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Réveil Communiste

Voulez-vous vraiment vivre la Troisième Guerre mondiale?

20 Avril 2022 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ukraine, #Russie, #Impérialisme, #GQ, #l'Europe impérialiste et capitaliste, #États-Unis, #Ce que dit la presse, #Qu'est-ce que la "gauche"

Voulez-vous vraiment vivre la Troisième Guerre mondiale?

Beaucoup de sympathisants de gauche veulent éviter de soutenir « Poutine » mais aussi de faire chorus avec la propagande de l’OTAN.

D’abord à ceux qui sont vraiment désorientés je conseillerai de prendre du recul et d’attendre que les choses se décantent.

Faute de cette prudence d'autres en sont venus à soutenir les sanctions économiques contre la Russie et même les livraisons d’armes à l’armée ukrainienne. Chercher à se soustraire au narratif de l’OTAN ils ne l’imaginent même pas.

Il est clair que c’est la Russie qui a déclenché la guerre le 24 février contre le régime de Kiev. Il n’en est pas moins clair que la cause de cette guerre réside dans la volonté expansionniste de l’OTAN. Qu’il ne faut pas oublier que l’Ukraine est en guerre civile et en voie de nazification depuis le coup d’État de 2014. Dans ces conditions il faut réfléchir à deux fois avant de prendre parti.

Ensuite de ne pas marcher dans la personnalisation et la psychologisation du conflit. La personnalité de Poutine n’a finalement que fort peu de chose à voir avec la question, sauf à adhérer à une conception carrément zemmourienne - lorantdeutshienne de l’histoire. Il y a des constantes géopolitiques, et aucun gouvernement russe digne de ce nom n’aurait accepté l’intégration de l’Ukraine dans une alliance anti-russe.

De se dire aussi que s’attribuer à soi-même et de distribuer des certificats de bonne moralité idéologique ça ne sert pas à grand-chose ; répéter qu’on est contre les « dictateurs » « pour la paix » etc. ce n’est qu’une manière d’affirmer son excellence morale.

Il est significatif que les seuls crimes des nazis ukrainiens qui ont fait bouger un peu les lignes et troublé l’unanimité dans l’union sacrée en jaune et bleu sont les discriminations, effectivement scandaleuses, qui frappent les réfugiés non européens qui tentent de sortir du pays dans la panique généralisée. Mais ils ont fait bien pire, ils ont fait le pire, depuis huit ans, dans l’indifférence générale, contre des Russes, des Ukrainiens russophones, des militants de gauche.

Que les militants de gauche français ne soient pas solidaires des militants de gauche ukrainiens ce n’est pas très étonnant vu le ton haineux qu’ils emploient pour polémiquer entre eux pour savoir quel est le meilleur candidat de gauche pour perdre les élections. Mais on les a connus plus sourcilleux sur le racisme et l’antisémitisme quand il est assumé sans filtre par des nostalgiques du Troisième Reich.

Retourner au réalisme : on ne peut pas vraiment utiliser la moraline comme boussole pour dire quelque chose de sensé et d’utile dans cette situation où la folie collective de l’Occident va bien plus loin que celle qu’on impute si facilement au président russe.

Il faut en revenir au bon sens matérialiste le plus radical : il s’agit de savoir si on veut vivre la troisième guerre mondiale ou non. Dans le déchainement hystérique entretenus par les médias de masse beaucoup plein d’une excitation morbide qui est le fruit de deux générations d’éducation dans le monde des réalités virtuelles ont l’air de n’espérer que ça.

A toute fins utiles on peut leur rappeler que contrairement à ce qui se passe dans leurs jeux favoris les participants ne se relèveront pas à la fin. Certains volontaires ou mercenaires qui étaient partis la fleur au fusil pour tenter l’aventure ont découverts à leur dépens que la guerre c’est un jeu moins drôle quand c’est l’adversaire qui dispose de l’appui aérien !

Il s’agit de se lancer, ou non, dans une guerre ouverte de l’OTAN contre la Russie « pour l’Ukraine » qui aboutirait à l’anéantissement de ce pays.

Alors les fanfarons des réseaux sociaux le lèvent tous pour hurler à la guerre contre la Russie ! Bien évidemment il ne leur est pas passé dans le ciboulot une seule seconde qu’ils risquent eux aussi de mourir. Ignorance n’est pas innocence et stupidité n’est pas courage.

Les amis des Ukrainiens (qui la plupart du temps ne savaient même pas où placer le pays sur la carte le mois dernier) feraient bien de s’intéresser à l’intérêt national de ce pays : est-ce d’entrer dans une guerre inexpiable avec son puissant voisin en espérant être sauvé par le déclenchement d’une guerre nucléaire, ou de trouver un compromis avec lui sur la base de la démilitarisation de la dénazification et du respect des minorités ?

Le bourrage de crâne qui consiste à faire croire que l’Ukraine peut gagner la guerre contre la Russie est beaucoup plus bête qu’en 1914 et beaucoup plus pervers parce que ça incite des Ukrainiens et des spectateurs crédules atteints de donquichottisme à se faire tuer pour rien dans l’attente d’une aide décisive qui n’arrivera jamais et que ça peut même aboutir à la destruction pure et simple de l’État ukrainien, dessiné par les bolcheviks en 1922 et agrandit vers l’Ouest par Staline en 1945 .

