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Réveil Communiste

Marie George : Marx n'est pas le programme du PCF

27 Juin 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Réflexions à l'audition de Marie George,sur France Inter, jeudi 26 juin, 8 heures 20, et questions des auditeurs.

Marie George a pu s'exprimer sans faire face à la moindre interruption,avec des interlocuteurs courtois (ce qui n'est pas le cas d'habitude).

Après avoir expliqué l'invitation de MGB a s'exprimer sur les ondes par l'actualité interne du PCF, dont ils parleront à peine, les journalistes ont posé des questions sur Sarko et la télévision, sa présidence de l'Union, le "non" irlandais, sur Besancennot et son NPA, et lui ont reproché en tant que communiste, "d'avoir discrédité l'espoir en politique" (allusion à l'URSS), mais sans insister, et sans qu'elle réponde sur ce point.
 
MGB a du faire face à quelques questions qui avaient pour but de savoir si oui ou non elle avait l'intention de quitter le poste de secrétariat national du PC au congrès de décembre, elle a répondu qu'elle en avait envie mais  qu'elle était responsable et qu'elle voulait, en substance, passer le relais dans de bonnes conditions. Il semble que la campagne droitière de fausse opposition ait fait long feu,elle n'intéresse même plus les médias : personne ne l'a relancée sur la "fronde"droitière qui date d'à peine deux semaines, ni auditeur, ni journaliste. Personne n'a jugé bon non plus de rappeller la candidature d'André Gerin. Et vivent ls médias! Voilà des pros!

Sur le "non" irlandais, MGB a bien dit que le vote rendait le traité caduc, mais à la question "c'est une bonne nouvelle pour vous", a répondu avec réticence : "ce n'est pas une bonne nouvelle en soi". On reconnait clairement la tonalité fondamentale de ses interventions médiatiques : pas de vagues, ne pas avoir l'air négatif, populiste, et refuser de porter la voix de l'opposition irréductible, sur quelque question que ce soit.

Autres questions d'auditeur : "Marie George, pourquoi tu ne viens pas au PS avec nous? pour renforcer la gauche?" par Antonio, ancien réfugié politique espagnol. MGB : "J'ai envie de travailler avec le PS", je ne suis pas pour un "non" de principe  mais je ne suis pas pour effacer la diversité, mais le PC a une histoire particulière, il n'est pas question tout de suite, de former un seul parti. Au fond elle veut maintenir le PCF au nom de la "diversité"en soi. et du respect du patrimoine. Un autre parti? une autre formation? Pas tout de suite!

"Pas tout de suite" c'est verbatim. Le reste c'est de mémoire

Sur le NPA, elle a sans difficulté tenu la ligne qui consiste à dire que la LCR est irresponsable, qu'elle refuse les responsabilités, et qu'elle ouvre un boulevard à la droite. Mais il est plus difficile d'établir quelle alternative à cette droite la gauche actuelle devrait participer, bien que le mot "gauche" revienne  de manière obsessionnelle dans les discours de notregroupedirigeant, cette gauche de gauche, alternative gouvernementale, elle propose quoi? et bien, une sorte de sanctuarisation des services publics, y compris au niveau mondial (ça ne mange pas de pain!), plus une sorte de pari sur la science et l'éducation, le refus peu circonstancié du "tout marchand", avec sans doute de la redistribution, un plus gros RMI. Un programme à peine esquissé que l'on peut situer au jugé à la droite du PS de 1981. Elle écarte le "libéralisme" de Delanoé comme une mauvaise idée de communication. Et une stratégie de séduction à droite. En ce sens le groupe dirigeant du PCF persiste à s'aveugler sur la dérive droitière de ses partenaires. Parce que ce qui compte pourlui avant tout est d'en rester le partenaire. Non seulement local, ce qui se justifie,mais aussi national, ce qui est impensable tant que le PCF ne s'est pas reconstitué comme un parti fort et sûr de lui, les socialistes étant ce qu'ils sont.

Je ne sais plus qui commente alors, fort justement : "Au fond vous voulez réguler, et plus un autre monde"

Et un auditeur pose justement la question, "pour les jeunes d'aujourd'hui pourquoi le PCF ne propose pas un monde meilleur? MGB : "il faut exprimer un idéal, le rêve d'un monde libre et égal, des tas de gens veulent se réinvestir, parfois sur tel ou tel sujet précis. Il faut reconstruire une nouvelle espérance révolutionnaire, sur le développement durable notamment, le congrès sera sur cela".

