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Réveil Communiste

De qui "Staline" est-il le nom?

14 Janvier 2022 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique, #Théorie immédiate, #GQ, #Russie, #lutte contre l'impérialisme, #Mille raisons de regretter l'URSS

De qui "Staline" est-il le nom?

L'été dernier a vu la diffusion internationale du film de propagande "l'Ombre de Staline". On constate ainsi l'actualité du principal dirigeant soviétique qui fait encore aujourd'hui l'objet d'attaques quotidiennes de propagande, bientôt 69 ans après sa mort !

 

Le blog œuvre pour la réhabilitation de Staline, on ne va pas le cacher. Qu’est ce que ça signifie ? Une posture de provocation ? Du paradoxe ? Un positionnement extrémiste ? Un aveuglement idéologique ?

 

Ça ne signifie rien de cela. L'objectif n'est pas de choquer pour attirer l'attention, mais de rétablir la raison et la vérité, ou lorsqu’elle est devenue inaccessible par la sédimentation séculaire de mensonges, démasquer les incohérences de la propagande dans le discours des médias et des institutions.

 

Ça signifie que sur la plupart des problèmes que Staline a affronté, dans les choix qu’il a fait et dans les circonstances concrètes où ils ont eu lieu, à l'époque où il agissait, il a eu raison. Et ses contemporains en étaient bien d’accord, y compris ses adversaires, qui étaient bien conscients qu'ils auraient fait de même que lui s'ils avaient été placés dans sa position et qui ne croyaient pas un mot des affabulations de leurs propres médias, contrairement au jour d’aujourd’hui.

 

Ça signifie aussi que la plupart des choses que l’on raconte, que l’on colporte, et que l’on croit savoir sur Staline sont fausses. Il s’agit sans doute du personnage historique le plus diabolisé de l’histoire. Non qu’il ait été un enfant de chœur, ça non, mais qui voudrait d’un enfant de chœur dans cette fonction ? Et pas davantage un saint, on sait d’ailleurs ce que ça donne, un saint au pouvoir, avec notre Saint Louis national pourfendeur d’hérétiques.

 

Ça signifie que Staline a été un véritable dirigeant politique, comme Lénine avant lui, mais plus représentatif du chef politique à l’état pur que Lénine, qui avait pour lui une autorité intellectuelle de théoricien hors du commun et une influence directe de sa voix sur les masses, comparable à celle de Fidel.

 

Staline est dans le rôle ingrat de celui qui doit consolider les positions acquises au moment où l’enthousiasme retombe et où les frustrations s’enveniment, celle d’un Maduro qui succède à un Chavez. Et ce rôle, on ne peut pas le jouer à genoux à la Justin Trudeau.

 

Nous qui voyons nos leaders charismatiques se dégonfler et rétropédaler à l'approche du pouvoir, aujourd’hui les Sanders, Mélenchon, Corbyn, ou trahir en rase campagne comme Tsipras, il faudrait qu'on réfléchisse un peu à ce que c'est vraiment qu'un chef politique compétent pour le prolétariat, et quel rôle on lui fait jouer et quel portait on fait de lui dans les médias bourgeois dès qu’il a été repéré. Il n’y a pas d’alternative ! Un Trotski uchronique parvenu au pouvoir à la place de Staline, à supposer qu’il ait été sincèrement attaché à la révolution, aurait agi comme un Staline, ses actions auraient été interprétées et déformées comme celles de Staline,  et il aurait mérité dans les médias bourgeois la même réputation que Staline.

 

Les dirigeants populaires qui ne sont pas des pantins ou un produit de marketing se retrouvent dans une région idéologique d’atmosphère raréfiée où les critères de morale habituels ne s’appliquent plus. Ça ne sert tout bonnement à rien de se poser la question de leur bonté. Leur bonté ou leur méchanceté ne sont plus que des signes envoyés à leurs partisans et à leurs ennemis. C’est le cas aussi de tous les dirigeants importants des autres classes qui jouent dans une partie sans règle où tous les coups sont permis – ou, plus exactement, où les règles changent sans cesse, et ce qui est permis aussi. Ce qui caractérise le pouvoir politique, c’est qu’il est le lieu de la transgression. Transgression misérable des sous-fifres et des opportunistes : corruption, harcèlement sexuel, abus et tyrannie, transgression fondatrice pour les grands personnages « qui font passer l’esprit à cheval » comme Hegel l’a dit de Bonaparte.

