En Meurthe-et-Moselle: la reconstitution d'une section communiste.
27 Novembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Paroles de communistes!
(sur VPCF!)
En Meurthe-et-Moselle: l'exemple de la reconstitution d'une section communiste.
La conférence de section qui se tenait le week-end dernier a approuvé à 100% les orientations et le rapport d'activité. La section s'était prononcée très majoritairement pour le texte alternatif "Faire vivre et renforcer le PCF".
Lire aussi l'article dans le Républicain Lorrain du 24 novembre.
Reconstruire nos organisations de base, reconstituer une implantation communiste pour mener les luttes : le témoignage de notre camarade Jean BAUS, secrétaire de la section de Jarny en Meurthe-et-Moselle.
Le nord de la Meurthe-et-Moselle et l'ouest de la Moselle sont des terres de forte implantation communiste : c'est un ancien bassin minier et sidérurgique, autour de Longwy, Briey, Homécourt, Audun-le-Tiche, Gandrange. Une bonne partie de l'activité militante se faisait sur le lieu de travail : je travaillais aux aciéries de Gandrange qui comptaient encore en 1980 près de 11.500 ouvriers, et à l'époque chaque atelier avait sa cellule du Parti ! Mais la Lorraine a été frappée de plein fouet par la crise des années 1980 et les délocalisations : « charbon et acier trop chers à produire, comme on disait à Bruxelles ou à Paris, il faut bien s'adapter ». Les mines ont fermé les unes après les autres en Lorraine et SACILOR, nationalisée à cette époque, les socialistes sous la houlette de Mitterrand, se sont mis à licencier par milliers les travailleurs de Sacilor. Le Parti s'est retrouvé dans la tourmente : c'est toute sa base militante qui était touchée par les « restructurations ». Par-dessus le marché, c'était l'époque de notre première participation au gouvernement avec les socialistes : fallait-il rester en coalition avec des gens qui nous licenciaient ? Beaucoup de camarades sont partis, beaucoup de sections se sont mises à vivoter. La « Mutation » engagée à partir de 1994 n'a rien fait pour arranger les choses : nouvelle fuite de militants à cause de la deuxième participation au gouvernement avec les socialistes dans la « gauche plurielle », beaucoup d'élus qui ont quitté le Parti ... En 2001, nous perdons la mairie de Villerupt, en 2002 c'est la catastrophe des présidentielles et aux législatives qui suivent notre candidat ne réalise que 12,7 % à Jarny. Est-ce la fin du PCF, comme l'espèrent le MEDEF et tous les médias ?
Quand j'ai pris la tête de la section de Jarny en janvier 2005, nous partions de bas. Quelques chiffres et quelques exemples : il y avait à cette date 22 camarades encartés dans le Jarnisy, et la moyenne d'âge était très élevée. Certains d'entre eux étaient directement rattachés à la fédération, d'autres figuraient sur les listes mais ne payaient plus leurs cotisations depuis bien longtemps. Il n'y avait plus aucune activité politique, les tracts que le national ou la fédération nous envoyaient partaient par milliers directement à la poubelle, les finances étaient dans le rouge, nous avions l'huissier sur le dos, on nous avait coupé le téléphone et dans la trésorerie il y avait 2,32 euros. Bref, à Jarny, notre Parti était à l'agonie.
Nous nous sommes remis au travail avec détermination, pour redonner une visibilité au Parti dans le Jarnisy et lui rendre sa raison d'être : entraîner les travailleurs pour battre et dépasser le capitalisme. Nous sommes d'abord allés voir les camarades qui avaient quitté le Parti ou qui ne payaient plus leurs timbres : cela nous a permis de refaire un peu nos forces. Mais c'est le référendum sur la « constitution » européenne en 2005 qui nous a donné une première occasion de nous manifester, et nous a vraiment remis le pied à l'étrier : nous avons fait campagne contre l'Union Européenne des capitalistes et pour l'indépendance des peuples.
