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Réveil Communiste

Personne ne chante le blues comme Blind Willy Mac Tell (ballade de Bob Dylan , traduction GQ)

18 Octobre 2016 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Art et culture révolutionnaires, #GQ, #États-Unis

Avec Knopfler de "Dire Straits"

 

Blind Willy Mac Tell   (Bob Dylan, traduction GQ)

 

Regarde la flèche de néon sur le toit du dépôt

Elle dit que ce monde est condamné

Sur tout le chemin qui va de New Orleans

Jusqu’à Jérusalem !

J’ai voyagé dans l’East Texas

Où sont tombés bien des martyrs

Et personne ne chante le blues comme Willy Mac Tell l’aveugle !

 

Ouais, je l’ai entendu chanter comme une chouette

Pendant qu’ils démontaient les tentes,

Seul pour les étoiles au ciel et les arbres dénudés!

Les filles tziganes à la peau de charbon

Savent bien lisser leurs plumes

Mais aucune ne chante le blues comme Willy Mac Tell l’aveugle !

 

Regarde les grandes plantations brûler!

Entend claquer les fouets

Respire le doux magnolia en fleur

Et vois le fantôme du péché d’esclavage !

Je peux entendre les plaintes des tribus

Et la cloche des croque-morts

Mais personne n’y chante le blues comme Willy Mac Tell l’aveugle !

 

Il y a une femme qui est descendue à la rivière

Avec un sacré beau mec

Il est vêtu comme un seigneur

Une bouteille de whisky de contrebande à la main …

Il y a des forçats enchaînés sur la grand route

J’entends hurler ces insurgés

Et je sais qu’ils chantent le blues comme Willy Mac Tell l’aveugle…

 

Alors Dieu est retourné dans son ciel

Et nous a laissé tout ce qu’il a créé

Mais la soif du pouvoir, le désir du profit, la pourriture du péché

On dirait que c’est tout ce qu’il en reste !

Je regarde par la fenêtre de l’hôtel Saint James

Et je ne connais plus personne qui chante le blues comme Willy Mac Tell l’aveugle !

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GQ 16/10/2016 22:26

Au sujet des opinions et engagements de Dylan

Il est clair que Dylan n'est pas et n'a jamais été un chanteur engagé à gauche, il n'a jamais pris les risques de John Lennon qui l'a d'ailleurs payé de sa vie; il a simplement utilisés les réseaux de Pete Seegers (proche du PC des USA), de façon assez opportuniste, dans les trois premières années de sa carrière. Mais il est clair aussi que comme Balzac dont il a la dimension poétique il n'est pas réductible à ses idées politiques, ou religieuses, qui sont d'ailleurs peu claires et rarement exprimées. Dylan a puisé de manière géniale dans la culture populaire américaine et a réussi à donner une portée mondiale à la culture "folk" , dans sa version progressiste, au niveau du style mais aussi du fond. Les chansons les plus connues de Dylan reflètent cette culture "radicale" au sens américain du terme. Dylan est nettement plus progressiste, lui le fils de juif russe, rangé a fond du coté des prolos américains y compris dans les paroles de ses chansons, que les écrivains "beatniks" Kérouac and co. il a produit nombre de complaintes et de ballades qui renvoient à la longue lutte des travailleurs américain qui a paru s'éteindre dans les années 50, et de nombreuse complaintes de ton populaire en hommage à des hors la loi . Le soutien conjoncturel à Israël au moment où il errait gravement du coté des fondamentalistes religieux n'est pas très significatif et n'a sans doute pas grand chose à voir avec sa judéité. Son éloignement des scènes médiatiques, pour le reste est tout à fait à son honneur, et lui a épargné les idioties de Joan Baez ou Patty Smith pour les "boat people" et les "pussy riots" respectivement. Dylan a une forte inspiration religieuse, mais qui va chercher du coté contestataire social et radical de la culture protestante ango-saxonne (du style des "Diggers"): ainsi dans la ballade de Blind Willy Mac Tell, il est impossible de séparer le politique du religieux. Le message politique est subconscient chez lui et d'autant plus puissant qu'il s'exprime dans le langage apocalyptique que le prolétariat américain entend.

caroleone 15/10/2016 12:17

Merci beaucoup.