Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Réveil Communiste

La victoire du RN est possible, même probable à terme. Et alors, ça change quoi ?

3 Décembre 2025 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Qu'est-ce que la "gauche", #Positions, #Élections, #Impérialisme

Vu : le candidat

Vu : le candidat

Une victoire électorale du RN ou d'une coalition où il est dominant paraît de plus en plus probable à terme.

Il faut avouer que les futurs vainqueurs paraissaient lors de la dernière échéance en juin 2024 plus embarrassés que triomphants à la perspective de ce changement radical de rôle. Ils ne sont en effet pas très bien préparés culturellement pour représenter les classes dominantes de ce pays. Mais ils vont s’y atteler avec l’enthousiasme des néophytes.

Autrefois le projet de l’extrême-droite pour lequel la bourgeoisie conservatrice ou libérale lui concédait parfois le pouvoir était simple : établir un état d'exception pour mettre au pas la classe ouvrière par la répression, et persécuter des boucs émissaires pour détourner la colère populaire contre le capital  - à l'époque, les juifs. Si on met de coté le cas emblématique mais tout de même particulier où l’extrême droite était la manifestation d’un projet de guerre impérialiste de la bourgeoisie nationale dirigé contre des pays étrangers et des territoires à coloniser, comme les fascisme et nazisme étymologiques.

Ce fascisme là  qui aboutit à Auscwitz est mieux représenté de nos jours par "l'extrême centre" qui contrôle les principaux pays de l'Union européenne et le Royaume Uni, par Glucksmann ou par Macron chez nous,  et qui travaille activement  et cyniquement à créer les conditions d 'une guerre à la Russie ouvertement déclarée, qui soutient tacitement le génocide en cours à Gaza, et qui veut participer aux guerres américaines contre l'Iran et contre la Chine.

Le paradigme de l’extrême-droite sans visée de conquête militaire, à usage politique interne, c’est l’espagnole de Franco. Elle ramassait de tout, des catholiques intégristes, des démocrates-chrétiens, des fascistes, des monarchistes, des régiments marocains, et le patronat moderniste de Catalogne – jusqu’au surréalisme version Salvador Dali. … elle n’avait de cohérence idéologique que dans sa haine viscérale et sadique de la classe ouvrière et des groupes politiques qu’elle avait créés, socialistes, anarchistes, communistes. Pas même dans le nationalisme et la religion. Quand les partis qu’elle avait déclarés comme ses ennemis mortels s’affranchirent de leur lien organique avec la classe ouvrière, ils devinrent tolérables, et les forces qui avaient soutenu le franquisme acceptèrent et organisèrent le retour à la démocratie libérale et l’intégration européenne.

Un des arguments de la psychose entretenue savamment dans les médias à ce sujet est l’idée que le parti hitlérien NSDAP serait arrivé « démocratiquement » au pouvoir, en remportant les élections en 1932 à la surprise générale. En réalité il y parvint grâce à l’appui politique et matériel des grands patrons, qui lui donnèrent la force de frappe électorale, et comme ils n’avaient pas atteint la majorité absolue, en faisant avec l’assentiment des forces conservatrices traditionnelles un coup d’État institutionnel. Ceux qui avaient cru faire barrage à Hitler en votant pour Hindenburg lui remirent les clefs du pouvoir.

Si telle est l’intention de la bourgeoisie française aujourd’hui, ce qui serait un peu anachronique, mais qui sait ? ce n’est pas en faisant barrage électoral qu’on allait l’empêcher - et en votant pour qui ? Pour un pseudo front populaire pro-UE et pro-OTAN qui n'a donc aucune possibilité de mettre en pratique son programme et dont les chefs se disputaient déjà le poste de premier ministre avant même qu'on leur ait proposé?

Il n’y a pas de menace fasciste contre les classes populaires à proprement parler tant qu’il n’y a pas de menace symétrique contre la bourgeoisie provenant de la classe ouvrière. Et où la verrait-on aujourd’hui ? Quant à la menace raciste, non seulement des figures notoires du sionisme souhaitent la victoire du RN parce qu’elles le considèrent comme « pro-juif », mais on dirait bien qu'il n'a aucune peine à recruter des candidats opportunistes issus de l’immigration arabo-musulmane, ou de la communauté LGTB.

