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Réveil Communiste

Petite contribution à votre congrès.

17 Octobre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Je publie ici ce texte écrit par une amie, communiste "de l'extérieur", avec son accord.

Philippe.



Sachez d'abord que, quoique vous décidiez, vous ne déciderez pas de l'avenir du communisme qui ne vous appartient pas, mais qui appartient à ceux et à celles (surtout) qui le rêvent chaque jour sans même peut-être connaître son nom.

 

Ce que vous déciderez, ce sera de faciliter ou de compliquer la tâche de ceux qui y aspirent. Parce que, quoi que vous en pensiez, votre parti est bien l'héritier de cette idée. C'est ce qui fait votre responsabilité. Vous êtes héritier de cette idée qui est aussi vieille que l'exploitation du plus grand nombre par ceux qui se sont toujours emparé des moyens de vivre (de la terre pour commencer). Cette idée a pris le nom de communisme au 19ème siècle, mais elle a elle-même hérité de tous les combats qui l'ont précédée contre l'appropriation privée des biens communs ; et non contre la petite propriété individuelle qui n'a jamais servi à exploiter qui que ce soit. Marx, dans le Manifeste du parti communiste, dans la Guerre civile en France (entre autres) est très clair sur ce point, comme Georges Sand l'a été aussi dans ses textes politiques. La propriété individuelle n'est pas la propriété privée de biens communs. Vous savez que la droite, mais à certains moments aussi une certaine extrême gauche, ont entretenu l'ambiguïté, les premiers pour s'attacher les petits propriétaires, les seconds pour semer la confusion dans les rangs de ceux qui ont intérêt à changer le monde (je pense en particulier au film de Ken Loach sur la guerre d'Espagne qui montrait des "révolutionnaires" culpabiliser des petits paysans propriétaires de leur lopin quand les véritables exploiteurs étaient les gros propriétaires terriens). Les mêmes confusions sont entretenues à propos des artisans, voire des petits "patrons" qui ne sont aujourd'hui que les salariés des banques.

Ce que vous allez décider est bien cela : faciliter la progression du communisme ou l'entraver - ce que votre appareil a souvent fait, mais qui n'a pas empêché nombre de militants de votre parti de rester de vrais communistes.

Comment peut-on entraver la progression du communisme? En le détournant de la transformation sociale réelle pour l'enrôler dans le fonctionnement politique capitaliste. Votre lente, mais sûre, chute montre que ça ne marche plus si bien...

Qu'est-ce que le communisme? Vous connaissez cette phrase de Marx (que j'ai encore lue il n'y a pas si longtemps en exergue du journal l'Humanité) : c'est le mouvement réel d'abolition de l'ordre existant. Qu'est-ce que ça veut dire? Que ce mouvement réel est social et non politique, même s'il a nécessairement, pour finir, un effet politique : l'abolition du pouvoir capitaliste (la ré-appropriation commune des biens communs), laquelle ne passe pas nécessairement par un "grand soir" furieux et violent...

Le communisme est nécessairement hors-la-loi capitaliste puisque les lois capitalistes défendent l'appropriation privée des biens communs et visent à empêcher toute association solidaire, toute coopération productive ou sociale qui cherchent à développer d'autres rapports sociaux que l'exploitation d'autrui. Vous savez comment des expériences sociales ou économiques solidaires ont été et sont toujours plus en bute à des tracasseries juridiques qui ne sont autres que de la pure répression. L'arsenal juridique ne cesse de se perfectionner pour entraver les initiatives de ce genre (qui sont pourtant bien loin de ré-appropriations brutales de moyens de production... qui ne seraient d'ailleurs pas moins légitimes...). La moindre initiative, le moindre travail, la moindre activité, qui ne rapporte pas au Capital doit être mis hors la loi, criminalisé, empêché. Il y a, là aussi, à propos de la question du "droit" beaucoup d'ambiguïté et de confusion. Le respect de la loi, dans l'absolu, ne signifie pas grand chose. Quand la loi est inique, injuste, il faut la supprimer! Le seul droit respectable est le droit des gens (de chacun et de tous). Quand vous organisez des ventes militantes directes des producteurs aux consommateurs, ce que je trouve fort bien, vous savez bien que vous vous mettez hors-la-loi (puisque vous ne payez pas de patente!), mais vous savez que c'est ce qu'il y a à faire.

