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Réveil Communiste

Jean -Luc Mélenchon ou Fabien Roussel en 2022? et pour dire quoi?

4 Juin 2021 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Élections, #Qu'est-ce que la "gauche", #lutte contre l'impérialisme, #Economie, #Journal des luttes, #GQ, #classe ouvrière, #Positions

Jean -Luc Mélenchon ou Fabien Roussel en 2022? et pour dire quoi?

Cet article est l'adaptation et j'espère l'amélioration de "Pourquoi voter en 2022, et pour qui?", publié en mars dernier. En ce qui concerne Montebourg, il semble avoir fait ses trois petit tours, et puis s'en va ... Je précise que je ne crois pas qu'il faille minimiser, mais non plus qu'il faille trop dramatiser l'enjeu des élections. Elle peuvent être l'occasion de bonnes surrpises, mais le plus souvent ne changent rien du tout, et je crois aussi qu'il faut éviter d'entrer dans des guerres de religion à ce sujet. Ce ne sont que des questions de choix tactiques.

il me paraît très important pour l’avenir de la classe ouvrière et des idées de progrès social en France au XXIème siècle que Macron, leur ennemi déclaré et obsessionnel de premier degré soit sanctionné, humilié, et battu, si possible dès le premier tour.

Mitterrand, Chirac, Balladur, Jospin, Sarkozy, Hollande, Valls, ont été ainsi sanctionné à juste titre pour avoir tenté de faire valoir peu ou prou la même feuille de route. Il serait quand même un comble que le plus mauvais et le plus caricatural des figurants politiques mis en avant par le capital et par la finance puisse faire un deuxième mandat.

On nous dira alors une fois de plus qu’on ne doit pas favoriser l’extrême droite. Voter pour « tout sauf Macron » au vu des sondages (qui sont manipulés précisément pour le faire croire) signifierait choisir Marine le Pen. On a vu aux États Unis, en Italie, que le choix de l’extrême-droite, comme on pouvait le prévoir, est un choix ni plus ni moins mauvais que l’autre. Et si c’est la seule alternance, alors tant pis. Nullement notre intention de la favoriser, mais il est plus important encore de ne pas se décrédibiliser en apportant ses suffrages pour faire élire une fois de plus des adversaires déclarés et cyniques des classes populaires au nom de grands principes affirmés avec d’autant plus d’emphase qu’ils sont plus creux et anachroniques. Il n’est pas si faux de crier au fascisme aujourd’hui, mais il n’est pas forcément où on le montre. En tout cas, il est au moins autant chez Valls ou chez Macron, que chez l’épouvantail de service.

Mais nous n’en sommes pas là ; il faut voter au premier tour pour un candidat de gauche assez à gauche pour susciter un vote de classe (c’est à dire voué au moins en théorie à défendre les intérêts des salariés) et le plus souverainiste possible, c’est à dire critique radical de l’UE et de l’OTAN pour garantir au pays les conditions d’une politique économique indépendante et surtout pour défendre la paix qui est de plus en plus menacée par les ingérences impériales des pays occidentaux partout dans le monde.

Un candidat parfait sur une telle ligne risque bien de ne pas se présenter et il faudra alors choisir le moins mauvais.

Le plus évident dans ce rôle malgré tous ses manquements et sa tendance à la défaillance au moment critique est Mélenchon, celui qui a accumulé le capital de notoriété qui lui permet d’ores et déjà d’envisager la présence au second tour (mais pas forcément la victoire, même contre Marine Le Pen) et qui a au moins à son actif un rôle déterminant dans la victoire du « non » au referendum de 2005. Il a le plus de chances de faire un bon résultat, mais il risque aussi d’être écarté de la course par une manœuvre juridique de « lawfare » à la dernière minute.

On peut très bien voter pour quelqu’un dans l’intention de le combattre ultérieurement, si son élection peut servir de catalyseurs à la situation politique.

