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Réveil Communiste

Une fois pour toute le communisme, c'est quoi?

10 Octobre 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ

 

MARX-ENGELS.jpg

Marx et Engels à l'Alexander Platz à Berlin, janvier 2007

 

Le communisme est une idée très simple qui ne nécessite pas de couper les cheveux en quatre ! 

 

Le projet communiste moderne qui naît avec le Manifeste du Parti Communiste de Marx et Engels, publié en 1848 à Londres quatre jours avant le déclenchement de la Révolution à Paris. C'est l'idée de donner un but au progrès qui s'accélère vertigineusement, au progrès des forces productives et du savoir humain, et ce but est une société sans classes, où règne l'abondance et où cesse l'obligation du travail.

Une société où chacun apporte ce qu'il peut et où chacun prend ce qu'il veut.

Le communisme vise à remplacer le travail contraint par l'activité libre. Choisir d'assigner à l'Histoire ce but à long terme, bien différent du but actuel du progrès qui est d'accumuler les aliénations et de détruire la planète, nécessite le renversement de la bourgeoisie par le prolétariat, qui résulte du développement des contradictions internes du capitalisme. Le jeu de ces contradictions, dans l'histoire réelle et dans la pensée, c'est ce qu'on nomme la dialectique. La période de transition vers le communisme, où subsiste le travail et l'État répressif, c'est le socialisme. Se passer de cette étape pour sauter à pieds joints dans le communisme est tout simplement impossible.



Si on n'est pas d'accord pour donner un tel but au progrès, si par exemple on pense que la domination de classe est indépassable, qu'elle est à jamais nécessaire pour motiver l'être humain à créer, à dépasser sa condition, si on pense que le travail et la guerre sont éternels, on ne peut être communiste. Si on pense qu'une telle société n'est pas possible, qu'elle n'est pas souhaitable, ou ni l'un ni l'autre, on n'est pas communiste. Si on pense qu'on peut la réaliser dans la misère d'un squat, on est un gauchiste.

 

Et si l'on ne croit pas au progrès non plus. Ce qui ne signifie pas qu'il faille se prosterner devant toutes les nouveautés techniques produites au service de l'exploitation et de l'aliénation.


Comme on le voit, ce n'est pas bien compliqué de comprendre ce qu'est le communisme. La première tentative de construire une société orientée dans ce but et dirigée par le prolétariat, la Commune de Paris de 1871, a duré 62 jours. La deuxième, le socialisme réellement existant de L'Union Soviétique, a duré 74 ans. Une telle tentative est toujours en cours aujourd'hui à Cuba, malgré l'hostilité implacable des États-Unis voisins, principales bases mondiales du capitalisme.

 

Le communisme n'est pas qu'un projet, c'est aussi le matérialisme historique, la science réelle de l'histoire, de la société et de l'économie, dont les linéaments ont été tracés par Marx dans Le Capital, chef d'œuvre de la pensée humaine, dont le premier volume, le seul qu'il ait achevé, a été publié en 1867. Cette science n'est pas enseignée dans les universités, on ne peut l'apprendre que dans les luttes, à l'aide des classiques de la révolution, et au premier chef dans l'œuvre de Lénine, à condition de n'y voir pas un dogme, mais un guide pour l'action.

 

Et qu'est ce que le communisme n'est pas ? Il n'est pas "le partage", il n'est pas "l'humain d'abord", il n'est pas la "citoyenneté", il n'est pas le retour au troc, ou la mise en commun de la misère. Le communisme n'est pas un lot de consolation pour les affligés. Le communisme n'est pas moral, il est réel, comme le seul horizon de l'humanité. Pour paraphraser Nietzsche, un de ses principaux adversaires pourtant, il est par delà le bien et le mal.



Et un communiste? C'est une homme ou une femme qui veut une révolution de la base économique et sociale, pour réaliser, à terme, le dépassement définitif de l'esclavage, et qui travaille et fait la guerre pour supprimer le travail et la guerre. Car le communisme est aussi "la lutte réelle qui supprime les conditions existantes".



