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Réveil Communiste

Contribution d'André Gerin, 2 : révolution, utopie, communisme

11 Juillet 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

1 - Si on parlait enfin de la révolution, de l'utopie, du communisme

La chute du mur de Berlin, en 1989 et l'effondrement de l'URSS, en 1990, ont galvanisé les fossoyeurs de tout projet d'émancipation humaine. Leur acharnement est à la mesure de ce que fut la Révolution d'octobre 1917 : un accélérateur de l'histoire qui a changé la donne de l'humanité, lui faisant faire des progrès considérables. Pour la première fois l'hégémonie du capitalisme était mise en cause. L'échec de cette première expérience de communisme étatique est mis à profit pour dénigrer en bloc les principes du communisme et tenter de présenter le capitalisme comme la fin de l'histoire.

On jette le bébé avec l'eau du bain : l'utopie avec le cours de l'histoire. L'utopie, cet art d'imaginer une société terrestre meilleure, ne serait plus bonne qu'à envelopper le cadavre de Marx !

L'utopie est enjeu du débat, enjeu d'un combat. Sans utopie, l'humanité pensante sombre dans un profond sommeil. L'utopie est ce moment où la pensée et l'action se frictionnent, découvrant de nouveaux horizons pour la pensée comme pour l'action. C'est là toute la philosophie de la révolution qu'il faut réhabiliter. « Jusqu'à présent les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde, à présent il s'agit de le transformer ». En disant cela, Marx lance un pari contre l'impossible.

Il n'y a pas de pari sans projet. Notre projet c'est le communisme. C'est toute la raison d'être du Parti communiste français. Pour changer la société, nous avons l'obligation de sortir de la démarche d'union des années 1960. Pour sortir des impasses de la société capitaliste, nous ne pouvons plus nous contenter de réponses limitées et partielles. La question du communisme est centrale. Autant nous devons abandonner des croyances, désacraliser certaines de nos conceptions, autant nous avons des convictions qu'il faut soumettre au feu de la réalité pour éclairer notre combat. Il faut repenser les hypothèses du communisme non comme des certitudes mais comme autant de réponses pour transformer la société, en osant porter des valeurs, des principes, des fondamentaux, mais sans les figer. Le communisme de Marx n'est pas à ranger dans le magasin poussiéreux des accessoires de la pensée.

Réhabiliter le communisme, c'est réhabiliter Marx, non pas pour lui mais pour nous, avec nombre de penseurs qui poursuivent son travail inachevé. C'est réhabiliter le Parti communiste français. Marx a inscrit sa pensée au cœur d'un XIXème siècle en plein essor, avec des combats gigantesques et des promesses fabuleuses. Nous devons appliquer sa même rigueur de pensée au lendemain d'un XXème siècle largement dévastateur, qui a engendré tous les doutes.

Le détour par Marx, le détour par l'utopie est nécessaire pour nous donner de nouvelles chances de nourrir une théorie et une stratégie de l'émancipation humaine. La théorie de Marx repose sur la critique scientifique de l'ordre social existant. Marx a dénommé COMMUNISME sa perception d'une émancipation radicale. L'utopie marxiste se singularise en fondant son projet dans l'analyse concrète de la réalité concrète.

Pourquoi, comme beaucoup nous le proposent, devrions-nous mettre ce projet à la retraite anticipée alors que dans un pays développé comme la France, le capitalisme est en perte de crédibilité et de légitimité ? Comprendre, analyser les réalités économiques, sociales, politiques de la France de 2008 est un passage obligé. Nous devons faire la critique scientifique de l'ordre social existant.

Comme le dit Marie-George Buffet : « d'autres solutions, d'autres logiques de développement humain économique, social, écologique sont indispensables ». Il serait temps de nommer pour l'ensemble des communistes la réponse de fond dont nous devons débattre : le communisme. Ouvrons le débat ! Que chacun fasse connaître sa position.

La passion française du communisme fait partie du patrimoine d'un XXème siècle qui a vécu les premiers pas du communisme de Marx à l'échelle d'une nation, un communisme balbutiant, loin, très loin d'avoir atteint sa maturité. Nous devons prendre très au sérieux ce communisme, parce qu'il ouvre véritablement une perspective historique, alors que la mise en œuvre de ses conceptions ne s'est réalisée que sur un laps de temps très court.

Naturellement nous ne trouverons pas dans l'œuvre de Marx les réponses aux questions qui nous sont posées aujourd'hui. En revanche, nous y trouvons une façon de questionner le réel toujours féconde. À nous de savoir examiner le XXème siècle avec la même perspicacité que Marx, le XIXème siècle.

- Ne nous laissons pas gruger par les doutes de l'histoire.
- Ne soyons pas dupes des salonnards qui trouvent Marx sympa, comme ils ont adoré mai et juin 1968, mais ne cessent de proclamer la mort de l'utopie. Sarkozy/Cohn-Bendit, même combat !
- Réfutons la thèse mille fois assenée selon laquelle la théorie de Marx serait totalitaire et sectaire, elle ouvrirait à l'utopie totalitaire.

Pour Marx, « Le communisme est le mouvement réel d'abolition du capitalisme. » Ce n'est pas un mode d'emploi. Ne soyons pas fascinés par la religion des textes. Extirpons-nous des pièges du commentaire, des prêts-à-porter, des prêt-à-penser. Défions-nous des maîtres à penser. Sortons de la perfection imaginaire, des prescriptions doctrinaires des prétentions de tutelle.

Prenons le propos pour l'expression de l'utopie et une puissante invitation à penser par soi-même. L'utopie devient une boussole pour convoiter l'impossible : le communisme comme perspective révolutionnaire historique dans le XXIème siècle. La question du communisme, discutons-en, comme alternative au capitalisme développé en France, discutons-en comme perspective révolutionnaire historique du XXIème siècle.

Pour assurer son existence, le PCF doit se donner des armes pour résister, se mettre en ordre de bataille, face à trois défis de taille à relever :

1er défi : Ce que Marx appelait le prolétariat a pris la forme de classes populaires. C'est bien la logique du profit capitaliste qui forme la réalité. Précarité, discrimination, insécurité sociale jusqu'au déracinement. Destruction des formes de solidarité. Les capitalistes mènent une lutte des classes sans merci.

2ème défi : Quelle alliance pour rompre, chasser la classe possédante. Classe ouvrière, employés, les ingénieurs cadres techniciens, cette alliance est un combat, un rapport de classes, toujours prêt à se retourner.

3è défi : Cette alliance fondamentale des classes est à construire à l'échelle mondiale. Un état monde en gestation sous forme aliénée par les centres de pouvoir capitaliste, UE, ONU, FMI, OMC, des instruments de domination impériale, face au péril qui nous menace et aux défis d'un destin désormais commun du peuple monde.

Nous devons trouver la forme de cette alliance pour le combat du XXIème siècle. Telle est la perspective politique du local au global, en France, et à l'échelle du monde. Des rassemblements populaires, unitaires, larges, puissants, déterminés sont à construire. Des révolutions nouvelles et inédites sont en gestation.

 

Suite 3

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