Enfin la question qui tue, d'un auditeur : "Le marxisme est-il encore à la base du PCF?. MGB :"le marxisme c'est une philosophie", et elle cite alors Sylviane Agazinski qui a dit à la télé que Marx a dit quelque chose contre le "toutmarchand" qui peut s'appliquer aux mères porteuses! On voit que Marx est utile! mais l'essentiel vient juste après "Marx n'est pas le projet politique du PCF".

Ce qui va de soi. Mais elle aurait pu dire que Marx était une source d'inspiration vivante fondamentale pour le PCF, et elle s'en est bien gardée.

Et Marx ne se considère pas comme un philosophe mais comme un chercheur scientifique, et comme Althusser l'a bien montré, il est un des fondateurs, et jusqu'à présent il faut bien le dire, un des principaux contributeurs à la science de l'histoire et des sociétés humaines. Et Marie George le sait fort bien. Sans la science marxiste le PCF n'existe plus.

Le dernier mot à Marx, de mémoire  : "jusqu'à présent les philosophes ont passé leur temps à décrire le monde. Maintenant il faut le transformer"
 
GQ, 27 juin 2008

PS du 29 juin: la video de l'interview qui est publié sur France inter est incomplète : http://www.dailymotion.com/video/x5x27q_marie-george-buffet-france-inter_news

et ne contient pas les trois quarts de l'entretien, notamment les réactions aux questions des auditeurs. Un internaute (son nom :"drwsprt"!) a posté le verbatim que je reconnais texto :

Voici le verbatim de la réponse de MGB à la question de Demorand (et non pas d'un auditeur) :

Question : est-ce que le marxisme est encore la base du parti communiste ?

(Verbatim de la réponse de MGB :) Mais le marxisme c'est une philosophie, et je trouve, j'ai lu ce matin par exemple que Mme Agacinski à propos du débat sur les meres porteuses rappelait euh justement Marx euh qui disait que tout ne pouvait pas être marchandise et que le corps humain, ou le bébé, ne pouvait pas etre marchandise donc Marx est un philosophe sur lequel on peut s'appuyer, on peut tirer ( ?), on peut réfléchir, à partir des écrits de Marx, mais euh pff chu obligé d'vs dire c'est pas (rire) le projet politique du parti communisse français (rire)


