Lettre à mes camarades
31 Octobre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008
Je suis bien évidemment déçue et un peu triste par les résultats du vote. La base commune, malgré son contenu manifestement à côté de la plaque a recueilli plus de 60% des voix. Mais mais mais...
Il y a de nombreux mais:
- mais sur un nombre incroyablement faible de votants (41 468!) avec de nombreuses abstentions/vote blancs. C'est clair: les communistes ne se sont pas déplacés pour aller voter. Par défaitisme? Par je m'en foutisme? Par lassitude? Moi je dirai aussi, parceque de nombreuses sections ont été cassées, sont quasi laissées pour mortes, et c'est ça le plus dramatique. c'est cela qui me fait le plus mal.
- mais malgré l'absence de temps, de débats contradictoires, de bâtons dans les roues et des divisions organisées (merci la Riposte, bien joué), de tricheries, de manips diverses, des voix se sont levées dans toute la France (et elles pèsent j'en suis certaine bien plus que 20 et quelques %) pour dire: le parti que nous voulons est communiste, doit rompre avec le PS et ses cadres corrompus, doit retrouver un contenu de classe, offensif, ouvrir un réel débat sur l'Europe (sortie ou non de l'UE), renouer avec les autres PC pour une nouvelle internationale communiste, etc etc.
- mais les liens que nous avons réussi à tisser entre de nombreuses sections et fédérations du parti sont forts et doivent le rester.
Maintenant, que faudrait il faire? "que faire?" écrivait Lénine
Déja, je vais parler pour moi: je garde ma carte, même si je suis très déçue et peinée. Je suis communiste, je le reste, je ne partirai pas dans la nature, je ne partirai pas dans une autre orga, car, bordel, le PCF est mon parti. Comme l'ont dit nos camarades sans papiers en lutte :"j'y suis, j'y reste, je ne partirai pas".
Donc je reste.
Mais les autres? J'ai appris qu'un camarade, que j'apprécie particulièrement en plus, un des comabttifs de chez combattifs de notre section, voudrait rendre sa carte. Je lui dit (s'il me lis): reste! le combat ne fait que commencer. Oui je sais, c'est dur, oui je sais, c'est crevant, on a nos vies, nos emmerdes, on a l'impression qu'en restant dans ce parti sclérosé et réformiste, on est plus en phase avec soi même.
Mais si on veut réellement changer la société, si on veut faire comme nos amis Italiens, qui depuis plusieurs jours redressent la tête, se battent contre le gouvernement Berlusconi, dans l'unité et dans l'action, alors;...alors il faut commencer par lutter contre les opportunistes dans notre propre parti. Sinon, nous n'y arriverons pas.
Je ne jetterai pas la pierre à ceux qui partent, comme je n'ai jamais jeté la pierre à ceux qui sont partis, je ne me le permettrai jamais, car je respecte leur choix ( quand ce n'est pas contraints et forcés, en gros, disons le, virés manu militari...Et ceux qui condamnent ces camarades n'ont vraiment rien compris..)
Simplement, voilà ma vision des choses: nos sommes dans une France amorphe, pas tout à fait, mais bien enlisée dans le dépit, dans le fatalisme, qui se droitise de plus en plus, et qui accepte dans la totale indifférence l'ignominie, la fascisation de la société, les injustices, les morts de faim et de froid (aujourdhui un SDF de 45 ans est mort dans sa voiture. Tout le monde s'en cogne. On va en parler un peu et puis on va fêter Noel).
Mais quand on regarde ce qui se passe en Italie, on comprend que les choses peuvent basculer très vite et changer en profondeur. Et ce n'est pas un hasard, à mon avis, si les choses bougent alors que le PC italien a repris des couleurs...A méditer.
Donc: au niveau de notre parti, il faudrait:
1/ renforcer les lliens entre nous, camarades de la base, que l'on soit simples militants sans "responsabilité" particulière, responsables de cellules, de sections, de fédés...Unité dans le parti, front commun, liens renforcés aux 4 coins de la France. Voilà le mot d'ordre premier.