Montebourg tente (tentait?) d’occuper la place du souverainiste de gauche bien modéré que le précédent a peu à peu abandonné depuis 2017. Mais ses états de service sont bien maigres : avoir prêché le « produire en France » dans un ministère symbolique ad hoc sous la présidence de Hollande ne mène pas très loin. Son passé de « young leader » sélectionné par la French-American Fondation (sic) ne plaide pas non plus pour lui. Cela dit, les gens changent, et il pourrait viser le second tour et la victoire, s’il réussissait à créer unité et rassemblement autour de sa personne. Contrairement à Mélenchon qui tient souvent un langage radical Montebourg n’est pas très idéologisé. Ce qui signifie que sa trajectoire une fois en place ne serait pas forcément celle de quasiment tous les idéologues gauchistes, à droite toute.

Fabien Roussel est un candidat communiste potentiel comme on en rêvait pour revivifier le parti en 2007. Un candidat pour revitaliser le parti historique des ouvriers en France, et d’ailleurs pour le rendre aux ouvriers pour commencer. Il est d'ailleurs un élu de la France ouvrière, dans une région dite "périphérique".

Le problème qui se pose concrètement est que Fabien Roussel n’est pas encore en mesure, comme actuellement le candidat communiste au Chili, de rassembler suffisamment pour aller au second tour, et de le gagner (la simple évocation de cette possibilité provoque des ricanements, pas toujours lucides, car l'opinion électorale est devenue très volatile).

Cela pourrait changer avec l'inflexion dite "populiste" de sa campagne, déjà engagée, et une orientation souverainiste, qui reste à venir. La gauche n'a pas d'autres choix si elle veut gagner que de viser à reconquérir l'électorat abstentionniste et/ou frontiste, et pour cela il faut couper l'herbe sous les pieds des populistes de droite et d'extrême droite. Dans cette logique, les initiatives de Fabien Roussel sur la sécurité sont justes et nécessaires.

Si cette inflexion se poursuivait et s'approfondissait (y compris avec des mains tendues aux souverainistes exclus par Mélenchon) il serait le meilleur des trois, au vu de ses qualités personnelles. A condition, bien entendu, qu'il s'engage par avance à ne pas appeler à un vote Macron ce qui me parait difficile, le PCF étant ce qu'il est.

Au lieu de faire des compromis avec les écologistes qui sont une force libérale ou même réactionnaire, il faut les antagoniser (par exemple en affirmant le soutien à la filière nucléaire, ici encore Fabien Roussel  se positionne justement), non en espérant les affaiblir, mais au contraire pour les renforcer en les poussant vers la droite  et se renforcer soi-même par polarisation classe contre classe. Il faut une candidature centriste écologiste-libérale-libertaire dynamique susceptible d’avaler ce qui reste du PS et de prendre une part substantielle du vote Macron du premier tour 2017. Par contre l’union avec eux est à proscrire, car chaque voix gagnée en flattant les "bobos" métropolitains se paye par trois ou quatre voix perdues dans les milieux populaires. Et je parierais bien que l’inverse pourrait être vrai également : chaque voix perdue dans la moyenne bourgeoisie de gauche est compensée par trois ou quatre voix, provenant de l’abstention, du vote le Pen, ou de la frange assez importante d’électeurs de tous les bords qui votent pour une bonne tête mais jamais pour les donneurs de leçons moralisateurs.

Un second tour opposant un candidat de gauche souverainiste à un écolo serait intéressant à observer : une confrontation directe du bloc populaire et du bloc bourgeois !

De même il faut espérer un nouveau candidat de droite bon teint, respectable et crédible, susceptible de rogner sur le vote RN et le vote Macron, et il faudra espérer que le ou les candidats de gauche comprendront qu’ils se sont tirés une balle dans le pied en participant à l’hallali contre Fillon, au prétexte de ses positions conservatrices sur le plan des mœurs, lynchage juridico-médiatique qui ne pouvait bénéficier qu’aux deux finalistes de 2017.

Le candidat d’alternance de gauche doit pouvoir bloquer la progression du RN, voire lui reprendre des voix, occuper l’espace politique vacant dans lequel s’est développé le mouvement des Gilets Jaunes, et pour cela il doit être le moins « sociétal » possible, il doit laisser ces thèmes aux écolos. Et le plus social possible, en mettant en avant des propositions concrètes, vérifiable, et immédiates d’augmentation du pouvoir d’achat des salaires et des pensions de retraite.

