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Réveil Communiste

"Faut-il bloquer le pays le 17 novembre?" (un an après : première apparition sur les radars des Gilets Jaunes)

17 Novembre 2019 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Economie, #GQ, #Journal des luttes, #classe ouvrière

Voici ce que nous écrivions en octobre 2018 :

 

Un appel à bloquer le pays le 17 novembre circule sur les réseaux. Beaucoup d'intervenants syndicalistes ou de militants de gauche tentent de le neutraliser en dénonçant une opération de l'extrême droite, notamment la direction confédérale de la CGT (contrairement à des structures de branche ou de la base du syndicat).

Cette réaction pose problème, parce qu'elle semble montrer que la gauche politique et syndicale ne se soucie pas principalement des difficultés rencontrées par les habitants de la périphérie, contraints d'utiliser leurs véhicules faute de choix alternatif et chassés des centres-villes par la hausse de l'immobilier. Elle préfère soigner son image d'antifasciste intempestif auprès d'elle-même. Les masses disent " à bas la hausse de l'essence", et les militants répondent "à bas l'extrême droite". Ce faisant, ils lui accordent ce qu'elle recherche, de la publicité et un statut d'opposant social.

Le problème n'est pas dans le refus de s'associer à un appel considéré à tort ou à raison comme suspect, mais dans l'absence d'un appel propre sur cette question. L'extrême droite n'a de capacité d'action que parce que la gauche ne s'occupe que de son nombril.

Par ailleurs maquiller une hausse d'impôt destinée aux classes populaires d'un verni écologique est hypocrite, et aboutit à discréditer l'écologie dans son ensemble parmi les masses. L'écologie punitive pratiquée par exemple par Anne Hidalgo à Paris est un marqueur de classe, et en fait n'est pas de l'écologie, mais simplement une déclinaison du grand principe bourgeois du "pas de ça chez nous", qui aboutit à exporter les nuisances de toute nature chez les pauvres.

Si l'on cherche des solutions aux nuisances provoquées par les déplacements quotidiens, on peut comme le font remarquer des commentateurs ci-dessous, rendre gratuits les transports publics, et s'attaquer à la question du logement. Mais ça prendra du temps, et suppose d'avoir conquis le pouvoir politique ; en attendant, il faut s'opposer à la hausse des taxes sur les carburants.

Le PCF lorsqu'il était un authentique représentant de la classe ouvrière n'aurait pas hésité à lancer cet appel.

Il ne faudrait pas se mêler aux fascistes. Mais si on laisse ces "fascistes" seuls à organiser des mouvements populaires légitimes, il ne faudra pas s'étonner de voir leur influence s'accroître, y compris parmi les prolétaires issus de l'immigration, qui ont aussi des voitures.

GQ, 26 octobre 2018 - 4 novembre

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Jean-Yves LEBLANC 11/11/2019 14:52

C'est vraiment une bonne idée de reposter ce texte de novembre 2018.

En effet, une année particulièrement chargée d'éléments révélateurs s'est écoulée et on peut tenter d'esquisser une sorte de bilan.
Dans son commentaire du 8 novembre, Luniterre dit: "cela risque fort d’être, pour la « gauche » française, un choix historique dont elle n’est pas près de se remettre".

C'est bien le cas. Un an après, on voit que la gauche, soutenant verbalement les GJ sans jamais rien faire de concret, a poursuivi son divorce d'avec le peuple et ses revendications. FI a liquidé ses éléments "populistes", son discours anti-UE et son souci de la nation.

La CGT a systématiquement évité la convergence avec les GJ et persévère dans sa stratégie perdante d'actions divisées. Aujourd'hui, elle encense la CES, déteste Annie Lacroix-Riz et accompagne la casse des retraites.

La gauche ne s'intéresse guère à la privatisation des barrages, aux hausses de prix, à la casse de l'industrie ou de l'hopital public et si elle parle du secteur nucléaire, c'est pour demander à Macron d'aller plus vite dans sa destruction. Par contre elle se remue ferme aux côtés de Greta Thunberg et des minorités.

L'espoir dans un rassemblement populaire autour de FI s'est envolé. FI courtise les bobos, les classes intermédiaires, les profs, les verts et fait désormais des scores minables.

