CR du congrès fédéral du 92
11 Décembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008
Aurélien Valeau, section de Colombes
Le PCF face à la crise du capitalisme
L’introduction de Brigitte Gonthier-Maurin qui a inauguré ce congrès fédéral reposait sur une tonalité très « antilibérale » : face à l’échec d’une « libéralisation à outrance », d’une « mondialisation financière, cancer pour les peuples, étouffant la diversité », face au retournement du « néolibéral Sarkozy » faisant « appel à l’Etat sans vergogne », le PCF devait reprendre la lutte pour « l’hégémonie politique et sociale ». Et ce par le biais de « Front progressistes et citoyens » dont il a déjà été question dans notre conférence de section, au travers desquels notre Parti mettrait en valeur ses propositions, parmi lesquelles la création d’une « monnaie mondiale », de « pôles publics de la finance » (à mettre au pluriel dans le cas d’une coopération entre pôles financiers publics européens).
La question de ces rassemblements s’est prolongée dans le débat, suite à « la réponse positive du Parti de la Gauche à nos propositions d’alliance» (un petit groupe de membre de ce parti a observé nos débats de Samedi) et à la réponse tout aussi positive de la « fraction minoritaire de la LCR » (autour de Christian Picquet). La question des alliances et des rassemblements n’a pas créé de clivages notables, puisqu’incluse dans la base commune, et si l’on exclut quelques bisbilles pour savoir si, des alliances ou des luttes locales, lesquelles doivent précéder les autres. Le bilan des participations gouvernementales passées sera seulement évoqué dans un amendement inséré Samedi dans la seconde partie de la base commune, qui prévoit … que ce bilan reste encore à établir, six ans et demi après la fin du gouvernement Jospin ! Cette étape manque cruellement alors que certains intervenants déploraient justement que le Parti ne fasse pas rêver les travailleurs…
La discussion de la première partie du texte
En traitant du monde du travail et du rôle qu’ont à y jouer les communistes, reviennent alors, comme dans chaque réunion du Parti, les questions des luttes concrètes :
Frédéric Boccara rappelle la lutte contre la délocalisation de l’INSEE et le morcellement de la statistique publique (délocalisation de l’INSEE), et soulève la question de l’information politique dans un milieu financiarisé et peuplé de cadres, tel que La Défense ;
Un camarade d’Hispano-Suiza affirme que, parallèlement à la réduction des effectifs dans la SNECMA, le gouvernement entendait vendre les actions de l’aéronautique publique pour financer le soutien aux banques ;
les interventions de Jean-François Tealdi nous ramènent sur le terrain des luttes au sein de France Télévision contre l’étouffement du service public audiovisuel;
un autre camarade dénonce les réductions des permanences de la sécurité sociale dans les Hauts-de-Seine;
les camarades de Suresnes se mobilisent pour le logement, en plantant des tentes devant la mairie, en défense du logement social;
Pascal Borelly, ancien de l’aéronautique, réclame que les droits revendiqués pour les salariés dans l’entreprise ne soient pas réduits au consultatif, mais également décisionnels, évoquant l’évitement possible des déboires industriels d’Airbus, et de l’A380, si seulement l’avis des salariés avait primé sur celui du patronat. Il rappelle que le PCF a été seul à proposer la création d’un consortium européen aéronautique autour d’EADS et d’Airbus.
Ces discussions ainsi que d’autres points théoriques sur les sujets de notre analyse du monde et du travail laissent peu d’amendements dans la base commune, hormis plusieurs appels à articuler lutte populaire et rassemblements politiques, dans la seconde partie du texte.
La discussion sur la seconde partie du texte : « Un nouveau projet, un nouveau chemin pour le changement »
Cette partie du texte a fait l’objet de nombreuses demandes d’amendement voulant inscrire le terme « communiste » à chaque fois qu’il était question de projet. Les raisons invoquées furent :
- que le texte de la base ne servait pas à décrire la société communiste, mais une riposte actuelle à la politique de Sarkozy. Un amendement au début de cette partie précise justement que : « Partir des réalités sans jamais s’en détacher, donner à voir le sens dans lequel il est possible de transformer la société, l’Europe, le monde, c’est au sens véritable du terme la démarche communiste ». On retiendra le remplacement de la transformation réelle de la société par le fait de « donner à voir » comment on peut la transformer.
que le rassemblement appelé par ce texte dépassera largement le seul communisme et le seul PCF.
