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Réveil Communiste

Un test machiavélique pour militants de gauche : "préférez-vous ...?"

24 Août 2019 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Théorie immédiate, #Qu'est-ce que la "gauche", #GQ, #classe ouvrière

Illustration : le suffrage universel, concédé à la rue parisienne avec crainte et tremblement par les classes dominantes s'est avéré dès sa première application, en 1848, une "divine surprise" pour les libéraux et les conservateurs : à leur grand soulagement ils constatèrent que les pauvres votaient pour les riches !

Questionnaire :

1) Préférez-vous une démocratie de droite, ou une dictature de gauche?

Par exemple une démocratie qui supprimerait la sécurité sociale, ou une dictature qui l'imposerait?

Sachant qu'il ne s'agit dans ces hypothèses de démocratie que dans l'acception actuelle du terme qui signifie à peu près : "gouvernement par des élus", et non "pouvoir du peuple". Mais qu'il s'agit vraiment d'une dictature avec ce que ça implique de répression. Une dictature de gauche met la droite en prison.

2) Préférez vous un système parlementaire multipartite, avec élections ouvertes et liberté d'opinion sous influence où les pauvres votent éternellement pour les riches, et l'État de droit qui le protège, à un régime révolutionnaire d'exception où le prolétariat confisque la propriété des grands moyens de production, et interdit ou limite l'expression de l'opinion et de la volonté contraire?

3) Préférez-vous un régime bourgeois avec le train-train assuré du journal quotidien de son choix et des élections tous les cinq ans, ou une dictature de classe qui exproprie définitivement les exploiteurs? A commencer par les magnats de la presse et de la communication? et qui empêche tout retour à la pseudo-démocratie de classe?

Sachant que la dictature du prolétariat ne peut pas ne pas être aussi une dictature "tout court".

4) Préférez vous jouer votre destin dans la lutte des classes en respectant les règles imposées par l'adversaire, ou fixer vous-même les règles du jeu?

5) En un mot, préférez vous le capitalisme ou le socialisme?

6) et si vous préférez le socialisme êtes-vous déterminés à vaincre le capitalisme?

7) et si vous y êtes déterminé croyez-vous qu'il y ait quelque moyen d'action que les partisans du capitalisme puisse s'interdire pour vous empêcher d'atteindre votre objectif?

8) Ne pensez-vous pas que toutes les libertés individuelles dont nous jouissons, qui se résument en fait en des actes cycliques d'achat, ne sont que des arguments du règne du "moindre mal" et de la résignation ?

9) Êtes-vous d'accord pour dire que la seule liberté que dispense le système capitaliste à l' exploité est de dépenser son argent, et elle s'épuise totalement avec l'argent?

Que pensez vous de ce test? que vous soyez ou non "de gauche".

Je précise que je n'ai aucune attirance pour la dictature, mais que je pense qu'il y a des circonstances où elle est nécessaire pour qu'une classe conserve le pouvoir ou y accède, et que dans de telles circonstances la bourgeoisie n'a jamais hésité à l'exercer. Dans ces conditions, afficher sa détermination à l'exercer aussi en cas de nécessité peut être dissuasif en faisant comprendre à la bourgeoisie, à ses mercenaires et à ses intellectuels organiques, que tenter la prochaine contre-révolution pourrait leur coûter cher.

GQ, 1er janvier 2017, relu le 1er décembre 2018

PS : on pourrait objecter comme on l'a fait à Machiavel lui-même qu'il n'est pas très malin d'afficher des intentions dictatoriales, surtout si on les a vraiment. Certes la peur du changement et des dérapages violents ou autoritaires qu'il peut produire font partie de la boite à outil de la propagande anti-révolutionnaire. Mais il y a aujourd'hui dans toutes les rues une impression diffuse et généralisée bien plus répandue que la peur de "l'homme au couteau entre les dents", selon laquelle les révolutionnaires d'aujourd'hui seraient bien incapables de faire du mal à une mouche, alors renverser l'État bourgeois, pensez-vous ! Une des raisons du marasme des forces politique de gauche (vraiment de gauche) c’est tout simplement qu'elles ne sont plus guère prises au sérieux par personne, à commencer par ceux-là même qui auraient intérêt à ce qu'elles arrivent au pouvoir. Il ne faut pas cacher la puissance morale du négatif, car si tu peux faire, tu peux faire le bien, et le mal, et si tu ne peux pas faire le mal, tu ne peux pas faire le bien non plus. Puisque morale politique il y a, à en croitre l'idéologie ultra dominante aujourd'hui.

