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Réveil Communiste

« Rentrons dans la bagarre auprès du peuple Chinois ! »

13 Décembre 2007 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Chine

Compte-rendu très partiel du café politique organisé par les communistes du XXe arrondissement le 18 novembre 2007 au « Lieu-dit ».

Beaucoup de choses se sont passées depuis, et les notes que j’ai prises ce jour-là me semblent un peu maigres, mais je vais essayer de retrouver certains éléments. Pardon de ne plus pouvoir attribuer à chacun les propos qu’il a tenus.
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***
Dominique Bari, journaliste à L’Humanité spécialiste de l’Asie, revenait d’un reportage en Chine à l’occasion du congrès du Parti Communiste Chinois. Yves Dimicoli, économiste et communiste, a participé à la dernière délégation du PCF en Chine, en décembre 2004. Serge Senez est libraire spécialisé dans la Chine. Un étudiant chinois, présent dans la salle, a pris place à leurs côtés à la fin de la rencontre pour donner son point de vue.

Le thème du débat était : « Où va la Chine ? Capitalisme ou socialisme ? »

Il a bien sûr été question de démocratie.

Avec une campagne virulente comme celle de Reporters Sans Frontières, comment pourrait-il en être autrement ?

Les intervenants ont rappelé les raisons historiques de la politique internationale chinoise. Les puissances coloniales ont tout fait pour démanteler la Chine depuis le milieu du XIXe. La présence des concessions et la longue occupation japonaise expliquent la volonté de la Chine de retrouver et d’affermir son intégrité territoriale. Le Tibet joue évidemment un rôle stratégique dans ce cadre.

La vie démocratique institutionnelle est difficile à mesurer à l’aune de nos critères occidentaux. Le Parti Communiste Chinois se veut le représentant de tout le peuple chinois. Des sensibilités politiques très diverses, qui vont du libéralisme au gauchisme, s’expriment à l’intérieur du Parti et dans les journaux. Pour la première fois en 2007 la liste des délégués au congrès a été publiée avant les débats. Par ailleurs, les grèves et les manifestations se multiplient dans tout le pays, même si elles restent très locales pour le moment. Les principaux problèmes restent le fait que les lois ne sont pas toujours respectées sur tout le territoire et surtout la corruption de certains dirigeants. Mais le Parti Communiste Chinois travaille aussi à la résolution de ces problèmes.

La peine de mort est aujourd’hui l’objet de débats dans les journaux. Dominique Bari fait remarquer que cela n’aurait pas été concevable il y a seulement dix ans.

Il a aussi été question d’économie.

De ce point de vue également, les dirigeants chinois se distinguent par leur volonté de ne pas se laisser dominer. C’est pourquoi la Chine cherche à refuser l’hégémonie des États-Unis et des multinationales.

Cela est d’autant moins facile que la Chine ne veut pas nier le marché, comme le montre bien la politique qu’elle a menée ces dernières années. Elle ne veut pas connaître le même processus que l’URSS. Mais les chinois veulent trouver les moyens de maîtriser le marché et de gérer autrement les entreprises.

La Chine rencontre des difficultés aujourd’hui. Elle souffre en particulier d’un problème massif de chômage et de sous-emploi. En 2006, seuls douze millions d’emplois ont été créés, alors que trente-huit millions étaient nécessaires. Cette situation est liée à la pression des exigences capitalistes et au fait que la Chine est obligée pour se développer aujourd’hui de servir d’atelier au monde.

La croissance extrêmement forte du pays est désormais source d’inquiétude pour les dirigeants chinois. Il apparaît donc qu’il n’est plus possible de se contenter d’accepter le marché et de vouloir simplement en corriger les effets au moyen de l’État. Il est nécessaire, encore une fois, de trouver les moyens d’une véritable maîtrise du marché. S’ils y parviennent, grâce à leur volonté de ne pas se laisser dominer, les chinois ouvriront une voix économique tout à fait nouvelle. Dans l’immédiat, le Parti Communiste Chinois a décidé de travailler tout particulièrement au développement des campagnes.

Pour réussir, la Chine a besoin de coopération. L’Union Européenne et les pays d’Amérique du Sud pourraient jouer un rôle important pour l’aider à refuser l’hégémonie des États-Unis et des multinationales. Quant à nous, communistes français, nous devons, si l’on en croit Yves Dimicoli : 1. Ne pas tomber dans les simplismes, surtout quand les sources d’information peuvent être biaisées. 2. Nous garder de toute approche en termes de bilan positif ou négatif, 3. Chercher à « rentrer dans la bagarre avec le peuple chinois ».