Le meilleur moyen de défendre les services publics c'est de les développer, de les organiser soi-même! Voilà le mouvement réel, social, que doit accompagner le parti communiste : une auto-organisation de la vie sociale là où le besoin se manifeste, qui préfigure l'organisation sociale générale que nous désirons.

Martine Isnard

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P
Je suis entièrement d'accord avec ce que dit Pascal sur le fait qu'il nous faut un parti communiste organisé. Un des problèmes de la direction actuelle est d'avoir fait passer la diversité de"sensibilités" voire de courants officieux qui la composent comme étant en soi une richesse reproductibles à l'extérieur (du type des collectifs antilibéraux, car on s'adresse à tous les citoyens de gauche au nom du rassemblement de la gauche comme si nous allions apporter la bonne parole)Une métaphore :Imaginons une dilligence appelée "visée communiste" tirée par 4 chevaux portant des oeillères : le premier cheval  pour voir seulement devant, le second  pour voir sur le côté droit, le troisième pour voir sur le côté gauche, le dernier pour regarder en arrière et qui refuserait d'avancer. Une conductrice  (MGB) qui pense par sa seule force de persuation arriver à une destination dont elle ne connait pas le nom (nouvelle force à gauche et expériences sans cesse renouvelées? Retour aux fondamentaux et dépassement du capitalisme ? Suivisme auprès du PS, tout faire pour avoir des élus? Garder le PC dans ses pratiques anciennes sans y mettre de contenu idéologique et continuer à conduire la même dilligence avec les même oeillères? Alors rien d'étonnantà ce que les chevaux piaffent et tirent chacun dans un sens opposé. La direction actuelle c'est ça. Il ne faut donc pas s'étonner des conséquences que cela produit.
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P
Quelque soit le degré de subversion du système capitaliste ou de résistance auquel parviendront les citoyens résolus à combattre et à construire une autre société, il ne peut pas y avoir de démarche communiste et donc de possibilité de victoire si l'on ne pose pas le problème de l'organisation des communistes en parti, le problème de la prise du pouvoir d'Etat et celui de la rupture nécessaire avec la logique capitaliste. C'est ce qui manque fondamentalement au texte de la camarade. Et je rajouterai, c'est ce qui manque aussi à la politique de la direction du PCF, expliquant d'ailleurs pourquoi il y a une telle dérive idéologique et autant d'illusions dans la société française.
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P
On ne peut que constater l'attente très forte des communistes qui ne sont plus au parti et nous portons la responsabilité de ne pas les dévevoir.En ce qui concerne les actions "hors la loi" contre le système capitaliste c'est effectivement ce que l'on peut faire de mieux à petite échelle. Mais il nous faut, je crois, redonner de l'espoir et des outils collectifs au peuple qui souffre et qui a perdu ses repères de conscience de classe, qui a choisi, faute de propositions claires de changement concret celles du gouvernement de droite par la voix de son très populiste représentant qui consiste à pousser l'individualisme le plus loin possible par exemple "travailler plus pour gagner plus", monter les usagers contre les grévistes, les catégories les unes contre les autres. Ceux là doivent regretter amèrement  d'avoir écouté le chant des sirènes ...de voitures de police de Sarkozy, bien moins romantique que les belles voix séductrices entendues par Ulysse attaché à son mat. POurtant ce peuple là a été séduit. IL faut aussi se poser la question : par quoi et pourquoi?La proposition marxiste est toujours d'actualité malgré que certains camarades de notre direction aimeraient l'envoyer aux oubliettes l'estimant obsolète. Etrange tout de même pour des communistes! C'est sur ce point qu'il nous faut convaincre les camarades qui au nom du légétimisme se laissent influencer par ces idées et là aussi le temps est court et nous devons compter sur l'après congrès pour que les formations demandées par tous les communistes, ne soient pas dévoyées, détournées au profit d'une philosophie sociétale où le marxisme serait finalement à dépasser...(avant le capitalisme!!!).Quelque soit le score que nous ferons au 34ème congrès (et je pense que nous aurons de bonnes surprises), il nous faudra tenir le cap sur nos fondamentaux et  donner les moyens aux camarades d'accéder à de vraies formations qui leur porteuses d'éléments pour penser et pour communiquer une idéologie qui puisse efficacement contrer celle dominante, du capitalisme. IL n'y en a pas cinquante, la prépondérante est bien le marxisme à la lumière du 21ème siècle.Merci à Martine Isnard pour sa lettre.Pasquale
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