Et on pourrait objecter à l'objection que la dictature du capitalisme numérique anglo-saxon qui pointe son nez n'a plus rien d'un fantasme, et tout d'une probabilité, si rien n'est fait (si on continue à ne rien faire).

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GQ 22/10/2018 21:12

Ceux qui répondent "ni l'un ni l'autre" feraient bien de remarquer que cette position équivaut au premier choix.

Méc-créant 03/08/2017 01:53

Certes oui, ces questions méritent un profond, large et sérieux débat qu'on ne saurait circonscrire à quelques commentaires. Il y a cependant dans vos articles ou dans votre réponse à mon commentaire, des éléments de réflexion ou d'appréciation qui ne favorisent pas un débat approfondi. "Il ne faut accorder aucun crédit à la critique émanant des adversaires du socialisme". La plupart du temps, sans doute, mais pas toujours. Quand, après avoir écrit le livre dans lequel il rapporte tout ce que le régime lui a fait subir, Artur London --ministre communiste tchèque-- se retrouve en face d'un communiste français, celui-ci lui dit que les militants français ne pouvaient pas croire de telles choses parce que c'était la presse bourgeoise --seule-- qui en parlait. (Pour reprendre à peu près une forme de truisme énoncé par G. Bedos: "s'il fait moins 15 et qu'un fasciste dit qu'il fait froid, je ne vais pas dire qu'il fait chaud pour me démarquer"). On ne peut reprocher à London d'avoir été un adversaire du socialisme: à la différence de Montand, qui l'incarnait à l'écran, il continua à soutenir, après de telles souffrances, qu'il était toujours défenseur du socialisme...qui n'existait pas encore dans son pays. Comment ne pas saluer un tel homme? Et comment oublier la première réaction de son épouse: "si le Parti le dit...Le Parti ne peut pas se tromper". C'est cette foi, cette force, cette volonté de millions d'individus que le stalinisme a fini par éroder, par mépriser, par trahir, par anéantir. Je l'ai peut-être lu ici (ne m'en veuillez pas, je ne prends pas de notes sur les sites que je visite), quelque chose d'approchant: "quand la classe ouvrière ne se sent plus représentée par le pouvoir en place, elle s'en détourne". Ce n'est donc pas simplement la culture bourgeoise envahissante qui posait problème.
Est-ce qu'un Kroutchev "dénonçant les crimes de Staline" devant le parti, était obligatoirement soumis à la culture bourgeoise? Un peu difficile de pouvoir l'affirmer.
Culture bourgeoise qui serait due au retard de la révolution culturelle sur la révolution économique. J'aurais, là aussi, tendance à porter un autre regard. J'ai plutôt l'impression que c'est le développement économique qui n'a pas été en mesure d'assurer l'aspiration au progrès social et quotidien de tous les soviétiques (sans oublier, comme le rappelait Marx, que notre pensée et nos aspirations évoluent avec le développement économique, scientifique et technologique).
Il y a eu et il y a encore tous les jours, des mers d'Aral, c'est certain: contentons nous d'évoquer la fraction hydraulique pour le gaz de schiste... Mais, d'une part, cela ne diminue en rien les responsabilités sur la catastrophe de la mer d'Aral et, d'autre part, les autres massacres environnementaux sont imposés par le système capitaliste qui n'a jamais eu pour but le bonheur de l'humanité. Reconnaissons tout de même que Staline en avait bien fait sa part, Aral représentant le plus phénoménal.
Par contre, je ne peux que reconnaître que l'URSS s'est trouvée sur un chemin encore jamais fréquenté par personne et face à des situations et décisions à prendre, qu'aucune population n'avait jamais connus. Il reste que, si un telle organisation politique a pu accoucher d'un Eltsine...c'est qu'il y avait pas mal de choses à revoir dans ce système politique (plus d'un seraient certainement prêts à mettre Gorbatchev en tête de la dégringolade mais nécessiterait sans doute d'autres discussions --et plus de connaissance historiques précises).
Amicalement. Méc-Créant. Anti-capitaliste primaire...

Réveil Communiste 03/08/2017 08:45

"Aucun crédit" a priori , c'est une position de principe, mais il faut les lire pour les combattre et en tirer éventuellement matière à rectification; bien que le peu de vrai qui s'y trouve soit souvent repris des informations officielles, voire des discours des dirigeants communistes eux-mêmes. London a sans doute été faussement accusé, mais pour un défenseur du socialisme il laisse à désirer, il a permis que son cas soit utilisé contre le socialisme. Quant à Staline, il n'a rien à voir avec la mer d'Aral le responsable étant Khrouchtchev. Encore une fois il faut arrêter de poser des jugements absolus sans tenir compte du contexte.

