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Réveil Communiste

Immigration et communistes : pièce au débat

14 Août 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ

Comme je l’ai écrit dans la page :Les communistes et l'immigration : quels principes adopter? les communistes peuvent parfaitement défendre un programme demandant la limitation ou l’arrêt de l’immigration, sans pour autant devoir être stigmatisés comme racistes. Mais pour ceux qui ne comprendraient pas bien, voici explicitement la différence entre une politique restrictive de l’immigration émanant de l’extrême droite, et une politique émanant des communistes.


L'extrême droite veut non pas arrêter l’afflux d’immigrant, mais chasser ou persécuter les immigrants déjà installés et leurs enfants et descendants. Peu lui importe le fait que l’immigration au départ soit une politique destinée à comprimer les salaires par la concurrence entre exploités, car elle pense parvenir au même résultat par la simple force de la répression, dont elle est fétichiste. Pour elle il n’est pas question d’ajouter à la nation française d’autres membres que ceux qui descendent directement des autochtones déjà présents avant 1789.

 

En fait elle veut détruire la nation française réelle, fondée en 1789 pour revenir à la nation monarchique qui l’a précédée. Des guerres de la Révolution à la Commune et à la seconde guerre mondiale elle est le parti de l’étranger.  Même si certains néonazis sont obsédés par la purification de la soi-disant race blanche, son but réel est la création d’un prolétariat discriminé et d’une société d’apartheid. Si elle avait réalisé son rêve de garder l’Algérie, il y aurait maintenant 35 millions de citoyens de seconde zone en France qui ne disposeraient peut être même pas du droit de vote.

 

Les communistes doivent quant à eux défendre la politique d’immigration qui permette l’intégration la meilleure des immigrés déjà présents et de leurs descendant à la nation française, et plus précisément concernant les ouvriers qui sont largement majoritaires dans l’immigration à la classe ouvrière française ce qui ne peut se faire que dans la lutte commune et les syndicats de lutte des classes.

 

Ralentir ou faire cesser l’immigration peut être nécessaire pour améliorer l’intégration. Une mauvaise intégration massive, avec son corolaire de pauvreté, d’échec scolaire, de chômage condamne une part importante des immigrés à devenir un nouveau lumpenprolétariat sans espoir, qui remplit les prisons et nourrit les réactions de racisme ordinaire de la majorité. Les communistes dignes de ce nom devraient s’opposer absolument à la théorie libérale de l’immigration qui considère la nation comme dépassée dans l’ensemble euro-atlantique, et donc l’intégration inutile. Enfin des immigrés explicitement antifrançais faisant obstacle à l’intégration de leurs compatriotes ou coreligionnaires n’ont évidemment pas leur place dans ce pays.

 

Contrairement à l’extrême droite, les communistes ne mettent pas de limite à l’accueil de réfugiés politiques, ne remettent pas en cause les naturalisations, se proposent au contraire de les faciliter, et refusent l’expulsion de mineurs scolarisés qui sont culturellement français de facto.

 

Dans l’application d’une politique restrictive de l’immigration, la droite et l’extrême droite proposent essentiellement des pratiques de discrimination et de harcèlement des immigrés, fondamentalement racistes. Les communistes frapperont les employeurs de main d'œuvre étrangère illégale, nouveaux négriers qui bénéficient parfois de singulières complaisances dans la gauche bobo. Ils lanceront des politiques de codéveloppement avec les pays d'origine des migrants.

 

Les communistes n’ont pas de préjugés contre l’islam français. Ils refusent le communautarisme musulman qui enferme les immigrés dans un ghetto mental et renforce le racisme de part et d’autres. Ils refusent de la même manière de cautionner les communautarismes juifs, chrétiens, nationaux et régionaux ou fondés sur l’orientation sexuelle.

 

Il faut remarquer qu’à part la plupart des gauchistes, les ultralibéraux cohérents avec leurs idées, et quelques « refondateurs » du PCF particulièrement idiots ou particulièrement hypocrites, personne ne défend la liberté de l’immigration, et donc tous (gauche bobo comprise) doivent aussi assumer la nécessité de procéder à des expulsions. Ce qui doit cesser, c’est leur usage à fin électorale, ainsi que l'ignoble pratique des objectifs chiffrés.