Pour autant, cette nécessité d’une riposte immédiate ne va pas jusqu’à inclure des amendements se référant à des demandes concrètes (porter le SMIC à 1500 euros nets, rétablir la retraite à 60 ans) au prétexte qu’une base n’est pas un programme. Pourtant, des mesures phares ou données à titre d’exemple auraient pu éclaircir les ambitions dudit « rassemblement » ou des « fronts progressistes » à venir. Quelques projets sont ajoutés : la création d’un « pôle public de l’énergie », et l’action pour le retrait de la France de l’OTAN.
La section sur le « Nouvel Internationalisme » est également modifiée, agrémentée d’un encouragement à la lutte des peuples pour leur souveraineté (y compris celle de la France ?), et d’un appel à mettre un terme au blocus frappant Cuba.
Sur l’avenir du PCF (la troisième partie du texte)
Deux amendements ont marqué la discussion de la seconde partie de la base commune. L’un d’eux, déposé par la section de Gennevilliers, proposait la création d’un autre parti politique, en parallèle avec le PCF, dont les membres pourraient avoir la double appartenance entre ce parti et le PCF. Le modèle retenu est celui du Linkspartei créé par l’ex- PDS allemand et une dissidence sociale-démocrate du SPD. Plusieurs réactions de délégués ont mis en doute la pertinence du projet, la nécessité de créer une nouvelle enseigne pour s’allier et rassembler, la ressemblance entre notre contexte et celui de l’Allemagne. L’amendement est au final rejeté. Un autre amendement, issu de Colombes, propose de donner à la direction nationale qui sera issue du Congrès pour réformer l’organisation, ses statuts, son fonctionnement, ses symboles, et en faire le parti de tous ceux qui veulent des réformes opposées aux logiques du capitalisme. La question du maintien de l’organisation qu’est le PCF a paru être une question réglée pour la plupart des camarades : cet amendement fut également rejeté à 55% sur plus de cent votants exprimés.
D’autres propositions d’amendements ont jeté de la confusion dans l’ouverture voulue pour le Parti : l’un de ces amendements parlaient d’ouvrir le Parti à « tous ceux qui composent la France d’aujourd’hui »… « Y compris à Laurence Parisot ? » ironisa un délégué.
Réélections fédérales, candidatures au Conseil National et au Congrès.
Sur le conseil fédéral : les délégués ont généralement convenu de maintenir dans ce conseil plusieurs jeunes camarades, pourtant en déménagement à travers le département. Au final, une liste bloquée est votée à une très large majorité, incluant les sept noms proposés par la section de Colombes : Habib Benbelaid, Yahia Bouchouicha, Marie-Pierre Boursier, Elsa Faucillon, Ivan Lavallée, Aurore Lequeurre, Gilles Touquet.
Sur la délégation au Congrès National : 23 mandats étaient à remplir, avec une majorité féminine. De Colombes, on notera la présence de Marie-Pierre Boursier et Elsa Faucillon, puis des membres des JC (Yann Le Lann, Etienne Chosson), la sénatrice Brigitte Gonthier-Maurin, des membres du conseil national (Frédéric Boccara, Pascal Borelly, Gisèle Cailloux), ou encore le député Roland Muzeau.
Sur les candidats présentés au Conseil National : la discussion fut animée pour soutenir la candidature de Jean-François Tealdi, en raison de son militantisme notamment dans l’audiovisuel. En échange de quoi, le nombre de mandats étant restreint, les propositions de désistement se concentrèrent sur un seul homme : Pascal Borelly, sur des prétextes divers tels que le fait que d’autres camarades issus de l’aéronautique étaient présentés (telle Gisèle Cailloux), ou de son statut de sortant. Les votes des militants, dépouillés en début d’après-midi, et qui restent à valider au Congrès, ont porté en priorité des noms tels que Gisèle Cailloux, Brigitte Gonthier-Maurin, Frédéric Boccara, Yann Le Lann.
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
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Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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