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Réveil Communiste

Pourquoi le PCF est-il inaudible sur l'Afghanistan? Danielle Bleitrach répond à Jacques Fath

8 Juillet 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce qui ne peut plus durer au PCF

http://referentiel.nouvelobs.com/file.nouvelobs/851277.jpg
Réponse à Jacques Fath, par Danielle Bleitrach sur son blog
( NdRC Jacques Fath est le responsable du PCF à l'international, son texte en référence est à la fin)


Jacques fath a prétendu répondre à un texte paru sur ce blog. Sa réponse ne me satisfait pas, donc je propose de poursuivre le dialogue. Comme le souligne Gilles Questiaux, le vrai problème est que sur cette question de la paix en Afghanistan et du retrait de l’OTAN, le parti soit totalement inaudible. C’est ce problème là qui doit préoccuper non seulement les communistes mais tous les hommes et femmes attachés à une telle cause, parce que l’audience du PCF est un grand problème politique pour notre pays. Et c’est là-dessus que devrait porter un dialogue qui déboucherait sur des décisions et des actions.

 

Certes si le PCF est inaudible c’est d’abord que les médias font tout pour étouffer la voix des communistes, nous avons tous pu constater à quel point tout a été fait y compris pour inviter systématiquement Besancenot quand on a espéré le voir « plumer la volaille » communiste. Mais je crois que quand on arrive  à bien centrer la question et à l’articuler sur à la fois les préoccupations populaires et l’activité militante on a plus de chance d’être entendus. Nous en sommes loin et c’est ce qui devrait préoccuper un dirigeant communiste: comment vaincre cette barrière, tout doit être subordonné à une telle urgence.

Nous avons un atout, le parti communiste manifeste une extraordinaire résistance , peut-être faut-il partir de là et de ses raisons pour accroître son audience, j’ai quelques hypothèses là-dessus et je crois que le congrès devrait se donner les moyens d’une analyse de nos atouts autant que de nos faiblesses au lieu de nous fabriquer des alliances au sommet qui témoignent au mieux de la frilosité et au pire d’une lutte pour les places qui épuise le parti, le divise et érode sa capacité à mener de vrais batailles.S’il est juste de tracer une perspective politique et donc d’envisager des alliances celles-ci doivent naître d’une stratégie qui soit la notre et qui se donne donc comme but un changement de société et pas une simple alternance sans alternative où nous pourrions simplement espérer quelques strapontins. Autant il est important d’avoir des élus autant l’opération survie a des limites. Et ce d’autant plus que nous sommes dans une formidable crise du capitalisme dans laquelle se joue l’avenir de l’humanité.

Certains camarades ont dit clairement que selon eux la forme parti était dépassé et que tout devait être subordonné à un rassemblement mais aussitôt ils ont défini ce rassemblement à partir d’un cartel de sommet tout à fait comparable à l’opération catastrophique autour de José Bové dans laquelle nous avons perdu du temps, paru manoeuvriers, et perdu beaucoup d’enthousiasmes engragés dans la bataille contre la Constitution. Je ne partage pas leur position et je voudrais que l’on soit clairs cependant sur la question qu’ils ont le mérite de pose: est-ce qu’on a besoin d’un parti communiste ? Pourquoi faire et avec quelle perspective ? Je répondrai que sur la question qui nous est posée ici celle de la lutte pour la paix, contre les guerres otanesques, contre le surarmement, je pense que nous souffrons de l’absence de ce parti et de sa capacité à porter dans un langage clair et populaire cette question.
Car il me semble donc que pour être entendu dans ce domaine comme dans d’autres, il faut partir des préoccupations de ceux auxquels on s’adresse et de ce point de vue le texte d’Alain Girard, auquel j’ai reproché non sans malice, il me pardonnera, la division artificielle entre international et gamelle, était tout à fait émis dans un langage populaire, fort et combatif. On manque de prises de positions de ce type et le galimatias des « conflictualités » ne le cède en rien avec celui qui a été développé sur les questions du secteur financier voir de l’Europe. Si nous sommes inaudibles c’est que nous sommes enfermés dans des analyses où rien de ce qui est secondaire ne nous est étranger. Nous avons adopté le langage technocratique et incompréhensible de la classe politique et des médias alors qu’un parti communiste doit mettre à jour ce qu’ils cachent derrière ce jargon, des intérêts de classe.