De toute manière, quelque soit le candidat choisi il faut qu’il apparaisse rapidement comme le seul crédible, pour rassembler au maximum.

Le candidat doit avoir un style qui puisse inspirer confiance aux classes populaires, et aussi une grande détermination car il subira de très fortes pressions ; qu’il ne soit pas complètement d’équerre sur toutes les questions évoquées ci-dessus n’est pas le plus important.

Pour conclure, tactiquement, il faut laisser une ouverture à la droite classique en la ménageant et aux écolos en leur laissant leur fond de commerce idéologique pour contenir et affaiblir Macron des deux cotés, et ne pas être "populiste" ni souverainiste à moitié pour contenir et affaiblir Marine Le Pen. Macron doit quant à lui être attaqué et démoli impitoyablement.

C’est un pari nécessaire : un candidat ancré à gauche ne peut pas gagner s’il ne récupère pas un nombre significatif de voix sur l’extrême droite et les abstentionnistes, et il ne peut pas faire ça en ressassant les lieux communs qui envahissent les médias sur le climat, sur les migrants, sur les minorités ou sur les mœurs.

La logique du vote utile doit s’inverser : il faut faire comprendre aux « informés » qu'ils doivent lâcher Macron, car n’importe quel candidat, qu’il soit facho, écolo, catho, ou coco gagnera contre lui au second tour.

Le programme et surtout la campagne devrait proposer aux classes populaires des "plus" réalistes et sensibles dans la vie quotidienne : plus de salaire, plus d’égalité, plus de santé, plus d’éducation, plus d’indépendance nationale, plus d’État, plus de protection économique, plus de sécurité sociale, plus de fonctionnaires, plus de services publics, plus de science, plus d’usines, plus d’ouvriers, plus de paysans, et plus de peines de prisons pour les spéculateurs, les corrompus, les négriers, les dealers et les évadés fiscaux.

 

GQ, 9 mars 2021, mis à jour le 26 mai

 

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P
Jean -Luc Mélenchon ou Fabien Roussel en 2022? et pour dire quoi? mis à jour 26 mai 2021

Ce matin (28 mai 2021 ) sur le marché j’ai engagé la discussion avec des étalières et étaliers sur la situation politique ( dictature fasciste et dictature sanitaire ) sur les prochaines élections ( régionales et présidentielles ) et j’ai abordé la question du changement économique de société ( entretiens courtois et écoutes attentives des réponses de mes interlocutrices et interlocuteurs )
Voici ce que je déduis de ces entretiens :
Mes interlocuteurs sont, en priorité des petits paysans qui triment mais qui n’ont comme analyse politique que celle-ci «  bon ben moi je vais choisir un tel ( l’extrême droite ) car A LA TELEVISION ils nous défendent !!!!!!!! Mélanchon ? A non, pas lui !!!! il ne s’occupe que de sa carrière » Et les socialiste ?? Surtout pas eux, ils nous ont enfoncé dans la crise !!!!!!
Avec réticence j’ai posé la question «  mais le Parti communiste présente un candidat ! Fabien Roussel » Les quatre étaliers avec qui j’ai discuté ( autours d’un café ) NE CONNAISSAIENT PAS cette candidature !!!!!!!!
J’avais besoin d’entendre les opinions de ces travailleurs dont l’analyse politique est férocement manipulée par la propagande à la goebbels. Et je n’ai pas tenté d’aller plus loin !! il m’aurait fallu des heures pour expliquer !!
MORALITE
 La reconstruction d’une véritable idéologie de transformation sociale ne peut passer que par la reconstruction d’un grand parti communiste de type bolchévik associée au rétablissement public de la vérité sur les réussites de l’économie socialiste allant vers le communisme en URSS jusqu’en 1953, date de la mort du Maréchal Joseph STALINE.
Sans ce contre pouvoir que représente un puissant Parti communiste DANS LES MASSES, composé d’élus et militants prolétaires et paysans, en emplois réels ( et non plus les carriéristes actuels ) l’oligarchie financière française a les mains libres pour écraser les prolétaires et toute la population.
 Bis repetita !!!
On peut se poser la question, à savoir le programme porté par Fabien Roussel est-il présenté au peuple français par un candidat communiste qui est sur des positions prolétariennes de lutte des classes marxistes-léninistes, et porteur d’une stratégie pour la mise en œuvre, en France, d’une économie socialiste allant vers une économie communiste ???????? Ce programme du candidat communiste marxiste-léniniste comporte-t-il, en priorité, afin de réaliser les mesures permettant d’améliorer significativement les conditions de vie des prolétaires et de la population française, la décision de sortie irrévocable de l’Union Européenne * et de l’Otan ???????????????? sorties qui permettraient au candidat communiste sur des positions prolétariennes de lutte des classes marxistes-léniniste, d’imposer l’indépendance financière de la France et en finir avec la tutelle des capitalistes de Bruxelles et en finir avec des dépenses militaires insensées.

