Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Réveil Communiste

Pourquoi le socialisme de l'avenir ne sera ni pluraliste ni libertaire

21 Septembre 2016 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Théorie immédiate, #Russie, #Europe de l'Est, #Chine, #Corée, #Cuba, #Viet-Nam

Station Komskomolskaya, Moscou : rien n'est trop beau pour la classe ouvrière

Station Komskomolskaya, Moscou : rien n'est trop beau pour la classe ouvrière

Tous ceux qui espèrent que l’humanité va poursuivre sa route vers le progrès et s’orienter vers le socialisme sont interpelés par l’échec des pays socialistes au XXème siècle qui a laissé le monde dans une profonde dépression, morale et psychique.

Souvent on s’en tire par une pirouette : ces pays, ces régimes n’auraient pas été vraiment socialistes. D’autres pensent qu’il faut abandonner la perspective du socialisme pour sauter à pied joints dans le communisme. Je ne discuterai pas ces points de vue, qui ne sont pas sérieux.

Donc les pays socialistes étaient vraiment socialistes, et ils ont disparus, sauf deux : République Populaire Démocratique Corée et Cuba qui manifestent une incontestable résilience, mais dont l’avenir est toujours menacé. La Chine, le Viet-Nam, et le Laos, peut être aussi le Bélarus sont revenus à l’économie de marché, et ont réintroduit le capitalisme, mais sans lui laisser les clés du pouvoir politique. Plusieurs pays latino-américains et africains ont une politique sociale de redistribution avancée qui fait penser au socialisme, qui provoque l’ire de la bourgeoisie mondiale, mais qui ne s’attaque pas assez directement à la propriété privée de moyens de production pour qu'on puisse les y rattacher. Et aujourd’hui, plus important encore, que les grands moyens de production, les médias de masse. D'où leurs difficultés présentes.

Mais globalement il nous reste en tenant compte de ces expériences présentes et passées (dont certaines étaient en fait assez réussies pour produire le bonheur le plus répandu, si on en croit les regrets formulés à cet égard en Europe de l’Est et en ex URSS) à proposer un schéma du socialisme de l’avenir (2.0, ou XXI, peu importe le slogan), qui ne se fracasse pas sur les mêmes écueils.

Toute la question est de savoir si le socialisme à succombé davantage à ses contradictions internes ou à la pression extérieure. Selon le cas le diagnostic est tout à fait différent. Si le socialisme a succombé à ses défaillances internes, il faut les localiser et prévoir une organisation politique nouvelle capable de les neutraliser ou de les inverser en faveur du processus.

La principale contradiction interne du socialisme a été la production d’un groupe social spécifique, distinct des reliquats de la bourgeoisie antérieure à la révolution, et intéressé au retour au capitalisme, groupe qui proliférait dans l’intelligentsia et dans la bureaucratie (qui sont les deux faces, coté jardin, coté cours, de la même réalité sociologique) et qui était essentiellement composé de cadres espérant égaler le niveau de vie et le statut social de leurs homologues en pays capitalistes. Il y avait certainement dans le monde socialiste de première génération un défaut dans le système de formation, de désignation et de rotation des cadres, que les autorités tentaient par accès de corriger par une répression souvent aveugle, disproportionnée ou erratique. L'idéologie spécifique de ce groupe avait triomphé en URSS dès les années 1970 comme le montre bien la production culturelle, dissidente ou officielle.

Si le socialisme a été victime des pressions extérieures, il faut réfléchir à la nature de ces pressions et imaginer des défenses d'un nouveau genre, tenant compte de l'évolution de la stratégie. Il est indéniable que les puissances impérialiste ont mené une politique de fond pour son éradication, et qu'il a été continuellement sur la défensive.

Lorsque les facteurs internes et externes se sont unifiés, la partie était jouée.

