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Réveil Communiste

22 avril 2007 : les conclusions sont encore à tirer au PCF

3 Juin 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Il y a un an, le 22 avril 2007, avait lieu le premier tour des élections présidentielles, et la campagne de la candidate de la Gauche Populaire Antilibérale était sanctionnée par un résultat catastrophique et sans appel : 700 000 voix,1.92 % des voix. L'idée que nous pourrions faire moins que Robert Hue le 21 avril 2002 (3.36%) ne m'avait même pas effleuré. Le PCF avait un boulevard devant lui avec la politique Raffarin, et la droitisation accélérée du PS. L'Huma était le dernier quotidien de gauche, le PCF le dernier parti de gauche. J'ai du me tromper dans mes calculs, une variable cachée a du m'échapper. Lorsque l'on intervient sur Internet sans pseudo, il faut bien assumer un an après, un an d'activisme buffétiste, avoir été bien plus royaliste que le roi. Et un peu naïf!

Ce désastre n'a pas manqué d'être exploité, sur le thème du "je l'avais bien dit" par ceux qui s'étaient élevés dès le congrès de mars 2006 contre une candidature communiste, qui avaient contribué à l'échec final des collectifs antilibéraux en activant un front "tout sauf MGB" qui s'appuyait sur la mégalo des groupuscules et des personnalités associés dans le collectif national,  tous persuadés d'avoir été les maîtres d'œuvre de la victoire du "non" au referundum du 29 mai 2005. Il est certain que la candidature MGB a souffert d'une double démobilisation, celle de l'aile gauche opposée à sa ligne idéologique non marxiste proche des refondateurs et celle de l'aile droite, refondatrice ou huiste, qui lui reprochait simplement d'afficher une ambition pour le parti. Le militantisme légitimiste des néophytes, les adhérents du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005, dont j'étais, n'a pas suffit. Enfin, nous nous croyions très malin, nous voulions le beurre (un candidat communiste) et l'argent du beurre (une candidature d'union avec des anticommunistes primaires genre Bové). Ça ne pouvais pas marcher. Jean Paul Sartre avait écrit "les anticommunistes sont des chiens", pas "les anticommunistes sont des cons".

A partir de ce moment là , deux interprétations : celle de la droite du parti qui considère que le désastre sanctionne la fin historique du communisme en France, et celle de la gauche qui l'impute à l'incapacité pour ne pas dire davantage du groupe dirigeant. Sur la première on ne peut dire que ceci : si on pense que le communisme c'est fini, on n'est plus légitime pour diriger ou influencer la direction d'un parti communiste, et on est prié d'aller voir ailleurs, et de fonder le PSU de ses rêves, pour voir si ça marcherait mieux. Les bovétistes radicaux l'ont fait, tout en gardant un pied dans le parti, pour conserver le bifteck, et ce n'est pas concluant. Et même s'il y avait un déclin "structurel" du PCF, ce constat n'expliquerait rien, ne signifierait ni que ce déclin est inéluctable ni que les idées communistes sont erronées, parce qu'on ne peut pas juger de leur pertinence simplement par le nombre de voix, et c'est manquer singulièrement d'éthique que de poser en axiome qu'on ne peut pas exister à contre courant des idées dominantes. A moins de devenir officiellement une pure et simple confrérie électorale dont le but est de maintenir en place les sortants ou les successeurs qu'ils se sont désignés.

