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Réveil Communiste

George Orwell, un auteur anticommuniste et rien de plus

10 Octobre 2016 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique, #Théorie immédiate, #GQ, #Qu'est-ce que la "gauche", #Royaume-Uni

George Orwell, un auteur anticommuniste et rien de plus

Depuis que Gérard Lébovici a republié toute l'œuvre d'Orwell aux éditions Champ Libre, dans les années 1980, cet auteur passe chez les situationnistes et la foule de ceux qu'ils ont influencés pour une icône révolutionnaire.

Alors qu'il s'agit d'un romancier anticommuniste banal de la Guerre Froide (dans ses célèbres romans 1984 et la Ferme des Animaux, publiés en 1948) dont la promotion scolaire mondiale s'explique uniquement par son message politique sans ambiguïté. En terme de littérature d'anticipation, 1984 est un roman beaucoup plus faible pour dire l'avenir menaçant que son contemporain Meilleur des Mondes de Aldous Huxley.

Je ne trouve pas, pour ma part, qu'il s'agisse d'un grand penseur, ni d'un grand écrivain. Il avait produit avant la guerre des reportages biographiques-politiques : Dans la Dèche à Londres et Paris, Le Quai de Wigan, Hommage à la Catalogne, Souvenirs de Birmanie, où il s'engageait physiquement pour crédibiliser un message sentimental et gauchiste, anti-intellectuel, et déjà, anticommuniste.

La common decency tant vantée par Orwell et dont Jean Claude Michéa espère former la substance éthique du peuple révolutionnaire ne conduit à nulle prise de conscience. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la morale populaire commune, qui subsiste un peu partout, et qui si elle a un fond solide de maximes simples et saines pour vivre ensemble avec ses voisins et ses cousins, est volontiers traditionaliste, sexiste, xénophobe et homophobe ; il suffit de lire Orwell lui-même pour s’en convaincre. Le prolétariat, quelques soient les préjugés qu'il véhicule, est constitué dans la lutte qui transcende ces oppositions et produira à son issue des valeurs nouvelles qui lui seront propres, qui ne relèveront ni de la tradition, ni de la consommation aliénée.

Orwell produit une critique émotionnelle et paradoxale des injustices qui accablent le peuple décent et qu’il supporte avec constance, pour mieux discréditer toutes les tentatives crédibles mais indécentes et outrageantes de secouer cette société injuste. En Birmanie il donne longuement la parole aux birmans pro-colonisateurs qui raillent le manque d’authenticité des nationalistes. La théorie historique d'Orwell ( dans 1984) est d'une faiblesse à pleurer : de tous temps il y a eu trois groupes sociaux : les privilégiés, les "moyens" et les pauvres. Les "moyens" qui sont jaloux des privilégiés fomentent des révolutions en trompant les pauvres avec de fausses promesses, pauvres qui se révoltent mais restent pauvres comme avant. Lorsque les "moyens" deviennent à leur tour privilégiés en renversant les précédents, une nouveau groupe de "moyens" se forme. Qui fomente des révolutions. Et ainsi de suite.

C’est bien un tory, un conservateur paternaliste anglais. La symbolique grossière de Animal Farm est là pour le dire : le fond de sa pensée, c’est que les communistes sont des porcs. Faire la révolution, c’est se donner aux porcs. Orwell est un conservateur populiste en ce que comme Dostoïevski et les slavophiles russes du début du XIXème siècle, il dote le peuple de qualités imaginaires pour l'opposer aux avant-gardes révolutionnaires chargées de toutes les tares. Il plonge bravement dans la Guerre d'Espagne ou dans le peuple anglais des mineurs ou du Quai de Wigan, pour pouvoir dire "j'y étais", comme un touriste de l’extrême ou un humanitaire d’aujourd’hui. Comme Kouchner au Biafra.

PS :Orwell manqua singulièrement lui-même de décence commune, le jour où il établit une liste d'intellectuels communistes pour les signaler aux services secrets (en 1949).