Mais avant tout il ne faut pas faire fausse route. Qu’on l’appelle ainsi ou autrement, hégémonie par exemple, le socialisme est le système économique et social géré par la dictature du prolétariat. Le point crucial est donc dans la conscience prolétarienne. Si la classe ouvrière ( au sens large) ne sent plus cet État comme le sien, c’est perdu.

Ce qui a caractérisé l’image finalement négative du socialisme, c’est l’idée qu’il s’agissait de dictatures de parti unique, interdisant l’expression des opinions d’opposition, et défendues par un appareil policier, n’hésitant pas à soumettre la société à une surveillance de masse et à recourir à la dénonciation. Dans ces conditions l’idée la plus répandue pour dépasser la contradiction du socialisme a été de proposer le fameux « socialisme à visage humain » suivant le slogan de Dubcek, leader du soi-disant Printemps de Prague de 1968. Un socialisme pluraliste, sans répression, sans surveillance, libertaire à l’instar de mai 68 (ou tout simplement de l’Angleterre des swinging sixties). Marx Engels Lénine et John Lennon.

Je pense que cette voie est erronée comme l’ont montré la Hongrie en 1956 où contrairement à la légende gauchiste la libéralisation ouvrit en grand la brèche pour les lynchages fascistes, et le Chili en 1973 où le respect des règles de la démocratie formelle désarma le peuple ; un socialisme sans police, sans surveillance des activités contrerévolutionnaires, et qui se remet en jeu de lui-même candidement dans l’alternance électorale n’a pas d’avenir, tant que les métropoles principales du capitalisme ne sont pas tombées. N’oublions pas que le choix du socialisme est à long terme, qu’il n’est pas réversible sans massacre social, et que son rythme de maturation centenaire n’est pas celui des vagues de l’opinion.

Il faut prendre conscience de ce fait têtu: dans un pays socialiste, où il n’y a pas de forces économiques séparées qui revendiquent le pouvoir sur l’ensemble de la société, il ne peut pas y avoir de parti d'opposition au sens historique du terme : le parti d’opposition, celui des « dissidents », s’appuie uniquement sur l’extérieur : l'émigration, l'impérialisme, la CIA ou aujourd'hui les "ONG" de Soros, et quelque soit son influence il ne "représente " littéralement rien d'autre que ceux qui le financent.

Le socialisme devra se défendre tant qu’existera l’Empire des multinationales, et c’est la culture de la conscience qui permettra que le parti unique du prolétariat et l’action des services de sécurité soient approuvés et soutenus par le peuple et non ressentis comme une chape de plomb ; dans les deux cas où le socialisme a subsisté, en Corée et à Cuba, ce soutien populaire provient du caractère évident, immédiat et existentiel de la menace impérialiste sur le pays tout entier. A Cuba les CDR n’ont pas suscité de rejet équivalent à d’autres institutions de contrôle social, dans d'autres pays; sans doute parce ce quadrillage s’enracine dans une volonté populaire et publique de défendre la population contre les agressions impérialistes, et non dans le souci d’un socialisme dynamique mais minoritaire de tenir en respect un peuple indifférent ou hostile en grande partie, comme dans l’Allemagne post-nazie.

A quoi sert le pluralisme politique actuel ? Il n’est en aucun cas producteur de conscience ou de quelconque qualité de "gouvernance". On frémit à l’idée de ce que ferait la Chine gouvernée par des politiciens comparables aux politiciens européens ou américains. Mais d’une part il permet de recruter des dirigeants politiques en canalisant la compétition des ambitieux, et les ambitieux existent et sont nécessaires partout, d’autre part il permet de repérer les opposants, de les isoler ou de les acheter, dans un monde où les médias efficaces sont contrôlés par la bourgeoisie.

