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Réveil Communiste

Le mouvement révolutionnaire et les lois du mouvement historique.

22 Novembre 2016 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Théorie immédiate

Timbre d'une lettre de loin.

Timbre d'une lettre de loin.

Pour le capitalisme, dans l’histoire, « le mouvement est tout, le but n’est rien ». Mais l’expérience historique semble bien prouver qu’en l’absence d’un but, tout mouvement progressif cesse, voire même que le char de l’histoire se met à dévaler la pente à reculons.

L’histoire est donc orientée vers un but. Sinon elle n’est que ce « récit plein de bruit et fureur, raconté par un fou, à l’intention des idiots » dénoncé par Shakespeare par la voix de Mac Beth.

Le matérialisme historique trace sa route à travers les siècles de l’histoire humaine et la décrit à grandes enjambées. Marx, dans l’Introduction de 1859 à la Critique de l'Économie Politique, à lire ici : , Marx et Engels dans le Manifeste du Parti Communiste (1847), Staline, dans Matérialisme Historique et Matérialisme Dialectique (1937), ou Gramsci, dans les Cahiers de Prison, par exemple au cahier N°16 article 26, à chaque fois par le moyen de textes brefs et clairs ; on essaiera ici de faire de même.

L’histoire de l’humanité est très courte et la préhistoire en représente 99% : un ou deux millions d’années depuis les premières ébauches d’outil par un être qui n’est pas encore humain par son apparence, 400 000 ans depuis l’utilisation du feu qui le singularise dans le monde animal et le propulse en haut de la chaine alimentaire, comme prédateur sans prédateur, mais 100 000 ans d’existence au plus pour l’espèce humaine dans sa forme actuelle, l’homo sapiens-sapiens. En analysant l’ADN et l’ARN humains, les généticiens auraient démontré que tous les membres de l’espèce descendent de quatre individus (de sexe féminin) qui auraient vécu il y a 75 000 ans. Dans sa plus longue extension temporelle, l’humanité n’a existé que pendant 0,05 % de la durée d’une planète de 4,9 milliards d’années et 0.02% de celle d’un univers de 13,5 milliards d’années d’âge.

Mais l’histoire proprement dite est bien plus courte encore : elle se met en place soudainement comme temporalité irréversible avec l’invention de l’agriculture, quand l’espèce humaine sort de la soumission à la nature en devenant apte par l’organisation sociale à produire ses aliments, et non simplement de les recueillir dans le milieu ambiant. Cette réserve alimentaire conservée sur l’année, étendue bientôt à d’autres ressources, est aussi l’invention de la richesse, épargnée et cumulée, et le début d’une modification cataclysmale, en termes de vitesse relative, du milieu naturel. Car dix mille ans ne sont à l’échelle du temps géologique qu’un instant.

8000 ans sont passés depuis l’invention de l’agriculture, 5000 depuis l’invention de l’écriture, 2500 ans depuis le commencement grec de la pensée rationnelle qui sépare la science et l’histoire du mythe, 576 ans depuis le premier livre imprimé, 250 ans au plus depuis la révolution industrielle, 111 ans depuis le premier avion, 71 ans depuis la bombe atomique, 47 ans depuis la mise au point du réseau Internet.

Les choses se précipitent et il y a incontestablement une accélération de l’histoire humaine, et une direction au devenir historique. Le sens de l’histoire, qui est clairement lisible a posteriori, il n’y a aucune raison qu’il commence à s’égarer maintenant, après avoir poursuivi sa tendance de progrès pendant tant de siècles, et il n’y a donc aucune raison de supposer qu'à partir de maintenant survient la fin de l’histoire, mais ce n’est pas indifférent que cette fin ait été proclamée partout à son de trompe au moment de la destruction de l’URSS, il y a quelques vingt-cinq ans.

