Qui gouverne la France ? Bruxelles !
Envoyé par Alain Rondeau :

Les luttes pieds à pieds des français empêchent le « gauleiter » Hollande d’aller trop vite dans la destruction de l’État providence et des services publics pour atteindre le déficit de 3 % en 2015 demandé par l’U.E. Donc Bruxelles se fâche ! Voici la liste des réformes structurelles qu’elle exige aujourd’hui. Le moins que l’on puisse dire est qu’elles ne vont que dans un seul sens, celui de l’aggravation de la misère, de la précarité et de l’exclusion sociale. L’urgence d’un sursaut citoyen et d’une remise en cause radicale de ce système libéral capitaliste représentée ici par l’U.E, est de plus en plus à l’ordre du jour. Lire notre Éditorial de Une.
Cette liste des exigences de l’U.E figure dans un document de trois pages, adopté par le Conseil européen en juillet 2014, sous forme de « recommandation » pour 2014-2015.
On croit rêver car Bruxelles ose écrire « Une correction durable des déséquilibres budgétaires requiert la mise en œuvre crédible de réformes structurelles ambitieuses pour accroitre la croissance et l’emploi » indique le document européen.
Or comme l’écrit Frédéric Lordon :
Pour créer des emplois « encore faut-il que les carnets de commandes se remplissent... » (Jean-François Roubaud, président de la CGPME dans Les Echos, 3 janvier 2014.)
En effet, les entreprises ne produisent pas leur propre carnet de commande, elles ne font que répondre à des demandes extérieures. Or ces demandes extérieures ne dépendent que de la capacité de dépense de leurs clients. En situation de passivité face à cette formation de commandes, qu’elles ne font qu’enregistrer, les entreprises ne créent donc aucun emploi, mais ne font que convertir en emplois les demandes de biens et services qui leurs sont adressées. Donc aucun geste « créateur d’emploi » de la part des patrons.
Mais si l’emploi n’est pas créé par les entreprises, par qui l’est-il donc, et à qui devraient aller nos soins ?
La création d’emploi résulte d’un processus dont le nom le plus connu est « la conjoncture économique ».
Et, gérer « la conjoncture économique » est une action essentiellement POLITIQUE !
Mais, de cela, le gouvernement « socialiste » a manifestement abdiqué toute velléité d’évolution : ligoté par les contraintes européennes qui ont si bien neutralisé toute possibilité de politique économique active, il a renoncé par avance à tout effort de retrouver quelque marge de manœuvre en cette matière.
Relancer la consommation par l’augmentation des salaires et des prestations sociales est justement un bon moyen de faire évoluer « la conjoncture économique » dans le bon sens.
Mais le bon sens pour qui ? Pas pour les banques et les actionnaires bien sûr.
Tour d’horizon des réformes réclamées par Bruxelles. Tout ce qui nous attend y est écrit noir sur blanc. |
Traduction : réduire le salaire et sa partie socialisée et donc en conséquence diminuer la protection sociale.
Allocations-chômage : |
Traduction : casser encore plus le code du travail et la législation sur les licenciements, baisser les cotisations sociales et diminuer les prestations sociales pour le chômage.
Dépenses de santé: |
Traduction : diminuer encore plus les remboursement de la sécurité sociale, instaurer une médecine des riches et une médecine des pauvres.
Retraites: |
Traduction : alors que le rapport du COR de 2000 a montré que grâce à l’augmentation de la productivité il y aura au minimum jusqu’en 2040 de plus en plus d’argent pour payer les retraites ils veulent augmenter l’âge de la retraite et casser par exemple les statuts de la SNCF, RATP et des intermittents du spectacle.
Simplification: |
Traduction : tout pour les patrons, rien pour les salariés.
Collectivités locales: |
Traduction : la fin programmée des conseils généraux au profit de métropoles et de grandes Régions directement pilotées par Bruxelles et le désengagement de l’État provoquant des inégalités entre régions riches et régions pauvres.
Professions réglementées: |
Traduction : obligation du travail le dimanche, casser les monopoles des notaires, médecins et pharmaciens et ouvrir leur activité (lucratives) au capital bien sûr.
Concurrence: |
Traduction : libéraliser encore plus le marché de l’énergie et sacrifier la SNCM et la RATP par exemple.
Alors, jusqu’à quand allons nous accepter que l’U.E dicte notre politique économique, jusqu’à quand allons nous accepter de courber l’échine devant la séquestration de notre propre gouvernement ?
Quand les multinationales mettent en concurrence les salariés du monde en nous faisant le coup de la compétitivité soit on l’accepte, soit on affronte le capital et on protège nos emplois, nos activités et nos droits de travailleurs.
Aujourd’hui, l’idéologie dominante s’efforce de nous persuader de l’impossibilité d’un changement radical, de l’impossibilité d’une abolition du capitalisme, de l’impossibilité de la création d’une démocratie qui ne se réduirait pas à un jeu parlementaire corrompu, de l’impossibilité du peuple à prendre la parole et dire ce qu’il veut.
Ne nous laissons pas hypnotiser par les sirènes des médias, prenons notre avenir et celui de nos enfants en main et décidons nous même ce qui est bien pour notre pays.
La peniche avec CH