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Réveil Communiste

L'impérialisme américain assumé, par lui-même (2/4)

15 Décembre 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Impérialisme

Lu sur le blog  "les crises"

 


L'impérialisme américain assumé, par lui-même (1/4)

L'impérialisme américain assumé, par lui-même (3/4)

L'impérialisme américain assumé, par lui-même (4/4)

1973-1993 : Nixon, Reagan, Bush père et le contexte de la Guerre Froide

Richard Nixon, 37e président des États-Unis : 1969-1974
Quatrième rapport annuel au Congrès des États-Unis sur la politique étrangère, 3 mai 1973 :

 

 

“Nous avons subi des pressions sur notre territoire, qui menaçaient de faire basculer l’Amérique de la sur-expansion dans le monde à un retrait irréfléchi de celui-ci. Le peuple américain avait supporté avec enthousiasme et générosité les fardeaux du leadership mondial dans les années 1960. Mais après presque trois décennies, notre enthousiasme déclinait et les résultats de notre générosité étaient mis en question. [...] En 1969, nous risquions que le public soutenant la poursuite de notre rôle mondial, ne finisse par s’évanouir à force de lassitude, de frustration et de réaction disproportionnée. Nous étions convaincus de la nécessité de forger de nouvelles politiques pour faire face à ses problèmes. Mais notre première exigence était philosophique. Nous avions besoin d’une vision novatrice pour inspirer et intégrer nos efforts.

Nous avons commencé avec la conviction que notre engagement mondial restait indispensable. Les nombreux changements du paysage d’après-guerre n’avait modifié en aucune façon cette réalité centrale. L’Amérique était si puissante, notre engagement si important et nos préoccupations si profondes, que le fait de supprimer notre influence aurait provoquer des tremblements tout autour du globe. Nos amis auraient été désespérés, nos adversaires auraient été tentés, et notre propre sécurité nationale aurait été rapidement menacée. Il n’y avait aucun moyen d’échapper à la réalité de notre influence cruciale en faveur de la paix.

Mais la modernité a exigé que l’on redéfinisse cet engagement.  Pendant de longues années, notre politique étrangère a été forgée autour d’une mission à vocation universelle que seule l’Amérique pouvait accomplir ;  pour fournir un leadership politique, une défense commune et un développement économique. Nos alliés étaient faibles, les autres nations étaient trop jeunes, les menaces étaient palpables et la puissance américaine était dominante.

À partir de 1969, une mission de cette échelle était devenu obsolète à l’étranger et insupportable sur notre sol. Nos alliés s’étaient renforcés, les jeunes nations d’autrefois avaient mûri, les menaces s’étaient diversifiées et la puissance américaine n’était plus à la hauteur. Il était temps pour nous de passer d’une mission paternaliste dédiée à d’autres nations, à une mission en coopération avec d’autres nations.”

Walter F. Mondale, candidat démocrate (1984) et Vice-président des États-Unis (1977-1981)
Annonce de candidature à l’élection présidentielle de 1984 , 21 février 1983 :

“Je me porte candidat à la présidence pour restaurer notre leadership mondial. Notre président doit comprendre et réunir tous nos avantages réels : efficacité militaire, force économique, indépendance énergétique, autorité morale, alliances qu’aucun ennemi ne peut affaiblir, et armée qu’aucune nation n’ose défier. Nous devons être une Amérique dont la justice sociale chez nous attire l’amitié à l’étranger, et dont la voix condamne la répression – des camps du Goulag russe aux geôles des généraux latins. Nous devons voir le monde tel qu’il est vraiment – l’arène d’une compétition que l’Amérique peut gagner, où notre liberté, nos valeurs et nos réalisations sont un pôle d’attraction pour le monde entier.”

Ronald Reagan, 40e président des États-Unis : 1981-1989

Allocution devant une session commune du Congrès sur l’état de l’Union, 27 janvier 1987 :

“Nous entrons dans notre troisième siècle d’existence, mais il serait inexact de juger notre nation par le nombre de ses années. L’Amérique ne peut se mesurer à l’aune de calendrier car il était écrit que nous serions une expérience infinie de liberté : sans limite dans nos buts, sans limite à ce que nous pouvons faire, sans limite dans nos espoirs. La Constitution des États-Unis est le canal passionné et inspiré par lequel nous voyageons à travers l’histoire. Elle est née de l’inspiration la plus fondamentale de notre existence : que nous sommes ici pour Le servir en vivant libres, que vivre libres libère en nous les plus nobles impulsions et le meilleur de nos capacités ; que nous devons utiliser ces dons à de bonnes et généreuses fins et les sécuriser non seulement pour nous et nos enfants mais pour l’humanité tout entière. [...]

