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Réveil Communiste

Une autocritique de la ligne de Réveil Communiste depuis 4 ans

11 Novembre 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ

Une autocritique de la ligne de Réveil Communiste depuis 4 ans

[Texte publié en avril 2014] Il y a quatre ans j'écrivais :  


Je suis le principal animateur du blog et donc mes positions ont forcément une influence sur le résultat. Voici en gros les thèses que je défends, elles ne sont pas très compliquées.

 

Un certain nombre de ces thèses aujourd'hui me paraissent obsolètes, ou avoir été erronées dès le début . Voici ce qui reste, aujourd'hui (25 mars 2014).


1     Il faut adhérer au PCF, ou y réadhérer, ou y rester. C’est la seule plateforme d’union des communistes, le seul parti de masse qui fait référence au communisme. Tout ce qui a été essayé légitimement pour faire mieux ailleurs (depuis la première,  la tentative de reconstruction du parti par les maoïstes du PCMLF avant 1968) a échoué.

 

2     Il faut lutter pour ne pas être marginalisé : donc travailler et militer avec les camarades du PCF  qui ne sont pas sur ses propres positions. Nulle raison de se réjouir du départ de camarades sur d’autres lignes.

   

3     Il faut travailler aussi avec tous les communistes non encartés, y compris ceux qui appartiennent à d’autres organisations, sauf si elles sont ouvertement  hostiles à tout ce que le PCF représente ou a représenté dans son histoire, ou si elles ont dégénéré en groupuscule inactif.

   

4     Je suis pour un parti ouvrier et marxiste, dans le sens le plus extensif de ces termes : un parti qui n’a pas peur de défendre, de représenter et d’organiser le prolétariat, qui entretient des liens internationaux avec des partis frères, et qui s’inspire ouvertement de la théorie de Marx et de Lénine.  J’ai conscience du fait que la majorité des militants actifs du PCF, pour le moment, sont plutôt sceptiques sur cette ligne « orthodoxe », malgré les succès qu’elle a rencontré parfois à l’étranger (Portugal, Grèce, Bohème-Moravie), bien plus nets que ceux des refondations modernistes (Espagne, Italie). Mais je constate aussi depuis trois ans que ce blog existe que les thèmes et les termes du marxisme et de la lutte des classes sont revenus dans le débat, et j’espère y avoir contribué dans la mesure de mes moyens. Il est loin le temps (2005) où l’œuvre de Lénine était introuvable au village du livre à la fête de l’Humanité

   

5     Je suis pour le socialisme, et donc pour la prise du pouvoir politique par le parti ou par un front dont il est l’élément principal. En tenant compte des corrections qu’impose l’expérience historique. Je pense, même si je dois passer pour un réformiste, que le marché ne peut pas être aboli par décret, qu’il devra coexister longtemps avec l’organisation planifiée, et coopératif, de la production. Je ne suis pas pour la dictature d'un parti unique, mais je suis pour un parti guide des masses (mais aussi guidé par elles) et pour l’hégémonie de ce parti.

   

6     Je ne suis pas stalinien, mais je suis contre la diabolisation de l’URSS et du personnage historique de Staline. Je considère que l’analyse de Trotsky de l'URSS comme « État ouvrier dégénéré » aux mains de la bureaucratie est erronée, et que les staliniens historiques ont essayé sincèrement, sans outils théoriques adéquats, de réaliser la dictature du prolétariat. Et rien ne peut effacer la dette éternelle de l’humanité au peuple soviétique, et au parti communiste de l’URSS, pour la victoire sur le nazisme.

 

7     Je pense que mes camarades gagneraient parfois à  abandonner leur antigauchisme automatique. Un mauvais communiste, ce n’est pas celui qui est aligné sur le mauvais « iste » mais celui qui cause qui cause et qui n’agit pas (ou qui écrit, écrit …)

   

8     Après avoir réfléchi et pesé le pour et le contre, je suis décidément contre un parti organisé en tendances. Loin de démocratiser le parti, les tendances aggravent les manifestations de sectarisme, le clientélisme, et les pratiques d’exclusion.

   

9     Je pense que les élus sont importants, (et donc qu’il faut des alliances avec la social-démocratie) parce qu’ils sont une garantie contre la fuite en dehors du réel qui menace les groupes dont l’idéologie pure est le ciment, mais qu’ils ne doivent pas, sous prétexte qu’ils sont élus du peuple, en faire à leur tête, et devenir les propagandistes de l’union à n’importe quel prix avec les sociaux démocrates, ou sociaux libéraux.