Seul un parti communiste peut de ce fait développer l’initiative populaire qui est la clé de tous les changements, de toutes les luttes victorieuses.

Il va y avoir la fête de l’humanité, allons-nous en profiter pour ne parler que d’alliances électoralistes, nous accrocher au PS par le biais d’une candidature front de gauche, ou allons-nous mo biliser notre peuple autour de grandes questions dont celle de la paix, du coût et des dangers de la guerre, de la politique de l’OTAN, qu’est-ce qui est prévu dans ce domaine. Si le parti se situait dans cette perspective ce blog offrirait ses modestes moyens.
Etre audible, cela passe par le renoncement aux pratiques d’excommunication… Un parti qui se permet d’inviter les Cubains « au dialogue » devrait y compris pratiquer cela pour son propre compte avec ceux qui lui sont proches. Depuis des années la censure, le refus du dialogue, l’interdiction digne d’une excommunication papale dont je fais les frais tient lieu d’argumentation face aux questions que je pose et qui pourraient toutes se résumer à l’utilité du parti. Mon cas n’est qu’un parmi d’autres et la réponse de Jacques fath illustre la méthode, excommunier, stigmatiser, m’accuser d’agressivité pour ne pas avoir à répondre sur ce qui est réellement dit:


1) il y a eu manoeuvre de congrès pour empêcher qu’une motion claire soir votée sur le retrait d’Afghanistan et de l’OTAN; la seule réponse est que l’on a pu faire un Congrès qui évacuait ces questions.
2) L’implication du parti sur ces questions est peut-être réelle mais elle ne débouche pas sur une activité militante, c’est le vrai problème et on dégage en touche en m’accusant « d’agressivité ».
Un vrai dirigeant rassemblerait toutes les forces prêtes à oeuvrer dans ce domaine comme dans d’autres et il ne suffit pas d’inviter les Cubains au dialogue encore faut-il en être capable soi-même…Il ne suffit pas de dénoncer « les erreurs » du passé pour couvrir la désorganisation permanente et les opportunismes tout en poursuivant et amplifiant les logiques de manipulation des congrès, d’excommunication de celui qui critique, de ne pas vouloir rendre des comptes en tant que dirigeant en se couvrant du « légitimisme » de l’appareil, il faut réellement inventer une nouvelle manière de travailler ensemble, pour mieux agir. Tu refuses l’autocritique comment veux-tu que ceux qui veulent aider, participer trouvent leur place  dans un système aussi fermé et qui ne permet pas de corriger les erreurs sinon en les attribuant à d’autres.
En ce qui me concerne, j’ai toujours voté communiste, j’ai toujours conseillé à tous de rester au parti, j’ai proposé à tous les jeunes que je connais d’y adhérer et si je critique les positions de ce parti c’est qu’elles le mènent à s’affaiblir de plus en plus, ce qui est un grand malheur pour les travailleurs, la jeunesse en première ligne de cette crise, toutes les victimes du capital dont le cercle ne cesse de grandir. Je suis prête à apporter donc à ce parti toutes mes capacités de travail, mais je veux un véritable dialogue, la situation est grave, nous avons tous besoin d’un parti communiste, celui-ci n’appartient pas à jacques Fath, ni aux autres dirigeants mais à notre peuple menacé comme toute la planète. Il faut partir de là, de notre conscience commune de la nécessité de ce parti non pour nous mais pour que ceux qui sont sans voix, découragés, malheureux retrouvent de la force.

Je ne suis pas la seule à penser ainsi, est-ce qu’on va continuer longtemps à refuser le dialogue dont nous avons tous besoin? Donc je dis à jacques Fath, je suis prête à travailler avec le parti, est-il prêt à accepter cette proposition, étant bien entendu que chacun l’aura compris, il ne s’agit pas seulement de moi. Ce blog est devenu un lieu qui fédère beaucoup de gens, s’il s’était contenté d’être le lieu d’une lutte interne permanente il n’aurait pas eu ce pouvoir de fédérer parce que les communistes et ceux qui aujourd’hui veulent se battre détestent les luttes internes, donc ce qu’ils recherchent  ce sont les informations, des analyses, des perspectives. Donc jacques fath, tu te trompes sur ce qu’est ce blog, il est critique mais d’abord contre l’impérialisme et il aide les militants. C’est d’ailleurs la seule raison pour laquelle malgré mes périodes de fatigue et de découragement je poursuis ce travail, parce que je sais qu’il est utile à notre idéal communiste.

danielle Bleitrach


Le message de JF transmis à Danielle est ici :

Ce texte, manifestement, ne concerne pas notre dernier congrès (35ème) mais le précedent (34ème). Le 35 ème avait un ordre du jour circonscrit et n’a pas traité les questions internationales.

