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Réveil Communiste

Palabres communistes en Italie

21 Juillet 2025 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Communistes en Italie

Palabres communistes en Italie

La situation du mouvement communiste en Italie

 

L'heure est venue pour nous de faire le bilan du travail accompli ces dernières années, d'abord en collaboration avec Marx XXI, dont Fausto Sorini a été le promoteur, puis grâce aux contacts et aux discussions que nous avons pu avoir par la suite dans le milieu communiste à travers le Forum.

Alors, quelles conclusions pouvons-nous en tirer ?

Peut-on évaluer la façon dont les choses se sont passées et en tirer des jugements définitifs ?

Il est évident, du moins pour nous, qu'après un examen tel que celui qui a été mené concernant le milieu communiste, il n'est pas possible de mettre un terme à ce débat. Tout d'abord parce que le champ d'enquête a été nécessairement limité, ensuite parce qu'une partie importante de la sphère communiste conserve une vision individualiste; exprime son point de vue par des écrits et des prises de position qui ne font pas appel à un effort collectif pour construire des outils communs d'action politique et stratégique. C'est ce que l'on peut appeler le secteur opinioniste de la sphère communiste, un secteur assez large qui refuse toutefois d'aborder les questions spécifiques de l'organisation et du travail concret et qui a de plus  une annexe dans le monde des « chatteurs » qui expriment quotidiennement leur dégoût pour la société actuelle, mais se contentent de « likes ».

Cette façon de faire nous conduit donc à l'idée que nous sommes tous des communistes autoproclamés à observer une expérience, singulière  sans en apporter la preuve, comme étant la solution du problème communiste en Italie.

Dans ces conditions, nos conclusions ne peuvent être que des évaluations qui, plutôt que de clore une discussion, servent à maintenir ouvert le débat avec ces convives obstinés qui ne veulent pas tenir compte des données objectives et que nous avons invités à plusieurs reprises à entrer dans le vif du sujet des vérifications historiques.

Du côté de la diaspora, des expériences avortées comme dans le cas du parti communiste dirigé à l'époque par Marco Rizzo, malgré les proclamations de « renaissance communiste » de certains dissidents et malgré les appels à réfléchir et à discuter de l'expérience vécue, nous n'avons constaté aucune nouveauté, mais au contraire la persistance d'une pratique autoproclamatoire obstinée qui a été jugée suffisante pour rouvrir un véritable débat sur le communisme en Italie. Au final, la nouvelle « refondation » démarrée à quatre au départ  (les groupes constitutifs) s'est réduite à deux, enlisés dans leurs propres illusions, sans la moindre capacité d'initiative politique. D'autres groupes communistes de la diaspora se sont quant à eux repliés dans des cercles territoriaux, sans velléités partisanes, mais aussi sans effort pour sortir de leur coquille. L'autosuffisance est devenue l'horizon politique et l'on vit au jour le jour en attendant de choisir l'initiative de rue à laquelle adhérer.

Pour en revenir à nos considérations initiales, c'est-à-dire à l'évaluation de l'expérience avec Marx XXI, où nous avons réalisé, dans ce cas, que lorsque l'on tentait d'amener la discussion sur le que faire ? en tant que communistes, on confirmait la tradition des groupes de travail nés sur des bases intellectuelles consacrées à l'information et au commentaire des textes, mais évasifs sur la question centrale : être communiste pour quoi faire ?

Nous avons donc pu constater que nous sommes encore plongés dans une sorte de bouillon primaire où les éléments épars doivent de nouveau trouver un point de synthèse qui corresponde au développement réel d'une véritable hypothèse communiste.

Dans ce contexte, la relation avec la seule structure communiste ayant un caractère de parti, le PCI, avec lequel nous avons entamé un dialogue que nous espérons fructueux pour tous, reste ouverte. Il ne s'agit pas du dialogue classique entre organisations, le Forum n'étant pas une organisation. Au contraire, il convient de souligner que le problème qui se pose n'est pas de recomposer différents, éléments, c'est-à-dire la fameuse « unité des communistes » qui n'a jamais existé; nous devons être capables d'apporter une réponse adéquate et vérifiée de sa réalité sur le plan de l'organisation, de son projet politique et sa stratégie.

De quoi s'agit-il concrètement ?

Il s'agit de mettre en évidence, sur la base des expériences et des vérifications effectuées, certains points pour faire avancer le développement du mouvement communiste en Italie et sur lesquels, en discutant, il faudra parvenir à un accord sur la manière d'opérer dans cette phase.

Le premier élément concerne donc  l'affirmation, dans la culture des communistes, de l'axe historique et théorique sur lequel doit se faire la reconstruction du parti communiste en Italie. Nous devons préciser que le PCI n'est pas né sur la base des thèses léniniennes d'avril, mais d'un parcours qui, depuis l'Ordine Nuovo, au congrès de Lyon en 1926, à l'organisation de la clandestinité et de la résistance armée, jusqu'au tournant de Salerne et à la lutte contre la restauration après 1947, a donné force et dignité aux communistes italiens en traçant un parcours historique concret. La spécificité de ce parcours, qui représente le fil rouge reliant le passé et le présent et qui doit donner sa caractéristique culturelle et idéologique à la reprise, devra donc être claire.

Ce choix doit également être le point de démarcation avec les différents « communismes » qui se sont reproduits avec la crise et la dissolution du PCI et avec l'expérience ratée de Rifondazione comunista. Ce travail de clarification est d'autant plus nécessaire qu'en l'absence d'une orientation culturelle solide, dans le magma des antagonistes réels ou présumés du système, se sont affirmées des positions qui n'ont que peu ou rien en commun avec les communistes.

Face à ces positions, ce n'est pas le sectarisme qui doit prévaloir, mais la distinction nécessaire entre une position communiste solide et un antagonisme sans base théorique ni perspective stratégique. C'est précisément ce qui prévaut aujourd'hui et qui démontre, hélas, la faiblesse des communistes à s'y opposer.

Comment construire cette transition ?

Comment lancer une discussion ouverte dans le milieu communiste où la militance et la conscience stratégique doivent devenir la conscience non pas de petits groupes, mais d'avant-gardes politiques consistantes et reconnues ?

Quelles sont les raisons objectives et subjectives de ces retards ?

C'est à partir de ces questionnements qu'il faut partir pour concevoir, dans un dialogue entre communistes, un vaste travail de clarification qui unifie les tendances et clarifie les grands malentendus qui se sont accumulés autour du mot communiste.

La deuxième grande question qui accompagne le débat dans le camp communiste concerne le mouvement politique de masse et la relation entre le parti et les travailleurs.

Le projet de développement du mouvement communiste en Italie ne peut avancer sans défaire le nœud de la rupture historique entre communistes et travailleurs qui s'est produite dans les années 80 du siècle dernier. L'action des communistes n'a pas encore permis de rétablir cette relation et, même si nous sommes conscients que les événements historiques liés à la crise du mouvement communiste en Italie comme en Europe pèsent encore comme un fardeau, il faut éviter de remplacer l'action politique qui tendrait à changer la perte d'influence récurrente par des icônes.

C'est en exprimant très clairement ces problèmes que nous voulons discuter avec le PCI dirigé par Mauro Alboresi, lors de la rencontre prévue le 23 juillet.

 

Pour le Bureau de correspondance du Forum italien des communistes

Ennio Gori

 

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