   

10    La gauche n’est pas la référence principale du PCF. Il est d’abord le parti des classes exploitées, ensuite le parti de la résistance patriotique, et enfin le parti de gauche héritier de la SFIO de Jaurès et de la tradition politique de la Révolution, des sans-culottes et des jacobins. Un front populaire du XXIème siècle oui, mais à condition que la composante principale de 1936 ne soit pas oubliée : l’intervention directe des travailleurs, sans laquelle les socialistes de 36 n’auraient pas fait mieux que ceux de 81, et avec laquelle les communistes de 81 auraient pu faire aussi bien que ceux de 36. Si on veut une « gauche de gauche », il faut un « parti communiste communiste ».

 

11    Je suis pour renouer avec la symbolique historique : les « outils », ne serait-ce que pour être visible. Notre société fonctionne par une réduction du désir au symbolisme, d’où le règne de la marque. Abandonner aux gauchistes sectaires la « marque » du communisme est une erreur non seulement de communication, mais stratégique. Loin d’être un handicap, la mauvaise réputation historique du communisme dans la culture bourgeoise fait notre publicité dans les classes populaires et unifie autour des communistes les rebelles sans cause de la petite bourgeoisie qui sont produits en masse puis normalisés par le capitalisme consumériste. Ce n’est pas pour rien que les fascistes et les révisionnistes européens veulent faire interdire le communisme et ses symboles : ce sont des atouts et non des  « valises de plomb ».

 

12    Pour conclure je pense que la crise d’identité du mouvement communiste est en train de s’achever, et qu’il faut maintenant s’atteler à la tâche qu’ont su mener à bien Lénine, puis Mao, celle de rendre au prolétariat sa conscience (non pas « la » mais « sa ») parce que le prolétariat sans encadrement politique s’effondre et disparaît dans l’anomie parcellaire et précaire, dans la misère ou /et la consommation. Même si nous ne réussissons pas de notre vivant à construire le socialisme en France, nous pouvons réarmer la prolétariat comme force et améliorer ainsi énormément son bien être physique et psychologique en lui offrant la possibilité de se structurer dans une pratique et un discours, et de relever la tête face à la dictature, non seulement économique, mais aussi symbolique, qui l’écrase depuis trente ans.


Gilles Questiaux 27 mars 2010

 

 

Éléments d'autocritique. Elles visent particulièrement mes illusions fétichistes sur le parti.

 

Thèse 1 : Tout ce qui a été fait pour organiser le prolétariat en dehors du PCF depuis les années 60 a échoué, tandis que le PCF a continué à le faire dans une certaine mesure. Mais le PCF actuel ne se reconnait plus dans ce rôle.

   

Thèses 1 à 3, le PCF ne me paraît donc plus, de la base au sommet, porteur d'une quelconque légitimité communiste ou prolétarienne. Et il ne l'était déjà plus depuis longtemps lorsque je l'ai rejoint en 2005. Le critère de cet éloignement définitif est la position sur l'Union européenne. Du coup les thèses 7, 8 et 9 deviennent sans objet.

 

Thèse 4 : les "orthodoxes" ont échoué aussi à maintenir le parti, et à relancer les partis dont ils ont conservé le contrôle.

 

Thèse 5 : la forme pluraliste ou non du pouvoir socialiste ne peut pas être décidée d'avance, elle est imposée par les circonstances, ce qui s'étend aussi aux formes d'organisation internes au parti (thèse 8).

 

Thèse 6 : Les critiques du socialisme réel émanant de ses adversaires ou d'ignorants de bonne foi doivent être rejetées en bloc, point barre.

 

Thèse 9 : aucune alliance quelqu'elle soit n'est plus possible avec la Social Démocratie et les Verts.


Thèse 10 : la gauche n'existe plus.


Thèse 11 : les symboles du communisme n'ont qu'une importance très limitée, par rapport à la nécessité d'atteindre une analyse juste pour organiser le prolétariat.


La thèse 12 témoigne d'un volontarisme verbal complètement naïf. En un mot, c'est du baratin.

 

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GQ 12/11/2014 18:35


Ici :


Matérialisme historique, une bibliographie en progrès

GQ 12/11/2014 18:28


Pour ceux qui voudraient relire la discussion, les treize premiers commentaires datent de 2010, année de la publication du texte non autocritiqué (rayé), les suivants de 2014, année
d'autocritique.


Mais tant qu'à faire mieux vaut lire ou relire Karl Marx et Illitch Lénine.