2/ Remonter, vraiment, des tas de cellules et de sections qui sont quasi mortes. Je pense à Villiers le Bel, ou seuls 12 communistes sont inscrits. Ce n'est pas normal. Il faut prendre les choses à bras le corps, le problème à la racine. Sans acticité locale, le parti n'est rien et n'est pas utile. Donc il faudrait que les camarades proches de Villiers (je prends cet exemple mais y'en a tant d'autres!) entrent en contact avec cette section et pourquoi pas monter un réseau (et non une teeeendaaance, j'entends d'ici les cris) comme l'a fait ANR, après tout.
Dans les petites villes autour de Vénissieux, les sections "isolées" se sont constituées en réseau. Et croyez moi, ça paye. Non seulement ça désenclave des sections mais surtout ça recrée du lien communiste dans des régions, des villes, où ça cogne fort (le Rhône est pariculièrement touché par la désindustrialisation, les licenciements...) Je pense au Pas de Calais aussi, à la meuthe et moselle, à la Lorraine, régions industrielles qui en ont pris plein la tronche, il est important d'y faire renaitre une force communiste organisée (composée des militants du PCF qui veulent en découdre et remonter le PCF dans leur région), qui pèse fort.
Des sections comme la Rochelle, Istres, où il y a peu d'adhérents mais très motivés, aidons les à se reconsruire. Les sections limitrophes pourraient là aussi se constiter en réseau, sans jeu de tendances
3/ Dans l'immédiat; nous retrouver dans des réunions pas pour blalblater et se pleurer sur l'épaule ou pour dire "c'est moi qui détient la Vérite, toi t'es qu'un gros nul" mais pour organiser la suite du congrès. Cela me semble vraiment essentiel de continuer à bosser tous ensemble, dans le respect et sans bataille d'égos. Bref, marquer l'essai. Nous avons réussi à nous unir certes tardivement, il faut maintenir cette unité à tout prix, je dis bien à tout prix. Il n'est plus l'heure de discutailler sur nos X ou Y divergences. Nous sommes tous communistes, nous sommes tous d'accord sur les points fondamentaux comme l'a très justement rappelé Emmanuel Lyasse dans un commentaire sur Réveil.
Il est l'heure de construire en commun (c'est beau comme de la base commune ça) au-delà de nos quelques désaccrods. Si nous faisons l'impasse sur l'unité, disons le clairement: nous sommes morts
4/ et c'est peut-être le plus important: nous retrouver dans le luttes sur le terrain (sortir des luttes internes). Un exemple très concret: le 6 décembre, porquoi n'irions nous pas à la Manif pour l'industrie, tous ensemble. On pourrait organiser des covoiturages, ou même pour les sections qui le peuvent envoyer des cars...
Il est important je pense de ne pas se refermer sur des batailles internes, des luttes de sommet, et oublier que nos sommes avant tout, nous communistes, d'abord des militants, des citoyens de France, qui ont une vie et des luttes à mener. Mais puisque certaines actions seront ignorées par le national (j'en mets ma main à couper, y'aura pas un seul car pour la manif de Lens...j'espère me tromper), organisons nous nous mêmes !!! Et participons y nous mêmes!!!
Ce n'est donc pas une communiste desespérée et anéantie qui vous parle, mais une communiste qui a plus que jamais envie d'en découdre avec les salauds de tout poil qui bouffent "ma France" comme dirait Ferrat ;).
Une jeune coco de 22 ans qui a la rage au ventre et l'espoir, toujours l'espoir..
Ensemble nous sommes forts, je le dis et je le répète. Il ne faut pas baisser les bras, mais relever la tête, et nous organiser!! tous!
Que cent fleurs éclosent...
Bien fraternellement à tous
Astrée,
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
Le blog reproduit des documents pertinents, cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu.
Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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