Cette tendance incontestable vers un progrès multiforme de l’humanité est en soi une énigme. La pensée dominante non seulement ne donne pas d’hypothèse sur la solution de cette énigme mais interdit même de la formuler, ou alors seulement sous forme de mièvrerie métaphysique, de sophismes théologiques et de pacotille New Age. Non qu’il soit désagréable de bavarder de métaphysique, mais contrairement aux apparences il s’agit ici d’une question urgente et pratique de toute première importance.

Cette direction de l'histoire se voit dans les faits les plus évidents : l’humanité est toujours plus nombreuse, plus instruite, échappe toujours davantage à la nature et à ses fléaux. Si l’homme individuel est reconduit après une vie plus longue que celle de ses ancêtres devant le déclin de l’âge et la mort, son espèce échappe à ce cycle (quitte à accumuler des menaces globales à court terme, qui ne sauraient être résolues sans davantage encore de progrès). Le plus misérable des habitants de la terre dispose potentiellement de richesses dont ni Louis XIV ni Napoléon n’auraient pu rêver pour eux-mêmes, et manipule des objets techniques qu’ils n’auraient même pas pu imaginer. L’humanité, envisagée à l’échelle séculaire, est aussi de plus en plus démocratique dans les divers aspects du concept et maitrise des champs de plus en plus divers. Le recours direct à la violence est de plus en plus illégitime. L’esclavage disparait. L’arbitraire recule. Aucun doute n’est possible : le progrès existe. Mais il ne vient pas tout seul : la recherche de nouveaux moyens techniques est animée par l’effort conscient et opiniâtre, bien que parfois exprimé dans un langage métaphysique issu du passé, d’améliorer la condition humaine en commençant par sa base matérielle. Et lorsque cet effort conscient cesse les régressions sont brutales et terrifiantes.

Le matérialisme historique a déterminé la succession dans l'histoire de quatre modes de production, chacun étant supérieur au précédent, en quantité et en qualité : communisme primitif (dont le nom n’est plus très pertinent au vu des progrès de l’anthropologie, mais qui montre au moins l’absence de la marchandise et de l'État à ce stade), correspondant à peu près au néolithique. Puis : le mode de production esclavagiste (Antiquité classique), le mode de production féodal (Moyen Âge européen et japonais), et le mode de production capitaliste pour l’époque contemporaine ; l’époque moderne de 1400 à 1750 environ correspond à peu près à une transition progressive entre les deux derniers modes de production ; c’est aussi le moment du décollage européen des techniques simples, de la science rationnelle, de la technologie militaire, et de l’administration d’État qui prépare la révolution technologique et industrielle, qui commence vers 1750 en Angleterre, une révolution continue, et qui continue toujours.

Le mode de production capitaliste peut lui-même être subdivisé : capitalisme libéral, impérialiste, monopoliste (avec des anticipations de socialisme), et rechute néo-libérale et néo-impérialiste du capitalisme mondialisé actuel.

Le passage à chaque nouveau mode de production provoque simultanément une amélioration de la production générale, de la production par tête, une extension démographique considérable, mais aussi un renforcement de l’exploitation, et de son corrélat idéologique, moral et mental, l’aliénation. L’exploitation est toujours plus intense, et elle est aussi toujours mieux dissimulée par l'idéologie dominante, au point de devenir invisible à première vue dans les rapports sociaux, l’œil nu, dépourvu de la théorie critique, ne pouvant ou ne voulant plus la voir dans le salariat, rapport d’exploitation maquillé en transaction équitable. Exploitation invisible sans doute à l’intellect, mais durement ressentie par le corps (si l’intellect n’en fait pas partie). Enfin on peut remarquer que des innovations d’un mode de production développent toutes leurs potentialités dans le mode de production suivant : ainsi la monnaie et la marchandise, apparues dans l’antiquité, le salariat et la société par action, apparus à l’époque féodale, caractérisent le fonctionnement du capitalisme pleinement développé. Il est douteux que ces institutions de la société humaine toujours plus complexe, qui sont aussi des instruments de la production et des échanges disparaissent totalement dans le mode de production suivant. Elles continueront d’exister au sein du mode de production socialiste, avec un rôle différent.