Macron, fragile et peu légitime il y a un an, s'est renforcé et a réussi son pari d'unir les libéraux LR et PS en une puissante force qui bientôt recevra aussi les voix de la gauche radicale pour "faire barrage au fascisme". Du coup, pendant que la gauche manifeste contre l'islamophobie, il met les bouchées doubles pour casser les derniers acquis sociaux et nous allons perdre nos retraites après trois ou quatre rituelles journées d'action.

Les GJ se sont usés et isolés. Certes, à cause de la répression et de l'inévitable pourrissement mais surtout parce qu'il ont abandonné les vraies revendications vivrières du début au profit du climat ou du RIC et bien sûr aussi parce qu'aucune organisation de gauche n'a voulu offrir une perspective politique au mouvement et que toute généralisation des luttes a été soigneusement torpillée par les directions politiques et syndicales.

Vraiment, ce 17 novembre 2018 restera bel et bien dans nos mémoires comme une date importante.

Luniterre 08/11/2018 21:09

A propos du 17 Novembre…

Lettre ouverte aux syndicats et partis « de gauche »

et à leurs avatars pseudos- « marxistes-léninistes »,

« marxistes révolutionnaires » et autres « syndicalistes révolutionnaires »…

En forme de rafraîchissement de mémoire historique…

Actuellement, l’unanimité est faite au moins sur un point entre toutes ces « élites » et « avant-gardes » autoproclamées de la « gauche » française : aucune n’apporte son soutien au mouvement du 17 Novembre, hormis Mélenchon et Ruffin, à titre « personnel » et du bout des lèvres (*), et, naturellement, sans engager leurs « troupes » en voie de déliquescence.

Plusieurs de ces « institutions », la CGT, le journal « l’Humanité », les syndicats « solidaires », le NPA, LO, etc…, se sont même très officiellement fendues d’articles et de communiqués pour condamner, en fait, toute participation « de gauche » à ce mouvement.

Le prétexte affirmé est évidemment la tentative de « récupération » dont ce mouvement est l’objet par la droite nationaliste et l’extrême-droite, DLF, RN(ex FN), et d’autres activistes de ce bord.

En ce qui concerne l’origine réelle de ce mouvement, il n’a clairement, au départ, aucune coloration politique particulière et s’inscrit dans le fil de protestations populaires induites par la réalité de la crise économique et la brutalité des reculs économiques et sociaux imposés par le système capitaliste et son serviteur du moment, le gouvernement Macron.

De sorte que la vague de soutien qu’il semble actuellement soulever pose une question claire à la gauche :

La revendication immédiate qui le sous-tend, contre la hausse du prix des carburants, est-elle justifiée d’un point de vue social ?

Si la réponse est oui, la gauche doit donc reprendre cette revendication à son compte, et, d’une part, manifester son appui à cette initiative, et d’autre part, si elle estime avoir des critiques à formuler sur le mode d’action choisi, ce qui n’est pas forcément illégitime, comme on l’a déjà vu, proposer des actions complémentaires qui prolongeront cette première action d’origine spontanée.

Si elle estime la revendication injuste, et constate donc qu’elle sert uniquement de marche-pied à l’extrême-droite, elle doit non seulement la condamner carrément et ouvertement, mais encore, bien plus, faire également carrément et ouvertement campagne contre cette supposée « manœuvre » de l’extrême-droite…

Elle doit donc fournir un argumentaire convainquant qui puisse arracher ce mouvement populaire des « griffes » de l’extrême-droite.

Faute de quoi, non seulement elle légitimise cette récupération, abandonnant le terrain d’une revendication sociale justifiée à l’extrême-droite, mais elle lui fait carrément la courte échelle en vue de son accession éventuelle au pouvoir.

Le fait que l’extrême-droite ait réussi à prendre ce train en marche au bon moment est indéniable, le fait qu’il y eu un plan préconçu à ce sujet ne semble toujours pas avéré, mais cela ne changerait rien au problème, quant au fond.

Dans la Russie du début du XXème siècle, quant le prolétariat a commencé à s’organiser spontanément, le régime tsariste s’est dépêché d’y infiltrer des indicateurs et des provocateurs. Il est même allé, par ce biais, jusqu’à créer lui-même, via ses agents infiltrés, des organisations ouvrières complètes, sur la base des revendications populaires immédiates, dans le but de les canaliser et de les contrôler !

