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Réveil Communiste

Régionales : Point de vue des Rouges Vifs Haute Normandie

7 Mars 2010 , Rédigé par Réveil Communiste

Personnellement si j'étais inscrit en Haute Normandie je voterais au premier tour sans barguigner pour la liste de Sébastien Jumel (maire PCF qui a conquis la mairie de Dieppe en 2008) ne serait ce que pour encourager la mise à distance du PS (le PCF faisait liste commune avec lui en 2004). Mais le point de vue des RV de la région mérite aussi d'être entendu. GQ


Rouges Vifs Haute Normandie

ACTION COMMUNISTE On ne doit être asservi à l’autorité de personne si l’on s’occupe de la vérité (Erasme)

REGIONALES : LA GRANDE ILLUSION !

Les sondages annoncent le PS en tête au deuxième tour. Outre qu’une fois de plus les politologues privilégient le deuxième tour au profit des deux grands partis qui pratiquent l’alternance depuis bientôt 30 ans, ils ne produisent aucune analyse sur les électeurs qui n’ont pas encore fait leur choix du premier tour … et qui sont nombreux.

Forte abstention prévisible

Il y a fort à parier que les élections régionales seront boudées par un grand nombre d’électeurs. D’une part parce que ces derniers savent que les graves problèmes auxquels ils sont confrontés (l’emploi, les salaires, l’éducation, la santé, la justice … ) ne peuvent trouver de solutions à l’échelon régional. D’autre part parce qu’à leurs yeux les régions sont le pendant indissociable d’une Europe capitaliste qui vise à affaiblir la République, égalitaire, une et indivisible, à abolir la Nation et du même coup la capacité du peuple à décider des grands choix qui déterminent son avenir.

L’impossible vote sanction

S’opposer à la politique «libérale » du CAC40 impose évidemment le rejet des listes de droite d’extrême-droite. Mais cela impose aussi le rejet de la liste socialiste conduite par A. Le Vern. A la tête de la région, celui-ci a beau se targuer d’une bonne gestion, il n’a fait qu’obéir à la logique dominante. En témoignent les subventions versées avec nos impôts aux entreprises et aux centres de formation professionnelle privés. Par ailleurs peut-on accorder du crédit aux verts et au PCF qui affichent leur combativité alors qu’ils ont voté sans désemparer toutes les propositions socialistes au conseil régional ? Si l’on retient également que le PS, le PCF, les Verts et le NPA partagent ensemble l’illusion d’une Europe sociale, démocratique et pacifique quand c’est pour le contraire qu’elle a vu le jour, sanctionner la politique capitaliste à l’occasion des élections régionales relève de l’impossible.

Une seule solution : le développement des luttes

Quand le verdict des urnes s’avère inefficace il n’est qu’un seul recours : les luttes. Les luttes fortes parce qu’unitaires et prolongées sur des objectifs de progrès social et démocratique, les luttes pour l’augmentation des salaires et des retraites, pour l’emploi, pour les nationalisations du secteur bancaire et des groupes industriels, pour un changement démocratique de notre constitution. Des luttes qui en fin de compte contraignent le gouvernement à désengager la France de l’Europe pour redonner à notre peuple la maîtrise de son avenir. L’adversaire, c’est le capitalisme et tous ceux qui le servent

Un récent éditorial de l’Avenir de Seine Maritime ( bi-mensuel du PCF) titrait:

« Un seul adversaire : la droite ».

Cette position ne fait que décrédibiliser la candidature même d’une liste de « front de gauche». En effet, dans une période où la droite et le patronat frappent si fort contre les droits de la plupart des Français, alors que beaucoup veulent sanctionner le pouvoir, comment justifier une liste si ce n’est en montrant en quoi la politique de la région, loin de s’éloigner des dogmes libéraux, s’y soumet comme le firent d’ailleurs les gouvernements dirigés par le parti Socialiste ces dernières décennies ? Annoncer comme un postulat l’alliance au deuxième tour sans faire des conditions politiques qui pourraient la rendre possible l’objet d’une bataille politique en profondeur sur les contenus, réduit cette campagne à une bataille politicienne. D’autant qu’A. Le Vern a prévenu : « Le programme qui arrivera en tête au premier tour s'appliquera ».

