Le Royalisme et ses ennemis au PCF en Poitou Charente : compte rendu critique et commentaire du débat « le PCF et sa politique régionale » du mercredi 28 octobre
4 Novembre 2009 , Rédigé par Réveil Communiste
Saisi sur le site du collectif PCF 17, il s'agit d'une assemblée des communistes de Charente Maritime
Compte rendu du débat « le PCF et sa politique régionale » du mercredi 28 octobre
Programmé pour 18 h 30, à 19 h 10 le débat est introduit par le secrétaire fédéral en présence de 63 camarades.
Après un rapide tableau de la situation en France, il présente S. Royal comme la seule candidate crédible face à Sarkozy en 2012. Il évoque un possible programme de la Gauche, la gauche, la gauche.
Il rappelle la décision du dernier Conseil National et fait lecture des passages de la résolution du CN indiquant la possibilité pour chaque région de décider de sa position, ce qui a permis un vote très majoritaire au CN. Il rappelle les résultats aux européennes pour dire que la seule solution pour avoir des élus à la région la seule solution c’est de repartir avec Mme Royal.
21 camarades vont s’exprimer dans le débat.
8 vont exprimer leur désaccord avec l’option fédérale : est-ce le retour de la gauche plurielle ? Les camarades sont déboussolés, en quoi les régions à « gauche » (20 sur 22) ont été un contre pouvoir face à Sarkozy, front de gauche ou pas, on n’a plus jamais notre identité, on ne veut pas devenir comme R. Hue qui s'est rallié à la liste socialiste en Ile-de-France, on doit essayer de remonter tout seul, le PS nous a détruit, faut-il être à tout prix dans les exécutifs, où sont les propositions élaborées avec les gens et par les camarades de base, si nos élus ont un bon bilan ils n’ont pas à redouter le verdict des électeurs, il faut lutter contre le bipartisme, contre le social libéralisme, on n’est pas enchaîné avec le PS, c’est la première réunion sur le thème des régionales où est la souveraineté des communistes, aucune région ne s’est opposée à la mise en place de la réforme Fillon concernant les agents dans l’Education Nationale, avec une politique à géométrie variable comment peut-on exister comme parti, si le PS s’allie au modem au second tour que fera le parti, il n’y pas que les élections , pour être communiste il y a la bataille de tous les jours.
2 sans préciser l’option qu’ils défendaient posent des questions ( Quel projet politique, ne pas renier ses idées, défendre un pôle public bancaire dont le PS ne veut pas).
11 vont s’exprimer pour la reconduction avec le PS invoquant : la menace du fascisme, l’impossibilité de passer la barre des 5% et encore moins celle des 10%, on a besoin d’élus communistes, face à la gauche éclatée on doit rassembler à gauche avec le PS pour battre la droite, nos élus ont fait avancer des choses particulièrement sur les transports, la TIPP, les enfants de Saintes qui vont à la piscine à Royan pour 1 €, Mélenchon veut nous faire disparaître, il n’y a pas photo entre Royal et Raffarin, on est bien dans les mairies avec le PS pourquoi pas à la Région, on a été avec le PS en 2004 pourquoi pas en 2010, les gens veulent que la gauche se rassemble, la question principale (thèse marxiste) est : on a besoin d’élus quelque soit l’alliance qui est ici la question secondaire (thèse marxiste).
L’ancien secrétaire fédéral conclut le débat : il est pour la reconduite avec Mme Royal même si elle n’est pas très claire par rapport au modem, ce n’est pas sur le bilan que la gauche va gagner mais sur son projet, le CN nous enferme sur un débat de stratégie mais jamais sur le débat de fond pour repenser le communisme du 21ème. ( Joli tour de passe-passe pour communisme 21.)
Pourquoi à la fête fédérale de juillet n’y avait-il pas de débat sur les régionales, pourquoi pas d’impulsion dans les sections? Mais l’actuel secrétaire fédéral n’avait pas tous les éléments !…
Impressions du débat « le PCF et sa politique régionale » du mercredi 28 octobre, par Francisco Granados
Le secrétaire fédéral nous a donc lu des extraits de la résolution du CN en particulier
« Le conseil national appelle les communistes à prendre leurs décisions région par région en pleine connaissance de cette offre, en appréciant les possibilités de la conduire dans chacune de leurs régions, en prenant les décisions les plus utiles pour faire avancer les objectifs qu’elle énonce ».
Mais il n’a jamais précisé quels étaient l'offre et ces objectifs. Il aurait pu par exemple dire que
« le premier enjeu sera celui des orientations politiques adoptées, le troisième enjeu est celui de l’alternative politique à gauche », lire ces extraits, « La gauche mobilisera si elle va au devant des électeurs avec un projet clair et combatif, qui favorise l’intervention populaire pour faire face aux urgences sociales. Elle ira au contraire à l’échec si elle mise sur des calculs politiciens qui la conduisent à composer avec les idées libérales au moment où celles-ci font la preuve de leur faillite…. Ces listes, en ouvrant un autre choix à gauche que celui porté par le PS ou Europe-Ecologie, visent à lever une dynamique de rassemblement et de victoire à gauche sur des choix clairs…. Cela supposera de travailler sans ambiguïté au lendemain du premier tour à la fusion des listes de gauche et écologistes, donc à l’exclusion du Modem…. »
Finalement, on tronquant les termes de la résolution, le débat était biaisé. Naturellement il n’a pas parlé des ateliers, (dans notre région il n’y en a pas eu), même si on peut avoir quelques doutes sur ces ateliers.
Quant à la possibilité d’une liste PCF ouverte sur le mouvement social, (en 2004, une telle liste en Picardie a fait le meilleur score soit 11%) pourquoi en aurait-il parlé, puisque que le Parti était obligé, selon lui, d’aller tout de suite avec le PS.
Les interventions, car le débat contradictoire n’a jamais été poussé, ont donc porté en grande partie sur la tactique.
A ce sujet il faudrait la plus grande transparence auprès des camarades et non des négociations menées par les élus sortants. Il faudra repenser le rôle des élus communistes dans l’organisation de leur parti. L’année prochaine ce sera le 90ème anniversaire de notre Parti. Il faudrait rappeler qu’il a vu le jour, comme d’autres, suite à la faillite des partis sociaux démocrates, dirigés par des notables, qui avaient soutenu la boucherie impérialiste de la première guerre mondiale.
Les électeurs des dernières élections et particulièrement les jeunes, les abstentionnistes, principalement dans le monde ouvrier et populaire, que vont-ils penser d’une alliance à nouveau avec le PS au premier tour ? Est-elle compatible avec notre ambition de transformer la société, avec nos propositions radicales et rassembleuses, avec nos idées communistes ?
Le rapport a focalisé les problèmes par le petit bout de la lorgnette.
Ainsi, il a été beaucoup question de bilan surtout dans les TER. Mais cela ne recouvre pas tout le problème de la SNCF, des transports, du ressenti de tous les cheminots (voir leur dernière grève du 20 octobre) et des usagers.
On a parlé des spécificités du Poitou-Charentes, sans que ne soit développé le projet de l’Europe des grandes régions voulue par l’UE et avec l’accord du PS.
A force de zoomer, la question principale qu’un marxiste doit poser avait pour réponse dans la bouche d’une camarade : avoir des élus communistes ! Mais peut-être était-ce l’humour de Groucho Marx ?
Dernière remarque : une femme sur 5 à la tribune et 4 interventions de femmes sur 21 (comme communiste 21).
A part ça, rien de nouveau à Bobyland.
Francisco Granados.
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
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Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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