Débat sur la conférence de Copenhague à la section de Béziers du PCF
8 Novembre 2009 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Economie
Jacques Cros nous a envoyé le compte rendu du repas à thème organisé le 6 novembre par la sectionde Béziers du PCF au cercle populaire Joseph Lazare
Oui, c’était le sujet retenu pour ce repas à thème du vendredi 6 novembre. Evidemment un sujet en lien avec l’actualité puisque la conférence de Copenhague, organisée par l’ONU, va se tenir en décembre 2009.
Le cercle avait invité un intervenant, Paul Sindic, auteur d’un livre non encore édité, qui a fait un exposé préliminaire devant quelque 45 participants à la soirée.
Il a mis l’accent sur deux points : la réalité du réchauffement climatique dû à l’émission de gaz à effet de serre, la famine et la maladie qui tuent chaque année entre 7 et 8 millions de personnes, soit 150 millions au cours des vingt dernières années. Une manière de génocide a-t-il commenté !
Des précisions ont été apportées sur l’organisme international qui a alerté l’opinion publique sur les effets prévisibles de ce réchauffement. Au-delà d’une augmentation de 2°C la situation ne sera plus maitrisable estiment les spécialistes. L’Afrique du Nord et les zones subtropicales deviendront un désert et il faut s’attendre à des migrations de populations qui ne supporteront plus leurs conditions de vie.
La question de la réduction des émanations de gaz à effet de serre est donc incontournable et le protocole de Kyoto avait jeté les bases des impératifs auxquels devraient se soumettre les puissances industrielles. Quelques années après Kyoto l’état des lieux montre les graves insuffisances des mesures réellement prises.
Le problème présente plusieurs aspects et la question du développement humain est elle aussi incontournable. Les réponses ne peuvent se réduire à une aide ponctuelle aux individus leur permettant d’avoir un minimum d’énergie électrique pour faire face aux besoins élémentaires. Ce qui est nécessaire c’est la création d’infrastructures collectives (routes, chemin de fer, écoles, hôpitaux…)
Il faut naturellement résoudre le problème avec d’autres méthodes que celles qui sont la cause du réchauffement climatique. A coup sûr ces solutions demandent des investissements considérables et des garanties quant aux réalisations et à leur fonctionnement.
La discussion, très ouverte, a permis au conférencier de développer ce qui est en cause dans la dégradation de l’environnement. En fait c’est la logique même du système qui est source des désordres que l’on constate au plan écologique. Cette logique n’a certainement pas pour objet la satisfaction des besoins des hommes mais la recherche du profit le plus grand dans le temps le plus bref. Aucune exigence pour ce qui est du transport du pétrole par exemple qui se fait avec des cargos atteints par la limite d’âge, aucune précaution pour la sureté du personnel et des populations quand la gestion des centrales nucléaires est confiée à des sociétés privées… le reste à l’avenant !
Le capitalisme, puisqu’il faut l’appeler par son nom, a la capacité de détourner à son avantage les inquiétudes légitimes des citoyens. On en a l’illustration avec la taxe carbone, ainsi qu’avec les dispositions proposées, via par notamment les éoliennes, les panneaux solaires, ou les agro-carburants pour faire du profit sans rien résoudre quant au fond, voire en aggravant les choses. Il y a même une tentative de culpabiliser le consommateur alors que le système pousse à la consommation, trouvant intérêt à produire du matériel qui se périme, qu’il faut remplacer rapidement et jeter aux orties le plus rapidement possible.
C’est une autre logique qu’il faut mettre en œuvre, celle d’un développement humain durable, respectueux de la nature, des réserves qu’elle contient, qui refuse le gâchis et condamne l’irresponsabilité de ceux qui n’ont en fait qu’une exigence, celle de la rentabilité du capital. Etre écologique aujourd’hui de manière conséquente c’est s’en prendre à une conception de l’économie et des relations sociales qui fait au quotidien la preuve de sa nocivité.
Ah, certes ce n’est pas la voie de la facilité qui est ouverte ici mais l’ampleur des difficultés appelle à une prise de conscience dépassant et de loin les recettes sans effet qui nous sont présentées par une idéologie dominante qui se camoufle sous le masque des légitimes aspirations à un monde plus soucieux de la qualité de l’environnement que celui dans lequel nous sommes.
La référence au dépassement du capitalisme qui a été l’objet d’un échange mériterait un approfondissement. S’il s’agit de considérer que ce système est dépassé par l’histoire nous pouvons souscrire, malheureusement certains dirigeants du parti communiste ont utilisé l’expression pour justifier leurs renoncements et leurs abandons
Devant la longueur du débat Christiane, avait du souci pour ses lentilles, des lentilles vertes du Puy, cuisinées avec amour et compétence, qu’elle craignait de voir réduites en bouillie. Mais non, il paraît qu’elles étaient excellentes, à tel point qu’un quidam qui passait dans la rue aurait volontiers lorgné sur la portion des uns ou des autres !
Les « écologiquement faibles » n’ont pas encore tout compris !
Puisse la présente synthèse faire progresser leur niveau de conscience
Qui pour l’heure ne ferait pas déborder un dé à coudre !
Jacques Cros
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
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Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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