CR de la réunion des communistes de Sanary, avec André Gerin, 6/7
Samedi, dans la médiathèque, sur le charmant petit port de Sanary, la section ouest du Var et son secrétaire Jean Pierre Meyer accueillaient une réunion qui augurait bien de la rentrée. La plupart des militants présents, ceux qui avaient eu connaissance de « la base commune » proposée par la direction du parti, s'interrogeaient sur les raisons d'un tel texte. Confus, incohérent, inamendable tels étaient les qualificatifs fusant de toutes parts. Mais avant d'aborder le fond de la réunion plantons le décor. Il y a eu environ 120 participants dans la journée, essentiellement des communistes de Sanary, mais également d'autres venus de Paris, de Marseille, du Rhône, d'autres encore excusés ceux du Pas de Calais, de la Charente maritime, ceux de Béziers je crois qui avaient leur fête fédérale, de nombreux militants de la Région parisienne déjà mobilisés pour la fête de l'Huma n'avaient pu se déplacer mais avaient tenu à faire savoir leur approbation de la candidature d'André Gérin au poste de Secrétaire National du PCF.
1) André Gérin, une candidature qui porte l'espoir de changement
Il est incontestable que cette candidature a fait bouger les choses dans le parti et qu'elle constitue pour beaucoup une espérance sur la voie de l'indispensable changement. André Gérin, en effet ce n'est pas n'importe qui. Si le PCF a perdu 35 grandes villes à la suite de la dernière participation gouvernementale, non seulement André et l'équipe qui l'entoure ont conservé la ville ouvrière de Vénissieux mais aux dernières élections il est passé dés le premier tour tant sa gestion est appréciée. Démocratie participative, attention constante à toutes les formes de sécurité, celle de l'emploi, celle d'une école pourvue en profs et celle dans les cités populaires où l'on connaît les malheurs des gens. Issu du monde de l'entreprise, André a conquis celui des cités sans démagogie mais avec un cœur « gros comme ça ». Bref un communiste et un communiste qui ne vit pas au milieu des bobos, mais au cœur des cités et des entreprises.
André Gérin et Marie Christine Burrican arrivaient du CN. Ils étaient atterrés par les conditions de travail :
« C'est seulement à 18 h 15 alors qu'il ne restait plus qu'une soixantaine de membres du CN, qu'ils se sont décidés à ouvrir le débat sur « la base commune » qui nous avait été distribuée la veille à la dernière minute, empêchant que l'on puisse avoir de ce fait dans nos fédés une discussion collective ».
Il semble qu'André Gérin ait deux préoccupations essentielles qui donnent son sens à sa candidature. La première c'est d'empêcher la liquidation du parti, la seconde c'est de rassembler largement et en particulier il a la préoccupation de tous les communistes qui ont peu à peu été contraints de quitter le parti.
2-La liquidation du parti est-elle encore à l'ordre du jour ?
Comme l'a expliqué André gérin en faisant le compte rendu du CN : la direction actuelle a été battue dans sa décision de liquider le parti, de le diluer dans diverses organisations comme on l'a vu en Italie, il n'est plus question officiellement de cela, alors on conserve une coquille vide. Cette coquille vide peut même être utile pour obtenir des places de la part du PS. De surcroît, A.Gérin a souligné à quel point malgré les apparences cette liquidation continue et s'accélère. Le rapport de Francis Wurtz en faisait la démonstration, comme d'ailleurs l'intervention de MGBuffet. Le rendez-vous pour la prochaine étape de liquidation a lieu aux élections européennes, on est en train de nous préparer des listes fomentées par le parti de la gauche Européenne, ce qui renouvelera à l'échelle européenne l'affaire des collectifs et la minorisation de notre représentation.
Bien des intervenants ont appuyé cette analyse de l'importance de l'étape des Européennes pour accélérer la dilution du PCF, la minorisation autant que la perte de son identité. Il a été noté la manière dont on tentait de peser sur les débats du Congrès autant que sur ces élections européennes avec le sondage paru dans l'Huma à la veille du Conseil national. Non seulement on demande à des non communistes, voir des sympathisants du PS et même de la droite de dire ce qu'ils souhaitent comme évolution pour le PCF, mais on s'apprête avec un texte qui masque les enjeux, baptisé base commune, à décourager les militants de participer à leur congrès. Alors qu'il y a quelques questions essentielles que ce texte ignore totalement, par exemple faut-il ou non sortir de l'Union Européenne, de la zone euro? Faut-il poser le débat sur cette question comme tant d'autres ou prôner une politique dont le seul but est de ne pas nous couper du PS ?
C'est là qu'a surgi une première question : s'il s'avère que la direction du Parti veut nous entraîner dans cette politique catastrophique, anti-démocratique, diluer la représentation du Parti, faut-il aller jusqu'à des listes au niveau des grandes régions qui choisiraient d'aller aux élections sous le drapeau du parti avec un programme clair et sans ambiguïté sur la question européenne ? Beaucoup d'intervenant se sont prononcés en faveur de cette idée, en montrant que dans la population, à la fois à cause de l'euro, son rôle dans la vie chère et la manière dont on n'avait pas tenu compte du vote des peuples sur la Constitution, il y avait un rejet de plus en plus fort comme d'ailleurs de la participation à l'OTAN. Tous les intervenants ont dénoncé la position de la direction qui va de pair avec la manière dont celle-ci a abandonné toute autonomie par rapport au PS.
