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Réveil Communiste

"Ni soutenir, ni s'opposer", dans les débats dont le front est perpendiculaire à celui de la lutte des classes

3 Août 2018 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Répression, #lutte contre l'impérialisme, #Ce que dit la presse, #GQ, #classe ouvrière

Trancher le nœud gordien

Ci dessus , le nœud gordien

L'analyse qui semble faire consensus entre militants communistes et révolutionnaires serait que la bourgeoisie utilise le racisme et le nationalisme pour diviser les travailleurs, comme elle le faisait pendant les années 1930.

C'est exact, sauf que la bourgeoisie au lieu de s'aligner majoritairement sur le fascisme comme elle le faisait à l'époque revêt aujourd'hui le costume de l'antiracisme et de l'universalisme.

Elle crée des situations économiques, sociales, militaires, idéologiques, qui font que les idées xénophobes, racistes, islamophobes, antisémites, surgissent dans le prolétariat, et présente ensuite le règne éternel de la bourgeoisie comme celui des droits de l'homme, de la démocratie, de la tolérance, etc., son règne comme la garantie que ces idées condamnées par l'histoire ne prévaudront pas.

Du coup les militants révolutionnaires se retrouvent en porte à faux vis à vis du prolétariat puisqu'ils se mettent à défendre avec des trémolos dans la voix un même discours que le discours officiel de la bourgeoisie: droits de l'homme, droit des minorités et bons sentiments pour tout le monde. Certains se laissent ensuite piéger et finissent par adhérer complètement à l'impérialisme, comme ceux qui appelaient à l'ingérence impérialiste en Syrie, au secours d'une révolution imaginaire (le NPA pour ne pas le nommer).

Peut-être devrait-on se poser la question : pourquoi les prolétaires sont-ils de plus en plus hostiles au discours des droits de l'homme (y compris les prolétaires relevant d'une minorité) ? Ne serait-ce pas parce qu'ils y reconnaissent le langage des Tartuffe de la bourgeoisie? Dont un nombre non négligeable est infiltré dans les rangs multiples et pluriels de la "gauche de la gauche", sempiternelle figurante des élections, des deux cotés de l'Atlantique? Dont le radicalisme verbal parfois hystérique n'est que confort moral, narcissisme, et tentative de "distinction" du vulgaire? ou au mieux opportunisme à un stade juvénile?

Il nous faudrait trouver un style d'intervention qui évite d'entrer dans ces impasses, et se doter de règles simples : sauf si absolument nécessaire pour ne pas disparaitre dans le bruit de fond des trivialités de l'actualité, ne pas communiquer sur des causes morales qui pourraient être assumées par n'importe quelle personne de bonne volonté parmi nos adversaires. Ne jamais doter de contenu politique les questions culturelles, ou de mœurs, perpendiculaires à la ligne de la lutte des classes. Ne pas défendre, et ne pas non plus attaquer ces "bonnes causes".

S'abstenir de faire redondance avec le spectacle idéologique. Faire preuve de prudence dans l'évaluation des droits des parties engagées dans des conflits religieux, nationaux et ethniques à l'étranger quand on ne connait pas bien la situation, ce qui est le cas général vu l'information non fiable dont on dispose. Éviter le ton de donneur de leçon de démocratie. Éviter d'enfoncer des portes ouvertes, de réclamer des droits qui existent déjà, et dont la défense redondante ne résoudra aucun problème social. Éviter la participation à des événements festifs organisés par des médias ennemis au service de causes consensuelles ou déjà très bien desservies.

Éviter d’apparaître dans les médias pour, en définitive, ne rien dire d'autre que ceux qui s'y montrent en permanence.

Sur les revendications "sociétales", la règle à suivre est de "ni soutenir ni s'opposer", pour revenir obstinément sur les terrains de la lutte des classes et de la lutte contre l'impérialisme.

Lorsqu'une cause est abondamment publicisée et valorisée par les médias dominants, éviter de s'y rallier automatiquement. Lorsqu'un personnage public est diabolisé, sans forcément prendre sa défense, se poser la question du pourquoi. Il peut s'agir d'une personnalité qui se met en travers de la marche de l'impérialisme pour ses propres raisons (Poutine), ou d'une fausse opposition dont le but est de discréditer et de marginaliser l'opposition véritable au capitalisme (Marine Le Pen), les deux cas devant être correctement analysés et distingués.

Se poser toujours la question : qui sont ceux que le capitalisme et l'impérialisme combattent vraiment? c'est à dire ceux qui les combattent vraiment ?

GQ 29/7/2016 (première version)

Deux réponses : http://www.reveilcommuniste.fr/2016/07/ideologie-et-lutte-des-classes-aujourd-hui-contribution-a-la-discussion.html

http://www.reveilcommuniste.fr/2016/08/ideologie-et-lutte-des-classes-aujourd-hui-comment-se-demarquer-du-discours-ethique-de-la-bourgeoisie.html

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Imbert Olivier 03/08/2018 14:52

Je suis un peu en désaccord avec l'aspect ne pas s'opposer ou dénoncer les bons sentiments et le droit de l'hommisme, du moins en raison der l'indistinction des style d'intervention dans "la guerre idéologique" comme le disait le PCF dans les années 1979-1989; car je suis pour des interventions dans les luttes de classes dans l'idéologie et donc la philosophie et les théories sociales et historiques. Mais il me semble en effet que les politiques médiatisés de masse et donc populaire, eux, ne s'y épuisent pas et ne rendent pas nécessairement "polémique" ou" guerrier" contre les bons sentiments moraux, mais en tous les cas que leurs bottés en touche (ironie, humour et dénoncer l'hypocrisie des pouvoirs),sur les "universaux ou transcendantaux" de la bourgeoisie actuelle ne soient pas en contradiction avec la dénonciation intellectuelle. Cette activité propre à ce "groupe d'intellectuels" doit, elle, dénoncer le moralisme ou l'éthicité et progressisme sur les moeurs, qui, en et pour soi, est bourgeoise et alliés communautaires. Idéologie bourgeoise se situant dans le moment de la promotion de la servitude volontaire des masses, masses elles en opposition et abstention ou indifférence aux baratins; et donc cela disons concerne tout ce qui se dit d'assez banal sous l'expression: "violence symbolique". Ce moment idéologique contribue à faire l'opinion ou l'idéologie et les revirements ou déclinaisons de l'hégémonie et de ses dominées nécessaires au consensus fluctuant et variable quand ce n'est pas qu'éphémère!