 

Staline est un des seuls dirigeants du prolétariat dans l’histoire qui se soit élevé à cette hauteur, à la capacité d’action, et à la liberté d’initiative qui sont naturelles et habituelles pour tout grand homme de la bourgeoisie, pour tout chef féodal ou tout homme de cour habile et courageux des Temps Modernes, qui se sont placés par leurs fonctions au dessus du bien et du mal. C'est un des très rares représentants des opprimés "qui joue dans la cour des grands".

 

C’est un des seuls qui aurait tenu le choc dans des circonstances comme celles des guerres civiles romaines du Premier siècle avant notre ère, des Guerres de Religion (1562 à 1598), de la Fronde (1648 à 1653) telle qu’elle est racontée par le cardinal de Retz, ou qui aurait pu affronter le roi de Prusse Frédéric le Grand sur les champs de batailles européens au milieu du XVIIIème siècle, sans parler du Napoléon de la campagne de Russie de 1812, comparaison qui s’impose pour le commandant en chef de l’armée soviétique qui repoussa l’invasion de la Wehrmacht, puis écrasa le IIIème Reich de juin 1941 à mai 1945.

 

Staline n’est ni plus ni moins terrible que César, Auguste, Henri IV, Marie Thérèse d’Autriche, William Pitt, Cavour, Bismarck, Disraeli, Clemenceau, ou que ses alliés et rivaux Roosevelt et Churchill. Il est plus terrible que Léon Blum, ça oui ! Et que De Gaulle, qui était pourtant assez méchant.

 

Il y a une différence entre agir au niveau individuel et local, et agir dans le vide de l’altitude où tout est possible et où le danger vient de toutes les directions, dans les postes de grande responsabilité et de direction stratégique, et pour nous qui ne connaissons pas directement le vécu de ces responsabilités, on ne peut en comprendre qu’indirectement leur fonctionnement et la mentalité qu’elle exige. On ne peut que juger sur les résultats.

 

Les anticommunistes qui sont encore a donner le ton dans la culture, et je pressens pour peu de temps maintenant, nous disent que Staline est plus terrible que Hitler. Et bien, encore heureux !

 

L’histoire des classes exploitées et des peuples opprimés abonde en martyrs et en rebelles romantisés mais vaincus - et aussi en traitres. La Révolution d’Octobre l’Union Soviétique et la fondation de la République Populaire de Chine ont brisé cette fatalité. Si Staline était conforme à la représentation horrifique que l’on nous a inculquée, ce serait un Pougatchev ou un Spartacus au pouvoir pour rendre justice aux masses, et ce serait déjà pas mal. Mais il n’est évidemment pas cela. S’il ressemble à quelqu’un ce serait plutôt à Luther, créateur énergique et rustre d’un nouveau monde, jusque dans l’effroi provoqué chez les intellectuels contemporain de voir l'esprit mis en pratique.

 

Mais bien entendu, tout ça, on ne nous l’a pas appris à l’école ou à la télévision. On nous a menti et baladé tout le long de notre vie sur Staline et sur l'URSS! Le traitement du Venezuela dans nos médias nous donne la clef de déchiffrement des discours délirants accumulés sur l’URSS et sur ses dirigeants.

 

Le vrai crime de Staline, c’est d’avoir été à la tête d’un mouvement du prolétariat qui a été pour la première fois étendu au monde entier et qui a provisoirement, l’espace de deux ou trois générations, vaincu la bourgeoisie sur une grande partie de la planète, et d’avoir semé les graines de sa ruine prochaine et totale.