La question est de savoir si nous sommes gouvernés par la puissance brute du capital qui achète ses séides, ou si nous sommes gouvernés par la conscience collective à laquelle nous participons ; si nous sommes des esclaves ou non. Mais s'il pouvait échapper à la séduction impérialiste, un certain jeu de pluralisme politique en pays socialiste pourrait servir à dénoncer le parti renaissant du retour au capitalisme qui grandit comme un parasite à l’intérieur du parti révolutionnaire, sans avoir à en venir à l’exterminer, avec beaucoup de bavures, comme en URSS en 1936 (la trahison des cadres soviétiques en 1991 permet de comprendre a posteriori sinon la méthode au moins la logique des épurations du parti dans le contexte de la menace hitlérienne).

Sous le socialisme l’individu est sans doute frustré de bien des désirs matériels immédiats mais il est en réalité beaucoup plus libre que sous l’influence de la marchandise, car sa personnalité n’est pas rongée de l’intérieur par la réification marchande, elle n’est pas le jouet des calculs constants du marketing pour le faire courir après les miroirs aux alouettes élaborés par les multinationales. Mais il ne le sait pas, ou plutôt la plupart des intellectuels par inertie idéologique bourgeoise ont utilisé cette liberté pour une rêverie réactionnaire qui les a fait tomber tout crus dans les filets de l’impérialisme. L’image du socialisme comme bagne spirituel est sortie de la féconde imagination littéraire de l’intelligentsia bourgeoise opprimée dans ses rêves de grandeur par le prolétariat, et ces pays étaient loin d’être un bagne pour les travailleurs. Mais les intellectuels organiques de la bourgeoisie ont su façonner l’histoire à leur manière, et rendre le type de liberté dont on jouit sous le capitalisme (celle d’acheter des marchandises avariées si on a de l’argent) la seule imaginable.

L’individu bourgeois est élevé dans l’illusion messianique de son destin exceptionnel. Il estime que sa liberté est en tout ce qui facilite cette illusion, et il se rebelle si on l’empêche de la poursuivre. Les classes populaires ne sont pas composées de ce type d’individu projeté hors de soi dans un rôle et pour lequel le bien n’a de sens que s’il est un bien de gloire et d’ostentation. Le socialisme permet le vrai développement de l’individualité de tous, et des prolétaires avant tout, dont le désir sous-jacent au bourrage de crâne marketing n’est pas d’écraser les autres prolétaires mais de participer à la grande coopération créatrice. C’est par la discussion collective, éclairée par le parti qu'il a lui même créé que le prolétariat accède petit à petit à la conscience sociale, qui est supérieure à la conscience romanesque à la Madame Bovary qui occupe la tête des étudiants et des cadres bourgeois.

Le prolétariat dans la Bible est voué éternellement à couper le bois et à porter l’eau. Jusqu’à la Révolution il reste l’humble instrument de l’ambition et du confort des classes cultivées. Seul le socialisme permet au coupeur de bois et au porteur d’eau qui a tout créé de l’humanité de vivre humainement. Les expériences socialistes ne peuvent être jugées qu'à l'aune de la totalité du temps historique.

Dans un premier temps cette libération se produit au détriment de la production car le prolétariat affranchi a tendance à se partager la plus-value, ou à cesser de la produire. Mais après l’étape d’adaptation, la classe exploitée deviendra comme le pensait Marx la nouvelle force productive inépuisable et gratuite, car il décidera lui-même de l’emploi de la plus-value pour le bien commun de l’humanité. Le stakhanoviste qui est la figure de l’histoire révolutionnaire la moins comprise et la plus haïe du gauchiste petit-bourgeois préfigure pourtant cette mutation du prolétariat en classe créative.

Mais il doit en chemin se défaire des mythes existentiels et du roman parasitaire de la bourgeoisie et des classes moyennes (esclaves qui se croient libres, exploités qui se prennent pour des bourgeois). Il faut simplement lui donner le temps de son auto éducation pour se passer des exploiteurs, et c’est son parti qui peut lui donner ce temps critique.

GQ, 22 septembre 2015

Partager cet article

Commenter cet article

stefano 18/09/2016 21:05

Tres juste,tres beaux!!!Le socialisme ,''son rytme di maturite' centenarie'',''c'est ne pas celui des vagues de l'opinion'!!

