Syrie : Qui bombarde qui et pourquoi ?
9 Octobre 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Impérialisme
lus sur PCF bassin, origine Rouge Midi
jeudi 8 octobre 2015
par la_peniche
C’est un véritable déluge de fer et de feu qui s’abat sur la Syrie (et l’on s’étonne que les gens fuient ce pays martyrisé !). Pour des raisons politiciennes intérieures, les turques font semblant de pilonner DAESH, mais en fait s’attaquent aux kurdes qui justement résistent à DAESH. Les américains et les français bombardent sans doute quelqu’un mais certainement pas les groupes djiadistes armés par l’Arabie Saoudite et les Émirats du golfe. À ce qu’ils disent, les russes arrosent les positions ennemies de Bachar el Assad. Mais qui est l’allié de qui ?
Alors que DAESH est reconnu par tout le monde comme l’ennemi n°1, pourquoi n’existe t-il pas d’alliance entre tous ?
Parce que tout le monde n’a pas le même objectif. Les occidentaux, avec l’appui des dictatures du golfe veulent la même chose qu’en Libye, c’est à dire le chaos pour être à même de dicter leurs propres conditions politico-économiques. La Russie exprime certainement ainsi son objection aux interventions militaires unilatérales de l’Occident – et des États-Unis en particulier – dans des pays souverains, avec pour objectif de provoquer un « changement de régime » (l’affaire de la Libye leur est restée en travers de la gorge).
Depuis les mouvements populaires dits du printemps arabe, en Syrie tout a été fait par les occidentaux pour brouiller les cartes. En utilisant toujours le même système, comme en Ukraine : au départ des manifestations contestant légitimement un régime corrompu et dictatorial, puis vient les agressions « téléguidée de l’extérieur ou non » de groupes d’extrême droite ou de salafistes purs et durs (c’est la même chose) qui justifient alors l’intervention des occidentaux.
C’est ainsi que la « non-ingérence » dans les affaires intérieures des États et des peuples, disposition centrale de la Charte des Nations unies, devient son contraire avec l’ingérence dite « humanitaire » et le « devoir de protéger » les peuples contre leur propre État.
Mais qui décide de ce qui est bon pour un peuple, sinon le peuple lui même ?
« En Syrie et en Irak, le gouvernement Hollande s’associe - sans le moindre débat parlementaire - à la coalition montée par Washington, soi-disant pour en finir avec l’ État Islamique. En réalité, cet « État » de bouchers et de tortionnaires est une créature monstrueuse des politiques impérialistes qui ont poussé à la guerre civile en Syrie en prenant appui sur les pétromonarchies féodales et intégristes du Golfe persique. Le but réel des impérialistes n’est pas de restaurer, mais de liquider totalement les États irakien et syrien comme on l’a déjà vu en Libye, où sous prétexte de protéger les populations civiles, la coalition franco-anglo-américaine a détruit l’ État existant en laissant le terrain aux mafieux et aux intégristes... ».
Et pendant ce temps ... les affaires continuent.
« Daesh et les autres groupes criminels fanatiques menacent la paix du monde. L’objectif principal doit être leur destruction, c’est l’ennemi principal en Syrie, ce n’est pas Bachar el-Assad, même si ce dernier est un dictateur criminel. L’enjeu n’est pas la survie du gouvernement syrien mais celui de la Syrie elle-même. Vouloir détruire le gouvernement syrien, objectif de la coalition occidentale, provoquerait le même chaos déjà observé dans des pays comme l’Irak ou la Libye. C’est ce qu’il faut admettre, car les groupes criminels fanatiques contrôlent 60% de la Syrie, et sur le terrain seule l’armée syrienne est au combat avec les Kurdes du PKK et les unités de défense YPG. »
« La période que nous vivons est désormais celle du passage de ce monde unipolaire sous domination occidentale, à un monde multipolaire dans lequel s’affirment des coopérations internationales (BRICS, ALBA…) qui contestent cette domination. Ce sont deux visions du monde qui, en réalité, s’opposent.
Du côté occidental c’est la défense d’un universalisme artificiel et arrogant, réduit au capitalisme et à la démocratie libérale ; du côté des autres forces c’est la défense de la nation souveraine et de ses choix politiques et économiques, le capitalisme, par exemple, n’étant pas une valeur universelle mais typiquement occidentale. Vladimir Poutine a été appuyé par le dirigeant chinois Xi Jinping qui a affirmé le besoin d’une « nouvelle charte des Nations unies » afin de bâtir des « partenariats d’égaux à égaux » et de respecter la « souveraineté ». C’est en effet le nouvel ordre mondial qui reste à construire pour dépasser celui mis en place, avec l’ONU, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Le dirigeant iranien Hassan Rohani est allé dans le même sens.
Ce sont les interventions occidentales qui sont à la racine de la crise au Moyen-Orient. L’Occident ne peut pas s’arroger le droit d’intervenir au Moyen-Orient musulman comme si les croisades n’étaient toujours pas finies.
Plus que jamais il faut imposer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à coopérer à égalité, refuser les aventures impérialistes en Afrique, au Proche-Orient et en Europe orientale, s’ opposer à la mise en place d’ un Empire euro-atlantique menaçant la paix mondiale, exiger que les sommes énormes dilapidées dans les guerres impérialistes soient utilisées pour l’ emploi, le pouvoir d’ achat populaire, le logement social, les services publics, la Sécu, les retraites, etc.
Reprenons en main notre souveraineté afin de faire respecter celle des autres !
La_peniche
Avec l’aide de la POLEX et du M’PEP.
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
Le blog reproduit des documents pertinents, cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu.
Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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