Pour autant, cela n’enlevait rien à la validité de ces revendications, et encore moins, au soutien populaire massif qu’elles rencontraient, au tournant de l’année 1905, déjà…

C’est là que se place l’épisode célèbre de la grande manifestation organisée par le Pope Gapone, à la fois agent tsariste occulte et leader charismatique du mouvement populaire de l’époque… Compte tenu des mœurs brutales de cette époque farouche l’affaire a évidemment tourné au tragique, mais elle a en fait mis complètement et définitivement à bas la légitimité du Tsar, qui avait en réalité signé là son propre arrêt de mort, en croyant arrêter l’Histoire en marche, littéralement et sans jeu de mots… !

On peut imaginer, à la lueur des « lumières » de la gauche française actuelle, ce qu’aurait été un cours de l’histoire « alternatif » si les bolcheviks, tout nouvellement organisés en parti suite à la rupture avec les mencheviks, s’étaient désolidarisés de ces revendications et de ces luttes !

Non seulement ce n’était pas le cas, mais tout en étant parfaitement conscients des probabilités d’infiltrations policières, qui n’ont été confirmées que par la suite, il faisaient, eux aussi, leur travail d’infiltration pour tenter de renforcer ce mouvement et de promouvoir des revendications de plus en plus radicales (**).

Sans ce travail, la légitimité politique n’eut point nécessairement changé de camp, ni à cette époque ni plus tard, et l’autocratie guerrière et meurtrière du tsar aurait certainement duré encore beaucoup plus longtemps, sinon encore aujourd’hui…

Bien évidemment, comparaison n’est pas raison, et il n’y a pas lieu de projeter cette situation ancienne sur la nôtre, mais néanmoins la question de légitimité sociale et politique d’une revendication demeure, quel que soit le contexte.

Refuser de légitimer socialement une revendication telle que celle du 17 Novembre, c’est, ipso facto, légitimer la politique de Macron et du système, et, quoi qu’il arrive, échec ou réussite, la main-mise de l’extrême-droite sur le mouvement populaire et prolétarien.

Dans l’état de faiblesse relative où il se trouve, et avec le peu de légitimité populaire qu’il reste à Macron, cela risque fort d’être, pour la « gauche » française, un choix historique dont elle n’est pas près de se remettre, tant il lui reste si peu de légitimité, également.

La pseudo « extrême-gauche », se posant « marxiste-léniniste » ou non, ferait bien de s’en aviser, également.

Luniterre

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/07/a-propos-du-17-novembre-lettre-ouverte-aux-syndicats-et-partis-de-gauche/

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DD 26/10/2018 18:50

La mesure la plus écologique que pourrait prendre un gouvernement populaire, serait de permettre aux millions de travailleurs contraints à de longs et pénibles trajets chaque jours, de demeurer dans les meilleures conditions possibles au plus près de leur lieu de travail. Cela supposerait par exemple des réquisitions d'appartements vides y compris et surtout à Paris... Ce pourrait âtre également de chasser les camions notamment étrangers de nos routes et autoroutes, et de les contraindre au transport ferroviaire... et puis ce serait à l'international d'interdire les super porte-conteneurs dont une quinzaine suffit à polluer plus que toutes les voitures de la planète... les mesures actuelles d'augmentation ahurissante de l'essence sont dignes de ces bandits de grands chemins et autres preneurs d'otages que sont les États ultralibéraux... Nous sommes les otages d'un système maffieux.

pierre farges 26/10/2018 16:46

Vous avez entièrement raison, camarade. Refuser de soutenir cette lutte sous prétexte qu'elle émane de l'extrême droite est une honte et une capitulation, une de plus, des lieutenants ouvriers. Lénine lui-même, si je me souviens bien, n'a pas fustigé le pope Galpone en 1905 sous prétexte que ce dernier était in religieux...

Michèle Fraize 26/10/2018 13:58

Pour être vraiment être vraiment "écolo" le gouvernement devrait rendre les transports publics entièrement gratuits pour compenser la hausse des carburants.