M.C Burrican sur cette question a précisé que l'idée qu'il fallait sortir de l'Europe avançait mais qu'il était nécessaire qu'il y ait un grand débat sur cette question avant de trancher. De toute manière il fallait sortir en proposant de construire d'autres types de coopération en France et dans le monde. Et elle a annoncé pour le 24 et 25 octobre un week end d'étude à Vénissieux sur ces questions internationales et sur celle de l'Europe en particulier.
3-Un parti coquille vide ou l'art de décourager les militants : comment y répondre ?
Beaucoup d'intervenants se sont interrogés sur le vide de la base commune, d'autres étaient convaincus qu'il y avait dans le vide de ce texte, son absence d'analyse concrète d'une situation concrète un piège : il était destiné à décourager la participation des militants, les entraîner à déserter . Un de thèmes de discussion a été la découverte du nombre de camarades qui n'arrivaient pas à obtenir leur carte d'adhérent. Les exemples abondaient dans le Var, les Bouches du Rhône, dans le Rhône, non seulement il n'y avait plus de réunions, et quand celles-ci avaient lieu l'ordre du jour était fantaisiste. Aucune décision, dans une telle confusion un processus de division, de querelles était entretenu, et beaucoup de camarades ont dit leur inquiétude devant cette situation. Certains camarades de plus en plus inquiets devant les pratiques de la direction avaient néanmoins peur de se diviser en chapelles.
La question qui s'est alors posée devant le constat d'un texte inamendable et qui laissait les communistes démunis, était celle de construire un texte alternatif. Une opinion largement majoritaire réclamait qu'il n'y ait qu'un seul texte face à celui insuffisant, opportuniste et sans perspective de la direction.
Il y a une candidature, celle d'André Gérin, sur des bases politiques très claires, largement majoritaires dans le parti. Faut-il un texte, est-ce que certains auront la volonté de rassemblement et d'union qui s'impose, la situation reste ouverte. Ce qui est sûr est qu'il faut un texte simple clair, affichant perspective et options pour répondre à la crise que vit notre peuple et qui pour les classes populaires devient dramatique. Ce texte doit avoir une durée qui ira bien au-delà du Congrès, il sera un engagement des militants pour rendre leur parti à sa destinée de force de transformation , révolutionnaire, nationale et internationaliste.
4- Comment rassembler le peuple de France, si l'on n'est pas capable de rassembler les communistes ?
André gérin a effectivement une seconde préoccupation, il ne se résigne pas à voir de nombreux camarades hors du parti. Beaucoup sont intervenus pour dire à quel point ils restaient communistes, même s'ils se regroupaient parfois comme les Rouge-vifs de Marseille hors du parti, ce n'était pas pour créer un autre parti, mais pour pouvoir continuer à agir en communistes quand la direction du parti le leur interdisait, en les isolant, en leur rendant la vie impossible, voir en ne leur remettant pas leur carte.
A ce propos Charles Hoareau est intervenu pour dire à quel point il fallait les moyens d'une coordination entre communistes restés au parti et d'autres qui attendent de pouvoir y retrouver une fraternité de lutte d'un vrai parti communiste. L'originalité de la situation étant tous ces gens qui bien que n'étant pas au parti attendaient que les conditions soient remplies. Il y a eu sur cette question un débat parfois passionné, ce serait le caricaturer que de le limiter à l'opposition entre Varois et Marseillais, les uns ayant construit un parti où ils pouvaient tous dialoguer après avoir chassé une ancienne direction qui avait terminé au PS, les autres, les marseillais expliquant à quel point la situation dans cette dernière ville s'était dégradée, et comment ils auraient été empêchés d'agir et de parler en restant dans le cadre du parti.
Au titre de la coordination, Charles Hoareau a présenté le site qu'il avait créé « Communistes de France », en proposant qu'il soit animé par des équipes régionales, fédérales ou de section.
Conclusion
Où en sommes-nous après cette réunion? Une autre réunion va avoir lieu à la fête de l'Huma. Un texte est prévu, il se situera dans la durée, en fixant dés aujourd'hui en vue du congrès, des élections européennes, mais aussi pour après, une ligne d'action communiste, permettant de rassembler partout y compris en dehors des structures mais sans pour autant et cela a été mainte fois souligné en repoussant toute démarche qui aboutirait à la constitution d'un autre parti.
Agir ainsi c'est donner de l'espoir aux camarades isolés et des perspectives à tous.
C'est aussi un signe fort de continuité dans notre démarche comme le disait A Tollet, avec vous, sans vous ou contre vous. Ce texte dans la durée est également un moyen de ne pas heurter le désir de ne pas diviser, de ne pas détruire, les craintes de certains camarades et cela sans favoriser l'organisation des tendances.
Il va y avoir un choc frontal avec la droite, avec le capital, il faut que partout soit entreprise cette restauration du PCF ; non seulement avec la tenue du Congrès, la préparation des européennes des régionales mais dans les luttes et nous devons donner des bases d'intervention et d'organisation pour empêcher le désespoir de l'emporter. Tout en sachant que nous avons entamé une démarche qui construira avec tous les communistes ce parti qui est le notre et dont notre pays, notre peuple ont besoin, le Parti Communiste Français.
Comme l'a dit André Gérin, il nous faut un parti qui retrouve le sens de la nation pour être plus internationaliste, pour retrouver dans ce domaine comme tant d'autres ce qui caractérise les communistes. Et pour passer aux travaux pratiques, l'assistance a organisé une collecte pour Cuba frappé par le cyclone, cette collecte qui s'est poursuivi le lendemain à la fête de la section de la Cride a rapporté le samedi 6 septembre la somme de 391 euros.
Danielle Bleitrach
Pasquale Noizet