A cette suite orientée qu’il n’est pas sérieux de mettre en doute, il faudrait ajouter un mode de production asiatique, ou hydraulique, ou « impérial » à cause de l’importance essentielle que joue l’administration de l’État, confondue avec la religion officielle, ainsi dès l’Antiquité en Égypte au Pérou ou en Chine, pour organiser économie et écologie dans le but de protéger et de nourrir une population très abondante pour l’époque. Ce mode de production vient se greffer à divers moments du développement historique comme une branche divergente sur le tronc commun, et souvent comme une impasse et une stabilisation de l’histoire. Il présente parfois des anticipations étranges du socialisme, dans ses moins bons cotés, comme celui de la tendance à la stagnation, ou en tout cas d’un « État providence » avant la lettre. Le mode de production impérial n’est pas la seule vicissitude rencontrée par le progrès dans sa marche en avant. On peut aussi noter parfois des régressions vers des formes caractéristiques d’un mode de production antérieur (ainsi la réintroduction de l’esclavage dans le mode de production féodal à l’époque moderne, dans les colonies, et celle du servage en Europe de l’Est). Mais le mode de production dit «asiatique » se caractérise aussi par une volonté politico-religieuse de stabilisation et de fin de l’histoire qui est comme celle qui pointe son nez dans le monde d'aujourd’hui. En cela la dénomination impérial lui convient mieux ; il est lié à la fondation des grands monothéismes, dont les appareils cléricaux ou les bras séculiers ont aussi cette volonté d’arrêter le développement du temps. Et aujourd’hui une grande énergie est investie dans la réactivation de ces monothéismes, en commençant par les plus vigoureux, les plus récents, et les moins amendables.

Le temps n’est cyclique qu’avant l’histoire, mais les empires veulent le « recycler », ou parfois le transformer en temps d’attente de l’apocalypse. La réaction antisocialiste et antidémocratique de la fin du XIXème siècle, plus radicalement encore, imagine de renvoyer l’humanité aux origines barbares, au bon vieux temps de la brute blonde venue du Nord. C’est aussi le mythe de l’éternel retour nietzschéen qui cherche à escamoter l'histoire et qui passe par profits et pertes l’humanité entière, sacrifiée au nom de l’esthétique.

Mais malgré ces tentatives de la ralentir, de l’égarer, de la perdre, l’humanité progresse inexorablement vers un but, et l’enjeu de la lutte des classes dans la conscience, qui s’exprime par la polémique philosophique, est la détermination de ce but.

Avec un air de sobriété, science et morale sous le capitalisme s’abstiennent d’en parler, et présentent ce renoncement prématuré comme une forme de sagesse et de modestie méthodologique. En fait, elles sont gênées et s’en détournent volontairement. La question du but commence alors à encombrer l'inconscient et à produire des symptômes. Le mouvement de l'histoire est devenue l'éléphant dans le couloir ! Mais l'évoquer seulement, ce serait retourner à la métaphysique, et celle-ci est rangée par la culture scolaire et universitaire du coté des forces obscures. Et il faudrait reconnaître alors qu'il y a bien une philosophie contemporaine, et une science qui en parlent, que c’est la philosophie du matérialisme dialectique, et la conception scientifique de l’histoire, celle du matérialisme historique. Si vous voulez entendre parler du but du mouvement historique dans le langage de la science rationnelle, c’est à elles qu’il faut vous adresser, et non aux monothéismes qui ressassent les compromis historiques des empires du passé avec leurs clercs sur le dos de leurs peuples.

