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Réveil Communiste

Lettre d'André Gerin sur la préparation du 34ème congrès

23 Octobre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Le 23 octobre 2008

Cher(e) Camarade,

Le vote des 29 et 30 octobre prochains est à organiser avec soin pour permettre la
meilleure expression des communistes.

Notre texte alternatif « Faire vivre et renforcer le PCF : une exigence de notre
temps » est porteur d'objectifs clairs pour un PCF autonome, pour un changement de
société, en sortant de l'impasse mortifère de notre dépendance vis-à-vis du Parti
socialiste.

L'exigence de sortir des non-dits, des tabous, de faire le bilan des choix
d'abandon révolutionnaire au nom de la modernité, opérés depuis plusieurs congrès,
monte fortement chez les communistes.

Les initiatives de replâtrage avec le Parti socialiste organisées cette semaine
confirment les objectifs de la direction du parti. Elle poursuit une stratégie de
recomposition politique qui tournerait le dos à la perspective historique du
communisme, à l'heure où le capitalisme est en crise et où tout montre qu'il a fait son
temps.

Nous avons un texte alternatif comme le prévoient les statuts du parti, décidés lors
du dernier congrès. C'est bien la direction qui a voulu créer des éléments de division
entre les communistes. Aujourd'hui, ces statuts sont contestés par ceux qui les ont votés,
par ceux qui ont accompagné, participé à toutes les décisions de chacun des congrès
depuis Martigues. Ils s'assoient allègrement sur les statuts alors que certains les ont
approuvés et d'autres ont laissé faire pour justifier le fait de ne pas déposer de texte
alternatif.

Nous sommes dans les petits arrangements où, d'une manière ou d'une autre,
chacun y trouvera son compte, sa place, pour discréditer, voire minimiser le vote des
communistes.

C'est bien la base commune qui est porteuse de division, car rien n'est acquis.
Surtout, elle ne porte nulle part la transformation révolutionnaire d'un pays capitaliste
comme la France. La crise du capitalisme financier chamboule de fond en comble
l'approche superficielle des questions de classes. A chaque rencontre publique, nous
percevons l'embarras(*) de ceux qui défendent le texte adopté au conseil national du
5 septembre.

Notre texte pointe des questions et des options fondamentales indispensables pour
le débat, occultées, escamotées depuis des années. Vous l'aurez remarqué, il n'est
l'objet d'aucunes remarques, d'aucunes critiques. Ce silence de plomb est plutôt bon
signe. Comment rassembler les communistes alors que d'immenses questions sont
encore taboues ou réservées à ceux d'en haut ?

Le communisme n'est pas mort. Le PCF n'est pas encore mort, pourtant certains
voudraient le transformer en une autre force politique à côté du PS et/ou avec une
fraction du PS. Pour cela, il faudrait concéder d'autres abandons.
C'est aux adhérents, aux communistes d'avoir le dernier mot pour régénérer le
PCF. Les forces sont là pour un PCF offensif, à la reconquête des classes populaires, qui
retrouve son allant, son enthousiasme théorique, philosophique et culturel.
Apprenons à dédiaboliser les désaccords, les oppositions. C'est le moment pour
chaque adhérent de mettre les pieds dans le plat, de secouer le cocotier. Ni prêt à penser,
ni prêt-à-porter, ni maître à penser.

Il y en a marre d'avaler des couleuvres, de la cacophonie des dirigeants, des
discussions de salon. L'heure est à la transparence pour en finir avec la langue de bois.
L'heure n'est plus aux jeux de rôle, aux petits calculs personnels. Les communistes
exigent du courage, le parler-vrai, car ils souffrent d'un parti « laissez-faire ». Ils savent,
ils sentent que le peuple a grand besoin d'un PCF fort, ouvert, combatif, moderne avec
des dirigeants et une direction qui ont une réelle légitimité politique, populaire en prise
directe avec les réalités profondes de notre peuple.

Nous sommes et serons fidèles jusqu'au 34ème congrès à l'exigence majoritaire des
communistes de conserver un PCF, dans le respect des minorités qui veulent créer une
autre force politique, participer à une recomposition à gauche en considérant qu'il n'y
aurait plus de place pour une force politique qui s'appelle PCF.

Nous voulons rechercher le débat, la friction, la confrontation. Oui le PCF a de
l'avenir. Nous y mettons toutes nos forces, nos convictions. Raison de plus pour être
optimiste !

Fraternellement.

André GERIN

(*) Ayant participé aux rencontres de Rochefort (Charente-Maritime), à Ivry (Val-de-Marne) et Cruas
(Ardèche), j'observe que les représentants de l'équipe dirigeante sont plutôt mal à l'aise Ils nous trouvent
même sympathiques et utiles. C'est le résultat de tout ce que nous avons fait depuis les abandons du
congrès de Martigues, au 32ème congrès avec le texte du Pas-de-Calais et de Nicolas Marchand, au 33ème
avec les textes Fiers d'être communistes, Colère et Espoir et Remettre le PCF sur les rails de la lutte des
classes. Aujourd'hui notre texte unitaire montre que la constance paye.
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