Sur la deuxième interprétation, il faut noter avec tristesse que ce n'est certes pas celle de MGB qui a montré depuis une défaite qui est indubitablement aussi la sienne, une absence totale de tendance à l'autocritique. Sa campagne de communication désastreuse, son manque de crédibilité à la télévision, son comité de campagne folklorique, le choix d'effacement du parti ne sont pas remis en cause, et Marie George se rallie en catastrophe à la théorie de ceux qui ont saboté le lancement de campagne et qui l'ont affichée sur la une de Regard en "Judas". Peu de monde a remarqué dans le concert plus ou moins sincère d'indignation légitimiste qu'a provoqué ce photomontage (et concert inoffensif s'il en est, car Martelli et Autain gèrent toujours Regard, que je sache) qu'il signifie tout simplement que les refondateurs la considéraient jusque là comme une sœur apostolique dans le grand œuvre de la liquidation du parti. Qu'on se rassure, ils se sont maintenant réconciliés. Marie George a décrété à la télévision que les animateurs de la campagne Bové membres du PCF ne seraient pas sanctionné (et pourtant, les statut ne lui donnent pas du tout cet espèce de droit de grâce), et les colonnes de l'Huma sont toujours grandes ouvertes par Pierre Laurent à ce courant de fils prodigues du communisme en quête de "l'en-commun", et obstinément fermées à la critique de la direction et de la liquidation.

La gauche du PCF a regardé le groupe dirigeant s'empêtrer dans ses contradictions, mais n'a pas réagi énergiquement, en exigeant un congrès immédiat, dès le 22 avril. On m'a fait comprendre qu'il ne fallait pas s'attendre à ce que ça bouge avant les municipales. Donc Réveil Communiste s'est lancé dans une guérilla interne au long cours contre l'escamotage des responsabilités. Je ne pense pas que notre action ait été inutile. Nous avons fait campagne successivement, contre le double congrès illégal, qui a finalement été déclassé en réunion de sections, contre la liste d'Union avec Delanoé au premier tour  et l'alliance automatique avec les socialistes, contre la scandaleuse alliance Modem, contre la campagne de dénigrement de la Chine, contre le projet de "Links Partei" français, pour le renouvellement des directions, pour un parti "OM" contre un parti "PSG" (un parti ouvrier marxiste et non un parti socialiste de gauche). Le réseau ANR nous a beaucoup aidé et s'est montré très résolu et très efficace dans l'action contre le "double congrès" liquidateur, et dans la critique ad-hominem des liquidateurs, mais bien plus circonspect ensuite, au risque de produire à l'arrivée un compromis décevant qui reviendrait à reconduire l'équilibre actuel producteur d'impuissance politique, et qui rend largement inaudible notre parti.

Nous sommes entrés en relation graduellement avec les divers secteurs du parti qui se mobilisent contre la liquidation et notre préoccupation présente est l'unité et le renforcement du front antiliquidateur, qui doit élargir ses perspectives au renouvellement de la direction et des pratiques internes.

En mars 2008, notre parti a obtenu finalement plus de 9% des sufrages aux élections cantonales, sur un tiers du territoire (1200 cantons sur 4000), 1 200 000 voix. Potentiellement cinq fois le résultat en voix de MGB. Le plafonnement du pourcentage s'explique par les 20% de candidats en moins par rapport à 2001, essentiellement imputables au doute entretenu dans le parti sur son avenir. Les refondateurs ne cachent pas leur dépit, tandis que le noyau dur du groupe dirigeant, composé principalement de gens qui n'ont jamais été élus ailleurs que sur des listes socialistes tente de s'en approprier le mérite. Au contraire en Italie la politique de liquidation à chaud de Bertinotti vient de subir un échec, et le congrès qu'il avait suspendu dans l'intention de fusionner le PRC dans l'ensemble flou dit de la "Gauche Arc en Ciel" est finalement convoqué pour le mois de juin. Nous au PCF, on nous a fait lanterner le plus longtemps possible et le congrès qui devra en définitive donner son avis sur l'activité de la direction qui gère ce parti depuis 1994 aura lieu en décembre 2008. Le choc déstabilisateur du 22 avril aura été, espère-t-on atténué au maximum. Cela n'a pas eu que des inconvénients : le PCF n'a pas donné l'image de déchirements internes trop importants, ce qui a permis de limiter les dégats aux élections qui ont eu lieu depuis le 22 avril où il y avait beaucoup à perdre, et cela malgré l'hostilité de plus ne plus évidente de nos "alliés" socialistes.

