Jean Louis Cailloux commente Pierre Laurent
10 Juin 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Positions
Le texte de Pierre Laurent publié dans l’humanité 10 jours avant l’ouverture du congrès appelle à des remarques.
Voici les miennes pour le débat
Cordialement
JL Cailloux
Ce texte est édité a la veille d’un grand nombre de conférences fédérales. S’agit-il d’un faux-pas qui écorne la démocratie ?
S’agit-il d’un soubresaut de l’ancien qui pèse sur le nouveau ? Ce poids de l’ancien ne s’exprime t il pas dans le fait que la presse nous annonce que Marie George Buffet (PCF), Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) et Christian Picquet (Gauche unitaire) se sont rencontrés pour réactiver le «comité de liaison du programme partagé du Front de gauche» et surtout pour « ceux qui ne souhaitent pas adhérer des partis respectifs, la création d’une association des «partisans du Front de gauche.» Ce que le texte de Pierre Laurent n’évoque en aucune manière.
La lecture des comptes-rendus des assemblées générales de sections à telle été faite ? On se demande comment ces documents sont étudiés, et par qui, dans un délais si court.
Certes ce texte s’inscrit dans le plan du texte de préparation du congrès, mais Pierre Laurent successeur de Marie Georges n’engage t il pas le parti avant les conclusions du congrès ?
Les mauvaises pratiques ont la vie dure.
Cette publication ne relève t-elle pas d’une méthode qui va au rebours des transformations démocratiques profondes qui sont à l’ordre du jour du congrès d’étape ? Transformations qui ne se limitent pas à la proposition d’êtres consultés à chaque étape du processus qui clos le texte (encore heureux).
Les communistes étaient en droit de s’attendre, au moment où Marie George Buffet passe la main, à un autre comportement. Visiblement l’ancien pèse sur le nouveau.
Ce « pré rapport » ou ce « pré résolution » du congrès, cette démarche de marie George Buffet, auraient du être proposé au débat avant l’ouverture des conférences de section. Voilà pour la forme et la démocratie.
Avant même un regard sur le fond du texte, cela peut nourrir les aigreurs et les tendances, les désirs de communismes imprégnées de passéisme chez les uns, comme l’opportunisme larvé chez d'autres.
Sur le contenu du texte, soyons précis.
260 lignes, 50 de constats exposant la situation et la crise.
Tous le reste, même l’examen des comportements de la droite et du PS, (sauf 33 lignes consacrées à la résistance) s’investir dans une démarche réduisant au final les perspectives aux élections à venir, soit 70% du texte.
Deux mille douze, 2012, 2012, 2012, 2012, scande ce texte, une fois de plus marquée d’hésitations sur le parti lui-même. L’énoncé d’une possible candidature du PCF n’est pas argumenté et peut en fait servir de masque pour autre chose.
Concernant l’action, un tout autre équilibre du texte était nécessaire. Car en fait tout n’en découle t il pas ? Cela n’est-il pas le défit premier du congrès ? Le second portant sur le PCF lui-même.
Trente lignes pour la résistance, c’est vraiment peu, même si cela satisfait des camarades qui y verront l’affirmation d’un souffle nouveau.
Mais ce qui frappe, c’est que cette résistance est énoncée sans réelles liaisons vers les constructions d’alternatives dans les luttes. Le lien est réduit à un seul mot « ensuite ». La notion de fronts de luttes adoptée au précédent congrès est évacuée. Le grand risque c’est que la césure demeure entre lutte expérimentation et d’appropriation et la construction politique.
L’ « ensuite », c’est la proposition d’un processus protéiforme où le Pcf ne serait d’ailleurs présent que sous la houlette du Front de Gauche et visant à la rédaction d’un pacte d’union populaire avec un couronnement de sommets nationaux. (Un sentiment de déjà-vu calamiteux).
Derrière les mots de "l’espoir prometteur du F de G ", risque de se jouer une fois encore la comédie de la gauche de la gauche, ( aucune appréciation des positionnements du Parti de gauche). Est écarté, dans les faits, la nécessaire réflexion visant l’intervention vers toute la gauche.
Comme ci la novation n’était pas déjà inscrite chez eux, les communistes sont invités et confinés avec le PCF « à un travail intense sur son projet », comme si nous étions sans réflexions actualisées et novatrices dans la plupart des domaines !! Je ne les énumère pas
Vraiment le congrès doit nous sortir de ces ornières où luttes et construction sont séparées et où le Parti délègue à une autre forme, sinon l’idée, l’action concrètes de rassemblement.
L’effacement du Pcf, chassé par la porte au dernier congrès de par la volonté de la très grande majorité des communistes, peut, avec les meilleurs intentions et si nous n’y prenons garde, rentrer par la fenêtre ! ( L’annonce d'une association par Mélenchon et Marie George pour les sympathisants du front de gauche relancer le processus d'un parti genre "die lincke" ou encore plus gravement une situation à l'italienne et espagnole où les communistes sont tombés dans le trou noir de l'existence virtuelle).
Nous devons avoir un congrès qui invite les communistes à réfléchir à la façon d’opérer pour un dépassement du capitalisme, la révolution. La crise profonde marque en effet les esprits, stimule les aspirations à une autre société et ouvre de nouveaux espaces. Cela inclut une nécessaire analyse visant à dégager le peuple du piège institutionnel dans lequel la pensée révolutionnaire est engluée dans notre pays.
Jean Louis Cailloux
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
Le blog reproduit des documents pertinents, cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu.
Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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