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Réveil Communiste

Que faire quand antifascisme, antiracisme et discours des droits de l'homme sont détournés en langage de classe?

2 Novembre 2016 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Répression, #lutte contre l'impérialisme, #Ce que dit la presse, #GQ, #classe ouvrière

Trancher le nœud gordien

En réaction à une discussion initiée sur le net par Gilbert Rémond :

L'analyse qui fait consensus entre militants communistes et révolutionnaires semble être que la bourgeoisie utilise le racisme et le nationalisme pour diviser les travailleurs, comme elle le faisait pendant les années 1930.

C'est exact, sauf que le bourgeoisie au lieu de s'aligner majoritairement sur le fascisme revêt aujourd'hui le costume de l'antiracisme et de l'universalisme.

Elle crée des situations économiques, sociales, militaires, idéologiques, qui font que les idées xénophobes, racistes, islamophobes, antisémites, surgissent dans le prolétariat, et présente ensuite le règne éternel de la bourgeoisie comme celui des droits de l'homme, de la démocratie, de la tolérance, etc., son règne comme la garantie que ces idées discréditées par l'histoire ne prévaudront pas.

Du coup les militants révolutionnaires se retrouvent en porte à faux vis à vis du prolétariat puisqu'ils se mettent à défendre un ton au dessus un même discours que le discours officiel de la bourgeoisie: droits de l'homme, minorités et bons sentiments. Certains se laissent ensuite piéger et finissent par adhérer complètement à l'impérialisme, comme ceux qui appelaient à l'ingérence impérialiste en Syrie, au secours d'une révolution imaginaire.

Peut être devrait-on se poser la question : pourquoi les prolétaires sont-ils de plus en plus hostiles au discours des droits de l'homme (y compris les prolétaires relevant d'une minorité) ? Ne serait-ce pas parce qu'ils y reconnaissent le langage des Tartuffe de la bourgeoisie? Dont un nombre non négligeable est infiltré dans les rangs multiples et pluriels de la "gauche de la gauche", sempiternelle figurante des farces électorales, des deux cotés de l'Atlantique? Dont le radicalisme verbal parfois hystérique n'est que confort moral, narcissisme, et tentative de "distinction" du vulgaire? ou au mieux un opportunisme juvénile?

Il nous faudrait trouver un style d'intervention qui évite d'entrer dans cette impasse, et se doter de règles simples : sauf si absolument nécessaire pour ne pas disparaitre dans le bruit de fond des trivialités de l'actualité, ne pas communiquer sur une cause morale qui pourrait être assumée par n'importe quelle personne de bonne volonté. Ne jamais doter de contenu politique les questions culturelles, ou de mœurs, perpendiculaires à la ligne de la lutte des classes. S'abstenir de faire redondance avec le spectacle idéologique. Faire preuve de prudence dans l'évaluation des partis des conflits religieux, nationaux et ethniques quand on ne connait pas bien la situation, ce qui est le cas général vu l'information non fiable dont on dispose. Éviter le ton de donneur de leçon de démocratie. Éviter d'enfoncer des portes ouvertes, de réclamer des droits qui existent déjà, et qui bien entendu ne résoudront aucun problème social. Éviter la participation à des événements festifs organisés par des médias ennemis au service de causes consensuelles ou déjà très bien desservies. Éviter d’apparaître dans les médias pour, en définitive, ne rien dire de plus que ceux qui s'y montrent en permanence.

Sur les revendications "sociétales", les bonnes règles à suivre sont de ni les soutenir ni s'y opposer, pour revenir obstinément sur les terrains de la lutte des classes et de la lutte contre l'impérialisme. Lorsqu'une cause est abondamment publicisée et valorisée par les médias dominants, éviter de s'y rallier automatiquement. Lorsqu'un personnage public est diabolisé, sans forcément prendre sa défense, se poser la question du pourquoi. Il peut s'agir d'une personnalité qui se met en travers de la marche de l'impérialisme pour ses propres raisons (Poutine), ou d'une fausse opposition dont le but est de discréditer et de marginaliser l'opposition véritable au capitalisme (Marine Le Pen), les deux cas devant être correctement analysés et distingués.

Se poser toujours la question : qui sont ceux que le capitalisme et l'impérialisme combattent vraiment?

GQ 29/7/2016 Publié sous le titre "questions aux militants révolutionnaires et ouvriers"

Deux réponses : http://www.reveilcommuniste.fr/2016/07/ideologie-et-lutte-des-classes-aujourd-hui-contribution-a-la-discussion.html

http://www.reveilcommuniste.fr/2016/08/ideologie-et-lutte-des-classes-aujourd-hui-comment-se-demarquer-du-discours-ethique-de-la-bourgeoisie.html

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