GQ 21 septembre 2007 - complété le 6 octobre 2013

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André de VIERZON 26/10/2017 17:33

cet article est pour moi une bonne chose. Adhérent depuis 1977 j'ai un peu de mal a mon communisme qui depuis le 30eme congrès ( dont j'étais délégué) a décliné avec Robert Hue et la stratégie électorale qui a primé sur tout. " sans élu point de salut. Tu parles !! Vous avez vu ou en est ? Et nos elus servent a quoi ? pour gérer les affaires courantes certes , mais pour notre idéal ?...... et la conivance avec le PS !!!!! Quel gachis !!!! Bref je suis convaincu qu'il faut revoir notre idéal et le remettre sur le chantier Sacrifions 100 élus 'es) pour gagner 10 000 adhérents fiers d'etre communiste

GQ 11/10/2013 10:28


Je précise que je n'ai rien contre l'humanisme ou contre le partage, mais je conteste qu'on puisse fonder une politique, et une politique révolutionnaire encore plus, sur de tels critères. Il y a
des humanistes et des gens généreux dans tous les partis (ou presque), et ils n'apparaissent dans le discours politique qu'au titre de lieux commun, en définitive donc de mensonges. d'autant
qu'il s'agit du genre de chose que l'on pratique d'autant mieux qu'on en parle moins.


"Par de là bien et mal" signifie que le communisme n'est pas justiciable d'un jugement moral puisqu'il cherche à fonder une nouvelle morale qui dépasse tout en la conservant la morale du
monothéisme. Nietzsche de son coté est plutôt "en deça" du bien et du mal, c'est un gamin pervers et mal élévé monté en graine, ce qui donne en fin de compte la personnalité fasciste.


Si Staline a eu tort (et ce n'est pas toujours le cas) de pratiquer la répression de masse, c'est pour avoir négligé le prix à payer en terme d'image, et de ressentiment, bref pour avoir sous
estimé les facteurs subjectifs. Notamment dans le cas du massacre des officiers polonais de Katyn, où il a cru rendre service au peuple polonais en le débarassant d'une caste politico-militaire
qui avait conduit plus d'une fois le pays à sa ruine, et où il n'a abouti qu'à lui rendre une certaine légitimité nationale.


Gramsci, tout stalinien qu'il fût (et il le fut, n'en déplaise aux barons de l'ex-PCI) n'aurait certainement jamais dit "le pape, combien de divisions?". Mais cela ne signifie rien d'autre que si
Gramsci était parvenu au pouvoir en Italie il aurait travaillé avec plus de détermination et d'efficacité à la ruine de l'appareil d'État de l'Eglise catholique, dont les débris seraient
aujourd'hui repliés aux États-Unis ou en Amérique latine.

GQ 06/10/2013 16:49


Et la Chine? elle est dirigée par un parti communiste, qui après 1979 a abandonné la tentative de socialisme poussée de l'ère Mao, est revenu au capitalisme d'État, dans une perspective de
développement accéléré des forces productive, avec un capitalisme contrôlé "comme l'oiseau dans la cage". Ce pays peut revenir à la construction du socialisme sur des bases fortes, ou y renoncer.
Rien n'est joué.

GQ 06/10/2013 15:04


Le communisme n'est pas enseigné à l'université. Bien entendu il existe un marxisme universitaire résiduel, qui a connu son apogée dans les années 1970. Les professuers qui le développent et
l'enseignent peuvent être très savants (le plus souvent) et très utiles (moins souvent), mais le problème c'est que leur "marxisme" est enseigné comme une théorie philosophique, c'est à dire un
système, ou même une simple collection d'idées toutes faites, qui viennent prendre leur place dans une culture ecclectique dont l'unique concrétisation est de poser son détenteur comme
intellectuel professionnel. Or la théorie matérialiste dialectique est plutôt du registre de l'hypothèse scientifique, dont l'histoire est le laboratoire ouvert. Sa concrétisation n'est pas la
dissertation ou la leçon, mais la lutte politique et son couronnement, la révolution. Les meilleurs marxistes en ce moment sont Tunisiens et Egyptiens.


Si on veut devenir docteur en révolution, il faut en faire une ! mais à quoi bon alors en faire une? Il n'y aura plus de docteurs !