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Réveil Communiste

Socialisme, démocratie et système politique à parti unique

8 Mars 2021 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Qu'est-ce que la "gauche", #Front historique, #Théorie immédiate, #Mille raisons de regretter l'URSS, #classe ouvrière

Socialisme, démocratie et système politique à parti unique

 

Si on reconnaît ici l'influence de Gramsci, on n'aura pas tort : un Gramsci restitué dans sa dimension orthodoxe.

On a toujours martelé l’accusation : les communistes sont les fossoyeurs de la liberté. En effet, nous sommes les fossoyeurs de la liberté du capital, des capitalistes, et de leurs agents et des hommes et des femmes dont ils ont lessivés le cerveau. Et cela fait de nous des défenseurs presque exclusifs de la liberté réelle dans ce monde sur-aliéné au fric, à la marchandise et au spectacle .

La liberté, pour reprendre la rigoureuse définition de Friedrich Engels, c'est la conscience de ce qui doit être fait nécessairement, et non le droit d'ignorer superbement autrui en faisant tout ce qu'on veut (tout ce qu'on fait vouloir), ou de scandaliser pour se faire remarquer.

Dans la société bourgeoise, loin que la liberté de l’individu s’arrête aux bornes de celle d’autrui, comme l’affirme la déclaration des droits de l’homme, la liberté illimité de l’argent y écrase complètement la liberté d’autrui.

Si on veut la démocratie, il faut l’imposer aux minorités qui accaparent la puissance politique : les nobles, les riches. Sinon, on n’en aura que l’apparence.

Il ne faut pas confondre démocratie, et régime d’assemblée. Même la démocratie éponyme, celle de Périclès, à Athènes, au Vème siècle avant Jésus Christ, où l’assemblée du peuple était toute puissante, était fondée sur la guerre, l’impérialisme et l’esclavage, et n’en était pas une.

Tant que les partis communistes ont revendiqué et défendu le système de parti unique qui prévalait dans les pays socialistes, ils ont été de puissantes forces politiques, des contre-pouvoirs démocratiques efficaces dans les pays capitalistes, et des bornes posées par la classe ouvrière à la dictature du capital sur ces pays. Dès qu’ils ont accepté de se soumettre à l’État de droit tel qu’il est défini par le libéralisme politique leur puissance s’est évaporée.

Les pays qui se revendiquent du socialisme méritent le titre quand ils empêchent les capitalistes étrangers ou à domicile de jouer un rôle politique.

Cet interdit, s’il n’est pas suffisant pour préserver le socialisme, est nécessaire. Il comporte des risques mais il est inéluctable pour la maîtrise de l’échelle temporelle de la révolution de longue durée dont il est question.

Personne n'a jamais voté pour le remplacement du féodalisme par le capitalisme, et ce ne sera pas le cas non plus quand celui-ci laissera la place. Un petit nombre de personnes ont conscience claire de ce qui est décisif, au moment du choix décisif, et même comprennent son caractère décisif.

Le parti communiste est la forme moderne et collective du Prince de Machiavel, qui instruit ce petit nombre et le met au service de la classe prolétarienne. Le parti objectif n’est pas toujours celui qui porte ce nom, ce que chacun sait (ce serait trop simple).

Réclamer le multipartisme à Cuba ou en Chine, c’est réclamer le retour au capitalisme. C’est d’ailleurs tout à fait revendiqué par le discours impérialiste dominant qui tente de pousser les gens à descendre dans rue contre le socialisme au nom du pluralisme, sans autre programme.

Mais alors demandera-t-on avec un peu d’inquiétude : quelles sont les garanties pour la liberté individuelle s’il n’y a pas de pluralisme ?

Il n’y en a pas. Mais ces fameuses garanties n’existent en réalité nulle part : la bourgeoisie pose des règles, et lorsqu’elles ne lui conviennent plus, elle les change. L’inscription dans le marbre des libertés fondamentales des individus ne pèse pas lourd en face des intérêts matériels.

