques. Il s'agit plutôt de se souvenir des leçons de l'histoire, de condamner l'agression, de prévenir les guerres futures et de rechercher une paix durable. Malheureusement, le gouvernement actuel du Parti démocrate progressiste (DPP) refuse de reconnaître cette histoire de résistance. Le président Lai Ching-te choisit de se concentrer sur le théâtre européen de la Seconde Guerre mondiale, utilise l'euphémisme japonais 終戰 « fin de la guerre » et évite délibérément de mentionner la guerre de résistance, minimisant ainsi les atrocités commises par le Japon. En cherchant à s'attirer les bonnes grâces du Japon, ils oublient l'humiliation et les sacrifices de notre peuple. C'est un mauvais service rendu aux ancêtres taïwanais qui ont résisté à l'agression et à l'oppression japonaises. En tant qu'ancien président de la République de Chine, je dois dénoncer les actions inappropriées du président Lai et l'exhorter à présenter des excuses solennelles au peuple de Taiwan.
Par la présente, je lance un appel solennellement à tous les fils et filles de la Chine, à tous les descendants de la civilisation Huaxia, qui n'oublient jamais ce chapitre douloureux de l'invasion de la Chine par le Japon, en particulier les souffrances qui ont changé le destin enduré par des civils innocents, comme les grands-mères âgées qui ont servi de « femmes de réconfort » et qui attendent toujours des excuses officielles de la part du gouvernement japonais. D'innombrables vies chinoises ont été perdues à cause de l'agression brutale du Japon. En tant que membres de la nation chinoise, nous ne devons jamais permettre que cette histoire, ensanglantée et humiliée, soit effacée, déformée, oubliée ou banalisée.
En ce moment, à l'occasion du 80e anniversaire de notre victoire dans la guerre de résistance et de la récupération de Taïwan, j'espère que tous les peuples pourront revisiter cette histoire et en tirer les leçons. Plus important encore, le président Lai Ching-te doit se souvenir des sacrifices de ceux qui ont donné leur vie dans la guerre de huit ans contre le Japon, y compris les Taïwanais qui ont péri en résistant à la domination coloniale japonaise. Travaillons main dans la main pour que le peuple de Taiwan ne subisse plus jamais les ravages de la guerre et pour que les deux côtés du détroit de Taiwan puissent jouir d'une paix durable et d'une prospérité partagée.
Merci à tous.
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Tout ceci démontre que les chinois qu’ils soient adhérents au KMT ou au PCC quels qu’aient été les engagements de leur famille partagent un passé commun, une histoire plurimillénaire , une culture, qui ressurgissent et prennent force quand le pays rayonne dans la région comme ce fut le cas au moment des grands empires unifiés ou comme aujourd’hui dans le monde entier.
Face à cette puissance d’adhésion les minables manœuvres velléitaires de l’impérialisme étasunien qui n’a à vendre comme « civilisation » que le coca et les burgers sous un panache de bombe atomique confinent au ridicule .