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Réveil Communiste

Délocalisations en Inde : le cynisme du patronat

13 Mai 2009 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #CN du PCF

Castres. Ils reclassent leurs salariés en Inde pour 69 € par mois

 

Carreman Castres : reclassés en Inde pour 69 euros !!!

 

« Après la manifestation du 1er mai, à Castres, qui a réuni environ 3000 personnes -2000 selon les RG -, à laquelle nombre de salariés du secteur privé ont participé, nous avons eu connaissance des propositions d'emploi qui avaient été faites à des salariés par l'entreprise Carreman,qui s'apprête à effectuer 9 licenciements.Il est proposé à ces ouvriers d'aller travailler pour le compte de la société Carreman Silver Crest Clothing India, sur un poste d'opérateur de couture sur machine, pour un CDI, avec une rémunération brute mensuelle de 3500 à 4500 roupies (soit de 53,70 à 69,14 €) pour 8 heures par jour et 6 jours sur 7 - faites le calcul, cela fait 48 heures. J'allais oublier, au titre des avantages [sic] , un mois de salaire en « bonus », par an et une assurance médicale. » (Éric Jalade)


Ce cynisme est terrible mais tout à fait parlant de ce qu'est la volonté du patronat de mettre à genoux les travailleurs, de faire fi des acquis sociaux et des droits du travail.

Oui, le PCF s'est affaibli et ça se voit dans le peu d'influence qu'il a sur le patronat, même si on peut dire que les syndicats ont leur part de responsabilité. Les liens très forts entre la CGT et le PCF se sont distendus.  Les responsables syndicaux semblent plus intéressés  à pavoiser à la télévision et dans les palais de la République avec le patronat et les politiques que sur le terrain à défendre les droits des travailleurs.

Les  initiatives pour populariser les propositions de loi des députés communistes - notamment contre les licenciements et les délocalisations - sont en effet ce que nous pouvons faire de mieux dans cette période où il est question d'Europe.

Ce qui m'inquiète dans notre situation, et que je trouve difficile à gérer, mais cela dépend effectivement de celle où se trouvent nos différentes fédérations (Paris diffère du Tarn) c'est de voir l'énergie que nous donnons pour empêcher le règne des grands patrons de la finance et de leurs actionnaires à l'échelle de l'Europe, alors que la question de la souveraineté nationale  est laissée de côté, alors qu'elle me parait centrale. Nous sommes dans une barque percée à écoper l'eau qui entre.

Hier j'avais un CE de section et j'étais atterrée d'entendre les uns et les autres se contredire sans vergogne à propos des élections européennes, de leur signification. Celui  ou celle qui, il y a un mois seulement, soutenait que les élections du 7 Juin étaient importantes aujourd'hui proclame, petit sourire en coin, le contraire, pourtant il ou elle continue à dire qu'il faut à travers l'Europe et ses lois contre le prolétariat faire comprendre au gens du peuple combien il est important de voter (ça je veux bien l'entendre) et qu'après le 7 juin il faut continuer sur le thème de l'Europe. Pour ces camarades, responsables de sections, à la fédé de Paris, au national comme Pierre Laurent présent hier, cela se résume ainsi : les luttes sont à l'échelle européenne - point barre ; Alors que l'Europe et ses directives ne sont que des conséquences du capitalisme mondialisé, de l'échec du politique et des syndicats à le contrecarrer. On tombe alors dans un piège gros comme une maison. A force de se laisser entrainer sur ce terrain là, d'agiter le chiffon rouge pour nous faire entrer dans l'arène de l'Europe, nous oublions que les luttes doivent être ICI et MAINTENANT et que le lobbying européen appartient aux riches comme Monaco appartient aux princes et aux princesses.