 

GQ, 25 avril 2020, relu le 27 juillet 2020

 

PS

Lire sur la question Losurdo : Staline, histoire et critique d'une légende noire (Aden, 2011), et la Note de lecture de GQ

Pourquoi nos mauvais dirigeants sont-ils aussi mauvais? En ce qui concerne le cas de Léon Blum, ce chef lamentable, son leadership timoré et incompétent empêtré dans des scrupules intempestifs au moment du Front Populaire et de la Guerre d'Espagne laisse la place après la Libération à une action tout à fait déterminée d'agent des intérêts des États-Unis dans la mise en place des conditions de la Guerre froide. Il avait déjà montré son expertise contre-révolutionnaire en 1920 en organisant la scission au Congrès de Tours. Certains hommes de gauche pathétiques se révèlent d'excellents politiciens quand ils changent de camp.

Pour aller plus loin : Staline et la révolution

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B
De qui Staline est-il le nom ??
Alexandre Zinoviev rend hommage à Joseph Staline
« J'ai été un antistalinien convaincu dés l'âge de dix-sept ans. L'idée d'un « attentat contre Staline envahit mes pensées et « mes sentiments. Nous étudiâmes les possibilités techniques d'un attentat. Nous passâmes à la préparation  pratique (...) « Lorsque Staline était encore en vie, je voyais ça autrement, mais « maintenant que je peux survoler ce siècle, je dis: « Staline a été la plus grande  personnalité de notre siècle, le plus grand génie politique. Adopter une attitude « scientifique à l'égard de quelqu'un est autre chose que son attitude « personnelle".
Ainsi parle Alexandre Zinoviev, dissident soviétique célèbre,  vivant en Allemagne "réunifiée", un homme qui dans sa jeunesse poussait  l'antistalinisme jusqu'à la préparation d'un attentat terroriste contre Staline, qui a rempli des livres et des livres pour dire tout le mal qu'il pensait de la politique stalinienne, qu'un tel homme se voit obligé, dans ses vieux jours, de rendre hommage à Staline, voilà qui laisse songeur.
Beaucoup d'hommes qui se proclament révolutionnaires et communistes n'ont pas fait preuve d'autant de courage.
Parce que, du courage, il en faut, si l'on veut élever sa faible voix contre l'ouragan de la propagande antistalinienne. Un grand nombre de communistes sont lamentablement frileux sur ce terrain de bataille. Tout ce que les ennemis viscéraux du communisme avaient affirmé depuis la révolution bolchévique de 1917, le renégat Khrouchtchev a eut l’abjection de le revendiquer en 1956, à l’aide des mensonges de son rapport infâme lu lors du 20ème congrès du défunt Parti communisme bolchévique de l’URSS.Ce rapport a été concocté par la CIA
Depuis lors, l'unanimité vocifératrice dans la condamnation de Staline, qui va des nazis aux trotskistes et du tandem Kissinger-Brzezinski au trio Khrouchtchev-Gorbatchev-Poutine semble s'imposer comme une preuve incontestable de vérité. Défendre l'oeuvre historique de Staline et du Parti bolchevik devient impensable, devient chose monstrueuse.
Aujourd'hui, chez un homme comme Zinoviev, le constat de la folie destructrice qui s'est emparée de l'ex-Union soviétique, avec son cortège de famine, de chômage, de criminalité, de misère, de corruption et de guerres inter-ethniques, l’a conduit à la remise en question de préjugés ancrés dans son mental depuis son adolescence.
Il ne fait aucun doute que, dans le monde entier, ceux qui veulent défendre les idéaux du socialisme et du communisme devront au moins en faire autant. Personne ne peut échapper à cette évidence, à savoir que lorsque après des décennies de dénonciations virulentes du "stalinisme", Gorbatchev en eut réellement fini avec toutes les réalisations de Staline, il a démoli dans la même foulée les statues de Lénine et a démontré qu'avec les funérailles du stalinisme, c'était aussi le léninisme qu'on enterrait.
 Et moi, modeste militante communiste ( aujourd’hui hors de l’actuel PCF renégat ) je dis ceci :