Il ne faut pas oublier qu’avant que les nazis lancent l’épuration ethnique à grande échelle en 2014 environ la moité des Ukrainiens étaient Russes (la seule différence entre les deux peuples étant la langue). Que les habitants de Marioupol que les Ukrainiens empêchent de sortir de la ville assiégée pour qu’ils servent de boucliers humains sont russes. Il y a de fortes chance que l’Ukraine soit démembrée si la guerre dure encore longtemps.

Bien sûr on dira que les Russes peuvent aussi perdre la guerre. C’est peu probable car après tout elle aussi risque son existence dans l’affaire et elle a déjà montré sa détermination. Et cela ne se passerait pas sans conséquences très fâcheuses pour le monde entier.

Une parabole en forme de test pour finir

Quand tu trouves un nid de frelons à coté de ta maison :

tu dis que ce ne sont pas des frelons et qu’il n’y a d'ailleurs pas beaucoup de frelons

tu donnes un coup de pied dedans et tu pars en courant

tu attends que le voisin s’en occupe et tu le critiques quand il le fait parce qu’il ne respecte pas la biodiversité

tu déménages

ou tu le détruis ?

 

GQ 17 mars 2022

 

 

 

 

 

 

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L
Bonjour,<br /> <br /> Excellent article comme souvent. <br /> <br /> Contrairement à ce qu’affirme le commentaire de Etienne Arnould, il ne s’agit pas ici d’une simplification, mais d’une précipitation (au sens des éléments qui se condensent et tombe au fond). <br /> C’est ce que l’inévitable Barbarie produit en allant s’élargissant et s’intensifiant. <br /> Dès lors, par manque de courage et de remise en cause des certitudes, il ne reste plus que des mauvais choix. Parmi lesquels il s’agit de choisir celui présentant à terme le plus d’Espoir de sortir de la Barbarie.<br /> Ici, l’impérialisme des USA nous mène de manière certaine vers une Barbarie généralisée. C’est l’option qu’il faut rejeter le plus souvent. D’ailleurs, le recours aux groupes néo-nazi ici, comme aux islamistes ailleurs, est tout sauf un hasard.<br /> <br /> Ceux refusant de choisir un camp, ne font que continuer à être lâches et à demeurer cloitrés dans leur confort intellectuel. Ils ne servent à rien. Ou plutôt, par leur inaction dans le réel, ils favorisent la poursuite des menées impérialistes. Le dessin, dont la pseudo réalité saute aux yeux, illustre parfaitement cette attitude en vérité totalement dépourvue de courage.<br /> <br /> Cordialement.<br /> <br /> Luc Laforets<br /> www.1P6R.org
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E
Pas plus que la rosée du matin n'arrête le pèlerin, la complexité des faits ne peut faire obstacle à un bon matérialiste dialecticien... Face à la complexité, une arme, dialectique : la simplification. Et si les faits, ces têtus bien connus, s'obstinent dans leur complexité, la simplification doit aller jusqu'à son terme.<br /> Réduire la question nationale à une simple question linguistique, même le camarade Staline, expert de la première et praticien de la seconde, ne s'y était réduit... Il était donc temps que GQ affirme "la moitié des Ukrainiens étaient Russes (la seule différence entre les deux peuples étant la langue)".<br /> C'est désormais simple, donc parfaitement dialectisable.<br /> Ainsi, on peut établir que Nicolas V Gogol est un Russe, et non un Ukrainien, tout comme d'ailleurs son pâle successeur Andreï I Kourkov, mais, pour ce dernier, il faudra l'en convaincre.<br /> De même d'ailleurs que le président Volodymir O Zelinsky qui se dit Ukrainien alors qu'il est Russe et nazi (zut la complexité revient !)<br /> D'ailleurs il est établi que les Autrichiens sont Allemands comme disait... (zut, encore un truc compliqué)<br /> Et les Corses ne sont pas Français, ça c'est simple !
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E
"Supposons qu'un jour, après une guerre nucléaire, un historien intergalactique atterrisse sur notre planète alors morte afin d'enquêter sur la cause de la lointaine petite catastrophe enregistrée par les capteurs de sa galaxie. Cet historien, ou cette historienne - je ne me risquerai pas dans les spéculations sur la physiologie de la reproduction chez les extraterrestres -, consulte les bibliothèques et les archives de la Terre, préservées par une technologie de l'armement nucléaire très perfectionnée, conçue pour détruire les gens mais non les biens. Notre observateur, après quelque études, conclura qu'on ne saurait comprendre les deux derniers siècles de l'histoire humaine de la planète Terre sans s'être fait une certaine idée du terme de "nation" et des vocables qui en dérivent. Ce terme semble exprimer quelque chose d'important dans les affaires humaines. Mais quoi exactement ? Ici réside le mystère."