Les gesticulations de Donald Trump depuis le début de son mandat présidentiel en janvier 2025 ne modifient cette analyse qu'à la marge. et s'il est vrai qu'il a réintroduit des éléments de langage clairement fascistes dans le débat politique, il a ainsi polarisé contre lui une majorité de la société américaine.

L'extrême-droite ici à là-bas essentiellement un épouvantail, qui doit détourner l’attention du public en France des intentions bellicistes des forces véritablement maléfiques, nationales, européennes et atlantiques qui nous entrainent en ce moment même vers une troisième guerre mondiale de l’Occident global contre la Russie, la Chine, et les autres continents.

GQ 26 juin 2024, relu le 29 novembre 2025

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Le vrai fascisme comme l'a défini Dimitrov, c'est la bourgeoise impérialiste qui le promeut en temps de crise à la fois contre "l'ennemi intérieur", à réprimer, et "l'ennemi extérieur", à conquérir. C'est pour cela quel le franquisme ce n'est pas un "vrai fascisme" mais un amalgame de structures archaïques et modernes pour pays de la périphérie au service de l'impérialisme extérieur et géré par une bourgeoisie compradore locale et des classes archaïques locales au service d'une puissance impérialiste, 3e Reich puis Angleterre puis USA. Et c'est l'impérialisme "central" qui ordonne, selon la situation, la "fin de la récré" pour les "rétro-fascistes" des pays de la périphérie, comme on l'a vu dans le cas de l'Espagne, du Chili ou de l'Afrique du Sud de l'apartheid. C'est ce qu'un des rédacteurs du "Monde" des années 1970 (alors un journal vraiment libéral au sens aujourd'hui dépassé car passé au néo-libéralisme décadent), appelait "le fascisme extérieur", c'est à dire la capacité des bourgeoisies libérales du centre impérialiste où domine (encore ?) le régime libéral à projeter vers les pays de la périphérie des régimes autoritaires plus ou moins "fascisant" mais qui tirent leur "force" de pouvoirs extérieurs. Autre chose qualitativement que le vrai fascisme "authentique" (nord)-italien ou le nazisme des années 1930 qui sont des produits "autochtones" de la bourgeoisie impérialiste locale expansionniste et en capacité d'expansion. Aujourd'hui le néolibéralisme produit des formes d'autoritarisme fondamentalement comparables aux fascismes des années 1930, mais sur la forme différentes, car la crise du capitalisme impérialiste de concentration monopolistique mondialisée rend l'émiettement souhaité par la bourgeoisie différent dans sa forme que à l'époque. Est-ce que les formules "techno-fascisme", "fascisme extérieur", "extrême centre", "fascisme supra-nationaliste", "global-fascismes", etc répondent, par rapport au "rétro-fascisme" à l"étape actuelle des besoins de la bourgeoisie impérialiste ? Voilà la question ! Nous avons besoin d'un "nouveau Dimitrov" pour réactualiser les formulations sur les modes autoritaires-totalisant pratiquées ou prévus par la bourgeoisie impérialiste aux abois d'aujourd'hui. Notre problème, aujourd'hui, est que nous n'avons plus de Komintern comme "boite à idée" pour nous faire circuler les instruments et les informations nécessaires provenant de la base, pour produire ce que Dimitrov a pu formuler car il s'appuyait sur l'intelligence collective et l'expérience des communistes et des syndicalistes du monde entier. Nous avançons à l'aveuglette et nous ne savons pas si c'est. le RN ou Macron ou Trump ou Meloni ou ou ou, qui représentent la forme "accomplie" du fascisme d'aujourd'hui. On peut penser que toutes ces formes préparent la formation d'un projet totalitaire centralisé répressif mondialisé qui n'est pas encore arrivé à son stade "mûr". Nous sommes en période de (néo-)fascisation à la fois supranationale et nationale mais pas encore à l'étape de sa réalisation totale. Et la réponse