L’image de Staline qui ressort suite à un examen objectif des faits.
c’est l’image d’un grand marxiste-léniniste qui a lutté toute sa vie pour la cause du socialisme et de la classe ouvrière et qui, bien qu’entouré de traîtres révisionnistes, a réussi au cours de sa vie  à empêcher cette majorité de révisionnistes de trahir de manière significative la classe ouvrière qu’il aimait et la restauration du système capitaliste qu’il détestait.
Je considére la défense de Staline comme une partie de la défense du marxisme-léninisme.
Il ne peut y avoir de plus grand compliment pour quiconque aspire à être marxiste-léniniste que d’être qualifié de stalinien.
Je répond à Mr CN46400
Le système socialiste en URSS bolchévik, c’est à dire jusqu’à la mort de Joseph Staline en 1953, a été une réussite fulgurante.
Rappel historique rapide
A ) Lorsque le Parti Bolchevik prit le pouvoir en Octobre 1917, c’est d’un pays misérable et sous-développé sur tous les plans qu’il eut à s’occuper. Immédiatement les puissance capitalistes de l’époque se liguèrent contre le jeune Etat et provoquèrent une guerre qui dura jusqu’en 1924 ― 7 années de guerre après les 4 années de la guerre 1914/1918, soit 11 années de guerre.
Pendant la guerre civile qui fit des millions de morts, la bourgeoisie a combattu les bolcheviks les armes à la main. Dès la victoire définitive de la révolution bolchevique, des éléments de la bourgeoisie, aidés vigoureusement par les « soi disant démocraties occidentales et les industriels et banquiers américains »,ont consciemment infiltré le Parti Bolchévique pour le combattre de l'intérieur et pour préparer les conditions d'un coup d'Etat bourgeois. L’URSS a toujours été agressée de l’intérieur et de l’extérieur.
L’impérialisme, stade suprême du capitalisme,  confronté à sa propre crise ne peut laisser ressurgir l’idée qu’une alternative au capitalisme ait pu survivre plusieurs décennies et même venir à bout d’une des plus féroces puissances impérialistes, l’Allemagne nazie. Il lui faut toujours réaffirmer la légende noire tissée autour de l’histoire de l’URSS et pour cela il lui faut falsifier l’Histoire, à savoir effacer le fait incontournable que la victoire des peuples sur le fascisme-nazisme porte le sceau indélébile de l’Union Soviétique, de son Armée Rouge et des mouvements de Résistance initiés par les communistes, dans tous les pays de l'Europe occupée par le 3ème Reich nazi.
Le gouvernement soviétique conduit par le prestigieux Joseph Staline, savait très bien qu’Hitler, mis au pouvoir grâce aux concours des grands capitalistes occidentaux et américains, avait clairement exprimé ses visées par rapport à l’URSS, centre pour lui, du « judéo-bolchévisme ». Les soviétiques avaient depuis longtemps compris le message à savoir que le monde capitaliste allait aider Hitler à détruire l’URSS. En effet les puissances occidentales passaient accords secrets sur accords secrets afin de nuire à l’URSS.
Sur la base de ces informations le gouvernement soviétique mis l’industrie lourde au service de la production d’armement. Les peuples de l’URSS rentraient dans une nouvelle période de difficultés, (ils sortaient à peine de la guerre de 14/18 et de la coalition des puissances capitalistes qui voulaient détruire le pouvoir des soviets de 1918 à 1924) dans la phase de préparation d’une nouvelle guerre défensive dont l’enjeu était tout autant la destruction de l’URSS qu’un nouveau partage du monde.
Pour cela, rien, aucun effort ne sera épargné, aucun sacrifice ne sera évité aux peuples de l’immense URSS. La société toute entière, tendue a l’extrême, fut soumise a l’impératif : survivre quand le grand choc inéluctable viendrait. Mais cette marche forcée, acharnée, bien qu’elle demanda des efforts et des privations inouïs, apporta en même temps une amélioration extraordinaire de la vie quotidienne, du plus modeste ouvrier de la plus éloignée des Républiques Soviétiques au plus modeste ouvrier des grandes villes Soviétiques, ce qui eut pour conséquences que les peuples de l’URSS adhérèrent au projet prométhéen de Staline et des Bolcheviks. Je remémore que des millions de Soviétiques, en larmes, sont venus de toutes les Républiques de l’URSS, SPONTANEMENT assister aux obsèques de leur dirigeant respecté.
Les trois plans quinquennaux qui ont permis à l’URSS de se développer et, in fine, de mettre à genoux le monstre fasciste nazi hitlérien.
Le premier plan quinquennal
En 1928, la Russie, par un effort héroïque avait réparé toute seule, au milieu de l'hostilité de tous les pays du monde, les destructions de la guerre de 1914-18 et les destructions plus graves causées par les armées blanches et les armées étrangères d'intervention de 1918 à 1920. Cette première reconstruction, sans capitaux, sans cadres, sans expérience technique, représente une page glorieuse de l'histoire de l'U.R.S.S.
Donc, en 1928 il s'agissait, une fois le niveau de production de 1913 retrouvé, de créer la base de la grande industrie moderne, d'édifier les usines capables de construire les machines qui transformeraient les conditions de la production. Il s'agissait aussi d'entreprendre la transformation de la vie agricole, de remplacer la petite exploitation paysanne, mal équipée et peu productive, par la grande exploitation collective des kolkhoz.
Ces tâches immenses ont été menées à bien, non sans de grands efforts et un magnifique enthousiasme populaire. L'U.R.S.S. a fait la démonstration vivante que la planification de l'ensemble de l'économie était une chose réalisable et que la vitesse de développement dans une économie planifiée était beaucoup plus rapide que dans l'économie capitaliste.