La résolution du 34 ème congrès rappelle explicitement notre exigence d’un retrait des troupes de l’OTAN d’Afghanistan et notre positionnement en faveur d’une dissolution de l’OTAN.
Je tiens beaucoup à la réflexion nouvelle sur les nouvelles conflictualités (34 ème) car nous vivons dans un monde qui n’est plus celui de la guerre froide et de la configuration stratégique d’ alors. Les contradictions du capitalisme dans la crise, des politiques de puissance, les stratégies de domination et leurs conséquences font que nous vivons dans un nouvel état du monde. Nous devons en avoir conscience sauf à passer à côté d’une des réalités majeures du siècle qui s’ouvre après la chute du mur et les bouversements des années 90 (mondialisation capitamliste, NTIC…).

Le texte que tu me passes me parait inutilement agressif et incompréhensible sur le fond puisque nous n’avons donc écarté ni la question de l’OTAN, ni celle de l’ Afghanistan. Concernant l’Afghanistan, nous avons d’ailleurs rappelé cette exigence de retrait des troupes de l’OTAN, je ne sais combien de fois…Et notre parti joue un rôle important dans le Collectif national unitaire « OTAN – Afghanistan ». Nous participons même régulièrement aux travaux de l’ICC (International Coordination Committee) qui coordonne les activités de l’ensemble des collectifs qui agissent sur cette question en Europe et dans le monde. Nous sommes très actif avec les moyens qui sont les nôtres.

Je pense qu ‘il faut développer fortement notre activité sur les questions de la paix et du désarmement et de la sécurité. C’est ma conviction et mon souhait depuis que j’ai la responsabilité des relations internationales. Cela doit se faire à partir des réalités du monde d’aujourd’hui.

Ce texte est issu du blog de Danielle Bleitrach. Je ne suis pas étonné de cette agression verbale.
Avec mes amitiés.
JF

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Emmanuel Lyasse 09/07/2010 19:45



Jacques (le) Fath(aliste) est amusant, et révélateur de ce qu'est la ligne du PCF.


On réclame la dissolution de l'OTAN et le retrait "des troupes" d'Afghanistan. Fort bien. Avantage certain: l'un et l'autre ne peuvent être décidés qu'aux Etats-Unis.


Mais on évite soigneusement de poser des revendications sur lesquelles le PCF pourrait avoir une influence. Comme: retrait de la France de l'OTAN, retrait des troupes françaises d'Afghanistan.
Parce que ça, ça pourrait être compromettant. Ça pourrait par exemple conduire certains à proposer que le PCF déclare solennellement qu'il n'y aura ni participation ni soutien de sa part à un
gouvernement qui maintiendra la France dans l'OTAN et des soldats français à tuer et à sa faire tuer en Afghanistan.


C'est exactement la même chose que sur l'Union européenne. Le PCF a un tas de plans magnifiques pour changer l'Europe, que le PS est prêt à signer, pour dire ensuite qu'il faut attendre que "nos
partenaires" soient d'accord. Comme Jospin en 97, qui a dit que comme le méchant Kohl ne voulait pas de ses conditions pour l'Euro, il fallait bien faire l'Euro sans conditions.



GQ 08/07/2010 12:04



Il faut préciser que l'argument du boycott par la presse bourgeoise pour justifier le manque d'impact de nos positions ne tient pas : à l'époque de la Guerre du Viet-Nam, le boycott était
beaucoup plus effectif.


Je crois plutôt que nos camarades sont liés aux pattes par la peur de voir les talbans gagner. Ils feraient mieux, à l'instar d'André Gerin, de s'occuper des talibans français. Sachant que c'est
l'armée américaine qui va mettre en selle en fin de compte ses "bon talibans", comme en Arabie Saoudite.


Sur l'évolution du monde musulman certains signes positifs indiquent d'ailleurs une forte remontée des forces marxistes dans cette région du monde.