La gauche plurielle n’a pas défendu les services publics et ses usagers

Transports : privatisation

Les dirigeants européens se servent de la crise grecque et des problèmes de l’euro pour préconiser une politique d’austérité et l’accélération des « réformes » des Etats, c’est-àdire la libéralisation-privatisation des services publics. Cette politique est celle de la droite et du PS qui agissent de concert en ce sens à Bruxelles . Cela aura aussi des conséquences sur la gestion des régions. L’Europe et le gouvernement vont sommer celles-ci de réduire les services rendus, d’en offrir d’autres à la concurrence et de supprimer des emplois territoriaux. La suppression de la taxe
professionnelle est programmée aussi dans cette perspective. Cela a déjà commencé. Ainsi la région est responsable des transports publics de voyageurs. C’est donc avec son plein accord que la SNCF lance pour le transport voyageur un appel d’ « offre économiquement la plus avantageuse » (transports par cars) pour les lignes Bréauté-Fécamp et Verneuil-Dreux, sans condition de sécurité, de confort et sans regard sur les conditions de travail. C’est un transfert du public vers le privé. Dans ce domaine, Le Vern et les siens ont dirigé la Haute-Normandie sans avoir été les défenseurs des populations contre les privatisations et sans avoir pour autant amélioré les transports
publics.

De nombreuses municipalités à direction socialiste, et parfois même communiste, ont accepté la privatisation du service de l’eau ou des cantines scolaires. Qu’en sera-t-il à la Région pour d’autres services publics avec des dirigeants socialistes qui font la politique de Bruxelles et y obéissent ?

Démantèlement de l’éducation nationale

Depuis 1983 les logiques de décentralisation mises en oeuvre pour l’éducation ont donné aux régions de plus en plus de prérogatives, pas seulement pour les constructions ou rénovations de lycées. Elles décident des cartes de formation en faisant une part grandissante aux objectifs à court terme du patronat au détriment des missions de formations au service de tous les jeunes. Dans notre région comme dans beaucoup d’autres ces transferts se sont accompagnés d’un alourdissement de l’impôt mais très peu, voire beaucoup moins, de démocratie et de concertation. Le président de la région Haute-Normandie a été parfois plus zélé que d’autres à accompagner la politique nationale. Alain Le Vern a accepté la réforme Darcos de généralisation du bac pro 3 ans et la suppression
du BEP. Il est également muet sur les fermetures de sections qui frappent les lycées professionnels de l'académie année après année. Il n’a pas seulement rénové des LP, il en a fermé : dernier en date, Honoré Pons, à Saint-Nicolas-d'Aliermont.

Il a favorisé le développement en Haute-Normandie de la formation par l'apprentissage. Cettepolitique contribue à vider les lycées professionnels au profit des CFA, pour la plupart privés, contrôlés par le patronat. Rappelons que l'apprentissage est une formation minimaliste, sélective, inégalitaire et nuit aux poursuites d'étude. 30 millions d'euros par an sont consacrés aux "aides aux employeurs d'apprentis", ce qui renforce le développement de l’apprentissage. Les conditions de travail et de formation des apprentis hauts- normands ont été étudiées en mars 2008 par la Direction Régionale du Travail de Haute-Normandie. Nombreuses ruptures de contrats, faiblesse des
poursuites d'étude, dépassement des horaires légaux de travail, accidents fréquents, absence de tuteur dans bien des cas... : ces conditions sont déplorables.

Les gouvernements de Droite, en privant l’école de moyens (Plus de 40 000 suppressions de postes en 3 ans !) veulent laisser le champ libre au secteur marchand et concurrentiel à commencer par les formations professionnelles et technologiques. Ces dérives s’accompagnent de la remise en cause de deux valeurs essentielles de l’Ecole Publique : la laïcité et la gratuité.

Une Région « outil de Résistance » s’appuierait sur les mobilisations pour construire et préparer, dans les limites de ses compétences, des alternatives.

Force est de constater que ce n’est pas le cas, que les personnels et les familles sont ignorés et ils ne doivent qu’à leur mobilisation les reculs obtenus face au gouvernement comme cela fut le cas récemment au lycée technologique Neruda de Dieppe qui a obtenu le maintien d’un BTS.

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