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Réveil Communiste

L'entretien de Staline avec H.G Wells (1934)

7 Février 2016 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique

Entretiens caricaturés comme il se doit par la presse bourgeoise de l'époque !
Entretiens caricaturés comme il se doit par la presse bourgeoise de l'époque !

Envoyé sur FB par L'Égalité ou la Mort, illustration d'un dialogue entre la voie révolutionnaire matérialiste et l'utopie réformiste :

http://www.communisme-bolchevisme.net/…/Staline_Entretien_a…

Wells. — Je suis de près la propagande communiste en Occident, et il me semble que cette propagande, dans les conditions actuelles, agit de façon très démodée, car elle est la propagande d'actes de violence. Cette propagande du renversement par la violence du régime social, était de mise alors qu'il s'agissait de la domination sans partage de telle ou telle tyrannie. Mais dans les conditions actuelles, alors que le système dominant croule de toutes façons et se décompose de lui-même, il faudrait porter l'accent non pas sur l'insurrection, mais sur l'efficacité, sur la compétence, sur la productivité. La note insurrectionnelle me paraît vieillie. De l'avis des hommes à la manière de pensée constructive, la propagande communiste en Occident constitue un obstacle.

Staline. — Evidemment, le vieux système croule, se décompose. C'est exact. Mais il est également exact que de nouveaux efforts sont faits pour défendre, pour sauver ce système en perdition, par d'autres méthodes, par tous les moyens. D'une constatation juste vous tirez une déduction erronée. Vous constatez avec raison que le vieux monde croule. Mais vous avez tort lorsque vous pensez qu'il croule de lui-même. Non, le remplacement d'un ordre social par un autre ordre social est un processus révolutionnaire complexe et de longue haleine. Ce n'est pas simplement un processus spontané ; c'est une lutte, c'est un processus qui implique la collision des classes. Le capitalisme est pourri, mais on ne saurait le comparer simplement à un arbre qui pourrit au point qu'il doit de lui-même tomber par terre. Non, la révolution, le remplacement d'un régime social par un autre, a toujours été une lutte, une lutte douloureuse et atroce, une lutte à mort. Et chaque fois que les hommes du monde nouveau arrivaient au pouvoir, il leur a fallu se défendre contre les tentatives du vieux monde pour ramener par la force l'ancien ordre de choses ; les hommes du nouveau monde, eux, ont toujours dû se tenir sur leurs gardes, être prêts à riposter aux attentats du vieux monde contre l'ordre nouveau.

Oui, vous avez raison, quand vous dites que le vieil ordre social croule, mais il ne s'écroulera pas de lui-même. Par exemple, à ne prendre que le fascisme. Le fascisme est une force réactionnaire qui tente de maintenir le vieux monde par la violence. Qu'allez-vous faire des fascistes ? Leur faire entendre raison ? Les convaincre ? Mais cela n'agira sur eux d'aucune manière. Les communistes n'idéalisent pas du tout la méthode de la violence. Mais les communistes ne veulent pas, eux, se trouver pris au dépourvu, ils ne peuvent compter que le vieux monde quittera de lui-même la scène ; ils voient que le vieux régime se défend par la force, et c'est pourquoi les communistes disent à la classe ouvrière : préparez-vous à répondre à la force par la force, faites tout pour que le vieux régime périssant ne vous écrase pas, ne lui permettez pas de mettre les fers à ces mains avec lesquelles vous renverserez ce régime. Comme vous voyez, le processus de remplacement d'un ordre social par un autre n'est pas pour les communistes un processus simplement spontané et pacifique, mais un processus compliqué, durable et violent. Les communistes ne peuvent pas ne pas compter avec les faits.

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