Voir aussi une réaction et des commetaires sur le site de Nicolas Maury, "Istres communiste",voir le lien ici
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G
Aujourd'hui 7 juillet , dans l'Huma : MGB est allée à la fête des communistes niçois, où elle appelé tous les militants à prendre la parole, et accusé ceux qui disent que le débat est verrouillé de ne pas vouloir d'avenir pour la parti communiste. On voit bien le double langage du groupe dirigeant : conservateur du parti devant les militants (et tentative de se poser comme un recours contre les liquidateurs) et postcommunisme à la radio.
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G
Paut être que nos dirgeants n'osent plus se réclammer du marxisme, de peur d'être assimilé à la "guerilla marxiste" des FARC? alors que l'on affiche à tire-larigot la belle gueule du Che?
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G
J'ai retrouvé le lien à la déclaration de MGB sur le Tibet, ci desous
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G
Autre signe des les orientations postcommunistes de Marie George, il ya aussi son attitude parrapport à la situation au Tibet, ou elle a carrément demandé une ingérence européenne dans les affaires chinoises. Quelque part sur ce blog!
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P
ouI Jonathan, ce que décrivait Marx est hélas toujours d'actualité et tout particulièrement  ce qui concerne le comportement du "pédant individuel".Le PCF a ressorti son leitmotiv sur " l'invidivu" comme si cela n'avait plus aucun rappport avec l'individualisme, "l'individu au coeur de ceci au coeur de cela" mais le PCF oublie la catégorie dans laquelle l'individu est placé par le système capitaliste et un individu qui ne serait pas un être social cela ne veut pas dire grand chose. Un patron cela veut dire quelque chose et c'est aussi un individu, un travailleur exploité cela veut dire aussi quelque chose meme s'il demeure un individu. Alors oui cette grosse sentimentalité pseudo humaniste franchement elle a toujours existé, le témoignage de Marx le prouve.Tout ceci manque effectivement de perspective parce que  la seule qui soit aujourd'hui  autorisée au sein du PCF  est bien de rentrer dans les rangs  d'un socialisme  petit bourgeois, rempli de bonnes attention "pour un monde meilleur"  plutôt que de défendre la classe des travailleurs et d'avoir pour perspective l'abolition des classes et non pas "l'émancipation des hommes et des femmes" et des lapins et des tortues et des bébés nageurs !Pasquale
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J
Et pour cause que Marx n'est pas le programme du PCF ! Il faut lire, dans "Les luttes de classes en France" comment il parle des partis qui à l'époque, étaient du même tonneau que le PCF d'aujourd'hui. La description est saisissante :"Ainsi<br /> donc, pendant que l'utopie, le socialisme doctrinaire qui subordonne<br /> l'ensemble du mouvement à un de ses moments, qui met<br /> à la place de la production commune, sociale, l'activité<br /> cérébrale du pédant individuel et dont la<br /> fantaisie supprime la lutte révolutionnaire des classes avec<br /> ses nécessités au moyen de petits artifices ou de<br /> grosses sentimentalités, pendant que ce socialisme doctrinaire<br /> qui se borne au fond à idéaliser la société<br /> actuelle, à en reproduire une image sans aucune ombre et qui<br /> veut faire triompher son idéal contre la réalité<br /> sociale, alors que le prolétariat laisse ce socialisme à<br /> la petite bourgeoisie, alors que la lutte des différents<br /> systèmes entre eux fait ressortir chacun des prétendus<br /> systèmes comme le maintien prétentieux d'un des points<br /> de transition du bouleversement social contre l'autre point, le<br /> prolétariat se groupe de plus en plus autour du socialisme<br /> révolutionnaire, autour du communisme pour lequel la<br /> bourgeoisie elle-même a inventé le nom de Blanqui. Ce<br /> socialisme est la déclaration permanente de la révolution,<br /> la dictature de classe du prolétariat, comme point de<br /> transition nécessaire pour arriver à la suppression<br /> des différences de classes en général, à<br /> la suppression de tous les rapports de production sur lesquels elles<br /> reposent, à la suppression de toutes les relations sociales<br /> qui correspondent à ces rapports de production, au<br /> bouleversement de toutes les idées qui émanent de ces<br /> relations sociales." (Folio histoire, p.122). Relisez : "met<br /> à la place de la production commune, sociale, l'activité<br /> cérébrale du pédant individuel et dont la<br /> fantaisie supprime la lutte révolutionnaire des classes avec<br /> ses nécessités au moyen de petits artifices ou de<br /> grosses sentimentalités, pendant que ce socialisme doctrinaire<br /> qui se borne au fond à idéaliser la société<br /> actuelle, à en reproduire une image sans aucune ombre et qui<br /> veut faire triompher son idéal contre la réalité<br /> sociale" : n'est-ce pas le PCF d'aujourd'hui qui se comporte ainsi, à user de sentimentalisme, à idéaliser la société (dans le sens que, d'après le PCF et l'Huma, pour reprendre le texte du dernier Congrès : "Partout se lèvent des hommes et des femmes qui refusent et s'opposent à ce monde etc."). Cette obsession à croire que la société bouillonne de contestation et que, par conséquent, le PCF en tant qu'organisation révolutionnaire des travailleurs n'a plus de raison d'être, est une des formes de cet idéalisme. On fait des forums, on discute, on bavarde, on fait des rencontres, des réunions, mais pour quel suite ? Dans quelle perspective ?
