L'Europe ne peut pas être sociale. Intervention prévue au congrès du PCF, non prononcée
25 Mars 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #CN du PCF
Intervention préparée pour le
au 36ème congrès du PCF
Sommes-nous, ici en cette Europe, qui aime donner des leçons de démocratie au monde entier, dans une société moderne et civilisée ? L’Europe vaut-elle qu’on se batte pour elle, pour l’améliorer, la socialiser alors que les nations, les peuples qui la constituent souffrent et ne sont plus considérés comme souverains, comme maîtres de leur destin ? Alors que ces peuples plient sous le la main de fer de la finance, d’une concurrence libre et non faussée, comme si le mot « libre » voulait dire liberté, « libéral », générosité et « non faussée », vrai, sans mensonge ? L’Europe n’est-elle pas plutôt impérialiste dans sa forme même qui est d’imposer aux nations qui la composent les lois du capital, qui nient les droits acquis de hautes luttes par les travailleurs, qui rabaissent le travail au rang de marchandise bradée, qui mettent les travailleurs dans la situation de quémander ce qui leur revient : le droit de travailler, le droit à un vrai salaire, le droit à se cultiver, le droit de faire des choix de vie.
Plusieurs centaines de salariés d'Arcelor Mittal venus de Florange, en Lorraine, et de Liège, en Belgique, ont tenté mercredi de manifester devant le Parlement européen dont la police interdisait l'accès. Les sidérurgistes étaient venus demander à l'Europe d'agir pour empêcher la fermeture de leurs installations qui doit entraîner la suppression de 630 emplois directs en France et de 2.300 en Belgique. Ils ont été bien reçus, comme il se doit, aux portes du palais. On aurait bien pu leur dire « qu’on leur donne de la brioche ! ». Que demandaient-ils ? « Que l'Union européenne prenne des dispositions pour préserver la sidérurgie ». Mais la réponse a été édifiante puisqu’elle s’est formulée par une pure répression policière comme si les travailleurs étaient des terroristes.
Je me questionne sur le sens des mille fermetures d’usines en 2012 en France, je me questionne sur ces millions de travailleurs au chômage, sur ces travailleurs qui ne vont plus aux urnes, ou qui par défi et rancune votent Front national, je pense à l’avenir qui attend nos jeunes, diplômés ou non. Je me demande à qui nous, communistes, nous nous adressons, car lorsque nous parlons du « peuple de gauche » je n’y vois pas la révolte sociale, je n’y vois pas la volonté de rompre radicalement avec le capitalisme et ses injustices.
Je me questionne sur ces banques qui nourrissent et gavent le capitalisme, affament les plus pauvres.
L’Europe ne peut pas être sociale ; les peuples d’Europe doivent être reconnus nationalement et la banque européenne ne doit pas disposer de prérogatives qui la placent au dessus des banques nationales.
Alors, je propose que notre parti se mette à la tête d’une grande campagne politique exigeant la nationalisation de toutes les banques. Un front très large bien au-delà des limites habituelles de la gauche devrait pouvoir se réunir sur cette question.
Pasquale Noizet, membre du CN
PS : Pasquale a demandé la parole tôt dans la matinée de jeudi, mais n'a pas vu venir son tour. Mais elle a été reélue au CN sur la liste des huit signataires du texte "Unir les Communistes". Publié ici le 22 février 2013
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
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Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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