Le communisme est le seul but collectif universel réconciliant l’individu avec l’espèce et résolvant la contradiction entre le progrès catastrophique des bâtisseurs de ruines et la stagnation impériale des gestionnaires de tombes, le seul horizon qui soit, où l’humanité elle-même, réunifiée, non plus divisée en classes, non plus asservie au capital, décidera librement de ce qu’elle entreprendra ; elle décidera s’il faut changer, détruire ou conserver, s’il faudra faire du neuf ou garder l'ancien. Elle ne se pliera ni au conservatisme systématique des réactionnaires et des nostalgiques des ordres d’antan, ni au mouvement perpétuel de destruction pseudo-créatrice du capital à la recherche insatiable du profit. Elle décidera rationnellement de ses besoins, de ses effectifs, et entreprendra la longue lutte pour sa survie multimillénaire, en s'engageant sur la voie tracée par Gagarine dans l’expansion dans le Cosmos, consciente de soi, en possession et maitrise de la nature, mais consciente aussi d’être en danger durable d’être détruite par son propre élan.

Le socialisme est bel et bien le mode de production appelé à succéder au capitalisme, à la suite d’une longue période de transition. Mais on pourrait aussi bien l’appeler le mode de production de la conscience pratique, de la praxis, qui doit réunir les conditions du communisme. Et il ne s’agit pas pour le socialisme d’organiser la distribution à une population passive de biens aliénants inventés auparavant sous le capitalisme, et recopiés ensuite pour des siècles pour en jouir dans un paradis vite périmé. Seul le communisme qui décide de la création et de la production des biens peut permettre à l’humanité de réaliser ses buts, de prendre conscience de là où elle va de toute manière, mais où elle ne parviendra pas sans retard si elle n’en prend pas conscience. Ou bien, elle n'y parviendra pas si le capitalisme pourrissant la détruit avant.

Et la conscience actuelle de la direction déterminée du mouvement historique est une arme puissante pour rassembler les exploités vers le renversement de l’ordre social, et vers le passage de la préhistoire déterminée par l’économie à l’histoire consciente qui est son dépassement rationnel. La certitude d’aller vers le mode de production socialiste, et le communisme, compris comme société politique intégralement démocratique, est la certitude de la victoire finale qui se répand peu à peu dans les masses, et qui est une des conditions qui détermine cette victoire. Le futur n’est pas écrit dans un texte sacré, il est écrit dans les aspirations millénaires des peuples à la liberté, à l’abolition des classes, à la maîtrise du progrès technique mis à son service et non plus au service du profit et de la guerre, et à l’abondance matérielle consciemment produite et gérée dans toutes ses conséquences. Et si ces aspirations ne sont pas comblées, il n’y aura tout simplement de futur pour personne.

Socialisme ou barbarie, disait Rosa Luxembourg ?

Non, socialisme ou anéantissement à brève échéance.

 

Gilles Questiaux, 23 mai 2014, relu en février 2016

 

 

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GQ 21/07/2015 16:51

Vouloir abolir la division du travail, c'est vouloir revenir à Néanderthal.

Touré 25/07/2015 00:34

Sur le plan de la suppression de la subordination de l'individu à la division du travail ou simplement de la suppression du salariat, les léninistes devraient produire selon le principe du travail varié, la loi du travail varié devrait être une loi de production sociale sous le socialisme(Voir le Capital de Marx , chapitre 9; la version électronique que je possède n'a malheureusement pas de pagination, c'est pourquoi j'ai précisé le chapitre) , ce qui n'a évidemment jamais existé en URSS.Ici, on est plein matérialisme historique, on ne se base pas sur l'idéologie soviétique mais sur la manière dont ils produisent réellement.Ici, l'analyse de la division du travail est capital pour détecter infailliblement la nature de classe d'un régime social comme l'ADN détecte infailliblement(si je ne trompe pas) l'identité biologique d'une personne.

Ce n'est pas une idée personnelle mais c'est la solution qu'à proposer Marx dans le Capital comme unique moyen, comme le seul chemin pour supprimer le salariat.