Pourquoi la Constitution des États-Unis est-elle si exceptionnelle ? Eh bien, la raison est si petite qu’elle vous échappe presque mais elle est tellement grande qu’elle vous dit tout en seulement trois mots : Nous, le peuple. Dans d’autres Constitutions, le gouvernement dit au peuple de ces pays ce qu’il est autorisé à faire. Dans notre Constitution, nous, le peuple, disons au gouvernement ce qu’il peut faire et il ne peut faire que ce qui est dit dans ce document et rien d’autre. Quasiment toutes les autres révolutions dans l’Histoire ont seulement troqué un groupe de dirigeants contre un autre. Notre révolution est la première à dire que le peuple est le maître et le gouvernement son serviteur. [...] Nous, le peuple – ainsi sont les cœurs chaleureux innombrables qui commencent leur journée par une petite prière pour des otages qu’ils ne connaîtront jamais et des familles disparues qu’ils ne rencontreront jamais. Pourquoi ? Parce qu’ils sont ainsi, cette race exceptionnelle que nous appelons les Américains. [...] Nous, le peuple – ils refusent les commentaires de la semaine dernière à la télévision qui dévalorisent notre optimisme et notre idéalisme. Entrepreneurs, constructeurs, pionniers et pour la plupart gens ordinaires : ce sont eux les vrais héros de notre pays qui composent la plus exceptionnelle nation de faiseurs de l’Histoire. Vous savez qu’ils sont américains car leur esprit est aussi grand que l’univers et leur cœur est plus grand encore que leur esprit.“

George H. W. Bush, 41e président des Etats-Unis : 1989-1993
Déclaration du Secrétaire de la Presse Fitzwater sur la rencontre du président avec Mme Gro Harlem Brundtland, Premier ministre de Norvège, 5 juin 1992

“Le président a rencontré pendant à peu près 40 minutes Mme Gro Harlem Brundtland, Premier ministre de Norvège. Les deux dirigeants ont également passé en revue différentes questions portant sur la sécurité européenne et se sont mis d’accord sur l’importance du leadership mondial américain et sur le fait qu’une présence militaire américaine forte et permanente en Europe est essentielle à la paix et la stabilité.“

1993-2001 : Clinton et la « nation indispensable »

William J. Clinton, 42e président des Etats-Unis : 1993-2001

Discours à l’Assemblée nationale coréenne de Séoul, 10 juillet 1993 :

“La meilleure manière pour nous de dissuader les agressions régionales, de perpétuer la robuste croissance économique que connaît la région, et de sécuriser nos propres intérêts – maritimes et autres – est d’être une présence active. Nous devons continuer à diriger et nous le ferons. Pour certains en Amérique, il y a la crainte que le leadership mondial américain ne soit un luxe démodé que nous ne pouvons plus nous permettre. Eh bien, ils ont tort. En vérité, notre leadership global n’a jamais été aussi indispensable ou un investissement aussi rentable pour nous. Tant que nous resterons bordés par des océans et enrichis par le commerce, tant que notre drapeau est le symbole de la démocratie et de l’espoir face à un monde désuni, le leadership américain demeurera un impératif.“

William J. Clinton, Discours à la Conférence du Comité politique des affaires publiques américano-israëlien, 7 mai 1995 :

“Ecoutez : tout le monde est content que l’on aide l’Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan à débarrasser leur territoire des armes nucléaires. Cela augmente notre sécurité. Mais on ne peut pas le faire gratuitement. On aide à construire la démocratie en Europe centrale et en Europe de l’Est, mais on ne peut pas faire ça gratuitement. On combat les flux de drogues internationaux qui ruinent nos communautés, mais on ne peut pas faire ça gratuitement.”

Partout dans le monde, dans des pays désespérément pauvres, des gens essaient d’apprendre à s’en sortir et protéger leur environnement pour qu’ils puissent avoir une société réglée et participer à une coopération pacifique, et ne pas être emportés par les courants radicaux qui ravagent le monde. Et pour une bouchée de pain, à l’échelle américaine, nous pouvons faire toute la différence dans le monde. Mais on ne peut pas le faire gratuitement.

Plus que n’importe quel public peut-être dans ce pays, vous comprenez cela. Vous comprenez l’importance de notre leadership et le prix raisonnable que nous devons payer pour le maintenir. Si nous devions abandonner ce rôle simplement parce qu’on nous refuse les instruments de l’aide internationale et de l’assistance sécuritaire, l’un des premiers à en être affecté serait Israël, parce qu’Israël est en première ligne de la bataille pour la liberté et la paix, et la force d’Israël est adossée à la force de l’Amérique et à notre leadership mondial.”