à cette offensive en voie de préparation nécessitera un front des marxistes (socialistes scientifiques), des prolétaires, des petites bourgeoisies prolétarisées, des bourgeoisies nationales anti-impérialistes (bien que généralement opportunistes), des mouvements patriotiques et de libération nationale anti-impérialistes et des théologies de la libération de toutes les obédiences pour permettre le développement de la conscience de classe mais aussi l'unité avec les forces locales attachées à leur "identité territoriale" et donc culturelle, nationale, religieuse, locale, symbolique, etc.
Répondre
R
Un nouvel "équipage bariolé"...
R
On ne peut pas demander leur avis aux communistes des pays comme l' Afghanistan, l' Iran, l' Irak, la lybie la Syrie, le Maroc, l' Algérie etc... Qui ont cru que pour combattre l' impérialisme ils devaient provisoirement faire alliance avec des organisations fascisantes brunes ou vertes car ils on tous été éliminés par leurs " alliés".. visiblement il y a des communistes qui ne tirent pas des leçons de l' histoire pourtant récente et qui sont prêts à ne pas s'opposer voir à favoriser l' accession au pouvoir d' un parti fasciste, dediabolise par les médias au service du capital
Répondre
R
Jo Nice,les communistes lybiens n' étaient pas organisés en parti , mais présents dans les comités révolutionnaires et dans l' armée avec des officiers nasseriens pro soviétiques jusqu' en 1980 lorsque Khadafi a abondonne' le socialisme pour le nationalisme , et procédé a une purge dans ses rangs notamment en éliminant les communistes.<br /> En Iran le Toudeh a soutenu Khomeiny et les fascistes verts shiites avant d' être éliminés par eux .<br /> En Irak sur ordre de l' URSS le PC irakien a soutenu Sadam.puis est passé dans une opposition molle avant de subir une féroce répression qui l'.ont conduit a la clandestinite' et a la lutte armée au côté des kurdes.<br /> En Afghanistan, les communistes au pouvoir divisés en deux factions ennemis le Kalq et le Parcham ont recherché des alliances avec les chefs de tribus islamistes qui n' ont cessé de jouer le double jeu et a s' aller aux plus offrants .le dernier chef d' état communiste a chercher a passer un accord avec les moudjahidines fondamentalistes dont l' actuel chef d état talibans Guldughin en échange de l' abandon du marxisme , peine perdue puisqu ' il a fini assassine .<br /> N' oublions pas que sous prétexte de lutter contre l' impérialisme l' URSS a soutenu tous ces régimes fascisants , qu ils soient religieux ou nationalistes , en bon suivistes quasiment tous les PC ont adopté la même ligne qui au final c'est avéré mortel pour les PC de ces pays et affaibli considérablement le mouvement communiste international.<br /> Ne pas en tirer la leçon pour notre pays et les positions a adopter vis a vis de l' extrême droite aux portes du pouvoir, constituerait une grave erreur.
J
Avec quel fascisme se sont allier les communistes afghans?<br /> quel communistes lybiens?<br /> Les communistes irakiens ont été massacré par Saddam Hussein et n'ont jamais été allié avec lui.
M
Il me semble que la dictature de la bourgeoisie se comporte depuis longtemps comme une alliance des droites ( et gauches hypocrites ) à l'extrême-même de l'extrême-droite. Le facho-nazisme du gouv.n'est-il pas déjà là ?
Répondre
L