<br /> Eric Hobsbawm, Nations et nationalismes depuis 1780. Folio Histoire. p 11<br /> <br /> GQ reconnait et corrige sa simplification fautive : . "La moitié des Ukrainiens étaient des locuteurs ukrainiens qui parlaient Russes l'autre moitié des locuteurs russes qui ne parlaient pas Ukrainien". On peut donc être Ukrainien et russophone, ou non russophone... La pratique d'une langue, ou d'une autre, ne suffit pas à déterminer le "sentiment" d'appartenance à un nation même s'il peut, souvent, y contribuer.<br /> <br /> Il faudrait réévaluer de manière objective et critique, pour en tirer des leçons pour l'avenir, ce que fut la politique nationale de l'Union Soviétique.<br /> Je me contente de juste une remarque : si l'Union Soviétique fut, volontairement, le cadre de l'affirmation et de la territorialisation de nations soit précédemment opprimées (la Russie "prison des peuples"), soit non encore formalisées (nations d'Asie centrale, sibériennes, etc.) elle ne tenta pas de promouvoir une "nationalité soviétique", contrairement à la Yougoslavie.<br /> <br /> Les nationalistes russes actuels (grands russiens, panslavistes, eurasistes, ou autres) considèrent que les Ukrainiens ne sont qu'une variété de Russes. <br /> Les nationalistes ukrainiens affirment, au contraire, que l'Ukraine forme une nation et, pour certains, ils entendent la dé-russifier (d'où, significativement, des décisions visant à proscrire l'usage du russe).<br /> <br /> Ces 2 affirmations, antagonistes, sont banales dans l'histoire des nations.<br /> Ex. En 1918 l'annexion de l'Alsace-Lorraine par la France fut affirmée non négociable et ne pouvant être conditionnée par un plébiscite - ce que le jeune Parti communiste français dénonça à partir de 1922 ; <br /> Faut-il rappeler que pour certains, en 1954, "l'Algérie c'est la France" ?; <br /> Les ordonnances de 1944 sur la Presse française, très progressistes, imposaient de limiter drastiquement l'usage de l'allemand dans la presse d'Alsace-Lorraine ; <br /> L'Algérie indépendante a entrepris l'arabisation de l'Etat, suscitant des réactions des berbérophones ; etc.<br /> <br /> Il n'y a pas de bons ou de mauvais nationalismes, en soit. <br /> Chaque affirmation nationale doit être appréciée par rapport à son contexte. <br /> <br /> Vladimir V. Poutine reprend dans ses interventions publiques certains thèmes du nationalisme eurasiste (nationalisme grand-russien anti-occidental prônant un capitalisme national).<br /> Volodymir O Zelinsky, très logiquement, tient un discours à tonalités plus patriotiques que nationalistes (le patriotisme est la facilité qui s'offre à tout tenant d'une nation qui subit une agression) et, évidemment, pro-occidental.<br /> <br /> Je ne vois pas en quoi il y a à préférer l'un à l'autre.<br /> <br /> Par contre je reconnais que vivant dans un pays, la France, dont l'Etat a cédé des pans importants de sa souveraineté à l'impérialisme étasunien, directement en intégrant l'OTAN, indirectement dans le cadre de l'UE, je me dois de combattre cet impérialisme (et non l'impérialisme russe, par exemple).<br /> Que l'impérialisme étasunien soit l'adversaire prioritaire et principal ne signifie pas que tout adversaire ou ennemi de cet impérialisme soit un allié. Sinon, il faudrait célébrer le 7 décembre 1941 comme une belle victoire contre l'impérialisme...<br /> En effet si, actuellement, et de fait depuis la 1ère Guerre Mondiale, l'impérialisme américain est le plus puissant impérialisme, il n'est pas le seul, et il n'a jamais été le seul.<br /> Durant sa lutte pour l'Indépendance nationale, le FLN algérien a reçu l'aide matérielle et le soutien diplomatique du camp soviétique, mais aussi un soutien diplomatique, certes plus modeste mais pour les dirigeants français plus gênants, des EUA... Contradiction entre l'impérialisme dominant et un impérialisme colonial en crise...<br /> <br /> Une fois encore, je ne peux que constater, paraphrasant August Bebel, que l'anti-américanisme est l'anti-impérialisme des imbéciles... la question de savoir à qui ces imbéciles sont utiles, s'ils le sont, est secondaire.
R
La moitié des Ukrainiens étaient des locuteurs ukrainiens qui parlaient Russes l'autre moitié des locuteurs russes qui ne parlaient pas Ukrainien, et ils étaient tous soviétiques par leur éducation. Il doit certainement y avoir maintenant puisque le russe a été proscrit en 2014 des Ukrainiens qui ne parlent pas russe. Il est très difficile de distinguer un Russe qui vit en Ukraine d'une Ukrainien qui ne parle que russe et si j'étais à leur place en ce moment je serais assez opportuniste quant à me définir. Gogol est un écrivain russe, et un ukrainien aussi au sens ou on peut être Français et Corse à la fois. Non? Je sais que tu en connais un rayon sur le sujet, mais moi aussi tu vois.