Méc-créant 29/07/2017 03:32

Je vais peut-être paraître un brin provocant,... mais pas que. Ce genre de test relève moins de Machiavel que de ces tests dont les "résultats" peuvent donner autant de faux-positifs que de faux-négatifs. "Préférez-vous une démocratie de droite ou une dictature de gauche?" (Je ne vous ferai pas l'injure de mettre en cause le sens que vous donnez au mot "gauche", évidemment.) Mais alors pourquoi pas...une démocratie de "gauche"? L'hypothèse n'est pas seulement envisagée. Un Machiavel l'aurait certainement proposée, étudiée et, la condamnant sans doute fortement et clairement, aurait fourni les raisons justifiant selon lui cette condamnation. Donc: non à la démocratie de droite et oui à la dictature de "gauche"? Sans doute mais...pourtant...vous n'avez "aucune attirance pour la dictature"...mais...pourtant...vous expliquez qu'une démocratie de droite c'est, au bout du compte, une dictature...Ce qui pourrait laisser envisager une démocratie de "gauche"...formant un genre de dictature?...
"Interdire l'expression de l'opinion et de la volonté contraire". Bigre! Comme j'ai dû le signaler dans un autre commentaire, exprimer une opinion contraire à l'assèchement de la mer d'Aral ne pouvait être considérée que comme une attitude anti-révolutionnaire? QUI va décider que telle opinion est condamnable? QUI aura le pouvoir d'exercer et de faire appliquer cette condamnation?
Et pourtant,...ayant chassé tous les exploiteurs, maîtrisant tous les moyens de production et d'échange, étant débarrassé de tous les magnats, en particulier ceux de la presse et de tous les médias...QUI donc pourrait offrir une presse critique sinon les simples citoyens aspirant à pouvoir s'exprimer librement? Il me semble que bien des contradictions demeurent --ce qui est tout à fait compréhensible-- et qui ne sont pas résolues. Cela conduit à ce qui sera sans doute la principale différence entre votre réflexion et la mienne: "NON... la dictature du prolétariat NE DOIT surtout pas être une "dictature tout court". La dictature du prolétariat a toujours posé problème aux mouvements et aux pensées révolutionnaires et a produit pas mal d'avatars. Pour certains c'était la main armée du prolétaire sur la tête de chaque citoyen, pour d'autres la dictature du parti d'avant-garde, puis la dictature du Comité Central,...puis la dictature du secrétaire général...Or, que vous le vouliez ou non, reste la question déterminante: QUI détient ces pouvoirs de décisions? En vertu de quoi? De quel droit? De quelle légitimité? QUI détient le pouvoir de déterminer ce qui est foncièrement "bon" pour la "société des prolétaires"?
Au cours de ma vie je n'ai pas croisé de mac du CAC, mais j'ai baigné au milieu de militants communistes (pensez: j'ai connu des secrétaires de cellule ou de section --pas "appointés"--, "simples ouvriers", qui osaient manier "les lois de la dialectique"! Je préfère "relations", mais c'est une autre histoire). Quand je tentais de soulever l'idée que le stalinisme risquait fort d'être le fossoyeur de l'idée même de socialisme..., il fallut bien des années avant qu'ils considèrent que, peut-être, ce n'était pas entièrement faux (et je ne condamne pas pour autant toutes les réalisations de l'URSS sous Staline).
Est-ce que nos pseudo démocraties sont une forme de dictature capitaliste? Tout à fait. Rien de mieux que ces apparences de démocratie pourvu...qu'elles ne parviennent pas à mettre en cause frontalement ce système. Est-ce que je préfère le socialisme au capitalisme? Le capitalisme, on connaît, tonton Karl nous l'avait annoncé: il bousille les humains et la nature. Alors, le socialisme? Hé ben voilà, justement: quel socialisme? Un socialisme qui ne réussirait pas à faire rêver tous les humains, en respectant notre planète, en ensevelirait encore pour cent ans son concept même.
Bon, il se fait tard, je vais essayer d'aller au pieu.
Méc-créant.
(Blog: Immondialisation: peuples en solde!)