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JP 28/08/2016 21:07

Il y a un fait saisissant, c'est la date de parution de la Ferme des Animaux : août 1945 !
Autrement,dit, Orwell après des années de crimes nazis, et au moment où l'URSS est la principale force ayant permis de triompher du fascisme et le pays dont la destruction fut le principal but de guerre des Nazis, Orwell, donc, "attaque" l'URSS en rédigeant un bouquin qui ne vise qu'à dénoncer le "totalitarisme" qu'Orwell ne dénonce d'ailleurs que du côté antifasciste.
C'est très troublant : Orwell a donc passé les derniers mois de la 2ème GM à vitupérer contre Staline qui incarnait alors la Victoire antifasciste...
Orwell semble donc se venger de l'Histoire par son pamphlet, dont la parution a d'ailleurs été retardée en GB étant inopportune.
De quel côté est donc Orwell?

Quant à la Guerre d'Espagne, les Communistes n'ont jamais voulu renoncer dans le combat antifranquiste y compris après la 2de GM : qui a donc cédé à Franco ?
Orwell, fait partie des "Romantiques" qui sont allés en Espagne, peu appréciés des combattants espagnols.Il aurait dû lire Stendhal ...
Petite précision : la France avait l'Or de la République espagnole et ne l'a rendu que le jour où Franco prit le pouvoir ...
Les manipulations, Orwell ne les a guère vues à Münich ...

Yvan GASSO 28/08/2016 18:37

Je pense que les anarchistes qui ont été poursuivis par les communistes lors de la guerre d'Espagne, considèrent les communistes comme de vulgaires fascistes réactionnaire et bourreau de la liberté. Tout est une question d'angle.

Réveil Communiste 08/10/2016 21:22

une fiche du MI5 sur Orwell a été publiée en 2007, où l'on voit que les service britanniques le considéraient d'un œil bienveillant, Orwell a fourni au gouvernement une liste d'intellectuels qu'ils considérait comme staliniens, ce qu est conhérent avec l'essentiel de son action réelle, mais 'ignore s'il était effectivement un agent d'influence. Wikileaks n'existait pas encore !

dariokhos 06/10/2016 22:42

Les choses sont bien plus compliquées historiquement parlant. D"abord, Orwelle ne s'est jamais réclamé de l'anarcho-syndicalisme ni de l'anarchisme, mais du trotskysme, c'est à dire les mencheviks, la droite du mouvement ouvrier révolutionnaire.
Pour ce qui est des "anarchistes", Durruti, le leader de la CNT est mort en défendant Madrid aux côtés des Communistes.
Il y a eu des affrontements entre les Communistes et la FAI, mais après la 2ème bataille de l'Ebre que les colonnes de la FAI avaient quittée et elles sont restées limitées.
Reste le POUM, probablement infiltré par les franquistes et dont certains dirigeants étaient anars mais beaucoup d'autres, comme Orwell, trotskystes. Là oui, il y a eu affrontement armé important. Ca ne correspond pas tout à fait à la vision des faits erronée qui est montrée partout.
Pour ce qui est d'Orwell, c'était un agent britannique ; il est évoqué par Diana Johnstone dans son livre sur la CIA et les intellectuels européens dans les années 50 et 60.

Réveil Communiste 29/08/2016 16:22

Cela étant dit on ne peut pas nier que la plupart étaient d'authentiques révolutionnaires. Mais ce n'était pas le cas d'Orwell, qui comme d'autres (la philosophe Simone Weil par exemple) n'y ont pas aimé la révolution dès qu'ils l'ont vue de près.

Réveil Communiste 28/08/2016 23:23

Les anarchistes de la guerre d'Espagne ne sont pas des petits saints, ils ont largement contribué à jeter la petite bourgeoisie dans les bras de Franco par un grand nombre d'excès inutiles, voire d'atrocités, et qui seraient stigmatisés si on n'avait pas besoin de leur mythe pour nourrir l'anticommunisme "de gauche", celui d'Orwell.

Réveil Communiste 28/08/2016 23:17

mais certains ont besoin de lunettes.

Tietie007 28/08/2016 15:26

Curieux que ce réactionnaire soit allé combattre les armées de Franco, pendant la guerre civile espagnole, dans les Brigades internationales. En vous lisant, on serait persuadé qu'Orwell aurait du rejoindre les volontaires nationalistes pour combattre dans les armées du futur Caudillo.

dariokhos 06/10/2016 22:33

Orwell a fini comme agent du MI5 ou MI6, je les confonds toujours dans les années 50 ; lire ce qu'écrit Diana Johnstone à ce sujet.