Et ce n'est pas tout, l'enseignement polytechnique, que Marx a proposé dans le Capital, comme unique moyen de former des hommes complets, est en complète contradiction avec celui mis sur pied en URSS par les léninistes. C'était tout simplement une copie de l'enseignement polytechnique capitaliste.

Et bien sûr tout cela est véritable, dans le Capital de Marx, et les autres écrits de Marx(voir les résolutions de l'Internationale communiste sur le travail coopératif , l'éducation polytechnique etc.) et les confronter à l'expérience soviétique depuis 1917 jusqu'à 1991.
Vous verrez la trahison du léninisme, du stalinisme,etc.

Voilà pourquoi les léninistes ont démérité sur ce plan.

Réveil Communiste 24/07/2015 12:02

Je comprends mieux, mais je ne vois toujours pas en quoi les lénin- et stalin- "ismes" ont démérité sur ce plan.

Touré 22/07/2015 00:42

1° Evidemment, abolir la division du travail est impossible , je voulais dire, abolir la subordination de l'individu à la division du travail comme abolition définitive la propriété privée.Pour éviter le doute sur la question écoutons Marx lui-même:

"Nous en sommes arrivés aujourd'hui au point que les individus sont obligés de s'approprier la totalité des forces productives existantes, non seulement pour parvenir à une manifestation de soi, mais avant tout pour assurer leur existence. Cette appropriation est conditionnée, en premier lieu, par l'objet qu'il s'agit de s'approprier, ici donc les forces productives développées jusqu'au stade de la totalité et existant uniquement dans le cadre d'échanges universels. Déjà, sous cet angle, cette appropriation doit nécessairement présenter un caractère universel correspondant aux forces productives et aux échanges. L'appropriation de ces forces n'est elle-même pas autre chose que le développement des facultés individuelles correspondant aux instruments matériels de production. Par là même, l'appropriation d'une totalité d'instruments de production est déjà le développement d'une totalité de facultés dans les individus eux-mêmes."

Plus loin, il ajoute:

"C'est seulement à ce stade que la manifestation de l'activité individuelle libre coïncide avec la vie matérielle, ce qui correspond à la transformation des individus en individus complets et au dépouillement de tout caractère imposé originairement par la nature; à ce stade, correspond la transformation du travail en activité libre et la métamorphose des échanges jusque-là conditionnés en commerce des individus en tant qu'individus. Avec l'appropriation de la totalité des forces productives par les individus réunis, la propriété privée se trouve abolie."(Marx et Engels l'Idéologie allemande p.52 )

Dans le Capital, le chapitre sur la grande industrie, Marx démontre la contradiction entre la subordination de l'individu à la division du travail (la division manufacturière du travail) et les nécessités techniques de la grande industrie(et cela depuis un siècle, donc maintenant la contradiction se trouve encore plus prononcée)

2° En ce qui concerne l'éducation, évidemment tout le monde ne peut pas faire tout en même temps !
Mais tout le doit être capable(la capacité, la possibilité,etc.) de faire tout, c'est cela l'essence de l'enseignement polytechnique communiste.Et ainsi changer d'activité selon son plaisir dans le cadre du Plan.Ici aussi écoutons Marx:

" Enfin la division du travail nous offre immédiatement le premier exemple du fait suivant: aussi longtemps que les hommes se trouvent dans la société naturelle, donc aussi longtemps qu'il y a scission entre l'intérêt particulier et l'intérêt commun, aussi longtemps donc que l'activité n'est pas divisée volontairement, mais du fait de la nature, l'action propre de l'homme se transforme pour lui en puissance étrangère qui s'oppose à lui et l'asservit, au lieu qu'il ne la domine. En effet, dès l'instant où le travail commence à être réparti, chacun a une sphère d'activité exclusive et déterminée qui lui est imposée et dont il ne peut sortir; il est chasseur, pêcheur ou berger ou critique critique , et il doit le demeurer s'il ne veut pas perdre ses moyens d'existence; tandis que dans la société communiste, où chacun n'a pas une sphère d'activité exclusive, mais peut se perfectionner dans la branche qui lui plaît, la société réglemente la production générale ce qui crée pour moi la possibilité de faire aujourd'hui telle chose, demain telle autre, de chasser le matin, de pêcher l'après-midi, de pratiquer l'élevage le soir, de faire de la critique après le repas, selon mon bon plaisir, sans jamais devenir chasseur, pêcheur ou critique"(L'idéologie allemande p.22)