Bien sûr qu'il faut dénoncer, avoir des représentants au parlement pour faire reculer des propositions de lois qui voudraient réduire à peau de chagrin les droits nationaux, devenant un état supra national mais si les luttes en France et dans chaque pays étaient portées par des volontés politiques claires, des syndicats réellement auprès des travailleurs et moins dans les bureaux des patrons, si notre parti était fort et drainait du sens dans ses actions, je crois que l'Europe aurait du fil à retordre avec les travailleurs des pays qu'elle est sensée représenter sur un territoire ficelé par des intérêts capitalistes majeurs. Oui à ce niveau l'Europe représente le capitalisme mais elle n'est pas le capitalisme. L'Europe est une invention de bureaucrates qui ne s'intéressent pas à l'avenir de leur pays ni de son économie ni de son contexte social mais dont le but est de  placer d'autres bureaucrates en costumes cravates/tailleurs à des postes clefs afin d'influer sur le champs législatif national des pays appartenant à l'Europe. On donne des coups dans le mannequin rempli de paille alors que les coups à donner sont de l'autre côté, chez nous, sur notre terrain, celui de notre quotidien; et au-delà, notre objectif de changer radicalement la société se réduit à changer d'Europe ou l'Europe, donc à lui donner du crédit.


Après les élections il faut revenir à fond la caisse sur le terrain des luttes ici et maintenant, ne pas lâcher prise et reprendre le chemin de la crise qui n'est pas, comme le prétend Pierre Laurent et d'autres, celle de l'Europe mais bien celle du capitalisme mondialisé et c'est d'abord au seuil de notre porte qu'il faut balayer et non pas le contraire sinon nous risquerions de voir en rentrant chez soi, que la maison a été squattée.


Je termine mon laïus pour rappeler à notre  mémoire le chant des Canuts de 1910 (paroles d'Aristide Bruand).


Chanson à la gloire des canuts (ouvriers tisserands lyonnais) dont les révoltes de 1831 et 1834 ont été réprimées dans le sang. Leur devise était "Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant !".


Le Chant des Canuts

Pour chanter "Veni Creator"
Il faut avoir chasuble d'or.
Il faut avoir chasuble d'or.

Nous en tissons
Pour vous, gens de l'église,
Mais nous pauvres canuts,
N'avons point de chemises.

Nous sommes les Canuts
Nous allons tout nus.

La révolte des Canuts
Pour gouverner, il faut avoir
Manteau et ruban en sautoir.
Manteau et ruban en sautoir.

Nous en tissons
Pour vous, grands de la terre,
Mais nous pauvres canuts,
Sans draps on nous enterre.

Nous sommes les Canuts
Nous allons tout nus.

Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira.
Quand votre règne finira.

Nous tisserons
Le linceul du vieux monde,
Car on entend déjà la révolte qui gronde.

Nous sommes les Canuts

Nous n'irons plus nus.
Nous n'irons plus nus.

 

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B
Chère CamaradeJe suis d'accord avec ce que tu écris, à la reserve près que voici: majorité ou non au parlement  européen, étant donné que le parlement européen ne discute que de directives émises par la commission, je ne vois pas ce que changera une majorité progressiste au PE.En attendant comme tu le dis les luttes des travailleurs pour la défense de leur vie ne peuvent attendre et demandent que tous ceux qui veulent oeuvrer à la sauvegarde de la classe ouvrière doivent unir leurs forces et "marcher séparément mais frapper ensemble" selon la vieille formule du front unique ouvrier. Lasection locale du POI t'invte à prendre la parole à la réunion publique qu'elle tiendra début juin, comme elle y invite, tous ceux qui, memebres du PCF, PS, PG, NPA, LO, militants laîques, syndicalistes qui veulent oeuvrer ensemble pour une loi interdisant les licenciements. Ce que révèle l'affaire des reclassements en Inde proposés aux ouvrières de Castres c'est l'inanité de toute proposition d'accompagnement des licenciements comme l'est cette fameuse obligation qu'auraient les patrons  de proposer des reclassemments en cas de licenciements. On voit comment ils la contournent et on voit très bien comment ils contourneraient une loi qui leur interdirait de licencier au cas où ils réaliseraient des bénéfices, bilans trafiqués, expatriation des bénéfices sur des succursales échappant à la loi. Non, c'est bien une loi interdisant les licenciements qu'il nous faut et la nationalisation des entreprises qui ne s'y soummettraient pas. La discussion est ouverte, elle doit se mener dans tout le mouvement ouvrier, avec tous les partis de gauche. Rencontrons nous
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G
L'Europe évolue vers une structure supranationale, mais ne fera jamais rien pour protéger l'emploi industriel, il s'agit de créer une division internationale du travail en réservant aux métropoles les revenus du parasitisme financier.
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