 

En fin de compte, la différence est entre le pseudo-nationalisme raciste prompt à la trahison et le patriotisme, entre Vichy et la Résistance de l’Affiche Rouge. Les politiques libérales d’immigration, fondées sur la dissolution progressive des nations qu’exige la bourgeoisie transatlantique, développent dialectiquement une opposition légitime, mais tout est fait, en particulier par la promotion médiatique, pour que la colère des masses soit récupérée et stérilisée à l’extrême droite et que leurs revendications soient diabolisées.

 

Le piège est grossier. Si certains militants de gauche et d’extrême gauche semblent si prompts à y donner, c’est sans doute qu’inconsciemment ils se sont éloignés de la classe ouvrière, et qu’ils la méprisent et la craignent "comme le péché".

 

GQ, 13 août 2011

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sam 82 17/08/2011 18:55



je pense qu'il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre . je suis en accord avec le contenu de ce texte qui explique entre autres la différence entre une politique de l'immigration
de la droite ,et droite extrême , et une orientation politique de l'immigration qui pourrait être mise en pratique par les communistes . donc ne simplifions pas les choses , un travailleur
immigré qui travaille en France fait parti de la classe ouvrière , au même titre qu'un travailleur français . quand a l'unité de cette classe ouvrière , je me répète , c'est avant tout la
conscience de classe déterminera l'unité , unité sur un contenu syndical et politique de classe ,évidemment , je ne suis pas de ceux qui gueulent dans les manifs , unité ,unité , ou tous ensemble
, tous ensemble comme des perroquets . a partir de là je ne vois pas ce que vient faire le trie la dedans . qui parle de négocier avec Guéant ? je ne vois pas en quoi le texte , parce que nous
parlons du texte , refléterait un comportement de maquignon . petite précision je ne suis pas de gauche , je suis communiste , j'ai été adhérent et militant longtemps au PCF , je n'y suis plus ,
suis pas gauchiste pour autant loin de la . pour en terminer , non dans le texte rien ne me choque , en quoi faudrait-il être coqué ? vois pas . sam 82 .      



Xuan 16/08/2011 21:37



Je ne parle pas des sous-traitants pour enfoncer des portes ouvertes, mais pour montrer qu’il n’y a pas de différence de nature avec l’immigration. Et vu ton expérience on devrait pouvoir
parler le même langage.


C’est exact que beaucoup reste à faire pour l’unité et l’organisation syndicale des immigrés (comme de tous les précaires). Alors commençons par éviter de réclamer des quotas
d’immigration, ça simplifiera les choses. Comment peut-on parler d’unité de la classe ouvrière et commencer à trier ?


Dans tous les cas ce sont les actes qui comptent. Un quota reste un quota et on peut toujours l’habiller avec des prétextes « de gauche », ça n’y change rien. Tu te vois négocier
avec Guéant 10% ou 20% d’immigrés ? Il n’y a rien qui te choque là ?


Tu ne vois pas que c'est un comportement de maquignon ?


Quand je pense à tous les collègues de toutes les nationalités que j’ai côtoyés à l’usine et au chantier, vraiment ça me donne la nausée.