Réveil Communiste 02/08/2017 12:59

Ces questions méritent un vrai débat. Mais pour faire comprendre mieux mon point de vue, je dirais que 1) il ne faut accorder aucun crédit à la critique émanant des adversaires du socialisme, et il y en a effectivement qui sont déguisés en partisans du socialisme. Démasquer ces derniers est une tâche ingrate et nécessaire 2) Il n'existe pas dans la vie réelle de garanties absolues permettant d'éviter par avance les excès, les abus, et la superstructure juridique quelques soient les bonnes intention souvent des juges et des avocats travaille structurellement à la conservation de l'ordre capitaliste. Les droits de l'homme ne sont que les droits du bourgeois. 3) La dictature du prolétariat est un régime de transition où le parti du prolétariat exerce tous les pouvoirs. Il faut souligner le mot "transition". 4) s'il n'apparait pas à nouveau une génération révolutionnaire comme celle de 17, capable de perpétrer ces grandes "voies de fait" que sont les révolutions, le capitalisme règnera éternellement (c'est à dire pas très longtemps, jusqu'à ce qu'il ait détruit l'humanité) 5) souvent le recul moralisant par rapport à l'histoire communiste s'explique par d'une part le manque de détermination, d'autre part le refus inconscient des fins de la révolution prolétariennes, qui doit effectivement mettre fin à l'individu bourgeois, et à sa psychée, qu'elle soit romantique ou gestionnaire.

Ce n'est pas le stalinisme qui fut le fossoyeur du socialisme, c'est le retour en force de la culture bourgeoise en URSS comme partout.Ce retour est une conséquence du retard de la révolution culturelle sur la révolution économique, sachant que cette révolution culturelle n'a que très peu de rapport avec la fausse culture d'avant-garde qui s'est développé au XXème siècle dans la bohème internationale, de Paris à New York et de Berlin à la Californie, et qui est devenue l'académisme du "nouvel âge du capitalisme". le soi-disant stalinisme, n'est rien d 'autre que la contre-violence exercée par des révolutionnaires déterminés engagés sur une voie où personne ne les avait précédé.

l'exemple de la mer d'Aral est très significatif : il y a eu des mer d'Aral partout dans le monde au XXème siècle, à cause de la sous-estimation des problèmes d'écologie, commune à toute la culture scientifique du temps. l'existence d'une démocratie libérale n'a rien pu faire pour empêcher la formation du "dust bowl" américain par exemple.

GQ 01/03/2017 21:25

Le smart power américain consiste justement à doser dictature et démocratie de la manière la plus habile !

DD 05/01/2017 18:33

1) démocratie et droite sont des termes antinomiques.
Sinon la droite, y compris gaulliste, n'aurait jamais tout mis en oeuvre – avec des moyens précisément très antidémocratiques - pour faire obstacle à la prise du pouvoir par le Parti Communiste Français, alors premier parti de France au lendemain de la seconde guerre mondiale. Et ce, qui plus est, avec la ferme et inamicale pression de l'impérialisme américain.
Sinon Normal 1er – représentant objectif des intérêts de la droite – aurait respecté le suffrage populaire pour une politique dite de gauche... et non au service de la finance.
La vraie démocratie ne peut servir que l'intérêt du plus grand nombre, c'est à dire des classes laborieuses, intégrant actuellement les victimes du chômage organisé. Elle ne pourra s'obtenir que par la dictature du prolétariat, suivie de la dictature du même nom à l'encontre des profiteurs et autres parasites.

2) l'histoire est formelle : seule la voie et le régime révolutionnaire donneront au peuple la propriété des grands moyens de production. Il n'y a pas d'alternative.

3) Seule la dictature de classe, celle qui inspire désormais de plus en plus de nostalgie au masses laborieuses et désormais dépossédées des ex pays de l'Est, peut exproprier définitivement les exploiteurs.
Comme ces exploitants de lignite qui éventrent littéralement l'ex territoire de l'Allemagne de l'Est, ravageant tout sur leur passage ; villages dont on chasse les habitants, entreprises autoritairement fermées, paysages massacrés, pollution sans précédent qui se déverse régulièrement sur l'Europe occidentale, dans le silence assourdissants des médias aux ordres...

4-9) Oui, il est important de répéter que leur liberté nest pas notre liberté mais son contraire. Que rien ne se fera sans lutte et qu'il est encore fécond le ventre de la bête immonde... Qu'il convient de ne pas perdre de vue le rôle historique exact du fascisme qui maintient par toutes les violences possibles et imaginables la dictature du capitalisme et de l'impérialisme, et qu'il ne s'agit pas de tendre l'autre joue ; bien au contraire, seule la dictature du prolétariat sera de taille à contrer celle du capitalisme, et que nombre de parasites devraient avoir un jour des comptes à rendre...

Et je pense pour conclure que tu as bien raison de rappeler quelques vérités fondamentale.