William J. Clinton, Remarques sur des questions de sécurité internationale à l’Université George Washington, 5 août 1996 :

“L’Amérique fait face à trois grand défis alors que nous entrons dans le XXIe siècle : conserver le rêve américain en vie pour tous ceux qui veulent travailler pour l’obtenir ; rassembler notre pays et non le diviser ; et faire en sorte que l’Amérique demeure la plus grande force dans le monde œuvrant pour la paix, la liberté, la sécurité et la prospérité. [...]

Je suis venu dans ce lieu d’enseignement et de raison, cet endroit si focalisé sur l’avenir, afin d’expliquer pourquoi nous ne pourrons pas faire face à nos propres défis d’opportunité, de responsabilité et de communauté si nous ne maintenons pas également notre rôle indispensable de leader pour la paix et la liberté dans le monde. [...]

Le fait est que l’Amérique demeure la nation indispensable. Il y a des moments où l’Amérique et seulement l’Amérique, peut faire la différence entre la paix et la guerre, entre la liberté et la répression, entre l’espoir et la peur. Bien entendu, nous ne pouvons pas prendre en charge le monde entier. Nous ne pouvons pas devenir son gendarme. Mais là où nos intérêts et nos valeurs le réclament et là où nous pouvons faire la différence, l’Amérique doit agir et montrer le chemin.

Dans ce combat ainsi que dans bien d’autres défis tout autour du monde, le leadership américain est indispensable. En assumant notre leadership dans la lutte contre le terrorisme, nous ne devons être ni réticents ni arrogants, mais réalistes, déterminés et confiants. Et nous devons comprendre que dans cette bataille nous devons déployer plus que de la police et des ressources militaires. Chacun d’entre vous compte. Chaque Américain compte.

Notre plus grande force est notre confiance. Et c’est la cible des terroristes. Ne vous y trompez pas : les bombes qui tuent et mutilent des innocents ne leur sont pas vraiment destinées mais visent l’esprit de tout le pays et l’esprit de liberté. Donc la lutte contre le terrorisme implique davantage que les nouvelles mesures de sécurité que j’ai ordonnées et celles à venir. En fin de compte, il faut la volonté confiante du peuple américain de conserver nos convictions pour la liberté et la paix et de rester la force indispensable pour créer un monde meilleur à l’aube d’un siècle nouveau. [...]

Lorsque nous nous souvenons des jeux Olympiques du Centenaire, des semaines de courage et de triomphe, le meilleur de la jeunesse du monde lié ensemble par les règles du jeu dans un véritable respect mutuel, engageons-nous à travailler pour un monde qui ressemble davantage à cela dans le XXIe siècle, à faire face fermement dans les moments de terreur qui autrement détruiraient notre esprit, à faire face pour les valeurs qui nous ont apporté tant de bénédictions, valeurs qui ont fait de nous à ce moment crucial, la nation indispensable. Merci beaucoup.”

William J. Clinton, Allocution présidentielle à la radio, 16 novembre 1996 :

“Bonjour. Comme je l’ai dit à maintes reprises, l’Amérique est le pays indispensable au monde, le pays que le monde envie pour sa première place grâce à sa force et ses valeurs. Cette semaine, j’ai pris deux décisions importantes, correspondant aux responsabilités de l’Amérique dans le monde. La première est l’accord, de principe, pour nos troupes de participer à une mission pour alléger la souffrance au Zaïre. La seconde est l’approbation, toujours de principe, pour nos troupes de faire partie des forces de sécurité présentes en Bosnie. Aujourd’hui, je veux vous dire en quoi notre rôle dans ces missions est important.”

William J. Clinton, Discours inaugural, 20 janvier 1997 :

“La dernière fois que nous nous sommes réunis, notre marche vers ce nouvel avenir semblait moins sûre qu’elle ne l’est aujourd’hui. Nous nous étions alors juré de mettre notre Nation à nouveau sur la bonne voie. Pendant ces quatre ans, nous avons été touchés par la tragédie, exaltés par le défi, renforcés par le succès. L’Amérique reste la seule nation indispensable au monde. Une fois encore, notre économie est la plus forte de la planète. Une fois encore, nous construisons des familles plus soudées, des communautés plus prospères, des moyens d’éducations meilleurs, un environnement plus propre.“

William J. Clinton, Discours à l’Université de la Défense nationale, 29 janvier 1998 :

“Dans ce nouveau monde, notre leadership mondial est plus important que jamais. Cela ne signifie pas que nous pouvons y aller tout seul ni répondre à chaque crise. Nous devons être clairs quand nos intérêts nationaux sont en jeu. Mais plus que jamais, le monde se tourne vers l’Amérique pour faire le boulot. Notre Nation guide la construction d’un nouveau réseau d’institutions et d’accords destinés à maîtriser les forces du changement, tout en nous préservant de leurs dangers. Nous contribuons à écrire les règles internationales de la route vers le XXIe siècle, en protégeant ceux qui ont rejoint la famille des nations, et en isolant ceux qui ne l’ont pas fait.”

