Le soutien de l'Occident à l'opposition syrienne est la cause du prolongement de la violence (point de vue chinois)
16 Juin 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Chine
sur le site du Quotidien du Peuple
La situation en Syrie, instable, se trouve de nouveau sur le devant de la scène internationale après que plus de 100 personnes, dont de nombreux enfants, aient été tués dans la ville de Houla, le 25 mai, et qu'un nombre inconnu de civils aient été tués à Qubair le 6 Juin. Après ces deux massacres, les États-Unis et certains pays occidentaux en ont immédiatement fait porter la responsabilité au gouvernement syrien avant même que des enquêtes aient pu déterminer qui était le vrai responsable.
Pourquoi les États-Unis et leurs alliés occidentaux sont-ils ainsi déterminés à jeter le blâme sur les forces gouvernementales syriennes ?
Parce que, en faisant ainsi, ils pensent pouvoir faire pression sur le président Bachar al-Assad pour le pousser à démissionner.
En fait, c'est le soutien de l'Occident, en termes de diplomatie, d'opinion publique internationale et d'armes à l'opposition syrienne qui a conduit au prolongement de cette situation violente en Syrie.
Les principaux pays occidentaux sont en proie à diverses crises. Afin de détourner l'attention de leur opinion de ces crises et de réorienter son ressentiment, les États-Unis et d'autres pays occidentaux continuent à fomenter des troubles dans d'autres pays et régions et sont même prêts à y lancer des guerres.
Les anciens gouvernements irakien et libyen, qui avaient toujours fait montre de désobéissance à l'Occident, ont été renversés, ce qui fait qu'aujourd'hui qu'au Moyen-Orient seuls les gouvernements syrien et iranien sont libres du contrôle des pays occidentaux conduits par les États-Unis.
Renverser un gouvernement syrien rétif est une étape nécessaire aux États-Unis pour renverser le gouvernement actuel à Téhéran, et aussi une partie de leur stratégie globale pour contrôler le pétrole mondial et maintenir le statut de monnaie mondiale du Dollar américain.
Ainsi que l'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger l'a dit un jour : tenez le pétrole et vous tiendrez les nations, tenez la nourriture et vous tiendrez les peuples ; tenez la monnaie et vous tiendrez l'économie mondiale.
Le contrôle de l'approvisionnement du monde en pétrole joue un rôle important dans l'hégémonie mondiale des États-Unis. De toute évidence, les États-Unis et ses alliés ne veulent pas voir que la Chine et la Russie unissent leurs efforts dans le traitement de la crise syrienne, car cela ruine de leur rêve de contrôler le pétrole du Moyen-Orient. Ils essaient de semer la zizanie entre la Chine et la Russie.
La Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton est allée jusqu'à prétendre que la position de la Russie et de la Chine sape les efforts de la communauté internationale pour faire pression sur le gouvernement Assad.
Cependant, la Chine et la Russie se sont engagées à respecter la Charte des Nations Unies et le maintien de la paix au Moyen-Orient.
La réalité sanglante qui a suivi la Guerre froide montre que les interventions humanitaires de l'Occident se traduisent souvent par encore plus de crises humanitaires.
La Chine et la Russie ne cherchent pas à maintenir le gouvernement Assad contre la volonté du peuple syrien. Ils sont pour le respect du choix de la majorité de la population de la Syrie. Mais l'Occident doit également respecter le choix du peuple syrien. L'objectif de la Chine et de la Russie est d'éviter une intervention armée extérieure, qui pourrait entraîner une catastrophe humanitaire encore plus grande.
Si les États-Unis et leurs alliés occidentaux persistent à vouloir utiliser la force sans mandat de l'ONU, les conséquences pourraient en être désastreuses, même pour les États-Unis.
M. Kissinger a publié un article dans le Washington Post, intitulé « Une intervention en Syrie risque de bouleverser l'ordre mondial », critiquant la pression des États-Unis pour intervenir militairement en Syrie.
M. Kissinger a fait remarquer qu'une intervention militaire, qu'elle soit humanitaire ou stratégique, suppose deux conditions préalables. Tout d'abord, un consensus sur la gouvernance après le renversement du statu quo est essentiel. Si l'objectif se limite à déposer un régime particulier, une nouvelle guerre civile est susceptible de suivre dans le vide qui en résulte, des groupes armés vont se disputer le pouvoir, et des pays extérieurs vont soutenir des parties différentes. Deuxièmement, l'objectif politique doit être explicite et atteignable dans un laps de temps supportable intérieurement. Il pense que les États-Unis ne peuvent pas se permettre d'être entraînés dans un engagement militaire indéfini dans un conflit prenant un caractère de plus en plus sectaire. En l'absence d'un concept stratégique clairement défini, un ordre mondial qui effacerait les frontières et fusionnerait les guerres internationales et civiles aurait les pires difficultés à reprendre son souffle.
Bien sûr, ses paroles ont été rejetées par les conservateurs américains.
Pour la Chine, les défis résultant de la crise syrienne sont un test de sa maturité diplomatique. En tant que puissance responsable, la Chine, en plus de la médiation diplomatique, devrait élaborer des stratégies plus concrètes pour répondre aux agissements des puissances occidentales. Car après tout, ce sont les intérêts mêmes de l'Occident qui sont à l'origine de la crise en Syrie.
L'auteur, Li Qingsi, est professeur à l'École des hautes études internationales de l'Université Renmin de Chine.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne
Réveil Communiste :
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