Le deuxième plan quinquennal, de 1933 à 1937 a été avant tout un plan d'assimilation de la technique. Au prix de grands efforts, le premier plan quinquennal avait édifié les bases essentielles de la grande industrie moderne, ces usines nouvelles allaient maintenant produire en grande quantité l'outillage qui transformerait peu à peu les diverses branches de la production. Mais pour se servir de cet outillage il fallait des ouvriers qualifiés, des techniciens, des ingénieurs en nombre toujours croissant. Il fallait donc demander à ces ouvriers, qui sortaient des rangs de la paysannerie, d'assimiler rapidement cette technique moderne, il fallait, dans tous les domaines, développer les connaissances intellectuelles. Tout cela n'était pas facile, mais le plan a été cependant réalisé dans toutes ses parties et les progrès dans l'assimilation de la technique se sont manifestés avec éclat dans la naissance et le développement rapide du mouvement stakhanoviste. En même temps, le deuxième plan quinquennal achevait la transformation de l'agriculture en agriculture socialiste ; il supprimait ainsi toute base économique pour un retour à la division de la société en classes antagonistes. L'unité sociale ainsi réalisée se traduisit par l'adoption, en 1937, de la Constitution staliniste, qui représente le modèle d'une Constitution démocratique dans une société où les classes ont été abolies.
Le troisième plan quinquennal (1er janvier 1938 au 31 décembre 1942) avait pour mot d'ordre central « Rattraper et dépasser les pays capitalistes les plus avancés ». En effet, malgré les immenses progrès accomplis au cours des deux premières périodes quinquennales, la production par tête d'habitant en Union soviétique, restait encore loin du niveau atteint dans les pays capitalistes les plus évolués. Cela résultait de l'état extrêmement arriéré de l'économie russe au moment où l'ancien régime avait été renversé. En dix ans l'Union soviétique, à ne considérer que le domaine de la production, avait déjà franchi un chemin qu'aucun pays capitaliste, dans les périodes de prospérité, n'aurait pu parcourir en 30 ans. Malgré cela, il restait encore beaucoup à faire pour donner à tous les citoyens soviétiques un niveau de vie égal à celui de la population aisée des pays capitalistes. C'est à cette tâche de développement général de toutes les branches de la production que fut consacré le troisième plan quinquennal. Les progrès économiques prévus avaient pour but de créer des conditions d'abondance qui permettraient de passer progressivement du stade de la société socialiste {dont la formule est : de chacun selon ses moyens, à chacun selon son travail), au stade supérieur de la société communiste (dont la formule est : de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins).
L'attaque allemande interrompit la réalisation du troisième plan quinquennal et la guerre ravagea le territoire de l'Union soviétique. L'expérience obtenue dans le domaine de la planification a cependant permis de résoudre avec bonheur les tâches les plus difficiles pour l'approvisionnement des armées, le transfert des usines, la mobilisation complète de toutes les ressources nationales, alors même que les régions les plus riches au point de vue industriel et agricole étaient occupées par l'ennemi. La planification a été un des facteurs essentiels de la victoire.