Voir la bibliographie

GQ 12/11/2014 18:18


Salut Fabrice,


Sur les outils, j'ai changé d'avis en contatant le peu d'action réelle, ouverte aux classes populaires, de ceux qui les arborent ostensiblement. Sur Staline, il faut le défendre pour être
cohérent, mais pas d'une manière manichéenne, évidement. Le PCF me parait avoir dérivé dans le réformisme, et au delà, bien au delà de la ligne de non retour, mais je ne fais pas du fait
d'adhérer à une orga ou de la quitter un préalable pour agir. Mais à l'avenir, le plus tôt sera le mieux mais pas plus tôt que c'est paossible, il en faudra une.


amicalement GQ

Fabrice du 45 12/11/2014 16:41


Très saine attitude de se poser des questions sur la ligne éditoriale du
site.


Je suis en accord avec certains choix de ratures, mais en désaccord complet avec
d'autres.


Après avoir milité activement au MJCF de 1976 jusqu'en 1989 et au PCF de 1978 à 1990
puis de 2004 à 2012, je suis actuellement sans organisation même si je demeure communiste ce qui me conduit à militer autrement, imprimant moi-même des tracts que je diffuse moi-même... signés au
nom d'un idéal et non plus d'une orga… : Communisme et révolution avec les outils.


Je n'ai pas d'orga alors que j'en ai cherché une mais les positions soit bobo, soit
parano, soit suicidaire, soit anti-laïque voire même obscurantiste, soit sectaire, soit soutien inconditionnelle de la Corée du Nord, soit écolo au sens donneur de leçon détenant une vérité
absolue… m'ont empêché pour l'instant de trouver une orga acceptable à laquelle me joindre.


Je continue par ailleurs à soutenir telle ou telle action du PCF local et je réponds
favorablement aux demandes d'aides sporadiques des jc chaque fois qu'ils et elles souhaitent redémarrer un groupe local ou s'instruire.


Pour ma vision personnelle sur cette autocritique visant les fétichismes, je souhaite
distinguer des éléments divers :


points 1 à 5 accord relatif


point 6 attention à la défense manichéenne de Staline de l'URSS ou de pays ayant
aujourd'hui des pratiques si peu communistes.


points 7 à 10 accord relatif


point 11 désaccord, les outils s'ils sont une symbolique, ne sont ni désuets, ni si
aisément récupérables : lorsque les gens dans la rue à mes tracts réagissent soit par haine à la vue des outils soit au contraire en acquiesçant et ouvrant à nouveau le dialogue. Ou bien le
retour progressif de ces outils devant la scène centrale de la fête de l'Huma, ce qui donne des photos surprenantes en septembre dernier, ou bien avec la demande d'outils par les jc locaux ou
d'ailleurs de plus en plus désobéissants… Les outils apparaissent comme le reflet de l'engagement pour le concept de parti militant et non le logo sur fond rouge d'un SPD (non,
excusez-moi d'un PCF mais les logos sont si semblables qu'on aurait tendance à se tromper) donc d'un PCF organisation sclérosée œuvrant au maintien d'un appareil d'élus locaux et à leur
reconduction automatique qui est lourdement condamné par abstention populaire active. Les outils sont donc vécus comme une résistance et l'expression de l'idée d'un parti d'avant-garde éclairant
les travailleurs par la critique de la société capitaliste et le travail d'argumentation en faveur du socialisme comme étape vers le communisme.


point 12 accord relatif


Reste à définir ce qui semble être la pomme de discorde entre lutte des places et lutte
des classes, quel choix d'activité prépondérante ? Quel souhait de clarification quant au "communisme municipal" ?


Le choix des camarades "Cloches de Bâle" de Rosa à Lénine, me semble toujours
d'actualité, comme leur non alignement sur des élus trop pris dans les méandres des pouvoirs les aveuglant au point de trahir la classe des travailleurs. La période n'est pas sensiblement
différente et seule l'intervention massive d'un peuple éclairé peut modifier la voix sans issue aujourd'hui offerte par le PGE comme par le Front de Gauche rêvant d'Europe devenant soudain
altruiste, de 6ème république sans en définir les nécessaires articles constitutionnels indispensables permettant la simple légalité d'édification d'une société débarrassée du
capitalisme.


Ce n'est donc pas d'un discours sur la création de cellules hypothétiques dont les
camarades ont besoin mais de se débarrasser de ce qui fait entrave, notamment du dirigisme des élus cultivés hors-sol qui s'estiment gardiens du temple tout en cultivant plus de relations de
sommets avec des partis ayant d'autres objectifs plutôt qu'avec les travailleurs et leurs orgas. On découvre, soudain, ces élus trahissant et membres de ces orgas dont le seul rôle est le
carriérisme d'une minorité, on on en est surpris.


Les outils sont comme les paroles de l'internationale de sérieux soutiens face au
sociaux-démocrates que sont devenus nombre de nos proches camarades.


 


Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !


Cordialement.


Fabrice


 


 

GQ 30/06/2014 15:08


Rappel de mon opinion sur les exploits l'opposition interne au PCF.