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Réveil Communiste

Soutien à Joachim Gatti, blessé à l'oeil par un tir de flash-ball

12 Juillet 2009 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Luttes 2008-2011


source: revue Vacarme, publié le 11 juillet 2009

 

 

 

Joachim Gatti a perdu un œil, sous le coup d'un tir policier de flash-ball survenu à Montreuil. Il est actuellement hospitalisé, les médecins tentent des interventions en vue de reconstituer une partie de son visage entièrement défigurée par le tir, qui a éclaté les os de sa pommette.


La préfecture de Seine-Saint-Denis avance une présentation des faits. La prudence interprétative, que toute préfecture redécouvre à l'occasion de tout épisode de cette nature, serait simplement ridicule si elle n'était odieuse : « Nous avons bien eu connaissance qu'un jeune homme a perdu son œil mais pour le moment il n'y a pas de lien établi de manière certaine entre la perte de l'œil et le tir de flashball ».

Que s'est-il passé ? Le père du jeune homme, Stéphane Gatti, le raconte. Le 8 juillet, la police a évacué une clinique occupée en centre-ville de Montreuil. Elle avait pris la forme d'un centre social tel qu'il s'en créé en Italie : logements, projections de film, accueil et conseil aux sans-papiers, repas. Vies militantes, collectives, communautaires. L'évacuation policière n'a pas traîné.

Pour protester contre cette évacuation, résidents et amis ont décidé une gigantesque bouffe dans une rue piétonne de la ville. A 20 heures, Stéphane Gatti quitte son fils. Avec d'autres, il organisait à quelques pas de là une exposition sur Mai 68, dont c'était le dernier jour. D'un coup, des jeunes ont surgi dans la salle, effrayés, puis repartent. Stéphane, lui, est appelé ; son fils est à l'Hôtel-Dieu, à Paris. « Son visage est couvert de sang qui s'écoule lentement, comme s'il était devenu poreux ». Il y a peu de chances, lui apprend-on, qu'il retrouve l'usage de son œil éclaté. Eclaté, en effet, car il y a « trois fractures au visage, le globe oculaire fendu en deux, la paupière arrachée ».

Qu'est-ce qui a provoqué le tir policier ? Joachim, à l'Hôtel-Dieu, lui raconte qu'il remontaient la rue vers la clinique, d'où semble-t-il des tirs de feu d'artifice étaient tirés. Des policiers marchaient devant eux. Soudain, ils ont tiré au flash-ball en direction du petit groupe. « A ce moment-là je marchais et j'ai regardé en direction des policiers. J'ai senti un choc violent au niveau de mon œil droit. Sous la force de l'impact je suis tombé au sol ».

La préfecture, elle, sait à qui parler. À l'AFP. L'agence de presse, qui relève et relaie : « Un jeune homme d'une vingtaine d'années, qui occupait, avec d'autres personnes, un squat évacué mercredi à Montreuil (Seine-Saint-Denis), a perdu un œil après un affrontement avec la police, a-t-on appris de sources concordantes vendredi. Le jeune homme, Joachim Gatti, faisait partie d'un groupe d'une quinzaine de squatters qui avaient été expulsés mercredi matin des locaux d'une ancienne clinique. Ils avaient tenté de réinvestir les lieux un peu plus tard dans la soirée mais s'étaient heurtés aux forces de l'ordre. Les squatters avaient alors tiré des projectiles sur les policiers, qui avaient riposté en faisant usage de flashball, selon la préfecture, qui avait ordonné l'évacuation ». Que Joachim Gatti n'avait pas une vingtaine d'années, mais 35 ans ; qu'il ne s'est pas affronté aux policiers ni n'avait tiré de projectiles, mais que ces derniers ont tiré sans raison ni sommation à hauteur des visages des jeunes gens ; qu'il ne tentait pas de réinvestir un lieu mais de se rendre à la clinique ; qu'enfin un œil ne se sectionne pas comme une fleur se fâne à l'automne, tout cela l'AFP ne le précise pas. Car l'AFP, sans souci de croiser les sources, reproduit le communiqué de la préfecture.

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P
Il est parfaitement intolérable qu'un pays qui se réclame du droit international et revendique fièrement ses prétendues valeurs d'engagement démocratique républicain en arrive à de telles extrémités. Cet évènement est d'autant plus préoccupant qu'il est relayé de manière minime dans la presse et ce avec des accents de quasi justification d'un tel acte.Lorsqu'à cela on ajoute le commentaire insidieux du chef départemental de la sécurité publique de seine-saint-denis (je cite "si vous n'êtes pas contents il faut être conscient du fait qu'en Iran, on tire sur des gens.."), on atteint l'apogée de l'arrogance du pouvoir policier! Il ne s'agit pas de nier la réalité selon laquelle l'Iran ne pratique pas de telles abominations. Toutefois,  accepter l'instrumentalisation de cette réalité pour en accepter une autre (moindre?)  non exempte de gravité revient à une aberration!
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