Le quatrième plan quinquennal (dont les limites vont du 1er janvier 1946 au 31 décembre 1950), a eu la même importance que les autres plans dans l'histoire de l'U.R.S.S.
Le quatrième plan quinquennal n’a pas été seulement un plan de la reconstruction, le plan destiné à relever les ruines accumulées par la guerre. Cette appréciation est incomplète. Sans doute, un des aspects du plan est la reconstruction des 1.700 villes et des 70.000 villages détruits par l'ennemi, et cette tâche paraîtrait à tout autre pays démesurée pour une période de cinq ans. Mais le quatrième plan a des visées plus larges. Il a pour but de conduire l'U.R.S.S., dans tous les domaines, beaucoup plus loin qu'elle était avant guerre.
A la fin du plan, la production industrielle sera de 50 % plus élevée qu'avant la guerre. Le plan va assurer à toute la population un niveau d'existence sensiblement supérieur à celui de 1940 par une production plus large des principaux objets de consommation. Le plan va mettre en œuvre, dans tous les domaines, des techniques plus modernes pour que l'Union soviétique n'ait aucun retard par rapport aux pays pour qui la guerre a été une occasion de s’enrichir grâce à la spéculation financière sur les armes. Enfin, le plan prévoit le développement harmonieux des diverses Républiques fédérées, afin d'assurer le progrès le plus rapide à tous les groupes nationaux qui constituent l'U.R.S.S.
Les détails de ce plan méritent d'être étudiés avec la plus grande attention. L’abondance des chiffres relatifs à tant de secteurs de l'activité sociale, m ont une grande signification et permettent de voir quelle place l'Union soviétique occupe exactement dans le monde, ils permettent de voir concrètement à quelle vitesse peut se développer un pays où le socialisme a été instauré. Quand Voznessenski déclare dans son rapport sur le plan que, en prix invariables, le revenu national s'élevait en 1913 à 21 milliards de roubles, qu'à la fin du premier plan quinquennal il atteignait 45,5 milliards, à la fin du deuxième quinquennat 96,3 milliards, en 1940, au milieu du troisième quinquennat 138,3 milliards et qu'en 1950 le revenu national s'élèvera à 177 milliards de roubles, cela donne une idée claire de la marche en avant de l'Union soviétique.
L'augmentation du nombre des ingénieurs et des techniciens dans l'économie nationale est assurée par la promotion des écoles supérieures et secondaires spéciales, soit 1.900.000 personnes pendant le quinquennat. IL est fait rappel de la mise en œuvre, dès 1918, d’un plan d’alphabétisation pour toutes les populations, gratuit et de très haut niveau. L’Union Soviétique a mis en œuvre le premier système de soins gratuits pour tous les peuples de l’Union Soviétique, et ce dès 1918, système qui s’est constamment amélioré au service de tous.
Cela donne aussi une idée de la croissance des forces intellectuelles dans le domaine de la production.
L'étude attentive du quatrième plan quinquennal permet de voir clairement ce que représente l'Union soviétique aujourd'hui et ce qu'elle représentera bientôt. Elle permet aussi d'éviter les outrances des ignorants qui, ne connaissant pas les difficultés que l'U.R.S.S. a encore à surmonter, s'étonnent quand on leur dit qu'elle doit fournir un long effort avant de produire par tête d'habitant autant que les pays capitalistes les plus avancés, pays capitalistes ou règne un consumérisme outrancier et la paupérisation accélérée des prolétaires de ces pays.
L'Union soviétique ne fait pas de miracle. Elle travaille, elle déploie dans la reconstruction et dans l'acquisition des techniques nouvelles la même volonté, le même héroïsme qu'elle a déployés pendant la guerre. Mais ce qui fait sa force incomparable c'est qu'elle sait où elle va, c'est qu'elle n'est pas tourmentée par la peur des crises, par la crainte de la surproduction ou du chômage. L'U.R.S.S. n'est, à cause de cela, un danger pour personne, car, n'étant pas une puissance impérialiste elle ne peut avoir qu'une politique de paix. L'U.R.S.S. est maîtresse de son destin, dans la mesure où elle ne sera pas attaquée par les forces fascistes toujours menaçantes à travers le monde. A la mort de Staline en 1953 l’URSS était le pays le plus en pointe sur tous les plans. L’URSS ne bluffe pas, elle joue cartes sur table : elle dit : « Voici le bilan de ma situation en 1946, voilà les objectifs que je veux atteindre en 1950 ». Et tout le monde sait aujourd'hui que ce qu'elle dit est sérieux et doit être pris en considération.
B ) La restauration du système capitaliste dès la mort de Staline en 1953
Le socialisme constitue la période de transition permettant d'arriver à une société communiste, c'est-à-dire sans classes, en partant de la société bourgeoise ou règnent les antagonismes de classes. Il n'en reste pas moins que la société socialiste ainsi que la société communiste ont une même base matérielle : la propriété commune des moyens de production associée au pouvoir des travailleurs. L'un ne va pas sans l'autre !

