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Réveil Communiste

Notes sur la vanité du jeu politique interne au PCF

30 Octobre 2016 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Réseaux communistes, #Congrès du PCF depuis 2008, #CN du PCF, #élection 17

Notes sur la vanité du jeu politique interne au PCF
La fête de l'Huma a donné un nouvel aperçu de ce vide, où l'on a vu la plupart des militants qui s'expriment dans les médias se laisser tranquillement canaliser vers un vote PS au second tour. Voici ce que nous écrivions au moment du congrès qui a eu lieu paraît-il à Aubervilliers en juin dernier sans que personne ne s'en aperçoive. Il est vrai qu'il y avait mieux à faire dans la rue alors. (Maintenant, le seul objectif du groupe dirigeant semble être de chercher à secourir un PS en perdition avec ses maigres forces, tandis que l'opposition s'égosille à réclamer une "candidature communiste" de confusion (ndrc 30/10/2016)).
 
Les congrès du PCF sont des impasses politiques. Après plus de dix ans d'expérience de la question, j'en suis venu à penser que la participation aux congrès du PCF aboutit quelque soit le contenu du débat à renforcer la légitimité identitaire du groupe dirigeant ultra-droitier et inamovible, tout en s'éloignant du débat public pour plonger dans un entre-soi militant où l'on se sent en sécurité à l'abri du regard du prolétariat réel.
 
C'est donner tête baissée dans un piège. Le congrès du printemps 2016 produit une répétition de la situation de 2013 avec les mêmes groupes oppositionnels marginalisés dans le parti et hostiles entre eux, qui rejouent la partie perdue depuis 2003 (dont le XVème, La Riposte, le groupe autour de la section de Vénissieux que j'ai soutenu en 2008 et 2013), qui ont perdu leurs dirigeants historiques (Grémetz, Gerin, Henri Alleg, etc), et dont la stratégie semble s'épuiser dans la production de textes dont le contenu est forcément excellent, mais dont l'objet fait question. Ces groupes refusent les tendances au nom du centralisme démocratique, mais ils constituent objectivement des tendances. Le centralisme démocratique devient dans ces conditions un pur fétiche qui sert à justifier les chamailleries, l'inaction et le refus des clarifications et de la prise de risque.
 
Persévérer à contre courant dans ses idées de longues années est louable, mais non persévérer à reproduire des tactiques qui ratent à chaque fois ! On pourrait penser que tout ce qui renforcerait un courant révolutionnaire dans le PCF serait bon à prendre, mais si c'est pour dévoyer les énergies vers des querelles qui paraitront vues de l'extérieur infantiles et byzantines, c'est un mauvais calcul.
 
Ce que devraient faire les communistes dignes de ce nom, c'est un congrès pour fonder un nouveau "parti prolétarien révolutionnaire" (qui ne porterait évidemment pas un tel nom connoté gauchiste), avec les éléments sains des divers groupes communistes, dont le PCF. Le signifiant "communiste" en tant que tel n'est évidemment pas un critère suffisant pour sélectionner ces éléments. Leur caractère sain se verra dans leur pratique.
 
La section de Vénisieux aurait pu engager une dynamique dans cette direction, dans et hors le PCF, mais elle ne l'a pas fait. D'où l'enlisement de tentatives comme le réseau interne "Faire vivre et renforcer le PCF", ou hors parti "les Assises du communisme". Responsabilité partagée il est vrai avec les groupuscules qui ont freiné des quatre fers pour garder un contrôle illusoire sur ce mouvement à peine esquissé.
 
GQ, 13 mars 2016
 
PS le 10 mai 2016 : les résultats du vote interne sont exactement ceux que j'avais prévu. Le texte vénissian a obtenu 12% ( plus 1%, victoire!).
 

