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Réveil Communiste

Le parti du prolétariat, d'après Gramsci

20 Février 2018 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Antonio Gramsci, #Front historique, #Communistes en Italie

Italie, 1919

Italie, 1919

Gramsci en 1924, ou le centralisme démocratique tel qu’il n’est plus ! traduction GQ. Noter l'importance du langage militaire ( Gramsci comme "modéré postmoderne" se pose un peu là !). A comparer avec cet extrait des Cahiers de prison (1929-1935) : http://www.reveilcommuniste.fr/article-le-parti-communiste-selon-antonio-gramsci-118982022.html

 

Le parti du prolétariat (publié en italien sur le site Resistenze)

Antonio Gramsci, l’Ordine Nuevo, 1er novembre 1924

Le parti communiste n’est pas seulement l’avant-garde de la classe ouvrière, il doit aussi en être le détachement organisé. En régime capitaliste, il a des tâches extrêmement importantes et variées à accomplir. Il doit diriger le prolétariat dans sa lutte, à travers des difficultés de toutes sortes, le conduire à l’offensive lorsque la situation l’exige, le soustraire aux coups de l’adversaire quand il risque d’en être écrasé, en guidant le repli, inculquer à la masse des sans-partis les principes de la discipline, de la méthode d’organisation, de la fermeté dans la lutte. Mais le parti ne sera à la hauteur de sa tâche que s’il est en lui-même la discipline et l’organisation personnifiées, que s’il devient le détachement organisé du prolétariat. Autrement, il ne pourra pas prétendre conquérir la direction des masses prolétariennes.

Le parti est donc l’avant garde organisée de la classe ouvrière. Le parti communiste est son avant-garde organisée, mais ce n’est pas la seule organisation de la classe ouvrière. La classe ouvrière dispose d’une série d’autres organisations qui sont indispensables à la lutte contre le capital : syndicats, coopératives, comités d’atelier, groupe parlementaire, union des femmes sans parti, presse, associations, organisations culturelles, union de jeunesse, organisations de combat révolutionnaire (au cours de l’action révolutionnaire directe), soviets de députés, État (si le prolétariat est au pouvoir), etc.

La majeure partie de ces organisations est apolitique : quelques unes seulement tiennent au parti directement ou par dérivation. Toutes sont sous certaines conditions absolument nécessaires à la classe ouvrière, pour consolider ses positions de classe dans les différentes sphères de la lutte et en faire une force capable de remplacer l’ordre bourgeois par l’ordre socialiste.

Mais comment obtenir l’unité de direction entre des organisations si diverses, comment éviter que leur multiplicité n’apporte de soi la dissension dans la direction ? Ces organisations, dira-t-on, ont chacune un travail spécifique à accomplir dans une sphère d’action spéciale, et par conséquent ne peuvent se gêner mutuellement. Ce qui est juste. Mais toutes devront conduire leur action dans une direction unique, parc qu’elles servent toutes une seule et même classe : celle des prolétaires. Qui donc déterminera cette direction unique, quelle est l’organisation centrale suffisamment expérimentée pour élaborer cette ligne générale, et capable, grâce à l’autorité dont elle dispose, d’inciter toutes les organisations à la suivre, d’obtenir l’unité de direction, et d’exclure la possibilité de coups de têtes  individuels?

Cette organisation est le parti du prolétariat. Il a vraiment toutes les qualités nécessaires. Avant tout, il comprend en lui-même la meilleure partie de la classe ouvrière, une avant-garde directement liées aux organisations sans parti du prolétariat, que souvent des communistes dirigent. En second lieu le parti est, par son autorité, la seule organisation capable de centraliser la lutte du prolétariat et de transformer ainsi les organisations politiques de la classe ouvrière en ses organes de liaison.

Le parti est la forme supérieure de l’organisation de classe du prolétariat.

 

 

 

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G

mon idée sur la question : La destruction des partis
communistes par le haut, et comment y remédier, ou la fin du centralisme démocratique (avec une note explicative)


le monde a changé depuis que Gramsci théorisait le parti du centralisme démocratique, l'ordre capitaliste repose maintenant sur la pub et le marketing, la "séduction" comme disait Clouscard, le
"spectacle" comme disait Debord, (mais tout cela ce n'est en somme rien que du marketing) bien plus que sur la coercition directe. Ce qui ne le rend pas moins oppressif, bien au contraire. Et
quand il a besoin de violence directe il utilise des criminels mafieux ou des idiots utiles, recrutés parmi les intégristes religieux.
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G

je n'ai jamais compris pourquoi les réformistes, révisionnistes, sociétaux, mouvementistes et autres droitiers affectent d'aimer Gramsci.
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