Outre la féroce et pugnace grande conspiration du monde capitaliste à l’encontre de l’URSS bolchévik, dès la grande révolution d’octobre 1917, dont l’objectif était l’éradication de l’économie socialiste allant vers le communisme, il y avait bel et bien une base économique et sociale au sein de l’URSS qui secondait les efforts de ces oligarchies impérialistes attachées au retour du capitalisme en URSS. C’étaient les représentants et les interprètes des éléments bourgeois hostiles anciens (bourgeois infiltrés), et nouveaux (bureaucrates arrivistes et carriéristes recherchant les privilèges), auxquels les circonstances exceptionnelles de la Guerre d'extermination livrée par l'impérialisme allemand combinées à l'affaiblissement qualitatif du P(b)CUS  qui perdit au cours de celle-ci des millions de ses meilleurs éléments, avaient permis de se développer largement au point d'en arriver à constituer une masse critique qui s'avéra capable de renverser le pouvoir prolétarien de l'intérieur, en 1953 dès après la mort de Staline.

La restauration du capitalisme en URSS, contrairement à certaines opinions encore répandues dans le mouvement se réclamant du communisme, n’a pas commencé dans les années 1990 avec Gorbatchev mais dès après la mort de Staline et la prise du pouvoir par les révisionnistes khrouchtchéviens. Ce fut une véritable contre révolution politique qui ouvrit la période de transition du socialisme au capitalisme qui s’acheva par le retour à la forme « classique » du capitalisme avec la fin de l’URSS. A partir de documents écrits par des économistes chargés de mettre en œuvre la « réforme économique » ces économistes révisionnistes au service du grand capital mondial ont ouvert la boite de pandore et donné libre cours aux lois fondamentales du capitalisme. On y voit le profit, le marché, l’offre et la demande dominer la vie économique. On y voit la formation de la bourgeoisie capitaliste, l’exploitation du prolétariat, le chômage se développer.
En 1991, le système socialiste allant vers le communisme était complètement éradiqué, les renégats avaient bradés les possessions des peuples de l’URSS aux requins du monde capitaliste et organisé la pénurie pour les prolétaires et populations travailleuses. Après le renversement du régime soviétique, les États-Unis et leurs acolytes européens sont « intervenus » dans des proportions iniques en s’appropriant plus de 2000 milliards de dollars de richesses soviétiques, en réduisant de deux tiers le niveau de vie des Russes et en ramenant leur espérance de vie à moins de soixante ans - en dessous du niveau du Bangladesh
Conclusion : l’Etat soviétique est devenu dans son essence un Etat capitaliste pur et dur et le Parti communiste le Parti de la nouvelle bourgeoisie et ce, même s’ils conservèrent encore un certain temps les apparences de l’Etat et du parti prolétarien.

