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Réveil Communiste

Guerre en Ukraine : des parallèles historiques et de leur utilisation par la propagande occidentale

15 Mai 2022 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ukraine, #Russie, #Ce que dit la presse, #Front historique, #Europe de l'Est, #GQ

Guerre en Ukraine : des parallèles historiques et de leur utilisation par la propagande occidentale

 

Des parallèles historiques légitimes avec la situation actuelle et d’autres invalides
 

La Guerre d’Hiver (Finlande, 1939 – 1940)

Le monde des médias et des bien-pensants occidentaux s’est enflammé pendant la Drôle de Guerre pour la « petite et courageuse Finlande attaquée par l’ours russe », jusqu’à vouloir intervenir militairement alors que Français et Britanniques étaient déjà en guerre en théorie – mais sans réels combats- avec l’Allemagne nazie. Et les motivations de Staline à l’époque, à savoir créer un glacis défensif pour couvrir Léningrad, étaient très comparables à celles actuellement avancées par la Russie. Ainsi que son mépris pour les réactions scandalisées de l’opinion publique des pays riches. Les Russes l’ont d’ailleurs emporté mais l’ont perdue en terme d’image ce qui est un risque qu'ils ont pris aujourd'hui.

Budapest 1956

En 1956 la révolte nationale hongroise considérée comme inacceptable pour le glacis stratégique soviétique en Europe de l’Est a été écrasée par l’Armée rouge après avoir été encouragée de manière irresponsable et cynique par les médias et les services secrets occidentaux. Les insurgés sont rapidement tombés sous le contrôle des restes encore frais du fascisme hongrois génocidaire de 1944, et se sont engagés dans une campagne de lynchage et de massacre des communistes, tout en produisant vers l’extérieur un récit à géométrie variable, destiné à divers publics occidentaux et notamment aux gauchistes. Du coup Budapest, contre-révolution lancée par un précurseur postcommuniste de Gorbatchev et rapidement contrôlée par l’extrême-droite, reste encore aujourd’hui un mythe gauchiste, une des éphémères « républiques des conseils«  qui n’existent que dans leurs rêves. Il y a des similitudes avec la situation ukrainienne, illusions gauchistes comprises mais celle-ci s’étend sur plusieurs années au lieu de quelques semaines. L’affaire ukrainienne a commencé en fait en avec le mouvement de la place Maidan, et le coup d'État antirusse qui s'en est suivi en 2014.

Un célèbre roman pour adolescent, « j’ai quinze ans et je ne veux pas mourir » est situé à Budapest, et les enseignants bien-pensants qui le font lire à leurs élèves ne manquent jamais de dire que le récit se place en 1956. En fait c’est pendant le siège par l’armée rouge en 1945 de la ville qui était encore aux mains des nazis furieux des Croix Fléchées.

Accords de Munich de septembre 1938

A chaque campagne belliciste de l’OTAN on entend dire que ceux qui s’y opposent seraient des munichois. Il s’agit d’une reprise du narratif historique de l’entrée dans la seconde guerre mondiale tel qu’il est construit par l’historiographie bourgeoise.

La catastrophe se serait produite en 1939 parce qu'on aura cherché à apaiser Hitler par « faiblesse des démocraties » à Munich en septembre 1938. Et non pas parce que la bourgeoisie française et britannique n’avait aucun véritable conflit politique avec Hitler, qu’on aurait simplement préféré lancer contre l’Union soviétique comme on croyait plus habile de le faire que le combattre.

Il est vrai que ces accords se sont retournés contre la France et la Grande Bretagne dont ils ont ruiné la crédibilité : ils ont conduit à la décision soviétique de signer le pacte de non-agression avec l’Allemagne le 23 août 1939 et ouvert la porte à l'invasion de la Pologne.

Se référer à Munich pour stigmatiser les adversaires de la guerre signifie sans qu’on s’en rende toujours bien compte qu’on adopte une position belliciste. Appliquer cette métaphore à la situation actuelle est un appel à l’action militaire préventive. Ce qui est exactement ce que Poutine est en train de faire. C’est peut être bien lui qui a choisi de ne plus apaiser un adversaire expansionniste, à savoir l’OTAN. Car il partage avec ses adversaires les présupposés psychologisants de l'histoire bourgeoise.

Tout adversaire de l’Occident est systématiquement, dans la propagande monochrome des médias occidentaux pourtant pluriels et divers, portraituré en Hitler.