sam 82 16/08/2011 18:10



en activité j'ai été assez longtemps délégué CGT , nous avons été confrontés aux problèmes de sous traitance , qui sois dit en passant fait parti également de la panoplie de l'exploitation
capitaliste , souvent intimement lié a l'immigration . la sous traitance étant dans bien des cas le paravent de la délocalisation . nous n'avons jamais considéré les travailleurs chez les sous
traitants comme étranger a l'entreprise , nous nous battions même pour leur embauche . donc inutile d'enfoncer des portes ouvertes . quand au profit capitaliste condition de l'unité de la classe
ouvrière oui théoriquement c'est vrai . mais n'oublions pas la pratique politique c'est quand même la conscience de l’appartenance a la classe ouvrière , et de son exploitation qui reste
déterminant quand a son unité , c'est loin d’être le cas pour le moment , beaucoup reste a faire . y compris pour les travailleurs immigrés . la bourgeoisie n'aurait pas besoin de compter sur le
FN pour perpétuer le système , nous serions sa roue de secours en restituant l'immigration dans le contexte de la lutte des classes . c'est vrai que par les temps qui courent il y a pas mal de
donneurs de leçons a gauche ainsi qu'a l’extrême gauche qui ont l'habitude de l'incantation a la révolution , peut être pour se donner bonne conscience , on peut être en droit  d'ailleurs de
se demander si dans le fond d'eux même ils la souhaite ? j'en connait même qui pour ne pas (atteindre le fond du corporatisme ,et du chauvinisme ) ont soutenu ou soutiennent les délocalisations .
c'est pour dire ! comme quoi la bourgeoisie a pu déjà compter par le passé sur ces révolutionnaires de salon , pour perpétuer le système , et aujourd’hui encore ils sont en capacité de sauver le
capitalisme et l'immigration dans le même temps , l'honneur sera sauf .  sam 82 .            



Xuan 15/08/2011 21:13



Prenons le cas d’un « immigré » de province qui vient travailler à Paris dans les années 50.


Prenons le cas d’un « immigré » employé dans une société de sous-traitance et venant effectuer les mêmes tâches que le salarié de l’entreprise utilisatrice (c’est interdit mais ça se
pratique aussi couramment qu’au temps de la régie).


Dans les deux cas notre objectif n’est pas de les considérer comme des étrangers à l’entreprise au prétexte qu’ils font baisser le coût de la main d’œuvre, qu’ils n’ont pas le même statut ou
qu’ils sont de facto des briseurs de grève, ce que n’importe quel ouvrier peut néanmoins constater.


Qui nie que l’immigration permet l’extorsion du profit capitaliste, voire d’un surprofit ?


Toute la classe ouvrière fait l’objet de cette extorsion et d’une manière inégale.


C’est précisément l’extorsion du profit et la condition d’exploité qui est le ciment de notre unité.


L’objectif des communistes est de populariser le mot d’ordre « une seule classe ouvrière », et il en découle la régularisation sans condition des sans-papiers, l’embauche des
intérimaires, l’égalité des salaires et des conditions de travail pour les sous-traitants, etc. et bien évidemment l’organisation dans le même syndicat.


 


Mais on peut aussi ne rien faire dans ce sens, et gamberger sur les conséquences de l’immigration, jusqu’au jour où on finira par quantifier le nombre d’immigrés « acceptables».


Allons plus loin dans ce raisonnement : réclamons des « quotas » de précaires, décrétons que la sous-traitance ne doit pas dépasser « certaines » limites et nous aurons
atteint le fond du corporatisme et du chauvinisme.


A ce moment la bourgeoisie n’aura même plus besoin de Le Pen puisqu’elle pourra directement compter sur nous.



sam 82 15/08/2011 18:01



le débat sur l'immigration a surtout pour but de nous détourner du sujet essentiel ( le profit capitaliste ) et la propriété privée des moyens de production .


 


 


         non le débat sur l'immigration ne nous détourne pas du (profit capitaliste ) au contraire nous restons dans l’essentiel a condition de considérer
que l'immigration est organisée par le système capitaliste ce qui est le cas , et que l'immigration fait parti de la panoplie de l'exploitation du système , car l'immigration permet au
capital  d'augmenter l'extraction de la plus -value  au niveau de la sphère productive . nier cette évidence , ou tout simplement refuser d'aborder le sujet , c'est consciemment ou pas
cautionner le système ,ainsi que ses suppôts dont le FN . quand au texte je suis en accord avec le contenu , qui recentre le sujet dans le contexte historique passé et présent sur fond de lutte
de classe , ce qui semble posé problème effectivement a la gauche bobo , a la gauche en général , ainsi qu'aux dirigeants du PCF en particulier . sam 82 .