Et dans le Capital livre 1, chapitre sur la législation de fabrique, Marx démontre que l'enseignement doit former des hommes complets capable de faire n'importe quel métier selon leur libre choix et non pas qu'ils soient rivés à un métier déterminé ou une branche de travail déterminé durant toute sa vie.

Voilà j'espère que je me suis fais comprendre sur ces deux points que sont: la nécessité de supprimer la subordination de l'individu à la division du travail c'est à dire la suppression du travail salarié(du salariat); la nécessité, pour cela, de former des individus complets, intégrales, sachant faire n'importe quel métier ou activité.

Réveil Communiste 21/07/2015 17:01

l'éducation polytechnique n'a pas pour but que tout le monde fasse tout, mais que tous le monde comprenne un peu mieux ce que fait tout le monde, et ainsi démystifier la division du travail t aussi de dépasser le mépris du travail pratique ou manuel.

Touré 21/07/2015 13:29

On peut dire aussi que les bolcheviques n'ont pas réussi à se baser sur le matérialisme historique pour étouffer la propriété privée.Ils n'ont pas réussi à assimiler véritablement la racine de la propriété privée, la chose qui fait naître les classes.Cette chose n'est rien d'autre que la division du travail.La division du travail, c'est l'exterminateur véritable de la révolution Octobre.
Quels étaient les moyens utilisés par les bolcheviques pour supprimer la division du travail ? Aucune.
Et pourtant ces moyens ont été découvert par Marx et exposés dans son ouvrage le Capital livre 1, Chapitre sur la législation de fabriques.Ces deux méthodes sont: la loi du travail varié et l'enseignement professionnel polytechnique comme UNIQUE loi de production sociale pour vaincre le travail salarié et donc le capital.L'application de ces deux méthodes oblige,contraint la société socialiste à former des hommes complets, des hommes qui ne sont pas subordonné à la division du travail et par là,SEULEMENT, à abolir la propriété privée.
Sans cela, la propriété privée se développe nécessairement, même si les moyens de production sont étatisés et gérés par un Plan.Elle se développe alors sur une base nouvelle, sur la base de la propriété d'Etat et de la division du travail.
Et de tout ceci, les Trotskistes, les Stalinistes, les Léninistes, bref, tout les ...istes ne doutent même pas un instant de cela.Parce que leur critique ne part des conditions de production matérielle des individus vivants en l'URSS comme base d'étude de l'histoire soviétique, mais des idées développées par Lénine, et ensuite, ils détachent des parties de ce système et les retourne les uns contre les autres.
Nous nous pensons que c'est le léninisme lui-même qu'il faut critiquer, non pas de savoir si sous le pouvoir de Lénine, les salaires était bas ou haut, ni de savoir si la croissance économique était atone ou accélérée mais de savoir si la loi du travail varié était appliquée, si le travail coopératif était une réalité, de savoir si l'éducation tendait à former des hommes complets,etc.(les réponses sont évidemment négatives).C'est cela une critique scientifique de l'histoire soviétique,et par là, un moyen d'unifier véritablement le mouvement ouvrier.
On doit absolument dépasser les ...ismes(Trotsky,Staline, Mao,etc.; peut-être même que demain si un Paul ou un Jean dévient un dirigeant on commencera aussitôt à créer le Paulisme , le Jeanisme, comme les représentants de la vérité sur terre ) .

