La guerre d'Ukraine n'aura pas lieu ... une autocritique de GQ
22 Février 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ukraine, #Russie, #États-Unis, #Royaume-Uni, #l'Europe impérialiste et capitaliste, #Ce que dit la presse, #Impérialisme, #GQ
Quatre ans plus tard, après des centaines de milliers de morts, ça vaut peut être la peine de relire cette erreur d'analyse de février 2022 et cette autocritique à chaud (24 février 2025).
Comme quoi on peut se tromper... L'opération militaire russe du 24 février a surpris tout le monde. Je pense qu'il a eu tort mais je ne suis pas à sa place et je n'ai pas toutes les informations. Peut-être se sont-ils produits des faits nouveaux importants. Cela dit, j'estime que le dirigeant russe d'habitude prudent a pris des risques importants :
D'isoler la Russie
De donner du grain à moudre à la propagande belliciste de l'OTAN et de crédibiliser son discours global d'inversion accusatoire.
D'échouer dans la tentative de changer le régime de Kiev
De s'enliser militairement en Ukraine
Le seul bon coté de sa décision réside dans la volonté de crever l’abcès et de faire cesser la guerre terroriste contre le Donbass qui dure depuis huit ans.
Par ailleurs il le fait sur des bases idéologiques erronées : remettre en cause la création de l'Ukraine par les bolcheviks, voir même l'existence de la nation ukrainienne, ne le conduira pas à plus de soutien, car les partisans de l'Unité entre la Russie et l'Ukraine se retrouvent précisément de ce coté là.
Mais il peut aussi gagner, et infliger une défaite éclair à l'impérialisme global, tout en épargnant aux deux pays les guerres sans limites qui ravagent la Syrie ou la Libye... On verra [nd 22 février 2026 : On a vu en effet].
25 février 2022
La prétendue menace russe sur l'Ukraine montre assez bien le fonctionnement de la machine impérialiste auto-intoxiquée par sa propre propagande.
Au départ, il s'agit simplement de mettre en scène une pathétique petite victoire diplomatique dont l'Empire a bien besoin pour redorer son blason après le fiasco afghan, en dénonçant une invasion russe imaginaire pour pouvoir se vanter ensuite de l'avoir empêchée quand tout le monde verra qu'elle n'a pas eu lieu.
Avec au passage la possibilité de marquer un point psychologique et géostratégique en intégrant l'Ukraine à l'OTAN, et l'espoir d'entrainer la Russie dans un piège militaire si excédée par tant de provocations elle se laissait aller à envahir réellement l'Ukraine.
Mais le déluge de propagande introduit à cette fin dans le circuit médiatique finit par faire croire aux inventeurs de cette menace qu'elle est réelle, ce qui les conduit à une adopter une attitude arrogante, infantile, instable, et dangereusement provocatrice envers la Russie. Et pour certains idéologues néoconservateurs, comme Bolton, considérés par la plupart de leurs collègues de l'establishment comme de dangereux extrémistes, qui désirent une guerre préventive avec la Russie et/ou la Chine, c'est une aubaine pour provoquer la "troisième guerre punique" dont ils rêvent pour anéantir la première et intimider la seconde.
Un schéma narratif très semblable se développe en ce qui concerne les prétendues menaces de la Chine sur Taiwan.
L'Occident voudrait une grande guerre destructrice pour empêcher la Chine d'accéder à l'hégémonie mondiale, ce qu'il croit inéluctable, mais n'osera pas la déclencher lui-même. Si les Russes et le Chinois jouent correctement leur jeu, elle n'aura pas lieu, et l'affaire sera bientôt pliée. L'alliance défensive entre ces deux grands pays fonctionne aussi comme un stabilisateur, car elle décourage les aventures militaires de part et d'autre.
Cependant, si demain matin les États-Unis annoncent l'admission de l'Ukraine dans l'OTAN, pour provoquer un casus belli, les Russes devront réagir, mais ils le feront probablement comme ils l'ont déjà annoncé, en concluant des accords militaires avec des pays latino-américains proches des frontières Sud des États-Unis ou en accroissant leur activité en Afrique et au Moyen Orient.
Si l'Ukraine lance une attaque de grande envergure contre le Donbass, les Russes devront également réagir, et en fait ils l'ont déjà fait, parce que les concentrations de troupes sur leur territoire proche de l'Ukraine ont précisément le but de dissuader l'Ukraine de s'engager dans une telle entreprise, mais ils le feront en se limitant aux territoires directement concernés, comme en Géorgie en 2008. Ils n'ont certainement pas la volonté d'engager une guerre de blindés sur l'ensemble du territoire ukrainien, comme en rêvent leurs adversaires.
Mais le plus probable est encore ceci : le soufflé du bellicisme occidental retombera sans combattre car il est essentiellement mobilisé contre les spectres qu'il a évoqué par sa propre propagande. Personne ne risque la guerre réelle avec un adversaire redoutable sans un enjeu vital , et la survie de l'Empire n'est probablement un tel intérêt pour personne, pas même pour ceux qui en vivent et se servent au passage. Pour le moment.
En espérant ne pas pécher par optimisme.
GQ, 13 février 2022
PS du 17 février : mais une provocation de grande ampleur des forces occidentales est peut être bien en cours, par contre, oui.
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
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Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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