En 1938 la Tchécoslovaquie était un allié proche de la France, une pièce clef de la stratégie française pour dissuader l’Allemagne d’attaquer la France. Les munichois ont non seulement trahi un allié mais ils ont aussi trahi la France en ruinant sa défense stratégique. Aujourd’hui il n’existe aucun traité signé entre la France et l’Ukraine, pays qui ne joue aucun rôle direct ou indirect dans sa sécurité. Ce pays veut par contre intégrer l’OTAN qui est une alliance activement hostile et mobilisée contre la Russie, c’est même sa raison d’être, et qui l’a invitée.

Contrairement au récit de la propagande nazie, les Allemands de la région des Sudètes, en Tchécoslovaquie, n’étaient ni maltraités ni discriminés. Par contre aujourd’hui Russes et russophones sont activement et brutalement persécutés en Ukraine. Aucun de ces problèmes n'existaient au temps où les deux États faisaient partie de l'Union Soviétique.

Trouver un accord avec la Russie qui n’est pas un adversaire stratégique contrairement à l’Allemagne de 1938 ce n’est donc pas une faiblesse qui conduit à la guerre mais un signe d’indépendance qui peut contribuer à la paix.

Crise des fusées de Cuba , octobre 1962, parallèle beaucoup plus adéquat.

La situation actuelle ressemble à ceci : Les Russes sont dans la position qu’auraient occupés les Américains en 1962 si les Soviétiques n’avaient pas renoncé in extremis à implanter leur fusées à Cuba. Les seconds auraient en représailles envahi l'île non sans rencontrer une forte résistance. Car l'intégration de l'Ukraine à l'OTAN est bien une affaire de fusées et d'ogives nucléaires et signifie que la totalité de l'arsenal nucléaire occidental peut être positionné à cinq minutes de vol de Moscou.

Brigades internationales (guerre civile espagnole, 1936 à 1938 et autres cas)

On entend des gens suggérer des brigades de volontaires internationaux pour combattre aux cotés des Ukrainiens. Il y a un précédent historique effectivement assez proche : l’envoi de volontaires par les nazis scandinaves pour aider la Finlande face à l’invasion russe de la Guerre d’Hiver. En ce qui concerne les Brigades internationales de la République espagnole, il y a aussi une comparaison valable : des centaines de combattants se sont rendus dans le Donbass en sécession de Kiev pour aider les habitants à repousser les nazis du bataillon Azov et d'autres groupes armés à partir de 2014 ; ces volontaires sont soit des communistes plutôt staliniens, soit des conservateurs, souvent d’anciens militaires, adhérents au discours poutinien sur les « valeurs traditionnelles ».

Par contre il n'y a rien de comparable dans le camp de Kiev aux Brigades internationales recrutées pour défendre la république espagnole contre le fascisme, principalement composées de militants communistes et de réfugiés antifascistes provenant du monde entier, et sous commandement communiste avec aide de conseillers soviétique. Il est vrai que les récits scolaires présentent aujourd'hui ces combattants comme des défenseurs de la démocratie parlementaire dont ils faisaient trsè peu de cas, et non du socialisme.

L’extrême droite suprématiste et raciste mondiale est quant à elle tombée amoureuse de l’Ukraine issue du coup d’État du Maidan en 2014 qui a réhabilité Bandera et les SS ukrainiens exterminateurs de juifs, de communistes, de polonais, etc. et des centaines de volontaires et de mercenaires de cette tendance ont afflué et combattent aujourd’hui contre les Russes et les habitants du Donbass.

Mais en réalité chaque situation est unique. L’Ukraine actuelle, gouvernée par des mafieux et des gangs armés issus des clubs de supporters de foot fascistes et en fait dirigée de l’extérieur par les États-Unis qui ont investis des milliards de dollars dans ce pays ruiné par le transition au capitalisme à seule fin de le détacher de la Russie, en proie à une anarchie sanglante et à une guerre civile de basse intensité depuis huit ans ressemble de plus en plus à un Afghanistan ou à une Syrie, implanté par la perversité de l’impérialisme au cœur de l’Europe.

Les buts de guerre affichés par la Russie en Ukraine, prendre le contrôle du pays pour le démilitariser et le dénazifier sont donc parfaitement plausibles. Qu'elle se les soit fixés malgré le coup très élevé que ça lui coûte en terme d'image et de la sortie du cadre protecteur du droit international signifie que ses dirigeants ont conclu de l'attitude de l'OTAN qu'ils allaient faire face à courte échéance à une menace existentielle.

La seule réponse de l'Occident consiste à spéculer sur l'état mental de Poutine. Il faudrait être fou ou pervers ou les deux pour résister à l'Empire du bien.

