Légitimistes au PCF, tranquilles passagers du train fou du congrès!
1 Juillet 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Correspondance au PCF
"les fantômes du communisme dans l'Humanité"
Voici un commentaire que je viens d'y laisser à mon tour (PN le 27 juin 2008) :
Chers camarades, Cela fait du bien de lire vos échanges, source de réflexion qui rejoignent ma pensée et mon vécu de 4 ans au PCF.
J'ai adhéré au PCF avec la conscience qu'il s'agissait d'un acte important que je souhaitais "irréversible » comme tout engagement que l'on prend comme un train dans lequel on monte et où il n'est pas question de sauter en marche même si celui qui le conduit est un fou. Alors on s'imagine courir sur le toit des wagons, aller jusqu'à la locomotive et attacher le fou furieux qui la conduit pour reprendre les manettes. Beaucoup de mes camarades sont descendus du train avant que je n'y monte et le train s'est emballé et court vers une destination inconnue, à un moment donné les rails qui le portent vont se croiser et un autre chemin sera pris, tout dépend des aiguilleurs (les dirigeants du parti? Les militants?) et de celui qui en a pris la conduite. Bon c'est une métaphore mais c'est la première qui me vient (je ne suis pas dans l'audiovisuel pour des prunes ;-)) Mes grands parents étaient communistes et je me souviens petite fille, les avoir accompagné plusieurs fois au poste où on vendait "l'Huma" (qui à l'époque se portait bien) au métro Garibaldi à St Ouen.
J'ai attendu d'avoir cinquante ans pour rejoindre ce parti mythique (pour moi il l'était à l'époque) hantée plus par l'image de mes grands parents que par celle de Staline, ayant en mémoire l'image d'un Georges Marchais qui n'avait pas sa langue dans sa poche face aux journalistes, les références de la résistance, du front populaire, de la révolution, d'octobre. J'ai rejoint ce parti en connaissance de cause et prête à assumer son histoire même si "je n'y étais pas". Même si je suis critique sur ses zones d'ombres je pense qu'elles ont des explications et qu'il ne faut pas rejeter tout en bloc. Le communisme en URSS a eu le mérite immense d'EXISTER d'être une expérience révolutionnaire et socialiste qui peut et doit être une référence à notre réflexion d'aujourd'hui. Aujourd'hui notre direction rejette toute référence à ce passé, bientôt il n'aura pas existé. C'est du pur refoulement! C'est ce que l'on appelle la systémie ce qui peut par exemple être le fait d'une famille qui rejette la faute de ses erreurs sur un de ses membres, récuse toute responsabilité si ce dernier va mal, fait pression, fait peser une culpabilité qui peut conduire jusqu'au suicide de ce membre. Voilà comment je vois le parti aujourd'hui. Comment les dirigeants manipulent consciemment ou pas les ou ce qu'ils considèrent comme "ses" militants qui finissent par ne plus comprendre ce qui leur arrive, pourquoi ils ne sont pas de bons et loyaux militants (mais comment agir et convaincre sans ligne claire et surtout sans se poser de questions ?).
Le problème il est là : on refoule le passé mais on en garde les stigmates par des comportements liés au pouvoir que l'on s'attribue au lieu d'assumer ses erreurs et se sentir responsable, jusqu'à devenir les bourreaux que l'on dénonce, refaire les mêmes erreurs. Sous couvert qu'il y a débat démocratique. Ce qui est faux car en réalité le débat est truqué, le train a une destination cachée mais plus il avance plus les langues se délient et plus on devine le nom de la station: "nouveau parti de la gôche" et pas très loin : station " parti anticapitaliste". La Station »nouveau parti de la gôche » relookée à l'image de la société du XXI ème siècle. A l'arrivée, des porteurs viendront prendre nos valises pour quelques centimes d'euro, le petit peuple regardera descendre du train tout ce beau monde aux vêtements froissés car le voyage aura été long, à la bouche sèche car les débats auront donné soif. Tous les communistes auront pu "ouvrir leur bouche". Quelle avancée démocratique ! Les dirigeants à force de tourner et retourner les questions dans des questionnaires écrit par les mêmes, à force des débat orientés « Utilité d'un parti communiste au 21 ème siècle ? », parvient à faire douter les militants d'être communistes, à les culpabiliser de vouloir le rester, à diaboliser les plus résistants à la liquidation de leur parti sous prétexte d'une refondation qui lave plus blanc à gôche et qui détache le rouge pour en faire du rose, ces dirigeants auront réussi à démanteler le PCF, à démotiver les camarades, et pourront se vanter d'avoir effectivement fait un parti du XXIème siècle, sociétal plus que social, caritatif plus qu'offensif et politique, suiviste du PS plus qu'autonome sur le principe de défendre ses fondamentaux.
Sur le blog anti liquidateurs « Réveil Communiste », les militants (pour la plupart au parti depuis moins de 6 ans), se refusent à baisser les bras. Nous avons bien conscience que nous sommes faibles face à la machine bien huilée qui reçoit caution de camarades légitimistes prêts à mordre les mollets si on ose critiquer « leur » direction alors qu'ils sont souverains. Cependant si on n'entend plus nos voix, si jusqu'au congrès on n'essaie pas de former un front d'opposition, ce sera bel et bien fini du parti communiste français. IL n'y a qu'à aller lire le compte rendu de Gilles Questiaux sur Réveil communiste concernant l'interview récent de MG BUFFET donné à un média de l'audiovisuel pour en être convaincu Titre de l'article : Réflexions à l'audition de Marie George,sur France Inter, jeudi 26 juin, 8 h 20 :
Marie George : "Marx n'est pas le programme du PCF"
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
Le blog reproduit des documents pertinents, cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu.
Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
Les textes originaux, écrits par l'animateur seul ou en collaboration et dont il endosse pleine et entière responsabilité sont publiés dans la catégorie GQ, accessible directement dans la barre de menu. Ils sont reproductibles, sans modification, à condition d'en mentionner l'origine.
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