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J
Le parti est à l'envers, il faut le remettre à l'endroit. Voyez ce que peut en dire un ennemi de classe comme Minc :"Marx est, de mon point de vue, le meilleur analyste de l'économie de<br /> marché, le théoricien le plus aigu du capitalisme, le visionnaire le<br /> plus puissant. Je ne suis pas le seul à ressentir cette vérité<br /> paradoxale. Le New Yorker consacrait en 1997 un numéro spécial à « Karl<br /> Marx, le prochain grand penseur ». On pouvait y lire les propos d'un<br /> grand investisseur : « plus je passe de temps à Wall Street, plus je<br /> pense que Marx avait raison ». Peu suspect de sympathie pour le<br /> collectivisme, The Economist publiait, le 19 décembre 2002, un long<br /> article sur « Marx après le communisme » dont le thème était : si Marx<br /> a eu tort sur ce qui lui importait le plus - la fin du capitalisme, la<br /> lutte des classes, l'avènement du paradis socialiste -, il avait été le<br /> premier à « envisager la puissance productive du capitalisme,<br /> l'avènement des monopoles, l'importance des cycles économiques ». Ce<br /> n'est pas un hasard si ces points de vue originaux naissent dans<br /> l'univers anglo-saxon et non en France : les observateurs anglais ou<br /> américains examinent « Le capital » à la lumière du fonctionnement<br /> capitaliste ; les analystes français en sont réduits à peser au<br /> trébuchet l'influence résiduelle du marxisme sur les divers courants du<br /> Parti socialiste... Pour qui est fasciné par le fonctionnement du<br /> capitalisme, par sa puissance créatrice et par ses immenses excès, Marx<br /> demeure le plus grand. C'est lui qui a le mieux compris la force<br /> démiurgique du système. Existe-t-il, de ce point de vue, un texte plus<br /> puissant que le « Manifeste communiste » ?"http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/smith-marx-keynes-racontes-par-alain-minc/989/0/44586
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J
Les propos de Marie-George Buffet me consternent mais on ne peut pas dire qu'ils soient étonnants.Je repense à ces mots d'Althusser, de 1982 :"S’il nous reste encore ce recours du côté de la pensée de Marx et d’Engels, il n’en va pas malheureusement de même des partis communistes.Edifiés sur la base de la philosophie du Manifeste et de L’Anti-Dühring,ces organisations ne tiennent que sur des bases qui sont toutes de part en part des impostures, et sur l’appareil de pouvoir qui s’est édifié dans la lutte et son organisation. Les partis, appuyés sur les syndicats de l’aristocratie ouvrière, sont des morts debout, qui subsisteront tant que leur base matérielle durera (les syndicats détenant le pouvoir dans les comités d’entreprises, les partis détenant le pouvoir dans des municipalités), et tant qu’ils seront capables d’exploiter le dévouement de classe des prolétaires et d’abuser de la situation des sous-prolétaires de la sous-traitance. Désormais il y a une contradiction inconciliable entre les traits de génie de la pensée de Marx et d’Engels et le conservatisme organique dû aux partis et aux syndicats. Et rien ne laisse prévoir que la lutte des plus défavorisés sera plus forte que la lutte des favorisés qui détiennent l’appareil du pouvoir. Si le marxisme peut encore, par éclairs, revivre, les partis sont morts debout, figés dans leur pouvoir et dans leur appareil qui détient ce pouvoir, et se reproduit aisément pour le détenir et en détenir l’exploitation. Nous vivons dans cette contradiction, et c’est le sort de notre génération de la faire éclater. Et malgré toutes les difficultés elle éclatera, dans la révolte de la nouvelle jeunesse du monde."
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P
Lorsque je parlais d'un journal papier, je pensais à un journal plus modeste et plus localisé que Le Manifeste, et réalisé par les militants locaux. Cela peut être un 4 pages que vous sortez selon vos disponibilités. Il y a juste besoin de papier format A3 et d'une bonne photocopieuse.
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G
Réponses à Pascal :Pour ce qui est d'un journal, il existe (?) un organe oppositionnel papier assez consistant, qui s'appelle Le Manifeste (lien à droite), mais manifestement il est en standby. Avant de se lancer dans une opération de ce genre, il faudrait comprendre pourquoi ça n'a pas marché. A mon avis c'est trop cher. Gremetz est sans dout découragé du PCf, mais il a bataillé assez longuement, à sa manière, à l'intérieur. (nous alons mettre en ligne une video sur le congrès 2003). Gerin semble reprendre aujourd'hui cette place de porte-parole de l'opposition, il faudrait que ce soit avec plus de succès. Je ne me fais pas de la section du Quinzième cette image sectaire. Quant au PRCF, il semble avoir choisi malheureusement une stratégie complètement extérieure (au motif, pour Gastaud, d'avoir été exclu). Ce qui est frappant, c'est que les camarades de l'opposition se font souvent pousser vers la sortie un par un. C'est évidemment le piège à éviter.Je pense aussi que l'échec de l'opposition à reprendre les reines du parti s'explique par son manque de réalisme unitaire. Un camarde m'a reproché de vouloir "ne voir qu'une tête derrière Gerin". En fait je pense qu'un seul porte parole de l'opposition à la liquidation du PCF suffit. André a pris le risque de se lancer, nous pouvons prendre le risque de le soutenir.
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