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Réveil Communiste

Démocratie à Cuba et en Corée du Nord

27 Juin 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Cuba, #Corée, #GQ, #Qu'est-ce que la "gauche", #lutte contre l'impérialisme

élections à Cuba

élections à Cuba

Cuba et la RPD de Corée se revendiquent comme démocratiques.

Des objections apparaissent toutefois :

- Lincoln définissait la démocratie comme le système du gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, et en l'occurrence ces deux pays sont gouvernés non par le peuple tout entier mais par des partis uniques.

- Dans le monde actuel presque tous les parti politiques se prétendent démocratique (- sauf les Talibans et les Verts allemands ! ), alors pourquoi devrions-nous croire sur parole à ce propos les représentants du PCC ou du PTC ?

- Les élections dans ces pays sont des non-événements pour nous, bien qu'elles soient extrêmement préparées et commentées sur place, puisqu'il n'y a plus guère d'enjeu apparent au moment du scrutin, on sait d'avance qui sera élu.

- On dira aussi dans le même esprit que dans une démocratie prolétarienne il n'est pas licite de dire publiquement à tort ou à raison que cette démocratie n'en est pas une, et de se moquer de ses dirigeants, alors qu'il est parfaitement permis de le faire comme nous le faisons d'ailleurs en ce moment, dans une démocratie libérale, de marché, contrôlée par la bourgeoisie !

- Enfin, il y aurait de nombreuses personnes réprimées pour leur opposition politique dans ces pays, qui souvent ne revendiqueraient rien d'autre que le pluralisme, sans autre programme.

On va reprendre tout cela point par point. On ne doit pas les croire sur leur parole, mais sur leur action.

A vrai dire on aurait du mal à trouver un exemple de démocratie lincolnienne dans le monde réel. Ce n'est jamais le peuple assemblé ou ses représentants transparents qui gouvernent, mais une classe politique, qui dans les pays capitaliste est complètement contrôlée par les réseaux structurants de la bourgeoisie (y compris à gauche, à l'extrême-gauche, et à l'extrême-droite). Les gouvernements socialistes ne sont pas au service du peuple, alors de qui ? La théorie bourgeoise habituelle est qu'ils sont au service d'une clique de privilégiés. Il est clair que si des ambitieux et des profiteurs existent partout, leur influence et leur richesse dans les pays socialistes réellement existants est, et a toujours été tout simplement négligeable et ridicule comparée à celles procurées par la moindre organisation criminelle locale de New York ou de Marseille. Ils ne se développent pas en groupe social cohérent avec ses revendications politiques dans les pays socialistes, pas même dans ceux qui ont rétabli l'économie de marché, comme la Chine ou le Viet Nam, et ce phénomène n'est apparu qu'au moment des privatisations généralisées, quand le système socialiste fut trahi par ses propres cadres, comme en URSS de 1985 à 1991 et non sans une importante intervention étrangère.

Comme Gramsci le montre clairement dans ses Cahiers de Prison, les partis politiques divers qui se disputent le pouvoir chez nous en Occident sont des blocs politico-économiques structurés sur le contrôle de médias, qui veulent avancer leurs revendications séparées sur la richesse sociale, et non la condensation spontanée d'opinions populaires. 

Les élections dans les pays socialistes se produisent au terme d'un processus d'information et d'éducation populaire poussée, et de sélection démocratique à la base des candidats; ce sont des élections à plusieurs degrés ( assez comparables au système qui a permis l'élection des délégués aux États Généraux au début de la révolution française). Si la cooptation de cadres fiables et solides y est essentielle pour y constituer la haute direction, la communication de masse, la publicité, la corruption n'y jouent aucun rôle. On dira ce qu'on voudra mais aucun État socialiste ne peut se retrouver avec des dirigeants dangereux et incompétents comme Donald Trump ou Emmanuel Macron.

La liberté de ton de la critique et le droit à l'irrespect des dirigeants est un mauvais critère pour juger de la liberté réelle qui règne dans une société au niveau quotidien. Le rôle de la presse satirique est de tenir sous surveillance tous les politiciens publics avec son pouvoir de nuisance et à ménager tous les agents occultes. Elle les oblige au conformisme politique et économique, les contraint de calculer constamment leur image et finit par noyer toutes les questions dans des trivialités.

Quant aux opposants, la question est de savoir s'ils sont spontanément apparus ou s'ils sont payés par les forces qui travaillent à défendre, à  propager et à transformer le capitalisme partout, s'ils expriment une tendance réelle de la société ou une ingérence étrangère. La plupart de ceux dont on entend parler en Occident relèvent de la dernière catégorie, et bien loin de se limiter à la revendication d'élections-spectacle, veulent remplacer le socialisme par le libéralisme économique et la kleptocratie les plus effrénés. Une proportion considérable des candidats qui se présentent aux élections dans notre partie du monde, et dans le sud global est sponsorisée de l'extérieur, et elles sont complètement faussées par le rôle permanent des services secrets américains, britanniques, des ONG, des médias et des fondations qu'ils ont vérolé - y compris en France.

La plupart des récits délirants de répression féroce concernant la RPD de Corée sortent tout droit de l'imaginaire fertile des polygraphes des services occidentaux, et sont reproduits sans esprit critique dans les médias mainstream par racisme anti-asiatique décomplexé, et la plupart des prisonniers politiques mis en avant par les ONG sont des délinquants de droit commun qu'ils ont requalifié.

Sans doute la centralisation du débat le rend difficile et tend parfois à le déplacer vers l'expression en langage codé. Mais cela vaut mieux que sa prise de contrôle par les puissances financières et par l'intimidation diplomatique et militaire.

Quand il n'y aura plus d'ingérence ni de blocus on pourra faire des propositions pour améliorer la démocratie dans ces pays, si nécessaire. En attendant, envers et contre tout elle persiste. Les partis qui s'y trouvent au pouvoir travaillent exclusivement pour la patrie et pour le peuple, malgré un monde hostile. Et ce n'est manifestement pas le cas chez nous. Nous avons le nom, et ils ont la chose.

GQ, 16 juin 2026

 

 

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