Chadi 13/08/2016 16:13

Le totalitarisme est un"concept" inventé par la mafia capitaliste pour effrayer les masses du monde socialiste. Après tout,ce que l'humanité endure aujourd'hui,c'est bel et bien un système totalitaire de cette
mafia sioniste-maçonnique. Un tel système,est verrouillé contre toute critique,même embryonnaire,qui
dénoncerait ses ressorts,ses"idéologues"et"philosophes".
Le danger mortel du socialisme,c'est cette peur viscérale de certains "concepts"
de l'oligarchie mondiale concoctés dans les "ateliers" des stratégies des guerres secrètes-et permanentes-dirigées contre le socialisme et son possible renouveau.
Non,le socialisme n'a pas à se mettre en posture(absurde et suicidaire) de se défendre
contre les accusations de son pire ennemi : le capitalisme. L'unique système de défense,est celui qui émane de la vigilance qui permet d'identifier les parasites internes,qui risquent d'éclore à l'intérieur du système et de la société socialiste,et qui constituent la force de frappe mortelle exploitée diaboliquement
par l'ennemi capitaliste. L'exemple du traitre Gorbatchev et ses nervis est tout à fait éloquent dans
ce sens.
Un autre aspect,et non des moindres,c'est la "coopération" avec l'ennemi. La frilosité,
voire la peur lâche,des pays socialistes envers les pays capitalistes,notamment envers
les pays de l'OTAN est aussi un ennemi mortel. Rappelons nous les stupides et
suicidaires"Accords de Helsinki" qui ont ouvert une brèche désastreuse dans le clan
socialiste. A ce propos,il convient de souligner que l'Occident n'a,contrairement au bloc socialiste,n'a fait et ne fera jamais la moindre concession aux socialistes.et au socialisme.
Ou on croit à ce qu'on est et à ce qu'on fait,ou on ne croit pas. Point.

Réveil Communiste 14/08/2016 23:34

"mafia sioniste maçonnique", élément de langage inacceptable, qui révèle la recherche de boucs émissaires faciles incompatible avec la défense du socialisme. Le sionisme est une idéologie réactionnaire nationale comme une autre ni plus ni moins, et la maçonnerie une clique pseudo-philosophique comme il y en a beaucoup d'autres aussi, avec des croyances différentes. Leur prêter un super-pouvoir est stupide.

danrit 01/02/2016 01:01

Le refus du pluralisme est caractéristique d'une erreur fondamental qu'est la croyance en l'auto-critique. Béquille absurde d'un système incapable de faire face à ses propres limites. Affirmer la finitude possible du conflit social n'a à mon sens pas beaucoup plus de sens. C'est en abolissant la propriété lucrative et en redéfinissant le cadre économique et les interactions entre agents que la révolution a du sens. Et pas en purgeant systématiquement du corps social tout ce qui est arbitrairement jugé anti-révolutionnaire, solution qui prive la société de ses marges et donc de toute possibilité de faire face aux nouvelles contradictions.
Ta vision binaire de la société opposant prolétaire et petit bourgeois ne laisse pas beaucoup de place à la puissance des idées qui pourtant semble t'animer. C'est le travail de tous qui est exploité par un système pourri et le petit bourgeois que tu dénonces avec hargne est souvent lui même un prolétaire au sens strict.
Je ne pense pas qu'une société puisse attendre la "maturation centenaire" d'un système, tu ne peux pas promettre de lendemains qui chante si pour 100 ans le prix a payé est le totalitarisme. Personne ne peut ou ne devrait accepter cela. Il est impossible de prendre collectivement la décision d'attendre un horizon si lointain sous le joug d'un système répressif. Si un système veux perdurer sans bain de sang et sans aliénation pire que celle de la marchandise ( celle d'un homme ou d'un clan) il doit convaincre et pour cela il faut des améliorations de court termes qui engendrent la révolution a long termes.
Le stakhanovisme est le management d'un système qui se voile la face.

