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Réveil Communiste

le siècle de Richard Hobsbawm

18 Mai 2009 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique

Publié 18 mai 2009 Les laboratoires du changement social , philosophie-idéologie 0 Commentaires Modifier

TraversoEnzo05_09[1]HobsbawnEric[1]La parution du nouveau livre d'Eric Hobsbawm ** (L'Empire, la démocratie et le terrorisme. Réflexions sur le XXIe siècle) est l'occasion pour Enzo Traverso de faire retour sur l'un de ses ouvrages précédents, L'Age des extrêmes. Histoire du court XXe siècle, récemment réédité. Ce livre fondamental de l'historien britannique, dont la publication en français suscita une vive polémique, mérite en effet d'être relu à la lumière de son oeuvre ultérieure, enrichie notamment par une importante autobiographie (Franc-Tireur) , et d'être confronté à d'autres histoires du XXe siècle publiées ces dernières années, dans un contexte politique et idéologique considérablement transformé. L'ouvrage de référence d'Eric J. Hobsbawm, L'Age des extrêmes. Histoire du court XXe siècle (1914-1991) , a été republié, en français, en 2008.

Eric John Hobsbawm est sans doute, aujourd'hui, l'historien le plus lu dans le monde. Cette notoriété tient surtout au succès planétaire de L'Age des extrêmes, son histoire du «court» XXe siècle [1]. Certes, il occupait déjà une place de premier plan dans l'historiographie internationale, mais la parution de cet ouvrage lui a permis de conquérir un public beaucoup plus vaste. Aucune nouvelle interprétation du monde contemporain ne pourra échapper à une confrontation avec la sienne, désormais canonique. Ce constat révèle un paradoxe, car le XXe siècle s'est achevé dans un climat de restauration intellectuelle et politique, congédié par un vacarme médiatique qui annonçait le triomphe définitif de la société de marché et du libéralisme. Hobsbawm, en revanche, ne cachait pas ses sympathies pour le communisme, le grand perdant de la guerre froide, ni son attachement à une conception de l'histoire d'inspiration marxiste. Le succès de son livre faisait désordre, en fissurant le consensus libéral autour d'une vision du capitalisme selon laquelle celui-ci est un ordre naturel dépourvu d'alternatives [2]. La chose est particulièrement vraie s'agissant de la France, pays dans lequel ce livre ne fut disponible en librairie, grâce à un éditeur belge, que cinq ans après son édition anglaise originale et après qu'il avait déjà été traduit en plus d'une vingtaine de langues. En 1997, Pierre Nora expliquait dans Le Débat qu'un tel ouvrage, anachronique et inspiré par une idéologie d'une autre époque, n'aurait jamais pu être rentable pour un éditeur, raison pour laquelle il avait décidé de le refuser dans sa collection chez Gallimard [3]. Rarement un éditeur et intellectuel aura formulé un pronostic moins éclairé, mais comment aurait-il pu en être autrement en partant du postulat selon lequel la sensibilité des lecteurs correspondait parfaitement à l'accueil enthousiaste réservé par les médias au Passé d'une illusion de François Furet (1995) et au Livre noir du communisme de Stéphane Courtois (1997) ?

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