GQ 10/06/2014 20:18


pour ceux qui sont géné par l'apparence prophétique de la conclusion, je dirais que le propre d'une prophétie est de pouvoir ce réaliser, mais une non-prophétie, jamais.

GQ 04/06/2014 06:50


Suite à une remarque de JC Delaunay, il faudrait préciser davantage le MPA (Mode de production asiatique), ici plutôt "impérial" que "asiatique", et ça conduit aussi à la question à peine posée
de la production du territoire. Henri Lefevbre s'y est intéressé, mais je ne l'ai pas lu, je ne le connais qu'à travers Debord qui l'a pillé.


Qui a des idées là dessus?

GQ 04/06/2014 06:45


La crise du progrès et le marxisme, par Marc Harpon (03/06/2014 publié dans : Théorie immédiate )
Publié par Marc Harpon sur son blog : Mon camarade Gilles Questiaux a récemment publié deux textes de théorie sur Réveil Communiste. Je suis d’accord avec l’un des deux, son « Manifeste pour un
...

Marc Harpon 01/06/2014 22:16


Ma réponse, camarade :


https://socio13.wordpress.com/2014/06/01/la-crise-du-progres-et-le-marxisme-par-marc-harpon/


 


Amitiés


 


MH

Pierre M. Boriliens 25/05/2014 00:08

Je pense qu'il vaut mieux s'arrêter là, parce que ce n'est peut-être ni le lieu (ces petites zones de saisies, c'est beaucoup trop limité pour permettre un débat sérieux, dont je ne suis peut-être
pas capable parce qu'il y a tant à dire), ni le moment. L'urgence, c'est de se préparer à ne pas aller voter. Et là je suis entièrement d'accord avec vous et avec les raisons que vous exposez.
J'ajoute, au cas il y aurait un doute, que je suis nationaliste, au sens que ce terme pouvait avoir en 1793, et internationaliste au sens du spectre qui hante l'Europe... D'ailleurs il commence à
se réveiller, le spectre (cf Novosibirsk, entre autres).

GQ 24/05/2014 21:38


Les voilà habillés pour l'hiver les pauvres !

Christian (CCL) 24/05/2014 21:11


La nature (planete) a cree l'Homme apres 3-5 milliards d'annee. En fait on a une chance incroyable d'etre ici. L'Homme doit a sa Mere Nouriciere (la "Pachamama" des indiens du sous-continent
americain) une enorme dette.


Nous devons a notre Mere (nature-planete) un amour infini.


L'Homme ne doit avoir pour but de "vaincre" la nature mais d'y trouver la place qu'elle lui assigne. Pour commencer, la planete est limitee, ce qui veut dire que la place de l'Homme est limitee
tout autant. Si nous prenons conscience de notre place limitee, nous pourrons exister a l'infini (presque) en harmonie avec notre Mere-planete. Sinon la fin sera tres proche, un ou deux
siecles maximum, comme le predisent de nombreux scientifiques.


Nous sommes 7 milliards actuellement, a mon avis a 20-30 miliards la race humaine devra connaitre l'extinction, et cela dans des conditions dantesques.


Seul le modes de production socialiste-communiste pourra nous sauver de l'extinction. Et ce mode de production sera en communion totale avec notre Mere Creatrice et ne cherchera point a
la "vaincre".


PS: et surtout que l'on ne parle pas de "socialisme" chinois... Ce "socialisme" me donne l'envie de degueuler.


Vue d'espace, notre planete bleue n'a pas de frontieres visibles... a l'exception de la Chine.


Oui , on la reconnait tout de suite par sa gigantesque tache brune-jaunatre.

GQ 24/05/2014 18:20


A lire ausi, en complément, un texte écrit en même temps :


Manifeste pour un réveil révolutionnaire des exploités (mai
2014)