Ce qui fait aujourd'hui la force de notre implantation, c'est l'activité militante que nous avons réussi à déployer. Nous nous efforçons d'être présents sur tous les terrains de lutte de la région : un des derniers exemples en date, les aciéries de Gandrange, désormais propriété d'Arcélor-Mittal, où pendant quatre jours au mois de juin nous avons soutenu financièrement et par notre présence les travailleurs qui se battaient pour défendre leurs emplois.
Mais le combat communiste, c'est aussi aller à la rencontre de la population et confronter nos projets et ses attentes : dès 2005, nous avons beaucoup misé sur la propagande et sur l'action auprès des habitants du Jarnisy. En plus des tracts et des pétitions que nous faisons signer régulièrement, nous distribuons sur les marchés et dans les boîtes aux lettres notre journal de section, L'Avenir, qui a vu le jour en avril 2006 : nous en sommes aujourd'hui au numéro 19, et nous l'écoulons maintenant à 4000 exemplaires. Nous avons également créé un journal « Spécial Jeunes » que nous distribuons devant le lycée Jean Zay de Jarny à 600 exemplaires, deux à trois fois par an, en présence de camarades élus quand leur emploi du temps le leur permet. On peut être élu sans pour autant renier qu'on est aussi avant tout militant communiste ! Le bureau de section assure par ailleurs des permanences tous les vendredis à la Maison du Peuple de Jarny, qui nous permettent de coller aux plus près des attentes de la population : nous avons même réussi que le quotidien régional, Le Républicain lorrain, annonce chaque semaine les horaires des permanences dans ses pages locales !
Les campagnes présidentielles et législatives de 2007 ont été très difficiles pour nous : c'était la période de la « gauche populaire antilibérale », il ne fallait surtout plus prononcer le mot « communisme » ou se réclamer de celui-ci. Nous avons donc décidé de mener localement la campagne que la direction du Parti refusait de faire à l'échelle nationale : nous avons porté bien haut les couleurs du PCF ; en tant que militants communistes, nous avons utilisé ces élections comme une tribune pour porter notre combat de classe et si possible faire élire des camarades aux postes de responsabilité pour changer le quotidien des travailleurs.
Service minimum donc pour les présidentielles, vu que nous n'avions pas de candidat communiste à soutenir, et concentration de tous nos efforts sur les législatives. Nous avions comme candidat notre camarade Jacky Zanardo : on a su mobiliser tous les camarades de la section, ainsi que des élus communistes et non communistes autour de lui pendant plus de 6 mois. Jacky avait comme suppléante Monette Cascinelli, maire de Moutiers, un choix fort apprécié par tous les camarades. La section du Jarnisy était chargée d'assurer la campagne dans une cinquantaine de communes de la circonscription sur un périmètre de plus de 70 kilomètres. La majorité de ces localités n'avaient plus vu un militant communiste depuis plus de 18 ans !
Nos efforts ont payé, nous sommes redevenus crédibles. Depuis janvier 2005, nous avons réalisé 58 adhésions ou ré-adhésions. Surtout, le PCF redevient pour les habitants du Jarnisy un parti utile. Il suffit de regarder le résultat des derniers scrutins pour s'en convaincre ! Aux dernières législatives, notre camarade Jacky Zanardo a réalisé 35,7% à Jarny (à comparer aux 12,7 % de 2002) et sur le canton de Conflans 24.41% (en 2002 : 9.83%). Aux municipales de cette année, Jacky a conservé la mairie de Jarny dès le 1e tour, notre camarade Evelyne Didier a conservé au Parti la mairie de Conflans également dès le 1e tour, et nous réussissons même à gagner les mairies de Joudreville et Hatrize.
Etre communiste c'est se remettre en cause tous les jours pour faire avancer les idées révolutionnaires dont nous sommes porteurs.
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
Le blog reproduit des documents pertinents, cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu.
Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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