Mais il m’apparaît que Fabien Roussel se présente comme candidat de l’actuel PCF croupion qui, depuis des décennies, a irrémédiablement trahi la classe ouvrière et les couches populaires en France et  ce de façon méthodique et cohérente, s’éloignant de la théorie marxiste-léniniste et des principes de constitution et de fonctionnement d'un parti révolutionnaire. La stratégie de l’actuel PCF croupion , au cours des décennies depuis 1953, a été une stratégie d'alliances inconditionnelles et de participations aux gouvernements bourgeois et à la social démocratie, trahissant l'objectif de renversement de la barbarie capitaliste et dénigrant la lutte pour le socialisme. 

La finalité électoraliste de la candidature PCF croupion de Fabien Roussel m’apparaît aveuglante.



* Rappel :
* l’Union Européenne est un projet concocté par le 3ème Reich hitlérien nazi/fasciste et accouché sous l’impulsion autoritaire du capitalisme des Etats Unis.

* l’OTAN – Organisation de l’atlantique nord a été créée, par les Etats Unis, pour, vassaliser les pays de l’Europe occidentale et, à terme, détruire l’URSS bolchévik et à ce jour la Russie capitaliste.
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J
Pour revenir sur le nucléaire,regardez vos facture d'électricité: une colonne s'appelle CSPE,elle vaut un tiers de votre facture et elle correspond au financement des énergies renouvelable... qui fournissent moins de 10% de notre électricité.
On peut être contre l'atome mais le prix de l'électricité augmentera d'un facteur 2 (thermique) à 10 (full renouvelable) selon l'alternative choisie.
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S
Assez d'accord sur la nécessité du protectionnisme, la souveraineté, le social avant le sociétal mais je ne comprends pas bien cet amour du nucléaire. En quoi défendre la filière nucléaire est positif pour les salariés ? De manière plus générale voir la question environnementale uniquement comme une préoccupation de bobo ça me paraît assez dépassé en 2021, pour reprendre la comparaison on perd des voix chez les CSP+ de centre gauche mais je ne suis pas certain qu'on en récupère dans les milieux populaires.
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R
Merci pour cette réaction, il faut en effet se garder du simplisme, même si il faut simplifier pour communiquer.

Il y a des questions écologique qui sont aussi directement sociales (comme l'amiante par exemple) mais elles sont toujours repoussées au second plan ou carrément oubliées dans le discours de l'écologie politique. L'écologie "climat" par contre sert souvent de couverture trouée pour des projets antisociaux. En ce qui concerne le nucléaire, il est clair que si on quitte le nucléaire, et en même temps le carbone, on va droit à la misère généralisée, et d'ailleurs on n'y ira pas, parce que les classes populaires pas folles non plus voteront pour n'importe quel candidat (y compris un buveur de sans) qui s'opposerait à cette politique !
P
Les casseroles que traine JLM ne sont pas irrémédiables que pour moi. Nos concitoyens doivent être incités, me semble-t-il pour quelqu'un qu'ils respecterons même battu.
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P
Ni l'un, ni l'autre. Faux problème. L'essentiel, qui nous sortira de l'UE, de l'Euro et de l'OTAN? Cessez de rester prisonniers de vos à priori. Ces gens sont des traîtres à la classe ouvrière. Laissez tomber.
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R
La seule proposition pratique de ce commentaire, c'est "laissez tomber". Rien à proposer?