Cependant tu développes un points intéressant sur le complexe messianique du "petit bourgeois" qui croit dans son arrogance folle ( et j'ai bien conscience de ne pas échapper à cette critique) avoir mieux compris le monde que tous les autres. Mais malheureusement je pense que cette conception du monde et de sa personne sont bien plus communes pour n'être le fait que de la mentalité petit bourgeois.

Chadi 13/08/2016 16:46

J'ajoute,à mon commentaire,ceci : les socialistes,après la phase de la mise en place de
l'Etat socialiste,à passer leur temps à écouter les"critiques" de leurs ennemis capitalistes.
Il faut absolument que les socialistes comprennent ceci : ils pourraient organiser le retour
du Christ sur terre,et ils seraient,quand même,critiqués et dénoncés comme représentant
"L'empire du Mal"(formule du sinistre Reagan).
L'attitude,en mon sens,la plus saine,à adopter vis à vis du système capitaliste est celle résumée brillamment par Schopenhaüer :
Vous allez par ici,moi par là....

Réveil Communiste 03/02/2016 14:46

le commetaire précédent et ma réponse augmentée sont publiés ensemble ici : http://www.reveilcommuniste.fr/2016/02/socialisme-ou-pluralisme.html

danrit 02/02/2016 20:02

Tu défends une vision binaire en citant Marx ( ou du mins une partie) mais lui même n’avais pas ou plus une vision aussi binaire « Ni l'exploitant, ni l'exploité ne sont pleinement conscients de la position politique qu'ils occupent dans la société » A mon sens, il faut comprendre que c’est un bien un système qu’il faut combattre et pas seulement un classe. La bourgeoisie n’est qu’un sous produit du caractère intrinsèquement inégalitaire du capitalisme. Les défenseur du capitalisme sont les plus aliéné par ce système mais malheureusement rarement ceux qui souffrent de ce système et donc le connaissent bien mieux . Attention en accord avec moi même, ces concepts ne sont pas absolue et la pure orthodoxie marxiste porte également un enseignement profond et puissant sur notre société. Je suis en train de prendre d'approfondir ta réponse de qualité et je poste la suite. Merci

Réveil Communiste 01/02/2016 12:27

Enfin sur ma vision "binaire", je ne sais pas si elle l'est ni si c'est mauvais de l'être, mais elle ne me parait ni plus ne moins que celle de Marx, et comme elle, elle cherche à dialectiser. C'est bien sûr une tendance, et pour le moment insuffisante, en sachant que la véritable dialectique consiste en la praxis, l'aller-retour théorico-pratique de la lutte des classes en action.

Réveil Communiste 01/02/2016 12:23

Il n'y a pas de raison de disqualifier l'autocritique, ce n'est rien autre chose qu'une forme exprimant la conscience, et il y a de fausses autocritiques comme de fausses conscience, et alors? On dirait que si le socialisme à le moindre défaut, ou bien qu'il comporte le moindre risque de mal tourner, il faudrait le rejeter complètement ! Il ne faut pas oublier que les tares, erreurs et crimes attribué au socialisme le sont par ses adversaires, et dans une rhétorique où le socialisme pourrait se trouver sur une autre planète, pour ce qui est du travail de sape contrerévolutionnaire, dont manifestement on n'a jamais entendu parler.

Ce qui ne va pas avec le fétiche du pluralisme arboré dans ce commentaire, c'est l'idée du "moindre mal" que serait la démocratie libérale par rapport à tout le reste. Or, si on veut des garanties de pouvoir continuer à lire "Le Monde" et voter pour Mélenchon, on ne fera pas de révolution, jamais. Tu déclares qu'il y a des aliénations pires que la marchandise, "un homme ou un clan", cela signifie que tu es bien tiède dans ta critique de la marchandise qui a pourtant à peine commencé, je veux dire, concrètement.