William J. Clinton, Allocution à bord du navire américain Ville de Hue à New York, le 4 juillet 2000 :

“En ce jour j’espère que chaque Américain prendra un moment pour réfléchir à la façon dont nous avons gagné notre place exceptionnelle dans l’histoire humaine. En 1776 l’action ne s’est pas uniquement déroulée dans le Hall de l’Indépendance à Philadelphie où la Déclaration d’Indépendance a été signée. C’est ici, à New York, que George Washington a préparé ses troupes à la bataille. Cinq longues années et d’innombrables engagements plus tard, les soldats et les marins de l’Amérique ont remporté la victoire et contribué à allumer la flamme de liberté qui brûle à présent dans le monde entier. Aujourd’hui donc, jour anniversaire de notre Nation, je crois que nous devrions rendre hommage à ceux qui ont engagé leur vie, leur fortune et leur honneur sacré pour notre liberté. Et aujourd’hui je pense que nous devrions aussi honorer tous les Américains, indépendamment de leur passé, que leurs ancêtres soient venus ici sur des bateaux d’immigrants ou de négriers, qu’ils aient volé à travers le Pacifique ou traversé le détroit de Behring, car tous les Américains ont apporté leur aide à la marche pour la liberté, la démocratie et pour notre avenir.”

2001-2008 : Bush Jr. et la défense du « monde civilisé »

George W. Bush, 43e président des États-Unis : 2001-2009
Discours du 20 septembre 2001, avant une session extraordinaire du Congrès, sur la réponse des États-Unis aux attaques terroristes du 11 septembre :

“Le monde civilisé se rallie au côté de l’Amérique. Ils comprennent que si cette terreur reste impunie, leurs propres villes, leurs propres citoyens peuvent être les prochains. Sans réponse, la terreur peut non seulement abattre des bâtiments, mais peut menacer la stabilité de gouvernements légitimes. Et vous savez quoi ? Nous n’allons pas le permettre. Les Américains demandent, qu’est-ce qu’on attend de nous ? Je vous demande de vivre vos vies et d’embrasser vos enfants. Je sais que ce soir beaucoup de citoyens ont des craintes et je vous demande d’être calmes et résolus, même face à une menace persistante. Je vous demande de soutenir les valeurs de l’Amérique et je rappelle pourquoi tant de vous sont venus ici. Nous sommes dans un combat pour nos principes et notre première responsabilité est de les suivre. Personne ne devrait être discriminé par un traitement injuste ou des mots désobligeants à cause de son origine ethnique ou de sa foi religieuse. […] Je sais qu’il y a des luttes à venir et des dangers à affronter. Mais ce pays définira notre temps, et ne sera pas défini par lui. Tant que les États-Unis d’Amérique seront forts et déterminés, ce ne sera pas un âge de terreur ; ce sera un âge de liberté, ici et à travers le monde. [...] Le progrès de la liberté de l’humanité, la réussite de notre temps et le grand espoir de chaque instant, reposent à présent sur nous.”

George W. Bush, Discours aux cadres dirigeants de la fonction publique, 15 octobre 2001 :

“Ce sont des temps extraordinaires, des temps d’épreuve pour notre gouvernement et pour notre nation. Pourtant, nous tous pouvons être fiers de la réponse de notre gouvernement et de la force de caractère exceptionnelle de la nation que nous servons. Je ne me suis jamais senti plus certain des qualités de l’Amérique ni plus confiant de l’avenir de l’Amérique.”

George W. Bush, Discours radiodiffusé du président, 2 juin 2007 :

“[...] Le peuple américain peut être fier de notre leadership mondial et de notre générosité. Notre Nation apporte de l’aide et du réconfort à ceux qui sont dans le besoin. Nous aidons à étendre les opportunités à travers le monde. Nous posons la fondation d’un avenir plus pacifique et porteur de plus d’espoir pour tous nos citoyens.“

À suivre dans le billet suivant : Florilège de discours de dirigeants américains (2008-2012)

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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