L’esclavage salarié était de retour.
In fine on peut en conclure que si le système socialiste allant vers le communisme construit, le capitalisme ne fait que détruire.





















 
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G
L'auteur se présente comme "professeur d'histoire". On croit rêver !
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R
L'auteur est effectivement prof d'histoire de profession. Le commentateur semble regretter que cette profession n'ait pas été purgée de ceux qui ne pensent pas comme lui.
G
Staline : "le socialisme dans un seul pays"

Trotsky : "le socialisme dans aucun pays"
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C
La critique de Staline qui reste sur "la fin justifie les moyens" ne vaut rien puisque l'échec était au bout du bout (1991).
Plus intéressante est celle qui repose sur la question stratégique de fond posée par Kaustky dès octobre, à laquelle Lénine réponds en mars 1918, six mois, à peine, après: le capitalisme d'état ! Et après la guerre civile par la NEP en disant: "nous avons assez de pouvoirs, mais pas assez de savoirs qu'il faut négocier avec les capitalistes occidentaux"
Lénine tenait les deux bouts de la chaîne, quand il dit que "le socialisme c'est les soviets plus l'électricité" il sait que la clef du succès gît dans le "développement des forces productives', jusqu'à concurrencer sur ce terrain, le capitalisme le plus développé.
Staline, quand Lénine disparaît, fait un autre choix, qui plaît aux jeunes et fougueux communistes qui sortent de la guerre civile, celui de l'autarcie, du volontarisme, celui du "socialisme dans un seul pays" et qui prétend négliger l'accumulation du capital réalisée par les capitalistes occidentaux en particulier. L'échec de l'URSS est, tout entier dans ce choix. Comme les révolutions, les contre révolutions démarrent toujours sur un échec économique. En 1991 l'URSS accumulait les pénuries en tous genres, notamment de produits manufacturés, et le peuple le savait.
La critique de Staline qui, en 2021, ne parle ni de la Chine, ni de Deng Xiao Ping, ne peut être que subjective et ne vaut guère plus que le papier qui la porte.
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C
Kroutchev, Brejnev et consort faisaient parti des jeunes communistes convoqués par Staline pour troquer la NEP, déclarée dépassée, contre le "socialisme dans un seul pays", qui survivra à toutes les adaptations jusqu'en 91.
R
Pourtant, l'économie soviétique de la génération stalinienne a réussi de manière incontestable le développement et le rattrapage accéléré du pays, qui lui ont permis de faire face aux agressions hitlériennes et américaines ! les problèmes structurels de l'économie soviétique sont apparu après la mort de Staline, au moment où Khrouchtchev a tenté de copier la société de consommation occidentale tout en démoralisant la population en ruinant la légitimité du socialisme.
J
Cette article est juste superbe!
Je le relis de temps à autre.La comparaison avec le Venezuela est très bien vue. STALINE est le symbole ultime de la révolution qui se donne les moyens de ses ambitions. Un fils de serf qui détruit le système qui l'a asservi, lui et les siens.
Je me doute que c'est pas facile à assumer.Vous êtes courageux!
Répondre
C
Kroutchev, Brejnev et consort faisaient partie des jeunes qui avaient suivi, et parfois précédé, le choix de Staline d'abandonner la NEP, déclarée dépassée, pour le "socialisme dans un seul pays".....