Maintenant, si on veut "abolir la propriété lucrative", ce serait facile et indolore si cette propriété n'avait pas de propriétaires, et la société de transition révolutionnaire ne craignait pas à juste titre leur retour en force, avec l'aide de leurs compères étrangers. La maturation centenaire n'est pas à mon sens cent ans de dictature de prolétariat, c'est une société socialiste et démocratique, mais une démocratie qui se défend contre les tendances au retour au capitalisme qui prenne souvent la forme de l'idéalisation du pluralisme (idéalisation qui n'est qu'une extension de la séduction plus générale par la consommation).

En fait le choix n'est pas entre une démocratie libérale un peu injuste mais somme toute parfaitement supportable, et une dictature totalitaire d'autant plus redoutable qu'elle est bien intentionnée, mais entre diverses formes de dictatures plus ou moins tempérées dont une seule, le socialisme, vise à fonder la démocratie.

Ou c'est le capital qui nous gouverne, par la voix de plus en plus directe de milliardaires qui ne cachent plus leur jeu, ou c'est le prolétariat, par la voix d'une organisation qui le représente plus ou moins fidèlement. On peut hésiter, les milliardaires sont des êtres humains, malgré tout. On peut même coucher avec. Mais sans un parti dirigeant, le prolétariat est infiniment faible, sans voix, et culturellement dominé.

Enfin, je suis d'accord avec l'idée qu'il n'y pas de contradiction entre la lutte quotidienne pour améliorer la vie et la progressive prise de conscience révolutionnaire.

Réveil Communiste 01/02/2016 07:36

Je n'ai pas eu le temps de prendre connaissance de ta critique de manière approfondie, mais la question du petit bourgeois est tout à fait secondaire. Quant au totalitarisme, je récuse ce concept.

Touré 03/10/2015 17:26

Il n'y a pas eu de socialisme en URSS.

La base du socialisme repose essentiellement sur la variation dans le travail, la changement dans le travail.Sous le socialisme, les travailleurs ne sont pas spécialisés.Ils travaillent dans plusieurs secteurs différents.La subordination à la division du travail tend à disparaître avec un enseignement professionnel non spécialisé.Et tout ça, évidemment, sous la planification de l'économie.Mais la planification et l'étatisation ne signifie pas a eux seuls, socialisme scientifique.

C'est seulement sous ce genre de société, où l'individu n'est pas subordonné à un métier déterminé, que la contradiction entre travail spécialisé et grande industrie s'efface.

Mais en URSS, cette contradiction n'a jamais été résolue.C'était le règne des spécialistes(ouvriers, ingénieurs,etc.).Et cette contradiction entraîna la formation d'une classe dirigeante(dirigeant l'économie d'Etat et les entreprises d'Etat) et qui sont en contradiction avec les travailleurs producteurs.

Dès les années 1920-1922, le Parti bolchevique est devenu contre-révolutionnaire sous la direction de Lénine.Pourquoi ? Parce qu'il a tout simplement abandonné la suppression du travail spécialisé et donc de l'enseignement spécialisé.
Que signifie cette abandon ? Cette abandon signifie tout simplement l'abandon de la seule forme sous laquelle le prolétariat s'approprie les forces productives, c'est à dire la forme sous laquelle la propriété privée est définitivement abolie.

Et ce que je viens de dire n'est pas une pirouette mais un court résumé d'une analyse matérialiste de l'histoire d'URSS.

Actuellement, le mode de pensée est essentiellement idéaliste parmi la plupart des communistes, et cet article(que chaque la lecture de chaque phrase me fait profondément mal) est un exemple de ce mode de pensée.

Réveil Communiste 04/10/2015 09:03

Pourquoi la lecture de mon article "te fais profondément mal"? parce qu'il détruit l'histoire imaginaire où tu te complais et qui justifie ton non-agir.