Officiel, on va avec le Modem a Dijon : pour un PCF de lutte des places!
23 Janvier 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce que dit la presse
Par Laure Bretton Reuters - il y a 59 minutes
DIJON, Côte d'Or (Reuters) - Dans les colonnes de La Gazette, l'hebdomadaire gratuit de Dijon, un coeur rouge surplombe deux photos d'identité : François Rebsamen à gauche, François Deseille à droite.
La composition de la liste ne sera annoncée que mi-février quand la campagne officielle débutera mais elle devrait aller du Parti communiste au centre, transformant la ville en laboratoire de la recomposition politique, au grand dam de l'aile gauche du PS et de l'UMP locale.
Des alliances semblables ont été conclues à Grasse (Alpes-Maritimes) ou à Roubaix (Nord) mais Dijon, l'une des rares grandes villes tombées dans l'escarcelle de la gauche en 2001, a valeur de symbole.
François Rebsamen, numéro deux du PS, a co-dirigé la campagne de Ségolène Royal, qui a rassemblé à Dijon, ville de 150.000 habitants, 47% des voix le 6 mai - son score national. Huit mois après l'échec de la "main tendue" à François Bayrou, il tente une sorte de deuxième tour de la présidentielle.
En mai, la candidate socialiste avait posé les jalons d'une gauche qu'elle voulait "arc-en-ciel", du vert écologiste au rouge socialiste en passant par l'orange, couleur fétiche de François Bayrou, qui a recueilli à Dijon près de 20% des voix, soit mieux que sa moyenne hexagonale.
"C'est dans la tête de beaucoup de gens ici : Dijon est un ballon d'essai" pour le dirigeant socialiste, assure Isabelle de Almeida, la dirigeante du PCF dijonnais.
"Avec ce genre d'alliance, il veut prouver qu'on peut battre la droite localement mais aussi au plan national (...) Son idée, c'est une grande fédération de la gauche", poursuit la conseillère municipale sortante.
Elle prépare une consultation des 170 adhérents locaux, pour ou contre la liste "Dijon Ensemble", qui serait synonyme d'une réduction du nombre de candidats communistes. Ils étaient cinq sur 55 en 2001 mais ne seraient plus que trois en mars prochain.
Le vote n'inquiète pas François Rebsamen. "On leur a fait le programme le plus à gauche qu'ils aient jamais connu à Dijon", s'amuse-t-il, mettant en avant, notamment, son bilan en matière de logement social (23% de construction en sept ans).
Si le MoDem l'a rejoint, c'est "le signe d'un bon bilan et d'une gestion reconnus par une large majorité", a-t-il dit à ses partisans mardi soir, essuyant quelques sifflets.
Les attaques les plus virulentes viennent de l'intérieur, de Razzy Hammadi, le secrétaire national du PS à la "riposte", qui l'accuse de "bafouer l'orientation stratégique" du parti ou de Laurent Fabius qui dénonce, sans le nommer, des "oeillades à la droite".
Serein, l'édile se défend d'avoir enfreint les règles édictées par la direction nationale du PS : selon lui, aucun accord n'a été passé de parti à parti, le projet et les alliés traditionnels sont respectés.
De plus, les alliances entre les deux tours, "c'est souvent plus douloureux", prévient-il, persuadé que le MoDem sera "très courtisé" par les socialistes après le 9 mars. "Cela coûte plus cher en places et surtout les revendications, il faut les avaler".
Localement, on accuse également François Rebsamen de pécher par vanité, pour remporter le scrutin dès le premier tour. "Est-ce qu'il n'aurait pas mieux valu une victoire en deux tours sans manoeuvre politicardes", s'interroge Florent, encarté à Dijon depuis cinq ans.
Dans les sections PS de la ville, "le débat a été virulent" mais les "chefs ont succombé au poids médiatique" de François Bayrou qui va "au gré du vent selon les villes", déplore-t-il.
"Convergences programmatiques", résume François Deseille pour expliquer le ralliement. Et de lister la maîtrise des finances publiques, la sécurité ou l'attractivité économique.
De plus, "ce n'est pas une liste clanique, partisane", ajoute le centriste, qui se dit fatigué des "luttes intestines" de la droite locale et rêve de sept places sur la liste "pluraliste".
François-Xavier Dugours, candidat de l'UMP, est effectivement sous la menace d'une liste dissidente à droite, menée par un conseiller municipal UMP.
A ses yeux, cette alliance PS/MoDem - un "mariage de la carpe et du lapin" - est tout simplement "dictée par Paris" pour "compenser" Bordeaux.
Puisque le MoDem s'est rallié à Alain Juppé en Gironde, "il leur fallait une ville symbole à gauche", déplore ce chef d'entreprise "en campagne depuis 2001", date à laquelle la ville a basculé à gauche pour la première fois depuis 1935.
En mars, il est certain que les électeurs sanctionneront ces "tactiques". Avant cela, il promet de leur rappeler que le MoDem a travaillé à la rédaction du projet de l'UMP jusqu'à début janvier.
Copié sur yahoo, GQ
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