Il ne s’agit pas, bien entendu, de faire de la Chine un nouveau modèle. Mais il s’agit de dire qu’il est nécessaire de dialoguer avec un pays qui cherche à trouver les moyens d’une économie non-capitaliste et de soutenir ce pays dans sa lutte pour l’autonomie et la maîtrise de son destin.

(Compte-rendu rédigé par Olivier le 13 décembre 2007.)

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olivier imbert 16/12/2007 18:21

le problème c'est que les luttes de classes sont publiques et sociales et médiatiques et politiques; et que côté contrôle technocratique ou management manipulateur des humains les enseignements peuvent être réciproques dans le sens de la liberté individuelle comme dans le sens d'un controle pour la sécurité des personnes, tant qu'il y a Etat du moins et que le pluralisme en terme de partis ne garantit ni la liberté individuelle ni la sécurité des personnes par essence non plus.Olivier Imbert.

gq 15/12/2007 12:30

Sur la Chine, un simple point, si socialisme il y a là-bas, c'est une variété très technocratique. Nous aimerions qu'il y a ait de la lutte des classe sur la place publique, et pas simplement dans les statistiques de congrès du PCC. Alors, bien entendu, les donneurs de leçons, on en a rien à faire ici, mais d'une maière générale une des tares du socialisme réel (sans guillements) c'est bien le manque d'autonomie de la classe ouvrière et la manie de tout controler. GQ

imbert olivier 15/12/2007 11:35

merci à Olivier Ritz pour ce compte rendu qui me fait regretter de n'avoir pas été avec vous sur ce café politique qui me semblait digne d'un réflexion politique raisonnable contrairement à ce qu'on entend habituellement. Mais je crois nécessaire d'en dire encore d'avantage. Il apparaît qu'en Chine les entreprises et les services sont largement plus publiques et collectives que n'importe où ailleurs dans le monde capitaliste; et que l'espérance de vie atteind maintenant le niveau des puissances capitalistes développées nettement supérieure à celle de l'inde soi-disant plus grande démocratie mondiale et où les partis communistes sont aussi dans les gouvernements locaux et regardent tant la chine que le vietnam ou cuba come des inventeurs de politiques rationnnelles et socialisantes. Il y a lutte de classe et acroissement des inégalités, mais tentative de résister avec autoritarisme limité à l'exode rurale, ce qu'aucune puissance industrielle n'avait réussi à ce point; les services banquaires sont largement plus nationalisés et expriment un contrôle scientifique et démocratique qui conduit à limiter plus encore qu'en occident avec la banque mondiale l'irrationlité des mouvemnt d'un marché privé même avec les conquêtes techniques des monétaristes; donc je ne vois pas pourquoi l'alter-mondialisme ne prendrait pas des leçons de politiques sociales et économiques de la part des communistes chinois de droite ou de gauche tout autant qu'il prétendrait en donner en faisant des gestes d'horreur économiques absurdes puisqu'en rélité par rapport aux altermondialiste indiens ou brésiliens cela signifie beaucoup de vies sauvées et beaucoup de femmes s'émancipant beaucoup de jorus de rtt ou de congés payés conquiis y compris maintenant en Afrique, même du sud; je pense qu' au Darfour il vaut mieux les communistes chinois entreprenariaux que josé bové et medécins du monde! salut communiste etfier qu' à tien an men les doritiers aient été battus en 1989...Olivier Imbert.

Olivier 14/12/2007 12:36

Voilà un commentaire intéressant !On voudrait bien en savoir plus sur la Roumanie aujourd'hui et sur ses difficultés. On a l'impression, à lire ce message, que tous ceux qui sont nés avant 1989 (même ceux qui sont nés en 1988 ?) ont les gènes de la paresse et de la malhonnêteté, un peu comme les fonctionnaires et les cheminots français. Faut-il donc penser que le capitalisme est naturellement verteux, mais qu'on ne peut rien faire avec les dégénérés de la période socialiste ?Ce genre de message est très fréquent sur internet, dès qu'un site parle du communisme. Il n'y a qu'à lire les commentaires sur les sites de la presse bourgeoise lorsqu'il est question du PCF... Ils témoignent d'une très grande bêtise et d'une foi aveugle et dangereuse. Ne pas chercher à trouver au plus vite les moyens de maîtriser l'économie et d'arrêter la course au plus fort taux de profit à plus court terme est parfaitement irresponsable.

Regine 14/12/2007 11:24

je vis en Roumanie depuis maitenant 7ans et je constate chaque jours tous les effets negatifs du regime communiste , meme apres toutes ces annees ,toutes les personnes nees avant 1989 sont plus ou moins contaminees et leur comportement dans la vie actuelle est deplorable , combines , systeme D, corruption a tous les niveaux, etc... en un mot j'espere que le communisme ne se reveillera pas !