GQ 27 février 2022, relu le 15 mai

 

 

 

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L
Je voudrais rajouter une chose, l'invasion de l'Ukraine par Poutine a surement des fondements impérialistes, et la dénazification n'est sûrement qu'un prétexte. Mais tant qu'à faire des parallèles historiques, je voudrais rappeler les réelles motivations du débarquement de Normandie par les Anglo-Américains, il n'avait pas pour but premier de libérer l'Europe du joug du nazisme, mais surtout d'empêcher l'URSS d'avancer trop à l'ouest. D'ailleurs les États-Unis ségrégationniste n'était pas vraiment des anti-nazi acharnés, ce n'est d'ailleurs même pas eux qui ont pris l'initiative de la guerre contre l'Allemagne, ce sont les Allemands qui l'ont fait pour tenter d'entraîner le Japon dans sa guerre contre l'URSS.
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B
Sur le paragraphe <br /> « Et les motivations de Staline à l’époque, à savoir créer un glacis défensif pour couvrir Léningrad, étaient très comparables à celles actuelles de Poutine. Ainsi que son mépris pour les réactions scandalisées de l’opinion publique des pays riches. Les Russes l’ont d’ailleurs emporté mais l’ont perdue en terme d’image ce qui est un risque qu'ils ont pris aujourd'hui »<br /> <br /> Il n’y a rien de comparable !! en effet hier lorsque l’URSS bolchévik tentait de créer un glacis défensif pour couvrir Léningrad elle menait un combat à mort contre le fascisme qui n’avait qu’un but, à savoir éradiquer le système socialiste, c’est à dire la propriété commune des moyens de production associée au pouvoir des travailleurs. Et Staline et son gouvernement n’avait qu’un objectif, celui de la défense impitoyable du bien être des populations composant les Républiques de l'Union soviétique, qui étaient une union multinationale d'États égaux .<br /> <br /> Aujourd’hui, d’accord avec vous sur le fait que « Mr Poutine et ses services - ont conclu de l'attitude de l'OTAN qu'ils allaient faire face à courte échéance à une menace existentielle » menace non imaginaire, c’est certain. <br /> MAIS cette campagne militaire russe est la matérialisation d’ une confrontation impérialiste à mort pour l'hégémonie des parts de marché juteux !!! ( les ricains font le forcing pour vendre leur gaz liquéfié issu du schiste, qui sera vendu au prix hyper fort et bien sûr, au détriment des prolétaires et populations qui tentent de survivre vaille que vaille !!!!! Relire sans faute le petit livre de Lénine «  L’impérialisme, stade suprême du capitalisme » !!!!!!!!!!!!!!<br /> Le confort des peuples, aussi bien du continent russe que le confort du peuple Ukrainien, c’est le cadet des soucis de Mr Poutine et autres capitalistes !!<br /> <br /> Quant au fait que Mr Poutine se justifie en clamant que l’un des objectifs de cette confrontation des impérialismes rivaux est la dénazification du gouvernement Ukrainien et de son armée, il faut vraiment être niais pour y croire.<br /> Tout d’abord les discours de Mr Poutine aux peuples de la Fédération de Russie sont une attaque hystérique anti communiste et anti soviétique, tout comme les discours de Hitler et ses copains assassins qui appelaient à exterminer les communistes bolchévik Soviétiques !!!! il ne faut pas s’en étonner car le modèle préféré auquel se réfère Mr Poutine est Yvan Ilyin, un philosophe conservateur extrêmement réactionnaire, qui a fui en Europe après la révolution d’Octobre 1917 !! Ilyin était l'idéologue d'une organisation telle que le ROVS, qui recrutait des volontaires pour le soi-disant "Corps russe" - une formation de fascistes russes nazis qui a combattu aux côtés du Troisième Reich. Ilyin a ouvertement chanté le fascisme et les régimes fascistes, et son rêve chéri était la destruction de l'URSS qu’il désignait sous le vocable «  infection rouge »<br /> <br /> Mr Poutine s’incline annuellement devant sa tombe !! tout comme Mitterand s’inclinait et fleurissait la tombe du traître Pétain !!!!! Et le drapeau de l’actuelle Russie capitaliste est le sinistre drapeau du traître Vlassov !!!!! Et de très nombreux monuments glorifiant les combattants bolchévik et soldats de l’Armée Rouge sont OFFICIELLEMENT DETRUITS et remplacés par des monuments glorifiant des fascistes russes ayant combattus aux côtés des Atamans et autres russes blancs et du 3ème Reich nazi.<br /> <br /> Donc, en évaluant les objectifs de cette guerre il faut, surtout, garder à l’esprit qu’il s’agit d’une confrontation impérialiste à mort et que le prétexte de dénazification est un slogan pour les imbéciles heureux.<br /> <br /> Je suggère la lecture attentive du livre de l’historienne Annie Lacroix Riz qui répond en terme de classe à tous les arguments ???? qui sont soulevés.
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R
L'histoire a parfois de ces ruses...