De toute manière, la démocratie n’est pas individualiste. Son grand paradoxe dans l’histoire est que lorsqu’elle est véritable, elle est toujours aussi une dictature exercée sans faiblesse l’encontre de ses ennemis, contre les classes privilégiées de la naissance et de la fortune et contre leurs agents culturels. Ce qui explique le fait que dans toute la culture politique classique de l’Antiquité à 1848, la démocratie entendue au sens étymologique, « le pouvoir populaire », est détestée et redoutée. C’est le règne de la tourbe, de la racaille, de la canaille, de la foule puérile et cruelle de Gustave Le Bon qui opprime l'élite civilisée et cultivée qui revendique pour elle-même seulement le caractère humain.

Or au contraire la démocratie reflète la prise de conscience des masses, et cela ne peut advenir qu’après avoir éliminé la puissance d'influence mécanique de l’argent qui reproduit à l’infini la foule sans conscience des aliénés.

Un exemple particulièrement frappant de cette puissance mécanique est le développement depuis un demi-siècle du courant politique réactionnaire islamiste qui a fait couler tant de sang et encore plus d’encre, et qui n’a pu se développer dans de telles proportions, que grâce à l’injection massive de fonds pétroliers, et sous la haute protection occidentale.

Ni les réactionnaires religieux musulmans, ni les églises affairistes évangélistes, ni les courants conservateurs de l’Église catholique, ni les partis chauvins n’ont obtenu la moindre influence par leurs mérites éthiques, ou par leurs analyses et leur compréhension du monde réel et de ses enjeux. Leur seule inspiration provient des fonds illimités de leurs donateurs, et leur seule intelligence est le martelage publicitaire à la manière de Goebbels.

Curieusement personne ne se demande pourquoi contre toutes les lois de la probabilité les résultats des élections "libres" convergent en général vers la constitution de deux camps de force à peu près égale, qui obtiennent des scores très proches, de l’ordre de 50 % pour chaque camp, au lieu de présenter une variation aléatoire de résultats. On présente une victoire à 52% comme un immense succès alors qu'il n'est évidement représentatif de rien et n'entraine aucune légitimité véritable. Cette convergence s’explique par la pratique concrète des partis électoraux  : ils ne mesurent leur action qu'à la résistance du camp d’en face, ce qui fait que chaque effort du coté "bleu" provoque une réaction similaire du coté "rouge" . Autrement dit, ces partis sont complémentaires dans une totalité stable, ont à peu près la même capacité de recueillir des fonds, et participent en commun à la construction, autour d’enjeux factices ou dépassés, d’une vision purement idéologique du monde, sans prise sur le réel.

La démocratie véritable ne résultera jamais de la confrontation électorale où le slogan anti-apartheid « one man, one vote » est retraduit « one dollar – one vote ». La démocratie en action ne provient pas de la confrontation et des compromis de clans ou de partis qui sont autant de mafias, et dont le jeu libre ferait apparaître magiquement l’intérêt général ou l’optimum politique. Il ressort au contraire du cirque électoral presque universellement pratiqué et révéré avec idolâtrie un spectacle politique complètement nul qui est le contraire parfait de la participation véritable en connaissance de cause du peuple aux décisions qui le concernent.

Toutes les associations, des confréries mystiques aux clubs de supporters, prétendent partager un idéal, ou une éthique, ou pour parler avec les concepts relâchés de l’époque, « des valeurs », mais on constate que dans l’univers libéral cet affichage moralisant cède le pas aux relations concrètes qui lient entre eux les individus ambitieux qui les constituent, et dont l’ambition personnelle est souvent la seule qualité. Les organisations pluralistes ont comme objectif rationnel rien autre chose que le beefsteak de leurs adhérents. La franc-maçonnerie est l’archétype de ce fonctionnement à deux vitesses : un idéal commun fumeux à la limite de la puérilité qui recouvre des relations d’affaire et des conflits d’intérêt, avec un double recrutement de naïfs et de pourris, et de naïfs qui pourrissent sur pied au fur et à mesure qu’ils s’affranchissent.