Mais il ne faut pas que l'avertissement soit oublié, car tout indique que c'est le dernier.

Marie George Buffet, dont le positionnement varie de manière a rester au centre de gravité des clans qui composent le groupe dirigeant n'est en rien un pis aller pour le maintien du parti. C'est certainement le dirigeant actuel le plus habile à se maintenir en selle, et elle cherche à placer un "jeune", avec un candidat différent pour chaque option de compromis. Mais son incontestable capacité de manœuvre interne ne doit pas cacher son bilan externe désastreux. Sa campagne retardée par les cafouillages et les actions hostiles venant des collectifs, est lancée très tard, en janvier, sur un socle d'intentions de votes à 5 pour cent, et au fur et à mesure de ses interventions dans les médias, ce potentiel n'a pas cessé de baisser. La candidature Bové soutenue par une part des refondateurs n'a pas aidé mais n'a sans doute pas joué un grand role dissipateur.

Mais à une chose malheur est bon : si une candidature authentiquement communiste avait été proposée (et on disait à l'époque qu'Alain Bocquet voulait se lancer s'il n'y avait pas de candidat issu des rangs du parti), elle aurait fait mieux (Maxime Gremetz aurait même fait beaucoup mieux) mais même les 4% de Besancennot auraient été considérés comme un grave échec. Là, MGB a fait la démonstration, à son corps défendant, du caractère catastrophique et suicidaire des campagnes de style "postcommuniste" dont Bouge L'Europe avait été la première. A contrario la liste PCF pur jus des européennes avait dépassé 5% en 2004 sur un programme qui n'a laissé aucune trâce dans ma mémoire.

Ne nous laissons pas endormir : les conclusions de ces échecs ne sont pas encore tirées, ni de la stratégie décidée au congrès, due à Michel Laurent, ni de la campagne de Marie George, qui toute sympathique qu'elle soit ne convainc pas, qui n'est pas perçue comme un tribun crédible, mais plutôt comme une assistante sociale pleine de compassion (ce qui a suscité même la critique de Claire Villier, c'est dire si elle a forcé la dose), ni de l'échec des forums organisés pour esquiver la souveraineté des communistes, ni de l'échec des collectifs antilibéraux, et de la coalition hétéroclite de la "gauche du non " qui est si faible qu'elle n'a pas su empêcher que le referundum soit rayé d'un trait de plume le 4 février dernier. Le congrès doit être le moment de solder toutes ces traites impayées et aussi celui d'une vraie réorientation stratégique. Le groupe dirigeant et l'option idéologique post-communiste qu'il représente dans sa très grande majorité doit faire une cure d'opposition, où les opportunistes s'élimineront d'eux mêmes, et où les les éléments sincèrement convaincus de l'actualité du postcommunisme et du mouvementisme pourront améliorer leurs idées (et qui sait contribuer de manière positive à l'avenir du mouvement ouvrier, on n'ose l'espérer!). Nous ne pouvons plus être dirigés par des camarades qui ont fait campagne pour une liste unique avec Delanoë aux municipales comme si leur vie en dépendait, et qui viennent nous raconter aujourd'hui, comme Pierre Laurent en AG du XXème le 27 mai, qu'ils ont toujours dit qu'il fallait s'en méfier, et qu'il ne faut pas s'étonner qu'il se présente dans son nouveau livre comme un adepte du libéralisme.

Et seul un front puissant de l'opposition unie parviendra à ce résultat, un front où se retrouveront tous les communistes qui refusent l'abandon misérable de leur parti, de leurs idéaux, de leur histoire, et de leur avenir. Ce n'est pas le parti communiste qui est mort, ce qui n'a plus d'avenir, c'est la "gauche" libérale, véléitaire, impuissante, achetée, et nulle.

GQ, le 22 avril, complété le 29 mai 2008

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E
la génisse des carpettes?
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G
MP Vieu s'exclame dans l'Huma du 19 avril  : "je suis une fan de l'Union de la gauche". Tout un programme.
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