Bonjour.<br /> <br /> Le fascisme se caractérise à mon sens par deux choses : la restriction drastique des libertés et l’usage ordinaire et régulier de la violence ; le tout orchestré par les "meilleurs". Le but étant globalement le maintien du système en place.<br /> <br /> Le fascisme d’extrême-droite, que l’on appelle habituellement seulement fascisme, ce qui est assez juste d’un point de vue historique, n’est alors qu’une des variantes du fascisme. Et nous le voyons bien aujourd’hui avec les fascismes d’extrême-centre et d’extrême-gauche.<br /> Les portions de classes sous-jacentes, fournissant les troupes des bras violents de ces variantes m’apparaissent être les suivantes : à droite la petite bourgeoise en difficulté, au centre la petite bourgeoisie intégrée mais plus ambitieuse, à gauche des prolétaires dévoyés idéologiquement et/ou corrompus par les "aides sociales" ; renforcés dans tous les cas pour la rapine par le lumpenprolétariat et autres mafias. On l’aura compris, selon les cas "les meilleurs" ne le sont pas sur les mêmes critères.<br /> <br /> Ceci étant précisé, le fascisme historique se distingue des autres par la volonté de la bourgeoisie dans le désarroi (Cf. Lukacs) de trouver une alternative, un autre modèle de société, alternatif au capitalisme. On pensera ici à Mussolini ou à Carl Schmitt par exemple. On ne saurait, je crois, totalement comprendre la conclusion par Hitler du pacte Germano-Soviétique sans sa vision d’un IIIe Reich, en opposition au libéralisme.<br /> C’est extrêmement significatif de la pression de la classe petite bourgeoise sous-jacente, en opposition au capitalisme mené par la haute bourgeoisie. Bien entendu, les chefs politiques eux, étaient prêts à toutes les compromissions, en particulier par le grand capital. Je ne doute pas que le fond de l’histoire de la mise à l’écart de Carl Schmitt par Hitler en soit une des manifestations.<br /> <br /> Cette voie du fascisme historique, notamment car empêtré dans ses contradictions, a échoué au XXe siècle (heureusement). <br /> Sa survivance en Espagne (et au Portugal) relève des aléas historiques et aussi sans doute de la volonté des impérialistes de laisser en Europe une zone arriérée apte à servir ces intérêts quand de besoin.<br /> <br /> Voilà pour cette analyse que la lecture de votre article m’a donné l’envie de rédiger.<br /> <br /> Cordialement.<br /> <br /> Luc Laforets<br /> www.1P6R.org<br /> <br /> PS : Je ne suis pas revenu sur la dimension opposition au mouvement ouvrier que vous avez très bien énoncée.
Répondre
R
Il est inexact de dire que la répression franquiste s est atténuée avant la mort de Franco, et hélas je le sais personnellement, plusieurs membre de ma famille l' ont subie, et des emprisonnement, des tortures des exécutions ont eu lieu juqu' au derniers jours du franquisme et même après, mon oncle assigné a résidence dans son village après avoir été embastille 7 ans et torture n ' à vu cette assignation levée que 2 ans après l' avènement de la démocratie.<br /> Tes contre vérités salissent la mémoire de ceux qui ont lutte jusqu ' au bout contre le fascisme, notamment les militants du PCE clandestins qui étaient bien seuls dans cette lutte et qui au minimum mériteraient autre choses qu une mauvaise caricature de leur combat
Répondre
R
Je ne te parle pas de la période àpres le 29 novembre 1975 jour de la mort de Franco, je maintiens qu avant cette date, il n' y a jamais eu de tractations entre la clandestinite et le régime pour que la répression soit moins féroce, celle ci s' est même renforcée prétendre le contraire sans apporter de preuves est une contre vérité historique <br /> J ai 77 ans et je connais parfaitement cette période pour avoir vécu des deux côtés de la frontière de 1958 jusqu à 1980 et pour y faire de fréquents séjours depuis, et de par les récits de ma famille qui a été persécutée et qui pourrait de donner des détails années par années sur ce qu ils ont subit dans leur chair et leur cerveau. Raison pour laquelle je ne tolère aucune approximation sur le sujet.
R
C'est tellement vrai que ce sont les franquistes eux-mêmes qui ont gouverné l'Espagne après 1975, jusqu'à passer le relai au PSOE. Même schéma du reste au Chili après Pinochet. ce que prouve d'ailleurs l'histoire de ton oncle. Et si tu m'insultes encore une seule fois, tu seras définitivement bloqué.