Donc l’idéal du parti communiste n’est pas de ce type. Le parti n’est pas un trafiquant d’influence qui produit des discours et des récits trompeurs mais un maître d’œuvre qui recrute des membres à l’esprit constructif, pour reconstruire le monde.

Le parti bourgeois, par contre, (y compris le parti bourgeois d’extrême gauche) est en fait un lieu de survie tissé par des réseaux d’ordre économique, des trafics, et par des réseaux sexuels.

Pour éviter de lasser le lecteur, concluons : le socialisme et la démocratie réelle qu’il permet et qu’il implique ne sont pas un système libéral, parlementaire, où les représentants du peuple s’insultent en public et magouillent amicalement en privé, et dont les fausses querelles peuvent malheureusement pousser les gens ordinaires à s’entre-tuer, comme hier en Yougoslavie, et aujourd'hui dans le Caucase (et même aux États-Unis !) .

Simple question : la démocratie règne-t-elle davantage maintenant en Arménie, et en Azerbaïdjan ? Ou régnait-elle plutôt sans en avoir l’air à l’époque où ces deux pays formellement indépendants aujourd’hui qui se mènent une guerre absurde étaient deux des républiques soviétiques, au sein de l’Union, sur un pied d’égalité avec la Russie ?

Le plus mauvais gouvernement socialiste vaut mieux que la meilleure démocratie libérale, parce qu’en cette pseudo-démocratie, c’est le capital qui gouverne. Il vaut mieux être gouverné par des êtres humains que par des choses. Et ce n’est pas la montée en puissance l’Intelligence Artificielle qui va nous démentir !

GQ, 17 novembre 2020, relu le 16 janvier 2021

PS : L'intention de l'article, qui est destiné aux nouvelles générations de militants, n'est pas forcément de promouvoir le système de parti unique, qui a des défauts, comme c'est indiqué dans le texte sans développer, mais de leur montrer qu'y recourir quand c'est nécessaire pour préserver le but est parfaitement légitime. C'est un système que les bolcheviks ont été contraints d'appliquer pour faire face à la contre-révolution, à partir de l'été 1918, et qui a perduré parce que jamais la bourgeoisie mondiale n'a admis la légitimité de l'État issu de la Révolution d'Octobre, ni des autres États socialistes fondés par la suite au XXème siècle. Si le gouvernement américain actuel n'admet pas la légitimité du gouvernement chinois sous la conduite du parti communiste, ce n'est pas parce qu'il n'est pas pluraliste, mais parce qu'il est socialiste et souverain dans une mesure qu'il trouve déjà excessive, et il réclame l'introduction du pluralisme en Chine (ou à Cuba) pour pouvoir y favoriser librement l'action de ses agents, qu'ils soient objectifs ou patentés. Ndgq, 24 novembre 2020

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IMBERT OLIVIER 25/11/2020 08:45