Rappel de décision du 15/12/2014 :

"Réveil Communiste" ne publiera plus à l'avenir de compte rendu d'intervention au CN du PCF, car il est contreproductif de faire croire que ce lieu est un réel forum de discussion et d'expression démocratique. Les membres du CN représentant l'opposition y sont neutralisés et finissent par servir de faire valoir pseudo-démocratique, tandis que leurs interventions ne sont jamais rapportées ni commentées dans les médias liés au parti. Le PCF dans la mesure où il existe encore est maintenant très majoritairement animé par des cadres qui ont été formés à l'image des idées du groupe dirigeant postcommuniste, et dont l'idéologie se situe quelque part dans ce qu'on appelait autrefois le marais, ou le "centre-gauche", avec un vernis bariolé postmoderne et il ne va pas changer de sitôt, s'il change jamais. Il peut survivre dans cet état encore cent ans, en appoint du PS, comme l'a fait le parti radical. Comme on dit, on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif. Mais on peut aussi décider de cesser de servir de caution. En 2014, certains militants oppositionnels du PCF auraient bien voulu boycotter les européennes, mais il ne l'ont pas osé pour préserver leur chances d'intervention dans ce cénacle, notamment à l'occasion de la conférence nationale du 8 novembre 2014 que l'Univers attendait avec impatience. Maintenant qu'elle est passée, on a vu. C'est à dire que comme d'habitude on n'a rien vu.

GQ 15 décembre 2014

 

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morvan 30/10/2016 08:39

Puis-je, en tant qu'encartée nulle part, et probablement béotienne/ignare quant aux arcanes particulières des congrès du PCF, mentionner combien la lecture de cet article me rapporte tout droit au peu que je sais, de même, des congrès du PS depuis lerche : il me semble que, dans ces congrès PS, ont été au fil du temps proposées avec constance des motions "aile gauche" parfaitement "présentables"quant à leur identification GAUCHE, et qu'elles ont par ailleurs été notamment défendues par un certain Mélenchon, (dont il me souvient un enregistrement d'intervention, par lequel il exhortait les congressistes avec un (approximatif) : "mais enfin camarades, vous n'allez pas dire que vous êtes encore dans la caricature du communiste le couteau entre les dents"). Le Mélenchon en question, après 30 ans d'efforts me semble-t-il constants, a fini par quitter un parti PS - absolument opposé à honorer son label GAUCHE d'un congrès l'autre-, et à rechercher des partenaires moins allergiques audit label. Si je poursuis sur l'erre actuelle, en base de mes "connaissances" très frustres, et toujours bien sûr ignorante des petits détails qui ont sans doute tué là comme ailleurs au fil des temps, un petit paquet de membres, et non des moindres, du PCF, reproche toujours à ce Mélenchon là d'avoir été "traître" au parti PS, je résume. ? J'ai bien compris le déroulé, ou je suis à côté de la plaque, en voyant dans cet historique sommaire une identité prospective d'avec les propositions stratégiques de l'article de G. Questiaux ?

Réveil Communiste 30/10/2016 09:59

Mélenchon a longtemps joué le rôle de pseudo-gauche du PS, puis il a fini par prendre son rôle au sérieux, à faire campagne de façon très énergique pour le "non" en 2005, puis il a quitté le PS, et il a réussi à ne pas se faire marginaliser, ce qui se passe en général dans ce cas.

luc 05/05/2016 09:56

Bonnes analyses comme souvent avec GC.
Je le comprends car né en 1959,prof du secondaire,j'ai été à la JC et au PCF où je suis encore depuis 1974.........

GQ 14/03/2016 09:18

Les congressistes ont une tradition qui confirme inconsciemment la vanité totale des débats auxquels ils ont participé : à la fin du congrès avant d'aller faire la fête ils réduisent en confetti tous les textes sur lesquels ils se sont laborieusement penché et dont ils ont disputé chaque virgule, grimpent sur les tables et jettent tout ça en l'air

GQ 16/12/2014 07:48


Toute règle a ses exceptions, et ces interventions sont intéressantes en soi, les interventions précédentes resteront en ligne, mais RC n'alimentera plus une rubrique spécifique "CN du PCF".