je n'ai vraiment rien contre ta position...en y ajoutant le lien fondateur et d'ailleurs commun avec la social démocratie ouvrière y compris agricole et rente foncière avec fermier ou exploitant capitaliste industriel, dans l'ambivalence du moujick et du paysan français polonais et états-uniens; donc le lien avec l'acte productif même digital ou manoeuvrier ou os...syndical et la fsm avant la fracture avec l'afl-cio ou cia; et aussi celui qui m'est maintenant très nuisible non avec al franc-maçonnerie où tu dis ce qui est suffisant en terme historique des bourgeoisies ascendante et maintenant putrifiante, mais les sciences militaires et civiles ou disons la version actuelle de la pensée militaire de Engels et du rôle de la violence dans l'histoire; et donc pour moi l'aspect problématique en terme de liberté individuelle de base matérialiste que disons pour la France non soviétique quoique fortement tout de même, s'appelle les professeur Langevin, et Levy et donc à l'EN le plan langevin wallon, ce que dans l'ambivalence et la complexité du droit inter-national [ nations unies et unesco des sciences disons physique atomiste/nucléaire/electronique ou corpusculaire (donc chimique et biologique selon le juste réductionnisme, non pas mécaniste, mais dynamique ou plus uniquement cinématique mais stochastique)], ou problème de la cosmos-politique y compris atmosphérique ou terrestre et sousterrestre, dite parfois climatique..et fait que nous laissons aux communistes en responsabilité mondiale un rôle d'apparence tyrannique( et pas despotique dans le vocabulaire de Rousseau car étant populaire nos démocraties et soviétiques( ou conseillistes d'entreprise n'usurpent pas la souveraineté populaire l'universalité des modes de suffrages en pouvoir constituant jamais constitué( version convenable de la distture du prolétariat et des sciences ensemble) donc au ho chi min aux castros, aux mao aux lumunda, aux brejnev et kroutchev et donc disons gorbatchev ensemble aux dos santos comem au chaves et aux assad, le devoir de s'inscrire dans des règles de négociations en armistices des guerres de classes et anticolonialistes mondiales. voilà je crois que la question de l'oms et des labos privés et privatisés et mixtes économiquement est là posée comme problématique pour la survie de la bourgeoisie ex-coloniale mais toujours à la fois commerciale foncière et industrielle et donc financière en ce moment et que nos savants sont politiquement en dessous des savants militaires et civils de l'orient rouge en matière d'information convenable de tous les mômes du peuple et donc du prolétariat défini en acte dans la prise en compte non anti-consummériste et antispectaculaire au sens d'esthétique du progrès mondiale maintenant grâce à la révolution russe donc bolchévicks en tous les pays et dans plusieurs pays, en voies de libération et constitutions des peuples disposant d'eux mêmes, et donc du rôle conjointement progressiste en rationalité technico-scientifique des bourgeois et lords ou aristoï, et du prolétariat en voie de bolchévisation( devenir quasi unanimiste et donc universaliste mondialement de son aspect numériquement majoritaire à l'onu, donc au sens contemporain actuel cosmopolitique.
Et donc une dernière chose il convient de ne pas recourir à ce concept d'intelligence de l'intellectuel svp, car sinon on tombe en deçà de l'usage moderne des lords à savoir l'intelligence service.. est intelligence comme entendement..et donc universel tel le bon sens n'en déplaise aux débiles profonds qui voient du handicap international partout.

Réveil Communiste 25/11/2020 13:36

Olivier, tu gagnerais en lisibilité à ponctuer tes écrits.

GQ 18/11/2020 23:41

Un commentaire avant publication, au vu de quoi le texte a été réduit de moitié (ce qui l'a peut-être amélioré, mais rendu plus dogmatique)

Texte très long lu un peu en diagonal de ma part. Oui je ne peux qu'être d'accord avec toutes les analyses que tu fais mais je ne suis pas convaincu qu'un discours même intelligent sur ces questions soit tout à fait réaliste quant à proposer un changement radical qui soit résolument socialiste ou communiste selon l'appellation. En tout cas la France est trop dispersée dans ses expériences politiques et sociales, trop frileuse. Trop manipulée de tous les côtés. Les gens ont plus aucune référence à autre chose que ce qu'on appelle maintenant le néolibéralisme. Même un Mélenchon reste européiste, son plan B est à la poubelle de la non Histoire. Cela n'a pas l'air de gêner ses soutiens des premiers jours. Bref tout ce que tu dis est juste mais irréalisable pour trop de raisons longues à énumérer mais que tu connais très bien.
Bon travail de réflexion c'est certain.
Bises

IMBERT OLIVIER 25/11/2020 20:26

non désolé pas besoin je m'adresse à des interlocuteurs qui vraiment n'ont pas besoin de cela et je souhaite être moins lu..et à moins de surface et encore je dis surface mais c'est assez aérien et peu arien si je ne me trompe, terrestre donc quand on se sera allier pour arrêter les saloperies viser alors l'effort vraiment sans intérêt demandé et très très fait de manière risible pourra alors peut-être revenir...de plus leffort a été fait et donc voilà aux autres de le faire et non d'abrutir le peuple et la langue française